Ainsi ai-je entendu : Une fois, leBienheureux séjournait à Kalandakanivāpa, dans le bois de bambous,près de ville de Rājagaha.
En ce temps-là, un jour, le brahmane Jānussōni s’approcha duBienheureux. S’étant approché, il lui rendit hommage, et échangeaavec lui les paroles de courtoisie et de politesse, puis s’assit àl’écart sur un côté. S’étant assis à l’écart sur un côté, il dit auBienheureux :
« Quant à moi, honorable Gōtama, j’exprime et je tiens cetteopinion : « parmi les gens assujettis à la mort, il n’y a personnequi est sans peur en pensant à la mort ; il n’y a personne qui netremble en pensant à la mort ».
Le Bienheureux répondit : C’est vrai, ô brahmane, il existe unetelle opinion. Cependant, parmi les gens assujettis à la mort, il ya des individus qui n’ont pas peur en pensant à la mort ; il y ades individus qui ne tremblent pas en pensant à la mort.[Tout d’abord] examinons quels sont lesindividus qui ont peur en pensant à la mort ? Quel sont lesindividus qui tremblent en pensant à la mort ? Dans ce cas-là, ôbrahmane, supposons qu’il y ait un individu qui ne s’est pas libéréde ses passions, qui n’est pas libre de ses désirs, de sesaffections, de sa « soif » et de sa fièvre concernant l’angoisse.Alors, supposons qu’il soit atteint par une maladie grave. Ainsi,étant atteint par une maladie grave, l’idée vient chez lui :« Hélas, mes passions que j’aimais tellement, vont se séparer demoi » ou « Hélas, je quitterai bientôt les passions que j’ai tantaimées ». De cette façon, il s’attriste, se lamente, se frappant lapoitrine et gémissant il tombe dans l’illusion profonde. Cetindividu, ô brahmane, étant assujetti à la mort, a peur et trembleen pensant à la mort.
Et encore, ô brahmane, supposons qu’il y ait un individu qui nes’est pas libéré de ses passions concernant son corps, qui n’estpas libre de ses désirs concernant son corps, qui n’est pas librede ses affections, de sa « soif » et de sa fièvre concernant soncorps. Alors, supposons qu’il soit atteint par une maladie grave.Ainsi, étant atteint par une maladie grave, l’idée vient chez lui :« Hélas, ce corps que j’aimais tellement, va se séparer de moi » ou« Hélas, je vais quitter ce corps que j’ai tant aimé ». De cettefaçon, il s’attriste, se lamente, se frappant la poitrine etgémissant il tombe dans l’illusion profonde. Cet individu, ôbrahmane, étant assujetti à la mort, a peur et tremble en pensant àla mort.
Et encore, ô brahmane, supposons qu’il y ait un individu qui n’apas effectué des actions méritoires, des actions efficaces, que cetindividu n’ait pas donné une aide à ceux qui en avaient besoin,mais qu’il ait effectué des actions déméritoires, des actionsinefficaces, des actions cruelles. Supposons qu’il soit atteint parune maladie grave. Ainsi, étant atteint par une maladie grave,l’idée vient chez lui : « Hélas, je n’ai pas effectué des actionsméritoires, des actions efficaces. Je n’ai pas aidé ceux qui enavaient besoin, mais j’ai effectué des actions déméritoires, desactions inefficaces, des actions cruelles. Hélas, maintenant jevais entrer dans le destin des gens qui ont effectué des actionsdéméritoires (…), des actions cruelles ». De cette façon, ils’attriste, se lamente, se frappant la poitrine et gémissant iltombe dans l’illusion profonde. Cet individu, ô brahmane, étantassujetti à la mort, a peur et il tremble en pensant à la mort.
Et encore, ô brahmane, supposons qu’il y ait un individu qui estdans le doute, qui a plein de perplexités, qui n’est pas arrivé àune véritable constatation sur la vraie nature des choses.Supposons qu’il soit atteint par une maladie grave. Ainsi, étantatteint par une maladie grave, l’idée vient chez lui : « Hélas,j’ai des doutes sur telle ou telle chose. J’ai plein deperplexités. Je n’ai pas pu arriver à la véritable constatation surla vraie nature des choses ». De cette façon, il s’attriste, selamente, se frappant la poitrine et gémissant il tombe dansl’illusion profonde. Cet individu, ô brahmane, étant assujetti à lamort, a peur et il tremble en pensant à la mort.
Tels sont, ô brahmane, les quatre types d’individus assujettis àla mort et qui ont peur en pensant de la mort et qui tremblent enpensant de la mort.
Maintenant, ô brahmane, quels sont les individus assujettis à lamort, mais qui n’ont pas peur en pensant à la mort ? Quels sont lesindividus qui ne tremblent pas en pensant à la mort, tout en étantassujettis à la mort ?
Supposons, ô brahmane, qu’il y ait un individu qui est libéré deses passions, qui est libre de ses désirs, de ses affections, de sa« soif » et de sa fièvre concernant l’angoisse. Alors, supposonsqu’il soit atteint par une maladie grave. Bien qu’il soit atteintpar une maladie grave, l’idée ne vient pas chez lui en disant :« Hélas, mes passions que j’aimais tellement, vont se séparer demoi (…) ». Alors, il ne s’attriste pas, il ne se lamente pas, il nese frappe pas la poitrine, il ne gémit pas et ne tombe pas dansl’illusion profonde. Cet individu, ô brahmane, bien qu’il soitassujetti à la mort, il n’a pas peur de la mort et ne tremble pointen pensant à la mort.
Et encore, ô brahmane, supposons qu’il y ait un individu qui estassujetti à la mort, mais il est libéré de ses passions concernantson corps, il est libre de ses désirs concernant son corps, il estlibre de ses affections, de sa « soif » et de sa fièvre concernantson corps. Alors, supposons qu’il soit atteint par une maladiegrave. Bien qu’il soit atteint par une maladie grave, l’idée nevient pas chez lui, en disant : « Hélas, ce corps que j’aimaistellement, va se séparer de moi » ou « Hélas, je vais quitter cecorps que j’ai tant aimé ». Alors, il ne s’attriste pas, il ne selamente pas, il ne se frappe pas la poitrine et ne gémit pas et netombe pas dans l’illusion profonde. Cet individu, ô brahmane, bienqu’il soit assujetti à la mort, il n’a pas peur de la mort et netremble point en pensant à la mort.
Et encore, ô brahmane, supposons qu’il y ait un individu qui n’apas effectué des actions déméritoires, des actions inefficaces, quecet individu ait donné une aide à ceux qui en avaient besoin, etqu’il ait effectué des actions méritoires, des actions efficaces(moralement profitables), des actions bienveillantes. Supposonsqu’il soit atteint par une maladie grave. Bien qu’il soit atteintpar une maladie grave, l’idée ne vient pas chez lui en disant :« Hélas, je n’ai pas effectué des actions méritoires, des actionsefficaces. Je n’ai pas aidé ceux qui en avaient besoin, mais j’aieffectué des actions déméritoires, des actions inefficaces, desactions cruelles. Hélas, maintenant je vais entrer dans le destindes gens qui ont effectué des actions déméritoires (…), des actionscruelles ». Alors, il ne s’attriste pas, il ne se lamente pas, ilne se frappe pas la poitrine et il ne gémit pas et il ne tombe pasdans l’illusion profonde. Cet individu, ô brahmane, bien qu’il soitassujetti à la mort, il n’a pas peur de la mort et ne tremble pointen pensant à la mort.
Et encore, ô brahmane, supposons qu’il y ait un individuassujetti à la mort, mais qui n’ait pas de doute, qui n’ait aucuneperplexité, qui soit arrivé à une véritable constatation sur lavraie nature des choses. Supposons qu’il soit atteint par unemaladie grave. Bien qu’il soit atteint par une maladie grave,l’idée ne vient pas chez lui en disant : « Hélas, je doute de telleou telle chose. J’ai plein de perplexités. Je n’ai pas pu arriver àla véritable constatation sur la vraie nature des choses ». Alors,il ne s’attriste pas, il ne se lamente pas, il ne se frappe pas lapoitrine, il ne gémit pas et ne tombe pas dans l’illusion profonde.Cet individu, ô brahmane, bien qu’il soit assujetti à la mort, iln’a pas peur de la mort et ne tremble point en pensant à lamort.
Tels sont, ô brahmane, les quatre types d’individus assujettis àla mort, mais qui n’ont pas peur en pensant à la mort, qui netremblent pas en pensant à la mort.
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