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Traductions [23]

Avec Pāyāsi

Ainsi ai-je entendu. En une occasion, le vénérable Kumāra Kassapa errait dans le pays des Kosalans avec un grand Saṅgha de cinq cents moines. Lorsqu’il arriva à la citadelle des Kosalans qui s’appelait Setavyā, il s’installa dans la forêt de siṁsapā au nord de Setavyā.

En ce temps-là, le chef Pāyāsi vivait à Setavyā. C’était un domaine royal offert par le roi Pasenadi Kosala, fourmillant de créatures vivantes, plein d’herbe, de bois, d’eau, et de grain, un don royal de la plus grande qualité.

1. À propos de Pāyāsi

En ce temps-là, Pāyāsi entretenait l’idée fausse, nocive suivante : « L’autre monde n’existe pas. Aucun être ne renaît spontanément. Il n’y a pas de fruit ou de résultat des bonnes et des mauvaises actions. »

Les brahmanes et les maîtres de foyer de Setavyā entendirent dire : « Il paraît que le contemplatif Kumāra Kassapa – un disciple du contemplatif Gotama – demeure dans le Bois de rose au nord de Setavyā. Il est réputé pour être savant, intelligent, sage, érudit, brillant orateur, éloquent, astucieux, un arahant. C’est une bonne chose de voir des arahant comme lui. » Puis, ayant quitté Setavyā, ils se formèrent en groupes et se dirigèrent vers le nord, en direction du bois.

À ce moment-là, le chef Pāyāsi s’était retiré à l’étage de son palais pour sa sieste de la mi-journée. Il vit les brahmanes et les maîtres de foyer qui se dirigeaient vers le nord en direction du bois, et il s’adressa alors à son intendant : « Intendant, pourquoi les brahmanes et les maîtres de foyer se dirigent-ils vers le nord en direction du bois ? »

« Le contemplatif Kumāra Kassapa – un disciple du contemplatif Gotama – demeure dans le Bois de rose au nord de Setavyā. Il est réputé pour être savant, intelligent, sage, érudit, brillant orateur, éloquent, astucieux, un arahant. Ils vont voir ce Kumāra Kassapa. »

« Bien. Alors, va auprès des brahmanes et des maîtres de foyer et dis-leur : ‘Messieurs, le chef Pāyāsi vous demande d’attendre, car il va aussi aller voir le contemplatif Kumāra Kassapa.’ Avant que Kumāra Kassapa ne convainque ces brahmanes et ces maîtres de foyer idiots et sans intelligence que l’autre monde existe, qu’il y a des êtres qui renaissent spontanément, et qu’il y a un fruit ou un résultat des bonnes et des mauvaises actions – car aucune de ces choses n’est vraie ! »

« Oui, sire, » répondit l’intendant, qui fit ce qu’on lui avait demandé de faire. Puis Pāyāsi, escorté par les brahmanes et les maîtres de foyer, alla auprès de Kumāra Kassapa, et ils échangèrent des salutations avec lui. Après un échange de salutations amicales et de courtoisies, ils s’assirent sur un côté. Avant de s’asseoir sur un côté, certains brahmanes et maîtres de foyer de Setavyā s’inclinèrent, certains échangèrent des salutations et des courtoisies, certains joignirent les paumes de leurs mains en direction de Kumāra Kassapa, certains annoncèrent leur nom et leur clan, alors que d’autres restaient silencieux.

2. Le nihilisme

Assis sur un côté, le chef Pāyāsi dit au vénérable Kumāra Kassapa : « Maître Kassapa, voici ma doctrine et mon point de vue : ‘L’autre monde n’existe pas. Aucun être ne renaît spontanément. Il n’y a pas de fruit ou de résultat des bonnes et des mauvaises actions.’ »

« Eh bien, chef, je n’ai jamais vu quiconque entretenir une telle doctrine ou un tel point de vue, ou entendu parler de quiconque entretient une telle doctrine ou un tel point de vue. Car comment est-il possible que quiconque dise une telle chose ?

2.1. La parabole de la lune et du soleil

« Chef, je vais vous interroger en retour. Répondez comme vous le voulez. Que pensez-vous, chef ? La lune et le soleil se trouvent-ils dans ce monde ou dans l’autre monde ? Sont-ils des deva ou des êtres humains ? »

« Ils se trouvent dans l’autre monde, maître Kassapa, et ce sont des deva, pas des êtres humains. »

« Par cette méthode, on peut prouver que l’autre monde existe, qu’il y a des êtres qui renaissent spontanément, et qu’il y a un fruit ou un résultat des bonnes et des mauvaises actions. »

« Bien que maître Kassapa dise ceci, je continue de penser que l’autre monde n’existe pas, qu’il n’y a pas d’êtres qui renaissent spontanément, et qu’il n’y a pas de fruit ou de résultat des bonnes et des mauvaises actions. »

« Existe-t-il une méthode avec laquelle vous pouvez prouver ce que vous dites ? »

« Il en existe une, maître Kassapa. »

« Quelle est-elle, exactement, chef ? »

« Eh bien, j’ai des amis et des camarades, des parents et des proches qui tuent des créatures vivantes, qui volent, et qui pratiquent l’inconduite sexuelle. Ils utilisent des paroles qui sont fausses, qui divisent les gens, qui sont dures, ou qui n’ont pas de sens. Et ils sont pleins de convoitise, de malice, et leurs vues sont erronées. Quelque temps après, ils tombent malades, souffrent, sont en très mauvaise santé. Lorsque je sais qu’ils ne se remettront pas de leur maladie, je vais auprès d’eux et je leur dis : ‘Messieurs, il y a des contemplatifs et des brahmanes qui entretiennent cette doctrine et ce point de vue : « Ceux qui tuent des créatures vivantes, qui volent, et qui pratiquent l’inconduite sexuelle ; qui utilisent des paroles qui sont fausses, qui divisent les gens, qui sont dures, ou qui n’ont pas de sens, et qui ont des vues erronées – à la brisure du corps, après la mort, réapparaissent sur le plan d’existence de la privation, dans la mauvaise destination, sur les plans d’existence inférieurs, en enfer. » Vous faites toutes ces choses. Si ce que disent ces contemplatifs et ces brahmanes est vrai, à la brisure du corps, après la mort, vous réapparaîtrez sur le plan d’existence de la privation, dans la mauvaise destination, sur les plans d’existence inférieurs, en enfer. Si cela se produit, messieurs, venez me dire que l’autre monde existe, qu’il y a des êtres qui renaissent spontanément, et qu’il y a un fruit ou un résultat des bonnes et des mauvaises actions. Je vous fais confiance et je vous croirai. Tout ce que vous verrez, ce sera comme si je l’avais vu moi-même.’ Ils sont d’accord avec ceci. Mais ils ne reviennent pas pour me le dire, ni ne m’envoient de messager. Voilà comment je prouve que l’autre monde n’existe pas, qu’il n’y a pas d’êtres qui renaissent spontanément, et qu’il n’y a pas de fruit ou de résultat des bonnes et des mauvaises actions. »

2.2. La parabole du voleur

« Bien. Alors, chef, je vais vous interroger en retour. Répondez comme vous le voulez. Que pensez-vous, chef ? Supposez que l’on arrête un voleur, un malfaiteur et qu’on vous le présente, en disant : ‘Sire, voilà un voleur, un malfaiteur. Décrétez pour lui toute punition que vous souhaitez.’ Vous diriez : ‘Bien. Alors, mes hommes, liez étroitement les bras de cet homme dans son dos avec une forte corde. Rasez-lui la tête et conduisez-le au son d’un tambour qui bat durement de rue en rue, de carrefour en carrefour. Puis faites-le sortir par la porte du sud, là où se trouve le terrain d’exécutions, et faites-le décapiter.’ Disant : ‘Bien,’ ils feraient ce qu’on leur a dit de faire, et ils le feraient s’asseoir sur le terrain d’exécutions. Ce voleur pourrait-il faire attendre les bourreaux, en disant : ‘S’il vous plaît, bons bourreaux ! J’ai des amis et des camarades, des parents et des proches dans tel et tel village ou bourg. Attendez jusqu’à ce que je leur aie rendu visite, et je reviendrai ensuite’ ? Ou le décapiteraient-ils alors qu’il jacasserait ? »

« Ils le décapiteraient, tout simplement. »

« Donc, même un voleur ne pourrait pas convaincre ses bourreaux de surseoir à son exécution. Que dire alors de vos amis et de vos compagnons, de vos parents et de vos proches qui renaissent sur un plan d’existence inférieur après avoir fait de mauvaises choses ? Pourraient-ils faire attendre les gardiens de l’enfer, en disant : ‘S’il vous plaît, bons gardiens de l’enfer ! Attendez jusqu’à ce que je sois allé auprès du chef Pāyāsi pour lui dire que l’autre monde existe, qu’il y a des êtres qui renaissent spontanément, et qu’il y a un fruit ou un résultat des bonnes et des mauvaises actions’ ? Par cette méthode aussi, on peut prouver que l’autre monde existe, qu’il y a des êtres qui renaissent spontanément, et qu’il y a un fruit ou un résultat des bonnes et des mauvaises actions. »

« Bien que maître Kassapa dise ceci, je continue de penser que l’autre monde n’existe pas. »

« Existe-t-il une méthode avec laquelle vous pouvez prouver ce que vous dites ? »

« Il en existe une, maître Kassapa. »

« Quelle est-elle, exactement, chef ? »

« Eh bien, j’ai des amis et des camarades, des parents et des proches qui se retiennent de tuer des créatures vivantes, de voler, et de pratiquer l’inconduite sexuelle. Ils se retiennent des paroles qui sont fausses, qui divisent les gens, qui sont dures, ou qui n’ont pas de sens. Et ils ne cherchent pas à critiquer, ils ne cherchent pas à nuire, et ils ont la Vue juste. Quelque temps après, ils tombent malades, souffrent, sont en très mauvaise santé. Lorsque je sais qu’ils ne se remettront pas de leur maladie, je vais auprès d’eux et je leur dis : ‘Messieurs, il y a des contemplatifs et des brahmanes qui entretiennent cette doctrine et ce point de vue : « Ceux qui se retiennent de tuer des créatures vivantes, de voler, et de pratiquer l’inconduite sexuelle ; qui se retiennent des paroles qui sont fausses, qui divisent les gens, qui sont dures, ou qui n’ont pas de sens ; et qui ne cherchent pas à critiquer, qui ne cherchent pas à nuire, et qui ont la Vue juste – à la brisure du corps, après la mort, réapparaissent dans la bonne destination, sur un plan d’existence céleste. » Vous faites toutes ces choses. Si ce que disent ces contemplatifs et ces brahmanes est vrai, à la brisure du corps, après la mort, vous réapparaîtrez dans la bonne destination, sur un plan d’existence céleste. Si cela se produit, messieurs, venez me dire que l’autre monde existe. Je vous fais confiance et je vous croirai. Tout ce que vous verrez, ce sera comme si je l’avais vu moi-même.’ Ils sont d’accord avec ceci. Mais ils ne reviennent pas pour me le dire, ni ne m’envoient de messager. Voilà comment je prouve que l’autre monde n’existe pas. »

2.3. La parabole de la fosse d’aisance

« Bien. Alors, chef, je vais vous fournir une comparaison. Car grâce à une comparaison, certaines personnes intelligentes peuvent comprendre la signification de ce qui est dit.

« Supposez qu’il y ait un homme, plongé, la tête immergée, dans une fosse d’aisance. Alors vous donneriez l’ordre à quelqu’un de le tirer de cette fosse d’aisance, et il accepterait de le faire. Puis vous lui diriez de racler soigneusement le fumier du corps de cet homme avec des racloirs en bambou, et il accepterait de le faire. Puis vous lui diriez de frotter soigneusement le corps de cet homme avec de l’argile claire trois fois, et il le ferait. Puis vous lui diriez d’enduire le corps de cet homme d’huile, et de le laver soigneusement trois fois avec une pâte fine, et il le ferait. Puis vous lui diriez de tailler les cheveux et la barbe de cet homme, et il le ferait. Puis vous lui diriez de fournir à cet homme des guirlandes de prix, des onguents, et des vêtements, et il le ferait. Puis vous lui diriez de faire monter cet homme jusqu’au palais avec les cinq cordes de la sensualité, et il le ferait. Que pensez-vous, chef ? Après que cet homme aurait été baigné et oint, aurait eu les cheveux et la barbe taillés, aurait été paré de guirlandes et de bracelets, aurait été vêtu de blanc, qu’on lui aurait fourni les cinq cordes de la sensualité, voudrait-il replonger dans cette fosse d’aisance ? »

« Non, maître Kassapa. »

« Pourquoi ? »

« Parce que la fosse d’aisance est sale, puante, dégoûtante, et répugnante, et elle est considérée comme telle. »

« De la même manière, chef, pour les deva, les êtres humains sont sales, puants, dégoûtants, et répugnants, et ils sont considérés comme tels. L’odeur des êtres humains parvient aux deva même à une centaine de lieues de distance. Que dire alors de vos amis et de vos compagnons, de vos parents et de vos proches qui renaissent sur un plan d’existence supérieur parce qu’ils n’ont pas tué des créatures vivantes, n’ont pas volé, n’ont pas pratiqué l’inconduite sexuelle ; qu’ils se sont retenus des paroles qui sont fausses, qui divisent les gens, qui sont dures, ou qui n’ont pas de sens ? Reviendraient-ils pour vous dire que l’autre monde existe ? Par cette méthode aussi, on peut prouver que l’autre monde existe. »

« Bien que maître Kassapa dise ceci, je continue de penser que l’autre monde n’existe pas »

« Pouvez-vous le prouver ? »

« Je peux. »

« Comment, exactement, chef ? »

« Eh bien, j’ai des amis et des camarades, des parents et des proches qui se retiennent de tuer des créatures vivantes, de voler, et de pratiquer l’inconduite sexuelle. Ils se retiennent des paroles qui sont fausses, qui divisent les gens, qui sont dures, ou qui n’ont pas de sens. Et ils ne cherchent pas à critiquer, ils ne cherchent pas à nuire, et ils ont la Vue juste. Quelque temps après, ils tombent malades, souffrent, sont en très mauvaise santé. Lorsque je sais qu’ils ne se remettront pas de leur maladie, je vais auprès d’eux et je leur dis : ‘Messieurs, il y a des contemplatifs et des brahmanes qui entretiennent cette doctrine et ce point de vue : « Ceux qui se retiennent de tuer des créatures vivantes, de voler, et de pratiquer l’inconduite sexuelle ; qui se retiennent des paroles qui sont fausses, qui divisent les gens, qui sont dures, ou qui n’ont pas de sens ; et qui ne cherchent pas à critiquer, qui ne cherchent pas à nuire, et dont les vues sont justes – à la brisure du corps, après la mort, réapparaissent dans la bonne destination, sur un plan d’existence céleste, en compagnie des deva des trente-trois. » Vous faites toutes ces choses. Si ce que disent ces contemplatifs et ces brahmanes est vrai, à la brisure du corps, après la mort, vous réapparaîtrez sur un plan d’existence céleste, en compagnie des deva des trente-trois. Si cela se produit, messieurs, venez me dire que l’autre monde existe. Je vous fais confiance et je vous croirai. Tout ce que vous verrez, ce sera comme si je l’avais vu moi-même.’ Ils sont d’accord avec ceci. Mais ils ne reviennent pas pour me le dire, ni ne m’envoient de messager. Voilà comment je prouve que l’autre monde n’existe pas. »

2.4. La parabole des deva des trente-trois

« Bien. Alors, chef, je vais vous interroger en retour. Répondez comme vous le voulez. Cent années humaines équivalent à un jour et une nuit pour les deva des trente-trois. Trente jours de ce type font un mois, et douze mois font une année. La durée de vie des deva des trente-trois est de mille années de ce type. En ce qui concerne vos amis qui sont renés en compagnie des deva des trente-trois parce qu’ils se sont retenus de tuer des créatures vivantes, de voler, et de pratiquer l’inconduite sexuelle ; qu’ils se sont retenus des paroles qui sont fausses, qui divisent les gens, qui sont dures, ou qui n’ont pas de sens, s’ils pensent : ‘Je vais d’abord jouir pendant deux ou trois jours des cinq cordes de la sensualité. Puis je retournerai auprès de Pāyāsi et je lui dirai que l’autre monde existe.’ Reviendraient-ils vous dire que l’autre monde existe ? »

« Non, maître Kassapa. Car je serais alors mort depuis longtemps. Mais, maître Kassapa, qui vous a dit que les deva des trente-trois existent, ou qu’ils ont une durée de vie aussi longue ? Je ne vous crois pas. »

2.5. La parabole de l’aveugle de naissance

« Chef, supposez qu’il y ait une personne aveugle de naissance. Elle ne pourrait pas voir les choses qui sont foncées ou claires, ou bleues, jaunes, rouges, ou fuchsia. Elle ne pourrait pas voir les formes lisses et non lisses, ou les étoiles, ou la lune ou le soleil. Elle dirait : ‘Il n’y a pas de choses telles que des choses foncées ou claires, et personne qui les voit. Il n’y a pas de choses telles que le bleu, le jaune, le rouge, ou le fuchsia, des formes lisses et non lisses, les étoiles, la lune ou le soleil, et personne qui les voit. Je ne les connais ni ne les vois, et elles n’existent donc pas.’ Parlerait-elle correctement ? »

« Non, maître Kassapa. Il y a des choses telles que des choses foncées ou claires, et quelqu’un qui les voit. Et ces autres choses sont réelles elles aussi, comme est réel celui qui les voit. Il n’est donc pas correct de dire ceci : ‘Je ne les connais ni ne les vois, et elles n’existent donc pas.’ »

« De la même manière, chef, lorsque vous me dites que vous ne me croyez pas, vous ressemblez à l’homme aveugle de la comparaison. Vous ne pouvez pas voir l’autre monde de la façon dont vous pensez, avec l’œil de la chair. Il y a des contemplatifs et des brahmanes qui vivent dans des lieux sauvages, qui fréquentent des constructions isolées dans les lieux sauvages et la forêt. Méditant en étant vigilants, pleins d’ardeur, et résolus, ils purifient l’œil divin, le pouvoir de clairvoyance. Avec une clairvoyance purifiée et surhumaine, ils voient ce monde et l’autre monde, et les êtres sensibles qui renaissent spontanément. Voilà la façon de voir l’autre monde, pas de la façon dont vous pensez, avec l’œil de la chair. Par cette méthode aussi, on peut prouver que l’autre monde existe. »

« Bien que maître Kassapa dise ceci, je continue de penser que l’autre monde n’existe pas. »

« Pouvez-vous le prouver ? »

« Je peux. »

« Comment, exactement, chef ? »

« Eh bien, je vois des contemplatifs et des brahmanes qui sont vertueux, qui ont un bon caractère, qui veulent vivre et qui ne veulent pas mourir, qui veulent être heureux et qui abhorrent la douleur. Je pense en moi-même : ‘Si ces contemplatifs et ces brahmanes savaient que les choses iraient mieux pour eux après leur mort, ils boiraient du poison, se tailladeraient les poignets, se pendraient, ou se jetteraient du haut d’une falaise. Ils ne doivent pas savoir que les choses iront mieux pour eux après leur mort. C’est la raison pour laquelle ils sont vertueux, ont bon caractère, qu’ils veulent vivre et qu’ils ne veulent pas mourir, qu’ils veulent être heureux et qu’ils abhorrent la douleur.’ Voilà comment je prouve que l’autre monde n’existe pas. »

2.6. La parabole de la femme enceinte

« Bien. Alors, chef, je vais vous fournir une comparaison. Car grâce à une comparaison, certaines personnes intelligentes peuvent comprendre la signification de ce qui est dit.

« Il y avait autrefois un certain brahmane qui avait deux épouses. L’une avait un fils âgé de dix ou douze ans, tandis que l’autre était enceinte et près d’accoucher. Puis le brahmane décéda. Le jeune dit alors à la coépouse de sa mère : ‘Dame, toute la richesse, le grain, l’argent, et l’or sont miens, et vous n’avez droit à rien. Remettez-moi l’héritage de mon père.’ Mais la brahmane dit : ‘Attends que j’accouche, mon cher enfant. Si c’est un garçon, une part de l’héritage lui reviendra. Si c’est une fille, elle sera ta récompense.’ Mais une deuxième fois, une troisième fois, le jeune insista pour que l’héritage lui revienne tout entier. La brahmane prit donc un couteau, alla dans sa chambre, et s’ouvrit le ventre, pensant : ‘Je vais voir si c’est un garçon ou une fille !’ Elle détruisit ainsi sa propre vie, celle du fœtus, et sa fortune. Étant idiote et sans intelligence, elle rechercha un héritage de façon irrationnelle et fit s’abattre le malheur et le désastre sur elle-même. De la même manière, chef, étant idiot et sans intelligence, vous recherchez l’autre monde de façon irrationnelle et vous ferez s’abattre le malheur et le désastre sur vous-même, tout comme cette brahmane. Les bons contemplatifs et les bons brahmanes ne forcent pas ce qui n’est pas mûr à mûrir ; ils attendent que cela mûrisse de soi-même, car la vie des contemplatifs et des brahmanes intelligents est bénéfique. Tant qu’ils restent en vie, les bons contemplatifs et les bons brahmanes font beaucoup d’actes méritoires, et ils agissent pour le bien-être et le bonheur des gens, pour le bénéfice, le bien-être et le bonheur des deva et des êtres humains. Par cette méthode aussi, on peut prouver que l’autre monde existe. »

« Bien que maître Kassapa dise ceci, je continue de penser que l’autre monde n’existe pas. »

« Pouvez-vous le prouver ? »

« Je peux. »

« Comment, exactement, chef ? »

« Supposez que l’on arrête un voleur, un malfaiteur et qu’on me le présente, en disant : ‘Sire, voilà un voleur, un malfaiteur. Décrétez pour lui toute punition que vous souhaitez.’ Je leur dirais : ‘Bien. Alors, mes hommes, placez cet homme encore vivant dans une jarre. Obstruez l’ouverture, recouvrez-la avec une peau humide, et scellez le tout avec une épaisse couche d’argile humide. Puis placez la jarre sur un fourneau et allumez le feu.’ Ils sont d’accord, et ils font ce que je leur ai demandé de faire. Lorsque nous savons que l’homme est mort, nous enlevons la jarre, brisons le sceau, enlevons la peau, et nous regardons attentivement, pensant : ‘Peut-être verrons-nous son âme s’échapper.’ Mais nous ne voyons pas son âme s’échapper. Voilà comment je prouve que l’autre monde n’existe pas. »

2.7. La parabole du rêve

« Bien. Alors, chef, je vais vous interroger en retour. Répondez comme vous le souhaitez. Vous souvenez-vous d’avoir fait une sieste à la mi-journée et d’avoir vu des parcs délicieux, des bois, des prairies, et des étangs couverts de lotus dans un rêve ? »

« Oui, sire. »

« Et à ce moment, étiez-vous gardé par des bossues, des naines, et des jeunes filles ? »

« Oui. »

« Mais ont-elles vu votre âme arriver ou repartir ? »

« Non, elles ne l’ont pas vue. »

« Donc, si elles n’ont même pas pu voir votre âme arriver ou repartir pendant que vous étiez vivant, comment pourriez-vous voir l’âme d’un homme mort ?

« Par cette méthode aussi, on peut prouver que l’autre monde existe, qu’il y a des êtres qui renaissent spontanément, et qu’il y a un fruit ou un résultat des bonnes et des mauvaises actions. »

« Bien que maître Kassapa dise ceci, je continue de penser que l’autre monde n’existe pas. »

« Pouvez-vous le prouver ? »

« Je peux. »

« Comment, exactement, chef ? »

« Supposez que l’on arrête un voleur, un malfaiteur et qu’on me le présente, en disant : ‘Sire, voilà un voleur, un malfaiteur. Décrétez pour lui toute punition que vous souhaitez.’ Je leur dirais : ‘Bien. Alors, mes hommes, pesez cet homme avec une balance pendant qu’il est encore vivant, puis étranglez-le avec la corde d’un arc, et quand il sera mort, pesez-le à nouveau.’ Ils sont d’accord, et ils font ce que je leur ai demandé de faire. Tant qu’il est vivant, il est plus léger, plus flexible, et plus malléable. Mais quand il est mort, il est plus lourd, plus rigide, et moins malléable. Voilà comment je prouve que l’autre monde n’existe pas. »

2.8. La parabole de la boule de fer brūlante

« Bien. Alors, chef, je vais vous fournir une comparaison. Car grâce à une comparaison, certaines personnes intelligentes peuvent comprendre la signification de ce qui est dit.

« Supposez qu’une personne chauffe une boule de fer toute la journée jusqu’à ce qu’elle soit brûlante, qu’elle flamboie, qu’elle rougeoie, et qu’ensuite elle la pèse avec une balance. Après un certain temps, lorsqu’elle aurait refroidi et qu’elle ne serait plus brûlante, elle la pèserait à nouveau. Quand cette boule de fer serait-elle plus légère, molle, et plus malléable ? Quand elle est brûlante, ou quand elle est refroidie ? »

« Tant que la boule de fer est pleine de chaleur et d’air – brûlante, flamboyante, et rougeoyante – elle est plus légère, plus molle, et plus malléable. Mais lorsqu’elle manque de chaleur et d’air – refroidie et plus brûlante – elle est plus lourde, plus dure, et moins malléable. »

« De la même manière, tant que ce corps est plein de vie, de chaleur et de conscience, il est plus léger, plus mou, et plus flexible. Mais lorsqu’il manque de vie, de chaleur et de conscience, il est plus lourd, plus rigide, et moins flexible. Par cette méthode aussi, on peut prouver que l’autre monde existe. »

« Bien que maître Kassapa dise ceci, je continue de penser que l’autre monde n’existe pas. »

« Pouvez-vous le prouver ? »

« Je peux. »

« Comment, exactement, chef ? »

« Supposez que l’on arrête un voleur, un malfaiteur et qu’on me le présente, en disant : ‘Sire, voilà un voleur, un malfaiteur. Décrétez pour lui toute punition que vous souhaitez.’ Je leur dirais : ‘Bien. Alors, mes hommes, ôtez la vie à cet homme sans abîmer sa peau externe, sa peau interne, sa chair, ses tendons, ses os, ou sa moelle. Peut-être aurons-nous la chance de voir son âme s’échapper.’ Ils sont d’accord, et ils font ce que je leur ai demandé de faire. Lorsqu’il est à moitié mort, je leur dis de l’allonger sur le dos dans l’espoir de voir son âme s’échapper. Ils font ce que je leur ai demandé de faire. Mais nous ne voyons pas son âme s’échapper. Je leur dis de l’allonger sur le ventre, de l’allonger sur le côté, de l’allonger sur l’autre côté ; de le mettre debout, de le mettre la tête en bas ; de le frapper avec leurs poings, des pierres, des bâtons, et des épées ; et de bien le secouer dans l’espoir de voir son âme s’échapper. Ils font toutes ces choses. Mais nous ne voyons pas son âme s’échapper. Pour lui, l’œil lui-même est présent, et de la même manière ces objets le sont. Cependant, il ne fait pas l’expérience de ce champ sensoriel. L’oreille elle-même est présente, et de la même manière ces sons le sont. Cependant, il ne fait pas l’expérience de ce champ sensoriel. Le nez lui-même est présent, et de la même manière ces odeurs le sont. Cependant, il ne fait pas l’expérience de ce champ sensoriel. La langue elle-même est présente, et de la même manière ces goûts le sont. Cependant, il ne fait pas l’expérience de ce champ sensoriel. Le corps lui-même est présent, et de la même manière ces touchers le sont. Cependant, il ne fait pas l’expérience de ce champ sensoriel. Voilà comment je prouve que l’autre monde n’existe pas. »

2.9. La parabole du sonneur de cor

« Bien. Alors, chef, je vais vous fournir une comparaison. Car grâce à une comparaison, certaines personnes intelligentes peuvent comprendre la signification de ce qui est dit.

« Il y avait autrefois un certain sonneur de cor qui prit son cor avec lui et qui voyagea vers une région frontalière, et là il alla à un certain village. Se tenant debout au centre du village, il fit sonner son cor trois fois, puis le posa par terre et s’assit sur un côté. Les habitants de la région frontalière pensèrent alors : ‘Qu’est-ce qui produit ce son – si délicieux, si désirable, si intoxicant, si charmant, si captivant ?’ Ils s’assemblèrent autour du sonneur de cor et dirent : ‘Sire, qu’est-ce qui produit ce son – si délicieux, si désirable, si intoxicant, si charmant, si captivant ?’ ‘Ce son est produit par ceci, que l’on appelle un cor.’ Ils posèrent le cor à plat, disant : ‘Parle, bon cor ! Parle, bon cor !’ Mais le cor ne produisit aucun son. Puis ils le retournèrent, le posèrent sur un côté, le posèrent sur l’autre côté ; le dressèrent, le mirent à l’envers ; le frappèrent avec leurs poings, des pierres, des bâtons, et des épées ; et le secouèrent bien. ‘Parle, bon cor ! Parle, bon cor !’ Mais le cor ne produisit aucun son. Le sonneur de cor pensa alors : ‘Comme ces gens de la région frontalière sont idiots ! Car comment peuvent-ils chercher à tirer un son d’un cor de façon aussi irrationnelle ?’ Et alors qu’ils regardaient, il ramassa le cor, le fit sonner trois fois, et l’emporta avec lui. Les habitants de la région frontalière pensèrent alors : ‘Ainsi donc, il semblerait que lorsque ce que l’on appelle un cor est accompagné d’une personne, d’effort, et de vent, il produit un son. Mais lorsque ces choses sont absentes, il ne produit pas de son.’

« De la même manière, tant que ce corps est plein de vie, de chaleur et de conscience, il avance, il recule, il se tient debout, s’assied, et s’allonge. Il voit les objets visuels avec l’œil, entend les sons avec l’oreille, sent les odeurs avec le nez, goûte les saveurs avec la langue, sent les touchers avec le corps, et connaît les pensées avec l’esprit. Mais lorsqu’il manque de vie, de chaleur et de conscience, il ne fait aucune de ces choses. Par cette méthode aussi, on peut prouver que l’autre monde existe. »

« Bien que maître Kassapa dise ceci, je continue de penser que l’autre monde n’existe pas. »

« Pouvez-vous le prouver ? »

« Je peux. »

« Comment, exactement, chef ? »

« Supposez que l’on arrête un voleur, un malfaiteur et qu’on me le présente, en disant : ‘Sire, voilà un voleur, un malfaiteur. Décrétez pour lui toute punition que vous souhaitez.’ Je leur dirais : ‘Bien. Alors, mes hommes, ouvrez la peau externe de cet homme. Peut-être aurons-nous la chance de voir son âme.’ Ils ouvrent sa peau externe, mais nous ne voyons pas d’âme. Je leur dirais : ‘Bien. Alors, mes hommes, ouvrez la peau interne de cet homme, sa chair, ses tendons, ses os, sa moelle. Peut-être aurons-nous la chance de voir son âme.’ Ils font ce que je leur ai demandé, mais nous ne voyons pas d’âme. Voilà comment je prouve que l’autre monde n’existe pas. »

2.10. La parabole de l’ascète aux cheveux en chignon, adorateur du feu

« Bien. Alors, chef, je vais vous fournir une comparaison. Car grâce à une comparaison, certaines personnes intelligentes peuvent comprendre la signification de ce qui est dit.

« Il y avait autrefois un certain ascète aux cheveux coiffés en chignon, adorateur du feu, qui demeurait dans une hutte de feuillage dans une région sauvage. À un certain moment, une caravane quitta un certain pays. Elle s’arrêta une nuit non loin de l’ermitage de cet ascète, puis se remit en marche. L’ascète pensa alors : ‘Pourquoi n’irais-je pas au campement de cette caravane ? Peut-être aurai-je la chance d’y trouver quelque chose d’utile.’ Il y alla donc, et il y vit un bébé qui avait été abandonné. Lorsqu’il le vit, il pensa : ‘Ce ne serait pas correct pour moi de laisser là un être humain qui est en train de mourir. Pourquoi ne ramènerais-je pas ce bébé à mon ermitage, ne prendrais-je pas soin de lui, ne le nourrirais-je pas, et ne l’élèverais-je pas ?’ Et c’est donc ce qu’il fit.

« Lorsque l’enfant eut atteint l’âge de dix ou douze ans, l’ascète eut à s’occuper de quelque affaire dans le pays. Il dit donc au garçon : ‘Mon cher enfant, je souhaite partir en voyage. Sers le feu sacré. Ne le laisse pas s’éteindre. Mais si jamais tu devais le laisser s’éteindre, voici la hachette, le bois, et le fagot de brindilles. Rallume le feu et sers-le.’ Et ayant ainsi instruit le garçon, l’ascète partit.

« Mais le garçon fut si absorbé par ses jeux qu’il laissa le feu s’éteindre. Il pensa : ‘Mon père m’a dit de servir le feu sacré. Pourquoi ne le rallumerais-je pas et ne le servirais-je pas ?’ Il coupa donc le fagot de brindilles avec la hachette, pensant : ‘Avec de la chance, j’obtiendrai du feu !’ Mais il n’obtint pas de feu. Il brisa le fagot de brindilles en deux, en trois, en quatre, en cinq, en dix, en cent morceaux. Il hacha les brindilles pour en faire des éclats, les pila dans un mortier, et les éparpilla dans un fort vent, pensant : ‘Avec de la chance, j’obtiendrai du feu !’ Mais il n’obtint pas de feu.

« L’ascète aux cheveux en chignon, ayant conclu son affaire dans le pays, retourna à son ermitage, et dit au garçon : ‘Je suis sûr, mon cher enfant, que le feu ne s’est pas éteint ?’

« Et le garçon lui raconta ce qui s’était passé. L’ascète pensa alors : ‘Comme cet enfant est idiot, comme il est sans intelligence ! Car comment peut-on chercher à obtenir du feu de façon aussi irrationnelle ?’ Et donc, tandis que le garçon regardait, il prit un fagot de brindilles, alluma le feu, et dit : ‘Cher enfant, voilà comment on allume un feu. Pas de la manière idiote et sans intelligence dont tu as essayé de le faire.’

« De la même manière, chef, étant idiot et sans intelligence, vous recherchez l’autre monde de façon irrationnelle. Abandonnez cette idée fausse, nocive, chef, abandonnez-la ! Ne créez pas de mal-être et de souffrance à long terme pour vous. »

« Bien que maître Kassapa dise ceci, je ne suis cependant pas capable d’abandonner cette idée fausse, nocive. Le roi Pasenadi Kosala connaît mes vues, et les rois étrangers de même. Si j’abandonne cette idée fausse, nocive, les gens diront : ‘Comme le chef Pāyāsi est idiot, comme il est sans intelligence de s’être accroché à une erreur !’ Je continuerai à avoir cette vue par colère, mépris, et dépit ! »

2.11. La parabole des deux chefs de caravane

« Bien. Alors, chef, je vais vous fournir une comparaison. Car grâce à une comparaison, certaines personnes intelligentes peuvent comprendre la signification de ce qui est dit.

« Il y avait autrefois une grande caravane d’un millier de chariots qui voyageait depuis un pays situé à l’est, en direction de l’ouest. Partout où elle passait, elle épuisait rapidement l’herbe, le bois, l’eau, et le feuillage vert. Cette caravane avait deux chefs, chacun responsable de cinq cents chariots. Ils pensèrent : ‘C’est une grande caravane d’un millier de chariots. Partout où nous passons, nous épuisons rapidement l’herbe, le bois, l’eau, et le feuillage vert. Pourquoi ne divisons-nous pas la caravane en deux ?’ Et c’est ce qu’ils firent.

« Un des chefs de caravane, ayant préparé beaucoup d’herbe, de bois, et d’eau, mit la caravane en route. Après avoir voyagé deux ou trois jours, il vit un homme au teint foncé, avec des yeux rouges arrivant de la direction opposée dans une carriole aux roues boueuses, tirée par un âne. Il était muni d’un carquois et paré de lotus jaunes, les vêtements et les cheveux tout mouillés.

« Le voyant, il dit : ‘Sire, d’où venez-vous ?’ ‘De tel et tel pays.’ ‘Et où allez-vous ?’ ‘Dans le pays qui s’appelle comme ceci.’ ‘A-t-il beaucoup plu dans le désert devant nous ?’ ‘Oui, en vérité, sire. Les chemins sont tout mouillés, et il y a beaucoup d’herbe, de bois, et d’eau. Jetez votre herbe, votre bois, et votre eau. Vos chariots avanceront plus rapidement quand ils seront peu chargés, ne fatiguez pas vos bêtes de trait.’

« Le chef de caravane s’adressa alors à ses conducteurs : ‘Cet homme dit qu’il a beaucoup plu dans le désert devant nous. Il nous conseille de jeter l’herbe, le bois, et l’eau. Les chariots avanceront plus rapidement quand ils seront peu chargés, et ne fatigueront pas nos bêtes de trait. Donc, jetons l’herbe, le bois, et l’eau, et reprenons la route avec des chariots peu chargés.’ ‘Bien, sire,’ répondirent les conducteurs, et c’est ce qu’ils firent.

« Mais à la première étape de la caravane, ils ne virent ni herbe, ni bois, ni eau. Et à la deuxième, la troisième, la quatrième, la cinquième, la sixième, et la septième étape, ils ne virent ni herbe, ni bois, ni eau. Et cela fit s’abattre le malheur et le désastre sur eux tous. Et les hommes et les bêtes de cette caravane furent tous dévorés par ce yakkha. Seuls restèrent leurs os.

« Lorsque le second chef de caravane sut que la première caravane avait bien avancé, il prépara beaucoup d’herbe, de bois, et d’eau, et il mit la caravane en route. Après avoir voyagé deux ou trois jours, il vit un homme au teint foncé avec des yeux rouges arrivant de la direction opposée dans une carriole aux roues boueuses, tirée par un âne. Il était muni d’un carquois et paré de lotus jaunes, les vêtements et les cheveux tout mouillés.

« Le voyant, il dit : ‘Sire, d’où venez-vous ?’ ‘De tel et tel pays.’ ‘Et où allez-vous ?’ ‘Dans le pays qui s’appelle comme ceci.’ ‘A-t-il beaucoup plu dans le désert devant nous ?’ ‘Oui, en vérité, sire. Les chemins sont tout mouillés, et il y a beaucoup d’herbe, de bois, et d’eau. Jetez votre herbe, votre bois, et votre eau. Vos chariots avanceront plus rapidement quand ils seront peu chargés, ne fatiguez pas vos bêtes de trait.’

« Le chef de caravane s’adressa alors à ses conducteurs : ‘Cet homme dit qu’il a beaucoup plu dans le désert devant nous. Il nous conseille de jeter l’herbe, le bois, et l’eau. Les chariots avanceront plus rapidement quand ils seront peu chargés, et ne fatigueront pas nos bêtes de trait. Mais cette personne n’est ni un parent ni un proche. Comment pouvons-nous lui faire confiance ? Nous ne devrions pas jeter l’herbe, le bois, et l’eau, mais continuer avec nos provisions chargées comme avant. Nous ne jetterons aucune de nos vieilles provisions.’ ‘Bien, sire,’ répondirent les conducteurs, et ils reprirent la route comme avant. Et à la première étape, ils ne virent ni herbe, ni bois, ni eau. Et à la deuxième, la troisième, la quatrième, la cinquième, la sixième, et la septième étape, ils ne virent ni herbe, ni bois, ni eau. Et ils virent que le malheur s’était abattu sur l’autre caravane. Et ils virent les os des hommes et des bêtes qui avaient été dévorés par ce yakkha.

« Le chef de caravane s’adressa alors à ses conducteurs : ‘Le malheur s’est abattu sur cette caravane, comme cela se produit lorsqu’une caravane est guidée par un chef idiot. Messieurs, jetez toute marchandise de notre caravane qui n’a que peu de valeur, et prenez tout ce qui a de la valeur dans l’autre caravane.’ ‘Bien, sire’ répondirent les conducteurs, et c’est ce qu’ils firent. Ils traversèrent le désert en sécurité, comme cela se produit lorsqu’une caravane est guidée par un chef intelligent.

« De la même manière, chef, étant idiot et sans intelligence, le malheur s’abattra sur vous si vous recherchez l’autre monde de façon irrationnelle, comme pour le premier chef de caravane. Et ceux qui pensent que vous êtes digne de confiance, le malheur s’abattra aussi sur eux, comme sur les conducteurs. Abandonnez cette idée fausse, nocive, chef, abandonnez-la ! Ne créez pas de mal-être et de souffrance à long terme pour vous ! »

« Bien que maître Kassapa dise ceci, je ne suis cependant pas capable d’abandonner cette idée fausse, nocive. Le roi Pasenadi Kosala connaît mes vues, et les rois étrangers de même. Je continuerai d’avoir cette vue par colère, mépris, et dépit ! »

2.12. La parabole de l’homme qui transportait du fumier

« Bien. Alors, chef, je vais vous fournir une comparaison. Car grâce à une comparaison, certaines personnes intelligentes peuvent comprendre la signification de ce qui est dit.

« Il y avait autrefois un certain porcher qui allait de son village à un autre village. Là, il vit un gros tas de fumier abandonné. Il pensa : ‘Ce tas de fumier sec peut servir de nourriture à mes porcs. Pourquoi ne l’emporterais-je pas ?’ Il étendit donc par terre son vêtement du haut, poussa le fumier sec dessus, en fit un ballot qu’il noua et plaça sur sa tête, et il reprit son chemin. Alors qu’il marchait, une averse soudaine survint. Maculé de ce qui s’échappait, suintant de fumier jusqu’aux ongles, il continua à transporter le chargement de fumier. Lorsque des gens remarquèrent cela, ils dirent : ‘Etes-vous devenu fou, sire ? Avez-vous perdu l’esprit ? Car comment pouvez-vous, maculé de ce qui s’échappe, suintant de fumier jusqu’aux ongles, continuer à transporter ce chargement de fumier ?’ ‘C’est vous qui êtes fou, messieurs ! C’est vous qui avez perdu l’esprit ! Car cela servira de nourriture pour mes porcs.’

« De la même manière, chef, vous ressemblez à l’homme qui transporte du fumier dans la comparaison. Abandonnez cette idée fausse, nocive, chef, abandonnez-la ! Ne créez pas de mal-être et de souffrance à long terme pour vous. »

« Bien que maître Kassapa dise ceci, je ne suis cependant pas capable d’abandonner cette idée fausse, nocive. Le roi Pasenadi Kosala connaît mes vues, et les rois étrangers de même. Je continuerai d’avoir cette vue par colère, mépris, et dépit ! »

2.13. La parabole des joueurs

« Bien. Alors, chef, je vais vous fournir une comparaison. Car grâce à une comparaison, certaines personnes intelligentes peuvent comprendre la signification de ce qui est dit.

« Il y avait autrefois deux joueurs qui jouaient aux dés avec comme mise, des noix de myrobolan. Le premier joueur, chaque fois que le second joueur faisait un mauvais lancer, avalait ses propres noix. Le second joueur vit cela et dit : ‘Bien, mon ami, tu as gagné ! Donne-moi les noix qui te restent, je vais en faire une offrande.’ ‘Oui, mon ami,’ répondit le premier joueur, et il les lui donna.

« Après avoir trempé les noix dans du poison, le second joueur dit au premier : ‘Viens, mon ami, reprenons le jeu.’ ‘Oui, mon ami,’ répondit le premier joueur.

« Et les joueurs jouèrent une seconde fois aux dés. Et chaque fois qu’il gagnait, le premier joueur avalait ses noix. Le second joueur vit cela et dit alors :

‘L’homme avale les noix sans se rendre compte
qu’elles sont recouvertes de poison brûlant.
Avale, fichu tricheur, avale !
Bientôt, tu les trouveras amères.’

« De la même manière, chef, vous ressemblez au joueur dans la comparaison. Abandonnez cette idée fausse, nocive, chef, abandonnez-la ! Ne créez pas de mal-être et de souffrance à long terme pour vous. »

« Bien que maître Kassapa dise ceci, je ne suis cependant pas capable d’abandonner cette idée fausse, nocive. Le roi Pasenadi Kosala connaît mes vues, et les rois étrangers de même. Je continuerai d’avoir cette vue par colère, mépris, et dépit ! »

2.14. La parabole de l’homme qui transportait du chanvre

« Bien. Alors, chef, je vais vous fournir une comparaison. Car grâce à une comparaison, certaines personnes intelligentes peuvent comprendre la signification de ce qui est dit.

« Autrefois, des habitants d’un certain pays émigrèrent. Alors un ami dit à un autre ami : ‘Viens, mon ami, allons dans ce pays-là pour y trouver des richesses !’ ‘Oui, mon ami,’ répondit l’autre. Ils allèrent dans ce pays-là, et à un certain endroit dans un village.

« Là, ils virent un tas de chanvre brun abandonné. Le voyant, un des amis dit à l’autre : ‘Voilà un tas de chanvre brun abandonné. Bien, mon ami. Fais un ballot de chanvre, et je vais en faire un aussi. Faisons chacun un ballot de chanvre, et continuons notre chemin.’ ‘Oui, mon ami,’ dit l’autre ami. Portant chacun leur ballot de chanvre, ils allèrent à un autre endroit dans le village.

« Là, ils virent beaucoup de fil de chanvre abandonné. Le voyant, un des amis dit à l’autre : ‘Ce tas de fil de chanvre abandonné est juste la raison pour laquelle nous voulions avoir le chanvre ! Bien, mon ami. Abandonnons nos ballots de chanvre, faisons chacun un ballot de fil de chanvre, et continuons notre chemin.’ ‘J’ai déjà transporté ce ballot de chanvre un bon bout de chemin, et il est bien attaché. Cela me suffit, tu comprends,’ dit l’autre ami. Et donc un des amis abandonna son ballot de chanvre brun et fit un ballot de fil de chanvre.

« Ils allèrent à un autre endroit dans le village. Là, ils virent beaucoup de tissu de chanvre abandonné. Le voyant, un des amis dit à l’autre : ‘Ce tas de tissu de chanvre abandonné est juste la raison pour laquelle nous voulions avoir le fil de chanvre ! Bien, mon ami. Abandonnons nos ballots, faisons chacun un ballot de tissu de chanvre, et continuons notre chemin.’ ‘J’ai déjà transporté ce ballot de chanvre brun un bon bout de chemin, et il est bien attaché. Cela me suffit, tu comprends,’ dit l’autre ami. Et donc un des amis abandonna son ballot de fil de chanvre et fit un ballot de tissu de chanvre.

« Ils allèrent à un autre endroit dans le village. Là, ils virent un tas de plantes de lin abandonné et plus loin, du fil de lin, du tissu de lin, de la soie, du fil de soie, du tissu de soie, du fer, du cuivre, de l’étain, du plomb, de l’argent, et de l’or abandonnés. Voyant le tas d’or, un des amis dit à l’autre : ‘Ce tas d’or est juste la raison pour laquelle nous voulions avoir toutes ces autres choses ! Bien, mon ami. Abandonnons nos ballots, faisons chacun un ballot d’or, et continuons notre chemin.’ ‘J’ai déjà transporté ce ballot de chanvre un bon bout de chemin, et il est bien attaché. Cela me suffit, tu comprends,’ dit l’autre ami. Et donc un des amis abandonna son ballot et fit un ballot d’or.

« Ils retournèrent ensuite dans leur village. Lorsque l’un des amis rentra chez lui avec un ballot de chanvre brun, cela ne fit pas plaisir à ses parents, à ses épouses et à ses enfants, ou à ses amis et compagnons. Et ils ne tirèrent ni plaisir ni bonheur de ce qu’il avait rapporté.

« Mais lorsque l’autre ami rentra chez lui avec un ballot plein d’or, cela fit plaisir à ses parents, à ses épouses et à ses enfants, et à ses amis et compagnons. Et ils tirèrent beaucoup de plaisir et de bonheur de ce qu’il avait rapporté.

« De la même manière, chef, vous ressemblez à l’homme qui transportait du chanvre dans la comparaison. Abandonnez cette idée fausse, nocive, chef, abandonnez-la ! Ne créez pas de mal-être et de souffrance à long terme pour vous. »

3. Aller prendre refuge

« J’étais enchanté et satisfait de votre toute première comparaison, maître Kassapa ! Je voulais néanmoins entendre vos diverses solutions au problème, et j’ai donc pensé que j’allais m’opposer à vous de cette manière. Magnifique, maître Kassapa ! Magnifique ! Tout comme si l’on remettait à l’endroit ce qui était retourné, que l’on révélait ce qui était caché, que l’on montrait le chemin à celui qui est égaré, ou que l’on plaçait une lampe dans l’obscurité afin que ceux qui ont des yeux puissent voir les formes ; de la même manière maître Kassapa a – à travers plusieurs raisonnements – rendu le Dhamma clair. Je vais prendre refuge auprès de maître Gotama, du Dhamma, et du Saṅgha des moines. Puisse maître Kassapa se souvenir de moi comme d’un disciple laïc qui est allé prendre refuge à compter de ce jour, pour la vie. Maître Kassapa, je souhaite faire un grand sacrifice. S’il vous plaît, instruisez-moi pour que cela contribue à mon bien-être et à mon bonheur à long terme. »

4. À propos du sacrifice

« Chef, considérez le type de sacrifice au cours duquel des bovins, des chèvres et des moutons, des poules et des cochons, et diverses espèces de créatures sont tués. Et leurs destinataires ont la vue erronée, la résolution erronée, la parole erronée, l’action erronée, les moyens d’existence erronés, l’effort erroné, sati erroné, et la concentration erronée. Ce type de sacrifice n’est ni très fructueux ni bénéfique, ni brillant, ni généreux.

« C’est comme si un paysan pénétrait dans un bois, prenant avec lui des graines et une charrue. Et sur ce champ stérile, ce sol stérile, avec des souches non enlevées, il sèmerait des graines qui sont brisées, pourries, endommagées par le temps, non fertiles, et mal conservées. Et les cieux n’apporteraient pas assez d’eau au moment où cela est nécessaire. Les graines pousseraient-elles, croîtraient-elles, viendraient-elles à maturation, et le paysan en tirerait-il un fruit abondant ? »

« Non, maître Kassapa. »

« Il en va de même avec ce type de sacrifice. Mais considérez maintenant le type de sacrifice au cours duquel des bovins, des chèvres et des moutons, des poules et des cochons, et diverses espèces de créatures ne sont pas tués. Et leurs destinataires ont la Vue juste, la Résolution juste, la Parole juste, l’Action juste, les Moyens d’existence justes, l’Effort juste, Sati juste, et la Concentration juste. Ce type de sacrifice est très fructueux, bénéfique, brillant, et généreux.

« C’est comme si un paysan pénétrait dans un bois, prenant avec lui des graines et une charrue. Et sur ce champ fertile, ce sol fertile, avec des souches enlevées, il sèmerait des graines qui sont intactes, non pourries, non endommagées par le temps, fertiles, et bien conservées. Et les cieux apporteraient beaucoup d’eau au moment où cela est nécessaire. Les graines pousseraient-elles, croîtraient-elles, viendraient-elles à maturation, et le paysan en tirerait-il un fruit abondant ? »

« Oui, maître Kassapa. »

« Il en va de même, chef, avec le type de sacrifice au cours duquel des bovins, des chèvres et des moutons, des poules et des cochons, et diverses espèces de créatures ne sont pas tués. Et leurs destinataires ont la Vue juste, la Résolution juste, la Parole juste, l’Action juste, les Moyens d’existence justes, l’Effort juste, Sati juste, et la Concentration juste. Ce type de sacrifice est très fructueux, bénéfique, brillant, et généreux. »

5. À propos de l’élève brahmane Uttara

Alors le chef Pāyāsi organisa des offrandes pour des contemplatifs et des brahmanes, des indigents, des vagabonds, des voyageurs, et des mendiants. Et lors de ces offrandes, de la nourriture comme du gruau grossier accompagné de légumes vinaigrés fut offert, ainsi que des vêtements grossiers avec des bas non terminés. Il se trouve que ces offrandes avaient été organisées par un élève brahmane appelé Uttara. Lorsque les offrandes furent terminées, il en parla de la manière suivante : « Par ces offrandes, puissè-je être avec le chef Pāyāsi dans ce monde, mais pas dans l’autre monde. »

Pāyāsi entendit parler de ceci, et donc il convoqua Uttara, et lui dit : « Est-il absolument vrai, cher Uttara, que tu as parlé de ces offrandes de cette manière ? »

« Oui, sire. »

« Mais pourquoi ? Nous autres qui cherchons à acquérir du mérite, n’espérons-nous pas obtenir quelque résultat de nos offrandes ? »

« Lors de vos offrandes, de la nourriture comme du gruau grossier accompagné de légumes vinaigrés a été offert, des choses que vous n’auriez même pas voulu toucher avec votre pied, et encore moins manger. Et aussi des vêtements grossiers avec des bas non terminés, des choses que vous n’auriez même pas voulu toucher avec votre pied, et encore moins porter. Sire, vous m’êtes cher. Mais comment puis-je concilier quelqu’un qui m’est si cher avec quelque chose qui est si désagréable ? »

« Bien. Alors, cher Uttara, organise des offrandes avec le même type de nourriture que celle que je mange, et le même type de vêtements que ceux que je porte. »

« Bien, sire, » répondit Uttara, et il le fit.

Le chef Pāyāsi fit ainsi des dons sans faire attention, sans réfléchir, pas de ses propres mains, offrant des miettes. À la brisure du corps, après la mort, il renaquit en compagnie des deva des quatre grands rois, dans un palais vide fait de bois d’acacia.

Mais l’élève brahmane Uttara qui avait organisé les offrandes, fit des dons en faisant attention, en réfléchissant, de ses propres mains, n’offrant pas des miettes. À la brisure du corps, après la mort, il renaquit en compagnie des deva des trente-trois.

6. Le deva Pāyāsi

À cette époque, le vénérable Gavampati allait souvent dans ce palais vide fait de bois d’acacia pour y passer la journée. Alors le deva Pāyāsi alla vers lui, se prosterna, et se tint debout sur un côté. Gavampati lui dit :

« Qui êtes-vous ? »

« Sire, je suis le chef Pāyāsi. »

« Ne souteniez-vous pas le point de vue selon lequel l’autre monde n’existe pas, qu’il n’y a pas d’êtres qui renaissent spontanément, et qu’il n’y a pas de fruit ou de résultat des bonnes et des mauvaises actions ? »

« C’est vrai, sire, j’avais effectivement un tel point de vue. Mais le vénérable Kumāra Kassapa m’a dissuadé d’entretenir cette idée fausse, nocive. »

« Mais l’élève brahmane Uttara qui avait organisé des offrandes pour vous, où est-il rené ? »

« Sire, Uttara a fait des dons en faisant attention, en réfléchissant, de ses propres mains, n’offrant pas des miettes. A la brisure du corps, après la mort, il est rené en compagnie des deva des trente-trois.

« Mais moi j’ai fait des dons sans faire attention, sans réfléchir, pas de mes propres mains, offrant des miettes. À la brisure du corps, après la mort, je suis rené en compagnie des deva des quatre grands rois, dans un palais vide fait de bois d’acacia.

« Donc, sire, lorsque vous serez retourné sur le plan d’existence humain, annoncez ceci s’il vous plaît : ‘Faites des dons en faisant attention, en réfléchissant, de vos propres mains, n’offrant pas des miettes. Le chef Pāyāsi a fait des dons sans faire attention, sans réfléchir, pas de ses propres mains, offrant des miettes. À la brisure du corps, après la mort, il est rené en compagnie des deva des quatre grands rois, dans un palais vide fait de bois d’acacia. Mais l’élève brahmane Uttara qui avait organisé les offrandes, a fait des dons en faisant attention, en réfléchissant, de ses propres mains, n’offrant pas des miettes. A la brisure du corps, après la mort, il est rené en compagnie des deva des trente-trois. »

Lorsque le vénérable Gavampati retourna sur le plan d’existence humain, il annonça cela.

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