Ainsi ai-je entendu : Une fois leBienheureux demeurait dans le Kalandaka-nivāpa, au parc desbambous, près de la ville de Rājagaha.
En ce temps-là, un fils de famille nommé Sigālaka, avaitl’habitude de se lever de bon matin, puis, étant sorti de la villede Rājagaha avec ses vêtements mouillés, avec ses cheveux mouillés[à la suite d’un bain], de rendre hommageavec les mains jointes, aux diverses directions : l’Est, le Sud,l’Ouest, le Nord, le Nadir et le Zénith.
Un jour, le Bienheureux, s’étant habillé de bon matin, prit soncīvara et son bol à aumône etentra dans la ville de Rājagaha pour recevoir la nourriture. LeBienheureux vit le fils de famille Sigālaka qui s’était levé de bonmatin, puis, étant sorti de la ville de Rājagaha, avec sesvêtements mouillés, avec ses cheveux mouillés [àla suite d’un bain], rendait hommage avec les mains jointes,aux diverses directions : l’Est, le Sud, l’Ouest, le Nord, le Nadiret le Zénith. L’ayant vu, le Bienheureux dit au fils de familleSigālaka : « Pour quelle raison, ô fils de famille, vous étant levéde bon matin, puis, étant sorti de la ville de Rājagaha, avec vosvêtements mouillés, avec vos cheveux mouillés, [àla suite d’un bain], rendez-vous hommage avec les mainsjointes, aux diverses directions : l’Est, le Sud, l’Ouest, le Nord,le Nadir et le Zénith ? »
Le fils de famille Sigālaka répondit : « Vénéré, mon père enmourant m’a dit : “Mon cher fils, rendez hommage aux directions.”Alors moi, respectant la parole de mon père, en l’honorant, en larévérant, m’étant levé de bon matin, puis étant sorti de la villede Rājagaha, avec mes vêtements mouillés, avec mes cheveux mouillés[à la suite d’un bain], je rends hommageavec les mains jointes aux diverses directions : l’Est, le Sud,l’Ouest, le Nord, le Nadir et le Zénith ? »
Le Bienheureux dit : « Ce n’est pas de cette façon, ô fils defamille, que l’on doit rendre hommage aux directions selon ladiscipline noble. »
Le fils de famille Sigālaka demanda : « De quelle façon, Vénéré,doit-on rendre hommage aux directions selon la discipline noble ?Vénéré, ce serait bien si le Bienheureux m’expliquait la façon donton doit rendre hommage dans les directions selon la disciplinenoble. »
Le Bienheureux dit : « Alors, ô fils de famille, écoutez, fixezbien votre attention. Je vais vous en parler. »
« Oui, Vénéré », répondit le fils de famille Sigālaka auBienheureux.
Le Bienheureux dit : « Ô fils de famille, tant que les quatreactions salissantes sont supprimées chez le noble disciple, tantqu’il ne commet pas un acte mauvais en se situant sur les quatrebases, tant qu’il ne fréquente pas les six portes avilissantes ence qui concerne ses biens, il évite ainsi ces quatorze mauvaiseschoses, et ensuite il couvre bien les six directions et parconséquent il est sur la voie qui mène à la victoire dans les deuxmondes : ce monde [de la vie actuelle] estgagné par lui et le monde de l’au-delà [de lamort] est aussi gagné par lui. Après la dislocation de soncorps, après la mort, il prend naissance dans une destinationheureuse, dans un état céleste.
« Comment les quatre actions salissantes sont-elles suppriméeschez lui ? Ô fils de famille, tuer les êtres vivants est une actionsalissante ; prendre des choses appartenant aux autres est uneaction salissante ; s’engager dans les pratiques sexuellesillicites est une action salissante ; proférer des mensonges estune action salissante. En s’abstenant de tout cela, les quatreactions salissantes sont supprimées chez lui. » Ainsi parla leBienheureux, le Sugata. Ensuite le Maître s’exprima :
Les actes tels que tuer des êtres vivants,
Prendre des choses appartenant aux autres
Proférer des mensonges et
Aller connaître les femmes des autres
Ne sont pas loués par les sages.
« Comment commet-on de actes mauvais en se situant sur lesquatre bases ? En allant vers la mauvaise motivation dite “lapartialité” on commet de actes mauvais ; en allant vers la mauvaisemotivation dite “la colère”, on commet des actes mauvais ; allantvers la mauvaise motivation dite “la peur”, on commet des actesmauvais ; allant vers la mauvaise motivation dite “l’illusion”, oncommet des actes mauvais. Cependant, ô fils de famille, le nobledisciple ne va pas vers la mauvaise motivation dite “lapartialité”, ni vers la mauvaise motivation dite “la colère”, nivers la mauvaise motivation dite “la peur”, ni vers la mauvaisemotivation dite “l’illusion”. Il ne commet pas alors d’actesmauvais en se situant sur ces quatre bases. » Ainsi parla leBienheureux, le Sugata. Ensuite le Maître s’exprima :
Si quelqu’un transgresse la droiture
À cause de la partialité, de la colère, de la peur ou del’illusion
Sa célébrité diminue
Comme la lune du côté noir.À cause de la partialité, de la colère, de la peur ou del’illusion
Si quelqu’un ne transgresse pas la droiture
Sa célébrité se développe
Comme la lune du côté blanc.
« Comment ne fréquente-t-on pas les six portes de la décadenceen ce qui concerne ses biens ? Ô fils de famille, avoir l’habitudede consommer des boissons enivrantes qui causent l’inattention etl’égarement, est une porte de la décadence en ce qui concerne sesbiens ; avoir l’habitude de flâner dans les rues à des heuresindues est une porte de la décadence en ce qui concerne ses biens ;avoir l’habitude de fréquenter des spectacles est une porte de ladécadence en ce qui concerne ses biens ; avoir l’habitude des’adonner aux jeux de dés qui apportent des troubles, est une portede la décadence en ce qui concerne ses biens ; avoir l’habitude defréquenter de mauvais amis est une porte de la décadence en ce quiconcerne ses biens ; avoir l’habitude de s’adonner à la paresse estune porte de la décadence en ce qui concerne ses biens.
« Ô fils de famille, il y a six mauvaises conséquences qui seproduisent lorsqu’on a l’habitude de consommer des boissonsenivrantes qui causent l’inattention et l’égarement : la perte dela richesse dans l’immédiat ; l’augmentation des disputes ; lecorps devient une sphère de maladies ; le gain d’une mauvaiseréputation ; la disposition aux scandales honteux ; la diminutionde l’intelligence. Telles sont, ô fils de famille, les sixmauvaises conséquences qui se produisent lorsqu’on a l’habitude deconsommer des boissons enivrantes qui causent l’inattention etl’égarement.
« Ô fils de famille, il y a six mauvaises conséquences qui seproduisent lorsqu’on a l’habitude de flâner dans les rues à desheures indues : on est sans garde, sans protection ; sa femme etses enfants sont sans garde, sans protection ; sa propriété estsans garde, sans protection ; on est soupçonné d’être impliqué dansdes activités mauvaises ; on est sujet à de fausses accusations ;on subit beaucoup d’incidents malheureux. Telles sont, ô fils defamille, les six mauvaises conséquences qui se produisent lorsqu’ona l’habitude de flâner dans les rues à des heures indues.
« Ô fils de famille, il y a six mauvaises conséquences, qui seproduisent lorsqu’on a l’habitude de fréquenter des spectacles :[on cherche toujours en se disant] : “Oùdanse-t-on ; où chante-t-on ; où joue-t-on de la musique ; où ya-t-il un drame chanté ; où y a-t-il un orchestre ; où s’amuse-t-onen jouant du tambour ?” Telles sont, ô fils de famille, les sixmauvaises conséquences qui se produisent lorsqu’on a l’habitude defréquenter des spectacles.
« Ô fils de famille, il y a six mauvaises conséquences qui seproduisent lorsqu’on a l’habitude de s’adonner aux jeux de dés quiapportent des troubles : dans le cas où l’on gagne, on fait naîtrela haine chez celui qui a perdu ; dans le cas où l’on perd, onarrive à l’état désespéré ; on perd sa richesse dans l’immédiat ;dans les assemblées, sa parole n’est pas crue ; on est méprisé parses amis et ses associés ; on est considéré comme un indésirablepar ceux qui organisent les mariages en disant : “Cet homme étantjoueur de dés ne sera pas capable de prendre soin d’une épouse oud’enfants”. Telles sont, ô fils de famille, les six mauvaisesconséquences qui se produisent lorsqu’on a l’habitude de s’adonneraux jeux de dés qui amènent le trouble.
« Ô fils de famille, il y a six mauvaises conséquences qui seproduisent lorsqu’on a l’habitude de fréquenter de mauvais amis :on aura comme amis, associés, des joueurs de dés, des gloutons, desivrognes, des escrocs, des tricheurs et des bandits. Telles sont, ôfils de famille, les six mauvaises conséquences qui se produisentlorsqu’on a l’habitude de fréquenter de mauvais amis.
« Ô fils de famille, il y a six mauvaises conséquences qui seproduisent lorsqu’on a l’habitude de s’adonner à la paresse : on netravaille pas en se disant “il fait trop froid” ; on ne travaillepas en se disant “il fait trop chaud” ; on ne travaille pas en sedisant “il est trop tard dans l’après-midi” ; on ne travaille pasen se disant “il est trop tôt le matin” ; on ne travaille pas en sedisant “j’ai trop faim” ; on ne travaille pas en se disant “j’aitrop mangé”. Lorsqu’on vit ainsi, en laissant ses obligations nonaccomplies, ne se produit pas de richesse nouvelle et la richessedéjà produite diminue. Telles sont, ô fils de famille, les sixmauvaises conséquences qui se produisent lorsqu’on a l’habitude des’adonner à la paresse. » Ainsi parla le Bienheureux, le Sugata.Ensuite le Maître s’exprima :
Un ami dont l’amitié est limitée à boire ensemble,
Un autre dont l’amitié est limitée
Seulement lorsqu’on s’est vu
Un autre est amical
Seulement lorsqu’il a besoin d’une aide
[Tels sont les mauvais amis].
Dormir pendant la journée,
Aller connaître les femmes des autres,
Chérir la haine, faire du mal
S’associer à de mauvais amis et être rude
Ce sont les six lieux où l’homme se détruit.
En s’associant avec de mauvais amis,
En ayant un comportement immoral,
L’homme se détruit dans ce monde et dans l’au-delà.
Jouer aux dés, aller connaître les femmes des autres,
S’adonner aux boissons enivrantes,
Aux danses et aux chants,
Dormir pendant la journée,
Fréquenter les rues dans les temps indus,
S’associer à de mauvais amis et être avare
Ce sont les six lieux où l’homme se détruit.
Ils jouent aux dés, absorbent des boissons enivrantes,
Ils vont avec des femmes appartenant aux autres,
Fréquentent des gens de basse condition,
Mais pas les gens matures.
Alors leur sort se dégrade
Comme la lune du côté noir.
Étant pauvre, si on s’adonne aux boissons enivrantes,
Tout comme celui qui a soif boit de l’eau d’un étang,
On s’endette et on amène sa famille à la destruction.
S’il dort dans la journée,
S’il n’aime pas rester éveillé dans la nuit,
S’il est souvent ivre,
Alors il est incapable de mener une vie de foyer.
Les profits abandonnent les gens
Qui évitent les travaux en disant :
“Maintenant il fait trop froid,
Maintenant il fait trop chaud,
Maintenant il est trop tard dans l’après-midi”.
Si quelqu’un n’attache pas grande importance
Au froid ou à la chaleur,
Pas plus qu’à une petite paille,
S’il s’occupe des activités d’un homme,
Le bonheur ne l’abandonne point.
« Il faut reconnaître, ô fils de famille, les quatre sortes demauvais amis : celui qui vient uniquement pour emporter quelquechose, doit être reconnu comme un mauvais ami ; celui dont l’amitiéest limitée aux paroles, doit être reconnu comme un mauvais ami ;celui qui flatte, doit être reconnu comme un mauvais ami ; celuiqui cause la ruine, doit être reconnu comme un mauvais ami.
« Maintenant, ô fils de famille, il faut reconnaître l’ami quivient uniquement pour prendre quelque chose, comme un mauvais ami,par les quatre facteurs suivants : il vient uniquement pouremporter quelque chose, donnant un peu, il cherche à obtenirbeaucoup, il vient pour rendre visite seulement lorsqu’il est endifficulté et il reste ami dans son propre intérêt. Par ces quatrefacteurs, ô fils de famille, il faut reconnaître l’ami qui vientuniquement pour emporter quelque chose, comme un mauvais ami.
« En outre, ô fils de famille, il faut reconnaître l’ami, dontl’amitié est limitée aux paroles, comme un mauvais ami, par lesquatre facteurs suivants : il s’entretient du passé ; ils’entretient du futur ; il s’occupe de ce qui est sans aucuneutilité ; il décourage dans les actions présentes. Par ces quatrefacteurs, ô fils de famille, il faut reconnaître l’ami dontl’amitié est limitée aux paroles, comme un mauvais ami.
« En outre, ô fils de famille, il faut reconnaître l’ami quiflatte, comme un mauvais ami, par les quatre facteurs suivants : ilapprouve les mauvaises actions ; il approuve aussi les bonnesactions ; il loue son ami quand il est présent ; il le dénigrequand il est absent. Par ces quatre facteurs, ô fils de famille, ilfaut reconnaître le mauvais ami qui flatte.
« En outre, ô fils de famille, il faut reconnaître l’ami quicause la ruine, comme un mauvais ami, par les quatre facteurssuivants : il tient compagnie pour aller consommer des boissonsenivrantes qui causent l’inattention et l’égarement ; il tientcompagnie pour flâner dans les rues dans les temps indus ; il tientcompagnie pour aller aux spectacles ; il tient compagnie pour allerjouer aux dés. Par ces quatre facteurs, ô fils de famille, il fautreconnaître l’ami qui cause la ruine, comme un mauvais ami. » Ainsiparla le Bienheureux, le Sugata. Ensuite le Maître s’exprima :
Tout comme on évite une voie dangereuse
L’homme intelligent doit reconnaître et doit éviter
Ces quatre mauvais amis :
“L’ami qui vient uniquement pour emporter quelque chose,
Celui dont l’amitié est seulement en paroles
Celui qui flatte et celui qui cause la ruine”.
« Il faut reconnaître, ô fils de famille, les quatre sortesd’amis au cœur sincère : l’ami qui aide doit être reconnu comme unami au cœur sincère ; celui qui reste dans le bonheur ainsi quedans le malheur doit être reconnu comme un ami au cœur sincère ;celui qui donne un bon conseil doit être reconnu comme un ami aucœur sincère ; celui qui a compassion doit être reconnu comme unami au cœur sincère.
« Maintenant, ô fils de famille, l’ami qui aide doit êtrereconnu comme un ami au cœur sincère, par les quatre facteurssuivants : lorsque son ami est dans un état inattentif, il protègeson ami ; lorsque son ami est dans un état inattentif, il protègela richesse de son ami ; lorsque son ami a peur, il le protège ; encas de nécessité, il lui donne deux fois ce dont il a besoin. Parces quatre facteurs, ô fils de famille, il faut reconnaître l’amiqui aide comme un ami au cœur sincère.
« En outre, ô fils de famille, l’ami qui reste ami dans lebonheur ainsi que dans le pire doit être reconnu comme un ami aucœur sincère, par ces quatre facteurs suivants : il confie sessecrets à son ami ; il garde les secrets de son ami ; dans le casoù son ami est dans une difficulté, il ne l’abandonne pas ; ilsacrifie même sa vie au bien de son ami. Par ces quatre facteurs, ôfils de famille, il faut reconnaître l’ami qui reste ami dans lebonheur ainsi que dans le pire comme un ami au cœur sincère.
« En outre, ô fils de famille, l’ami qui donne un bon conseildoit être reconnu comme un ami au cœur sincère, par les quatrefacteurs suivants : il détourne son ami des mauvaises choses ; ill’engage dans les bonnes choses ; il fait entendre les bonneschoses que son ami n’avait pas entendues auparavant ; il lui montrela voie vers les états célestes. Par ces quatre facteurs, ô fils defamille, il faut reconnaître l’ami, qui donne un bon conseil commeun ami au cœur sincère.
« En outre, ô fils de famille, l’ami qui a compassion doit êtrereconnu comme un ami au cœur sincère, par les quatre facteurssuivants : il ne se réjouit pas de l’infortune de son ami ; il seréjouit de la prospérité de son ami ; il empêche que l’on médise deson ami ; il encourage ceux qui font l’éloge de son ami. Par cesquatre facteurs, ô fils de famille, il faut reconnaître l’ami qui acompassion comme un ami au cœur sincère. Ainsi parla leBienheureux, le Sugata. Ensuite le Maître s’exprima :
Un ami qui aide,
Un autre qui reste dans le bonheur et dans le pire,
Un autre ami qui donne des conseils,
Un autre qui est compatissant.Tels sont les quatre amis
Qu’un homme intelligent doit bien reconnaître.
Puis les fréquenter
Tout comme la mère à l’égard de son propre fils.Celui qui est intelligent et vertueux
Brille comme un feu qui flambe.La richesse de celui qui la cherche [sansexploiter personne]
Tout comme une abeille collectant le miel [desfleurs]
Va vers le progrès comme une fourmilière.Ainsi l’homme de foyer qui rassemble la richesse est
Capable de l’employer pour le bénéfice des siens
Tout en gardant l’attachement de ses amis,
Il partage sa richesse en quatre parts.- Il prend une part pour les dépenses
- Deux parts sont investies dans les affaires
- La quatrième part est économisée
Pour être utile en cas de difficulté.
« Et comment, ô fils de famille, le noble disciple traite-t-illes six directions ? [D’abord] ô fils defamille, il faut connaître les six directions : la mère et le pèredoivent être reconnus comme la direction de l’Est ; les maîtres[qui sont enseignants] doivent êtrereconnus comme la direction du Sud ; l’épouse et les enfantsdoivent être reconnus comme la direction de l’Ouest ; les amis etles associés doivent être reconnus comme la direction du Nord ; lesserviteurs doivent être reconnus comme la direction du Nadir ; lessamanas et les brāhmanes doivent être reconnus comme la directiondu Zénith.
« De cinq manières, ô fils de famille, le fils doit traiter lamère et le père qui constituent la direction de l’Est, [en se disant :] “J’ai été nourri par eux, maismaintenant, je prendrai soin d’eux” ; “J’accomplirai les devoirsfamiliaux à leur place” ; “J’établirai et préserverai le lignagefamilial ; Quant à l’héritage obtenu de leur part, je l’utiliseraisans transgresser leur volonté” ; et enfin, “Lorsqu’ils aurontterminé leur temps ici-bas, j’offrirai des aumônes au nom desdéfunts”. De ces cinq manières, ô fils de famille, la mère et lepère qui constituent la direction de l’Est sont traités par lefils. Alors les parents seront compatissants à l’égard de leur filsde ces cinq manières suivantes : ils lui évitent des chosesmauvaises ; ils l’engagent dans les bonnes choses ; ils luienseignent des activités lucratives ; ils le font unir à une bonnecompagne convenable ; ils lui donnent leur héritage au moment venu.Lorsque, ô fils de famille, la mère et le père qui constituent ladirection de l’Est sont traités de cette façon par le fils de cescinq manières, la mère et le père seront compatissants à l’égard dufils de cinq manières. Ainsi, la direction de l’Est est protégéepar lui pour qu’elle soit compatissante et sans danger.
« De cinq manières, ô fils de famille, l’élève doit traiter lesmaîtres qui constituent la direction du Sud : en se levant devanteux, en leur donnant son assistance, en ayant la volonté de lesécouter, en s’occupant personnellement d’eux, en apprenant bienl’art et la matière qu’ils enseignent. De ces cinq manières, ô filsde famille, les maîtres qui constituent la direction du Sud sonttraités par l’élève. Alors les maîtres seront compatissants àl’égard de l’élève de ces cinq manières suivantes : ilsl’entraînent correctement ; ils l’enseignent bien ; ils luiapprennent tous les arts et les matières qu’ils ont appris ; ils leprésentent à leurs amis et conseillers. Lorsque, ô fils de famille,les maîtres qui constituent la direction du Sud sont traités decette façon par l’élève de ces cinq manières, les maîtres serontcompatissants à l’égard de l’élève de cinq manières. Ainsi, ladirection du Sud est protégée par lui pour qu’elle soitcompatissante et sans danger.
« De cinq manières, ô fils de famille, l’époux doit traiter sonépouse qui constitue la direction de l’Ouest : en lui parlant aveccourtoisie et avec respect ; en ne l’insultant pas ; en n’allantpas vers les autres femmes ; en lui conférant l’autorité de lamaison ; en lui offrant des ornements. De ces cinq manières, ô filsde famille, l’épouse qui constitue la direction de l’Ouest est bientraitée par l’époux. Alors l’épouse sera compatissante à l’égard deson époux de ces cinq manières suivantes : elle est consciencieusedans les activités de la famille ; elle traite bien les serviteursde l’époux ; elle lui est fidèle ; elle prend soin de ce qu’ilapporte à la maison ; elle est douée dans toutes ses activités etsans paresse. Lorsque, ô fils de famille, l’épouse qui constitue ladirection de l’Ouest est traitée de cette façon par l’époux de cinqmanières, l’épouse sera compatissante à l’égard de l’époux de cescinq manières. Ainsi, la direction de l’Ouest est protégée par luipour qu’elle soit compatissante et sans danger.
« De cinq manières, ô fils de famille, le chef de famille doittraiter ses amis et associés qui constituent la direction du Nord :en étant généreux à leur égard ; en proférant des parolescourtoises ; en leur rendant service ; en les traitant avecégalité ; en étant loyal à leur égard. De ces cinq manières, ô filsde famille, les amis et associés qui constituent la direction duNord sont traités par le chef de famille. Alors les amis et lesassociés seront compatissants à l’égard du fils de famille de cescinq manières suivantes : ils le protègent quand il estinattentif ; ils protègent sa propriété quand il est inattentif ;ils le protègent en cas de péril ; ils ne l’abandonnent pas quandil est en danger ; ils traitent avec indulgence et correctement sesdescendants. Lorsque, ô fils de famille, les amis et associés quiconstituent la direction du Nord, sont traités de cette façon parle chef de famille de cinq manières, ses amis et ses associésseront compatissants à son égard de ces cinq manières. Ainsi, ladirection du Nord est protégée par lui pour qu’elle soitcompatissante et sans danger.
« De cinq manières, ô fils de famille, le maître doit traiterses serviteurs qui constituent la direction du Nadir : en leurconférant un travail proportionné à leurs forces ; en leurfournissant la nourriture et le salaire ; en les soignantlorsqu’ils sont malades ; en partageant avec eux les mets dechoix ; en les libérant de leurs travaux dans les temps corrects.De ces cinq manières, ô fils de famille, les serviteurs quiconstituent la direction du Nadir sont traités par leur maître.Alors les serviteurs seront compatissants à l’égard de leur maîtrede ces cinq manières suivantes : ils se lèvent avant lui ; ils secouchent après lui ; ils ne prennent pas ce qui ne leur a pas étédonné ; ils accomplissent leurs travaux consciencieusement ; ilsrépandent sa bonne réputation. Lorsque, ô fils de famille, lesserviteurs qui constituent la direction du Nadir sont traités decette façon par le maître de ces cinq manières, ses serviteursseront compatissants à son l’égard en cinq manières. Ainsi, ladirection du Nadir est protégée par lui pour qu’elle soitcompatissante et sans danger.
« De cinq manières, ô fils de famille, le chef de famille doittraiter les samanas et les brāhmanes qui constituent la directiondu Zénith : par des actions bienveillantes à leur égard ; par desparoles bienveillantes à leur égard ; par des penséesbienveillantes à leur égard ; en ne leur fermant pas sa porte ; enleur fournissant ce qui leur est utile. De ces cinq manières, ôfils de famille, les samanas et les brāhmanes qui constituent ladirection du Zénith, sont traités par le chef de famille. Alors lessamanas et les brāhmanes seront compatissants à l’égard du chef defamille de ces six manières suivantes : ils le détournent desmauvaises actions ; ils l’emploient dans les bonnes choses ; ilslui montrent leur sympathie avec une pensée bienveillante ; ils luifont entendre ce qu’il n’a pas encore entendu ; ils lui expliquentce qu’il a déjà entendu ; ils lui indiquent le chemin vers lesétats célestes. Lorsque, ô fils de famille, les samanas et lesbrāhmanes qui constituent la direction du Zénith sont traités decette façon par le chef de famille de ces cinq manières, lessamanas et les brāhmanes seront compatissants à son égard de cescinq manières. Ainsi, la direction du Zénith est protégée par luipour qu’elle soit compatissante et sans danger. Ainsi parla leBienheureux. Ainsi parla le Bienheureux, le Sugata. Ensuite leMaître s’exprima :
La mère et le père constituent la direction de l’Est
Les maîtres sont la direction du Sud
L’épouse et les enfants sont la direction de l’Ouest
Les amis et les associés sont la direction du Nord.Les serviteurs constituent la direction du Nadir
Les samanas et les brāhmanes sont le Zénith
Le laïc doué dans les affaires de la famille
Rend hommage à ces directions.La gloire est atteinte par
Celui qui est intelligent, vertueux,
Doué de compréhension, humble et docile.La gloire est atteinte par
Celui qui est énergique, sans paresse,
Qui ne recule pas devant les difficultés,
Qui travaille sans cesse de façon perspicace.La gloire est atteinte par
Celui qui est hospitalier, qui se fait des amis,
En accueillant avec des mots agréables, sans avarice,
Étant un guide montrant la voie encore et encore.La générosité, les paroles aimables,
Les travaux pour le bonheur des autres,
L’égalité à tous moments,
L’impartialité envers tel ou tel individu
Sont les qualités indispensables dans le monde,
Tout comme l’esse de l’essieu
Qui fait marcher la roue.
Si ces éléments n’existent pas
La mère n’obtient point l’honneur de son fils
En tant que sa mère.
Le père n’obtient point l’honneur de son fils
En tant que son père.Les hommes intelligents qui voient bien
Ces [quatre] éléments d’accueil
Arrivent à la grandeur
Pour eux il y aura des louanges.
Cela étant dit, le fils de famille Sigālaka dit au Bienheureux :« C’est merveilleux, Vénéré, c’est merveilleux, Vénéré ! C’estvraiment, Vénéré, comme si l’on redressait ce qui a été renversé,découvrait ce qui a été caché, montrait le chemin à l’égaré ouapportait une lampe à huile dans l’obscurité en pensant : “Que ceuxqui ont des yeux voient les formes”, de même, le Bienheureux arendu claire la doctrine de maintes façons. Vénéré, me voici, jeprends refuge en le Bienheureux, en la doctrine et en le groupe desbhikkhus. Que le Bienheureux m’admette comme un disciple associéqui a pris refuge en lui pour y être jusqu’à la fin de lavie. »
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