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Traductions [29]

La vacuité : 1er récit

Ainsi ai-je entendu : une fois, leBienheureux séjournait au grand bâtiment construit par Migāra-Mātā,dans le parc de l’Est, situé près de la ville de Sāvatthī.

En ce temps-là, un après-midi, s’étant levé de son repossolitaire, l’Āyasmanta Ānanda s’approcha de l’endroit où setrouvait le Bienheureux. S’étant approché, il rendit hommage auBienheureux et s’assit à l’écart sur un côté. S’étant assis àl’écart sur un côté, l’Āyasmanta Ānanda dit au Bienheureux : « Unefois, Vénéré, le Bienheureux était dans le bourg des Sākyas appeléNagaraka situé au pays des Sākyas. En ces jours-là, j’ai entendu,étant en face de lui, le Bienheureux qui disait : “Moi, ô Ānanda,en demeurant dans la vacuité, maintenant j’y demeure davantage”. Jepense, Vénéré, que j’ai entendu ainsi correctement, que j’aicompris ainsi correctement. »

Le Bienheureux dit : « Certainement, ô Ānanda, ce que vous avezentendu ainsi est correct ; ce que vous avez compris ainsi estcorrect. Maintenant, tout comme avant, en demeurant dans lavacuité, j’y demeure davantage. Tout comme ce grand bâtiment deMigāra-Mātā est vide d’éléphants, de vaches, de chevaux, dejuments, est vide d’or et d’argent, est vide d’assemblées d’hommeset de femmes. Seulement, il est non vide de la qualité uniquefondée sur le groupe de bhikkhus. De même, ô Ānanda, un bhikkhusans se concentrer sur la perception concernant le village, sans seconcentrer sur la perception concernant les êtres humains, seconcentre sur la qualité unique fondée sur la perception concernantla forêt. Sa pensée se plonge dans la perception concernant laforêt. Sa pensée s’y plaît, sa pensée s’y établit, sa pensée s’ylibère. Alors, il sait : “Ici, il n’existe pas de soucis qui seproduisent à cause de la perception concernant le village. Ici, iln’existe pas de soucis qui se produisent à cause de la perceptionconcernant les êtres humains. Ici, il existe seulement des soucisqui se produisent à cause de la qualité unique de la pensée fondéesur la perception concernant la forêt ». Alors, il sait : « Cetteperception est vide de la perception concernant le village. Cetteperception est vide de la perception concernant les êtres humains.Elle est non vide seulement de la qualité unique fondée sur laperception concernant la forêt ». De cette façon, s’il n’y a pasune chose, il constate bien cette absence. S’il y a un résidu, àpropos de ce résidu, il comprend : « Quand ceci est, cela est ».Ainsi, ô Ānanda, pour ce bhikkhu, cette arrivée dans une vacuité,est aussi une chose vraie, non fausse et pure.

Et encore, ô Ānanda, ce bhikkhu, sans se concentrer sur laperception concernant les êtres humains, sans se concentrer sur laqualité unique fondée sur la perception concernant la forêt, seconcentre sur la qualité unique fondée sur la perception concernantla terre. Tout comme, ô Ānanda, une peau de bœuf, bien étendue parcent chevilles, dont la graisse a disparu, de même, un disciplesans se concentrer sur les choses terrestres comme les hautesterres et les marécages, les rivières, les arbres portant desbranches et des épines, etc., les montagnes et les vallées, etc.,se concentre sur la qualité unique fondée sur la perceptionconcernant la terre. Sa pensée se plonge dans la perceptionconcernant la terre. Sa pensée s’y plaît, sa pensée s’y établit, sapensée s’y libère. Alors, il sait : « Ici, il n’existe pas desoucis qui se produisent à cause de la perception concernant lesêtres humains. Ici, il n’existe pas de soucis qui se produisent àcause de la perception concernant la forêt. Ici, il existeseulement des soucis qui se produisent à cause de la qualité uniquede la pensée fondée sur la perception concernant la terre. Alors,il sait : « Cette aperception est vide de la perception concernantles êtres humains. Cette aperception est vide de la perceptionconcernant la forêt. Elle est non vide seulement de la qualitéunique fondée sur la perception concernant la terre ». De cettefaçon, si une chose ne s’y trouve pas, il constate bien cetteabsence. S’il y a un résidu, à propos de ce résidu, il comprend :« Quand ceci est, cela est ». Ainsi, ô Ānanda, pour ce bhikkhu,cette arrivée dans une vacuité, est aussi une chose vraie, nonfausse et pure.

Et encore, ô Ānanda, ce bhikkhu, sans se concentrer sur laperception concernant la forêt, sans se concentrer sur la qualitéunique fondée sur la perception concernant la terre, se concentresur la qualité unique fondée sur la perception concernant la‘Sphère de l’espace infini’. Sa pensée se plonge dans la perceptionconcernant la ‘Sphère de l’espace infini’. Sa pensée s’y plaît, sapensée s’y établit, sa pensée s’y libère. Alors, il sait : « Ici,il n’existe pas de soucis qui se produisent à cause de laperception concernant la forêt. Ici, il n’existe pas de soucis quise produisent à cause de la perception concernant la terre. Ici, ilexiste seulement des soucis qui se produisent à cause de la qualitéunique de la pensée fondée sur la perception concernant la ‘sphèrede l’espace infini’. Alors, il sait : “Cette aperception est videde la perception concernant la forêt. Cette aperception est vide dela perception concernant la terre. Elle est non vide seulement dela qualité unique fondée sur la perception concernant la ‘Sphère del’espace infini’.” De cette façon, si une chose ne s’y trouve pas,il constate bien cette absence. S’il y a un résidu, à propos de cerésidu, il comprend : « Quand ceci est, cela est ». Ainsi, ôĀnanda, pour ce bhikkhu, cette arrivée dans une vacuité, est aussiune chose vraie, non fausse et pure.

Et encore, ô Ānanda, ce bhikkhu, sans se concentrer sur laperception concernant la terre, sans se concentrer sur la qualitéunique fondée sur la perception concernant la ‘Sphère de l’espaceinfini’, se concentre sur la qualité unique fondée sur laperception concernant la « sphère de la conscience infinie ». Sapensée se plonge dans la perception concernant la ‘Sphère de laconscience infinie’. Sa pensée s’y plaît, sa pensée s’y établit, sapensée s’y libère. Alors, il sait : « Ici, il n’existe pas desoucis qui se produisent à cause de la perception concernant laterre. Ici, il n’existe pas de soucis qui se produisent à cause dela perception concernant la ‘Sphère de l’espace infini’. Ici, ilexiste seulement des soucis qui se produisent à cause de la qualitéunique de la pensée fondée sur la perception concernant la ‘Sphèrede la conscience infinie’. » Alors, il sait : « Cette aperceptionest vide de la perception concernant la terre. Cette aperceptionest vide de la perception concernant la ‘Sphère de l’espaceinfini’. Elle est non vide seulement de la qualité unique fondéesur la perception concernant la ‘Sphère de la conscienceinfinie’. » De cette façon, si une chose ne s’y trouve pas, ilconstate bien cette absence. S’il y a un résidu, à propos de cerésidu, il comprend : “Quand ceci est, cela est”. Ainsi, ô Ānanda,pour ce bhikkhu, cette arrivée dans une vacuité, est aussi unechose vraie, non fausse et pure.

Et encore, ô Ānanda, ce bhikkhu, sans se concentrer sur laperception concernant la ‘Sphère de l’espace infini’, sans seconcentrer sur la qualité unique fondée sur la perceptionconcernant la ‘Sphère de la conscience infinie’, se concentre surla qualité unique fondée sur la perception concernant la ‘Sphère dunéant’. Sa pensée se plonge dans la perception concernant la‘Sphère du néant’. Sa pensée s’y plaît, sa pensée s’y établit, sapensée s’y libère. Alors, il sait : “Ici, il n’existe pas de soucisqui se produisent à cause de la perception concernant la ‘Sphère del’espace infini’. Ici, il n’existe pas de soucis qui se produisentà cause de la perception concernant la ‘Sphère de la conscienceinfinie’. Ici, il existe seulement des soucis qui se produisent àcause de la qualité unique de la pensée fondée sur la perceptionconcernant la ‘Sphère du néant’. Alors, il sait : “Cetteaperception est vide de la perception concernant la ‘Sphère del’espace infini’. Cette aperception est vide de la perceptionconcernant la ‘Sphère de la conscience infinie’. Elle est non videseulement de la qualité unique fondée sur la perception concernantla ‘Sphère du néant’. De cette façon, si une chose ne s’y trouvepas, il constate bien cette absence. S’il y a un résidu, à proposde ce résidu, il comprend : “Quand ceci est, cela est”. Ainsi, ôĀnanda, pour ce bhikkhu, cette arrivée dans une vacuité, est aussiune chose vraie, non fausse et pure.

Et encore, ô Ānanda, ce bhikkhu, sans se concentrer sur laperception concernant la ‘Sphère de la conscience infinie’, sans seconcentrer sur la qualité unique fondée sur la perceptionconcernant la ‘Sphère du néant’, se concentre sur la qualité uniquefondée sur la perception concernant la ‘Sphère sans perception ninon-perception’. Sa pensée se plonge dans la perception concernantla ‘Sphère sans perception ni non-perception’. Sa pensée s’y plaît,sa pensée s’y établit, sa pensée s’y libère. Alors, il sait : “Ici,il n’existe pas de soucis qui se produisent à cause de laperception concernant la ‘Sphère de la conscience infinie’. Ici, iln’existe pas de soucis qui se produisent à cause de la perceptionconcernant la ‘Sphère du néant’. Ici, il existe seulement dessoucis qui se produisent à cause de la qualité unique de la penséefondée sur la perception concernant la ‘Sphère sans perception ninon-perception’. Alors, il sait : “Cette aperception est vide de laperception concernant la ‘Sphère de la conscience infinie’. Elleest vide de la qualité unique fondée sur la perception concernantla ‘Sphère du néant’. Cette aperception est non vide seulement dela perception concernant la ‘Sphère sans perception ninon-perception’. De cette façon, si une chose ne s’y trouve pas, ilconstate bien cette absence. S’il y a un résidu, à propos de cerésidu, il comprend : “Quand ceci est, cela est”. Ainsi, ô Ānanda,pour ce bhikkhu, cette arrivée dans une vacuité, est aussi unechose vraie, non fausse et pure.

Et encore, ô Ānanda, ce bhikkhu, sans se concentrer sur laperception concernant la ‘Sphère du néant’, sans se concentrer surla qualité unique fondée sur la perception concernant la ‘Sphèresans perception ni non-perception’, se concentre sur la qualitéunique fondée sur la perception concernant la ‘concentrationmentale sans signes indicatifs’. Sa pensée se plonge dans laperception concernant la ‘concentration mentale sans signesindicatifs’. Sa pensée s’y plaît, sa pensée s’y établit, sa pensées’y libère. Alors, il sait : “Cette ‘concentration mentale sanssignes indicatifs’ est un état conditionné. Elle est un étatproduit par la pensée. Si une chose est conditionnée, si elle estune production de la pensée, elle est sûrement impermanente ; elleest sujette à la dissolution”.

Quand il sait cela, quand il voit cela, la pensée se libère del’écoulement mental toxique dit ‘désir sensuel’ ; la pensée selibère de l’écoulement mental toxique dit ‘volonté de devenir’ ; lapensée se libère de l’écoulement mental toxique dit ‘ignorance’.Quand il est libéré, vient la connaissance : “Ceci est lalibération”, et il sait désormais que “la naissance est détruite,la conduite sublime est vécue, ce qui devait être achevé estachevé, plus rien ne demeure à accomplir”.

Également, il comprend : “Ici, il n’existe pas de souci qui seproduisent à cause de l’écoulement mental toxique dit ‘désirsensuel’. Ici, il n’existe pas de souci qui se produisent à causede l’écoulement mental toxique dit ‘volonté de devenir’ ; ici, iln’existe pas de souci qui se produisent à cause de l’écoulementmental toxique dit ‘ignorance’. Ici, il existe seulement des soucisqui se produisent à cause des six sphères sensoriellesconditionnées par cette vie, conditionnées par ce corps”. Alors ilsait : “Cette aperception est vide de l’écoulement mental toxiquedit ‘désir sensuel’. Cette aperception est vide de l’écoulementmental toxique dit ‘volonté de devenir’. Cette aperception est videde l’écoulement mental toxique dit ‘ignorance’. Ce qui est nonvide, ce sont les six sphères sensorielles conditionnées par cettevie, conditionnées par ce corps”. Ainsi, si une chose ne s’y trouvepas, il constate bien cette absence. S’il y a un résidu, à proposde ce résidu, il comprend : “Quand ceci est, cela est”. De cettefaçon, ô Ānanda, pour ce bhikkhu, c’est l’arrivée dans la vacuitéqui est suprême, incomparable, vraie, non fausse et pure.

S’il y a eu, ô Ānanda, des samanas et des brāhmanes dans lepassé le plus lointain qui sont entrés et ont demeuré dans lavacuité complètement pure, incomparable et suprême, tous cessamanas et brāhmanes entrèrent et demeurèrent précisément danscette vacuité complètement pure, incomparable et suprême. S’il y a,ô Ānanda, des samanas et des brāhmanes dans le futur le pluslointain qui entreront et demeureront dans la vacuité complètementpure, incomparable et suprême, tous ces samanas et brāhmanesentreront et demeureront précisément dans cette vacuitécomplètement pure, incomparable et suprême. S’il y a, ô Ānanda, dessamanas et des brāhmanes dans le présent qui entrent et demeurentdans la vacuité complètement pure, incomparable et suprême, tousces samanas et brāhmanes entrent et demeurent précisément danscette vacuité complètement pure, incomparable et suprême. C’estpourquoi, ô Ānanda, vous devez vous entraîner en disant : “Étantentré dans cette vacuité qui est complètement pure, incomparable etsuprême, nous y demeurons”. »

Ainsi parla le Bienheureux. L’Āyasmanta Ānanda, heureux, seréjouit des paroles du Bienheureux.

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