Ainsi ai-je entendu:
En une occasion, le Fortuné séjournait à Vésāli, dans le bois situé à l'ouest de la ville.
En cette occasion-là, Sunakkhatta, un fils des Licchavis, avait récemment quitté ce Dhamma-et-Discipline. Il était en train de faire cette déclaration devant l'assemblée de Vésāli:
—«Samana Gotama n'a atteint aucun état surhumain, aucune distinction en connaissance & vision digne des êtres nobles. Samana Gotama enseigne un Dhamma (simplement) élaboré par raisonnement, en suivant sa propre logique d'investigation telle qu'elle lui vient, et lorsqu'il enseigne le Dhamma à quelqu'un, cela le conduit, lorsqu'il le pratique, à la complète destruction du mal-être.»
Au matin, le vénérable Sāriputta s'habilla, et prenant son bol et sa robe de dessus, partit pour Vésāli pour demander l'aumône. Il entendit alors Sunakkhatta, le fils des Licchavis, en train de faire cette déclaration devant l'assemblée de Vésāli. Lorsqu'il eut fait le tour de Vésāli pour ses aumônes, qu'il fut rentré de sa collecte d'aumônes, après son repas, il alla voir le Fortuné, et après lui avoir rendu hommage, il s'assit d'un côté. Lorsqu'i l fut assis là, il dit au Fortuné:
—Sunakkhatta, Bhanté, un fils des Licchavis, a récemment quitté ce Dhamma-Vinaya. Il a fait cette déclaration devant l'assemblée de Vésāli: «Samana Gotama n'a atteint aucun état surhumain, aucune distinction en connaissance & vision digne des êtres nobles. Samana Gotama enseigne un Dhamma (simplement) élaboré par raisonnement, en suivant sa propre logique d'investigation telle qu'elle lui vient, et lorsqu'il enseigne le Dhamma à quelqu'un, cela le conduit, lorsqu'il le pratique, à la complète destruction du mal-être».
—Sāriputta, cet homme malavisé, Sunakkhatta, est en colère, et ses paroles son prononcées à cause de la colère. Croyant discréditer le Tathagata, il fait en réalité son éloge; car c'est une louange pour le Tathagata que de dire de lui: «Quand il enseigne le Dhamma à quelqu'un, ça le conduit, lorsque il le pratique, à la complète destruction du mal-être.»
Sāriputta, cet homme malavisé, Sunakkhatta, ne conclura jamais à mon propos en accordance avec le Dhamma: «Ce Fortuné est un arhat correctement et pleinement éveillé, parfait en vijjā et en bonne conduite, sugata, connaissant le monde, incomparable guide des personnes prêtes à être entraînées, instructeur des devas et des humains, un Bouddha, un Fortuné.»
Et il ne conclura jamais à mon propos en accordance avec le Dhamma: «Ce Fortuné jouit des diverses sortes de pouvoirs supranormaux: ayant été un, il devient plusieurs; ayant été plusieurs, il devient un; il apparaît et disparaît; il passe sans problème à travers un mur, à travers une clôture, à travers une montagne, tout comme à travers l'espace; il plonge dans la terre et en ressort tout comme si c'était de l'eau; il marche sur l'eau sans couler tout comme si c'était la terre ferme; assis à jambes croisées, il voyage dans l'espace comme un oiseau; de sa main il touche et caresse la lune et le soleil si puissants et magnificent; il fait sentir sa présence physique aussi loin que le monde de Brahmā.»
Et il ne conclura jamais à mon propos en accordance avec le Dhamma: «Avec l'élément-oreille divin, qui est purifié et surpasse l'humain, ce Fortuné entend les deux sortes de sons, le céleste et l'humain, ceux qui sont loins aussi bien que ceux qui sont proches.»
Et il ne conclura jamais à mon propos en accordance avec le Dhamma: «Ce Fortuné englobe de son propre esprit celui d'autres êtres, d'autres personnes. Il comprend un esprit affecté par le désir sensuel comme étant affecté par le désir sensuel et un esprit non-affecté par le désir sensuel comme n'étant pas affecté par le désir sensuel; il comprend un esprit affecté par la haine comme étant affecté par la haine et un esprit non-affecté par la haine comme n'étant pas affecté par la haine; il comprend un esprit affecté par l'illusion comme étant affecté par l'illusion et un esprit non-affecté par l'illusion comme n'étant pas affecté par l'illusion; il comprend un esprit contracté comme étant contracté et un esprit distrait comme étant distrait; il comprend un esprit exalté comme étant exalté et un esprit non-exalté comme n'étant pas exalté; il comprend un esprit surpassable comme étant surpassable et un esprit insurpassable comme étant sans insurpassable; il comprend un esprit concentré comme étant concentré et un esprit déconcentré comme étant déconcentré; il comprend un esprit libéré comme étant libéré et un esprit non-libéré comme n'étant pas libéré.'
Les dix pouvoirs d'un Tathagata
Sāriputta, le Tathagata a ces dix pouvoirs de Tathagata, en possession desquels il déclare jouer le rôle de guide du troupeau, rugit son rugissement de lion dans les assemblées, et met en mouvement la Roue de Brahmā. Quels sont ces dix?
1) Ici, le Tathagata comprend tels qu'ils sont en réalité le possible comme possible et l'impossible comme impossible. Et cela est un pouvoir de Tathagata dont le Tathagata est doué, en vertu duquel il déclare jouer le rôle de guide du troupeau, rugit son rugissement de lion dans les assemblées, et met en mouvement la Roue de Brahmā.
2) De plus, le Tathagata comprend tels qu'ils sont en réalité les résultats des actions entreprises, passées, futures et présentes, avec possibilités et avec causes. Cela aussi est un pouvoir du Tathagata dont le Tathagata est doué, en vertu duquel il déclare jouer le rôle de guide du troupeau, rugit son rugissement de lion dans les assemblées, et met en mouvement la Roue de Brahmā.
3) De plus, le Tathagata comprend telles qu'elles sont en réalité les voies qui mènent à toutes destinations. Cela aussi est un pouvoir du Tathagata dont le Tathagata est doué, en vertu duquel il déclare jouer le rôle de guide du troupeau, rugit son rugissement de lion dans les assemblées, et met en mouvement la Roue de Brahmā.
4) De plus, le Tathagata comprend tel qu'il est en réalité le monde avec ses nombreux et différents éléments. Cela aussi est un pouvoir du Tathagata dont le Tathagata est doué, en vertu duquel il déclare jouer le rôle de guide du troupeau, rugit son rugissement de lion dans les assemblées, et met en mouvement la Roue de Brahmā.
5) De plus, le Tathagata comprend telle qu'elle est en réalité la manière dont les êtres ont différentes inclinations. Cela aussi est un pouvoir du Tathagata dont le Tathagata est doué, en vertu duquel il déclare jouer le rôle de guide du troupeau, rugit son rugissement de lion dans les assemblées, et met en mouvement la Roue de Brahmā.
6) De plus, le Tathagata comprend telles qu'elles sont en réalité les dispositions des facultés d'autres êtres, d'autres personnes. Cela aussi est un pouvoir du Tathagata dont le Tathagata est doué, en vertu duquel il déclare jouer le rôle de guide du troupeau, rugit son rugissement de lion dans les assemblées, et met en mouvement la Roue de Brahmā.
7) De plus, le Tathagata comprend tels qu'ils sont en réalité la souillure, la purification et l'émergence par rapport aux jhānas, les libérations, concentrations et réalisations. Cela aussi est un pouvoir du Tathagata dont le Tathagata est doué, en vertu duquel il déclare jouer le rôle de guide du troupeau, rugit son rugissement de lion dans les assemblées, et met en mouvement la Roue de Brahmā.
8) De plus, le Tathagata se rappelle ses multiples vies passées, c'est-à-dire une naissance, deux naissances, trois naissances, quatre naissances, cinq naissances, dix naissances, vingt naissances, trente naissances, quarante naissances, cinquante naissances, cent naissances, mille naissances, cent mille naissances, plusieurs éons de contraction cosmique, plusieurs éons d'expansion cosmique, plusieurs éons de contraction et d'expansion cosmique: «Là j'avais tel nom, j'étais de tel clan, j'avais telle apparence, telle était ma nourriture, telle fut mon expérience du plaisir et de la douleur, tel fut le terme de ma vie; et décédant de là, je réapparus ailleurs; et là aussi j'eus tel nom, j'étais de tel clan, j'avais telle apparence, telle fut ma nourriture, telle fut mon expérience du plaisir et de la douleur, tel fut le terme de ma vie; et décédant de là, je réapparus ici.» C'est ainsi qu'avec leurs aspects et spécificités il se rappelle de ses multiples vies passées. Cela aussi est un pouvoir du Tathagata dont le Tathagata est doué, en vertu duquel il déclare jouer le rôle de guide du troupeau, rugit son rugissement de lion dans les assemblées, et met en mouvement la Roue de Brahmā.
9) De plus, avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse l'humain, le Tathagata voit les êtres en train de décéder et de réapparaître, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, fortunés et infortunés, et il comprend comment les êtres évoluent selon leurs actions comme suit: «Ces êtres dignes qui ont eu une mauvaise conduite en corps, en paroles et en esprit, qui ont insulté les êtres nobles, ayant des vues erronées, exprimant leurs vues erronées dans leurs actions, ces êtres, lors de la dissolution du corps, après la mort, ont réapparu dans un état de privation, dans une mauvaise destination, dans la perdition, ou même en enfer; mais ces êtres dignes qui ont eu une bonne conduite en corps, en paroles et en esprit, qui n'insultèrent pas les êtres nobles, ayant des vues correctes, exprimant leurs vues correctes dans leurs actions, lors de la dissolution du corps, après la mort, ont réapparu dans une bonne destination, ou même dans le monde céleste.» C'est ainsi qu'avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse l'humain, il voit les êtres en train de décéder et de réapparaître, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, fortunés et infortunés, et il comprend comment les êtres évoluent selon leurs actions. Cela aussi est un pouvoir du Tathagata dont le Tathagata est doué, en vertu duquel il déclare jouer le rôle de guide du troupeau, rugit son rugissement de lion dans les assemblées, et met en mouvement la Roue de Brahmā.
10) De plus, en le réalisant par lui-même avec la connaissance directe, le Tathagata ici et maintenant pénètre et demeure dans la délivrance de l'esprit et la délivrance par sagesse qui sont immaculées de par l'élimination complète des impuretés mentales. Cela aussi est un pouvoir du Tathagata, en possession duquel il déclare jouer le rôle de guide du troupeau, rugit son rugissement de lion dans les assemblées, et met en mouvement la Roue de Brahmā.
Le Tathagata a ces dix pouvoirs du Tathagata, en possession desquels il déclare jouer le rôle de guide du troupeau, rugit son rugissement de lion dans les assemblées, et met en mouvement la Roue de Brahmā.
Sāriputta, lorsque je sais et vois de cette manière, si quiconque devait dire de moi: «Samana Gotama n'a atteint aucun état surhumain, aucune distinction en connaissance & vision digne des êtres nobles. Samana Gotama enseigne un Dhamma (simplement) élaboré par raisonnement, en suivant sa propre logique d'investigation telle qu'elle lui vient» - à moins qu'il n'abandonne cette affirmation et cet état d'esprit et ne renonce à cette opinion, alors aussi (sûrement que s'il était) emporté et posé là, il se retrouvera en enfer. De même qu'un bhikkhu en possession de vertu, concentration et sagesse jouirait ici et maintenant de la connaissance finale, de la même manière, il arrivera dans son cas que, à moins qu'il n'abandonne cette affirmation et cet état d'esprit et ne renonce à cette vue, aussi (sûrement que s'il était) emporté et posé là, il se retrouvera en enfer.
Quatre sortes d'intrépidité
Sāriputta, le Tathagata est pourvu de ces quatre sortes d'intrépidité, en possession desquelles il déclare jouer le rôle de guide du troupeau, rugit son rugissement de lion dans les assemblées, et met en mouvement la Roue de Brahmā. Quels sont ces quatre?
Ici, je ne vois aucune raison pour laquelle aucun renonçants ou brahmane ou deva, Māra, Brahmā ou qui que ce soit dans le monde pourrait, en accord avec le Dhamma, m'accuser comme suit: «Alors que vous prétendez avoir la parfaite réalisation de l'éveil, il y a des choses en rapport auxquelles vous n'êtes pas pleinement éveillé.» Et ne voyant aucune raison pour cela, je demeure en sûreté, sans peur et intrépide.
Je ne vois aucune raison pour laquelle aucun renonçants ou brahmane ou deva, Māra, Brahmā ou qui que ce soit pourrait m'accuser comme suit: «Bien que vous prétendiez avoir détruit les impuretés mentales, ces impuretés mentales n'ont pas été détruits par vous.» Et ne voyant aucune raison pour cela, je demeure en sûreté, sans peur et intrépide.
Je ne vois aucune raison pour laquelle aucun renonçants ou brahmane ou deva, Māra, Brahmā ou qui que ce soit pourrait m'accuser comme suit: «Ces choses que vous appelez obstructions ne peuvent faire obstruction à celui qui s'engage en elles.» Et ne voyant aucune raison pour cela, je demeure en sûreté, sans peur et intrépide.
Je ne vois aucune raison pour laquelle aucun renonçants ou brahmane ou deva, Māra, Brahmā ou qui que ce soit pourrait m'accuser comme suit: «Quand vous enseignez le Dhamma à quelqu'un, cela ne le mène pas, lorsqu'il le pratique, à la complète destruction du mal-être.» Et ne voyant aucune raison pour cela, je demeure en sûreté, sans peur et intrépide.
Un Tathagata est pourvu de ces quatre sortes d'intrépidité, en possession desquelles il déclare jouer le rôle de guide du troupeau, rugit son rugissement de lion dans les assemblées, et met en mouvement la Roue de Brahmā.
Sāriputta, lorsque je sais et vois de cette manière, si quiconque devait dire de moi: «Samana Gotama n'a atteint aucun état surhumain, aucune distinction en connaissance & vision digne des êtres nobles. Samana Gotama enseigne un Dhamma (simplement) élaboré par raisonnement, en suivant sa propre logique d'investigation telle qu'elle lui vient» - à moins qu'il n'abandonne cette affirmation et cet état d'esprit et ne renonce à cette opinion, alors aussi (sûrement que s'il était) emporté et posé là, il se retrouvera en enfer. De même qu'un bhikkhu en possession de vertu, concentration et sagesse jouirait ici et maintenant de la connaissance finale, de la même manière, il arrivera dans son cas que, à moins qu'il n'abandonne cette affirmation et cet état d'esprit et ne renonce à cette vue, aussi (sûrement que s'il était) emporté et posé là, il se retrouvera en enfer.
Les huit assemblées
Sāriputta, il y a ces huit assemblées. Quelles sont ces huit? Une assemblée de nobles-guerriers, une assemblée de brahmanes, une assemblée de gens de foyer, une assemblée de renonçants, une assemblée de devas des Quatre Grands Rois, une assemblée de devas de Tāvatiṁsa, une assemblée de la suite de Māra, une assemblée de la suite de Brahmā. Possessédant ces quatre sortes d'intrépidité, le Tathagata s'approche de ces huit assemblées, et y entre.
Je me rappelle avoir approché plusieurs centaines d'assemblées de nobles-guerriers… plusieurs centaines d'assemblées de brahmanes… plusieurs centaines d'assemblées de gens de foyer… plusieurs centaines d'assemblées de renonçants… plusieurs centaines d'assemblées de devas des Quatre Grands Rois… plusieurs centaines d'assemblées de devas de Tāvatiṁsa… plusieurs centaines d'assemblées de la suite de Māra… plusieurs centaines d'assemblées de la suite de Brahmā. Et auparavant je m'étais assis avec eux, j'avais parlé avec eux et j'avais tenu des conversations avec eux, et pourtant je ne vois aucune raison de penser que la peur ou la timidité puissent m'envahir en une telle occasion. Et ne voyant aucune raison pour cela, je demeure en sûreté, sans peur et intrépide.
Sāriputta, lorsque je sais et vois de cette manière, si quiconque devait dire de moi: «Samana Gotama n'a atteint aucun état surhumain, aucune distinction en connaissance & vision digne des êtres nobles. Samana Gotama enseigne un Dhamma (simplement) élaboré par raisonnement, en suivant sa propre logique d'investigation telle qu'elle lui vient» - à moins qu'il n'abandonne cette affirmation et cet état d'esprit et ne renonce à cette opinion, alors aussi (sûrement que s'il était) emporté et posé là, il se retrouvera en enfer. De même qu'un bhikkhu en possession de vertu, concentration et sagesse jouirait ici et maintenant de la connaissance finale, de la même manière, il arrivera dans son cas que, à moins qu'il n'abandonne cette affirmation et cet état d'esprit et ne renonce à cette vue, aussi (sûrement que s'il était) emporté et posé là, il se retrouvera en enfer.
Quatre sortes de génération
Sāriputta, il y a ces quatre sortes de génération. Quelles sont ces quatre? La génération dans l'œuf, la génération dans le sein, la génération dans l'humidité et la génération spontanée.
Qu'est-ce que la génération dans l'œuf ? Il y a ces êtres qui naissent en brisant la coquille d'un œuf; c'est ce qu'on appelle la génération dans l'œuf. Qu'est-ce que la génération dans le sein? Il y a ces êtres qui naissent en sortant de l'amnios; c'est ce qu'on appelle génération dans le sein. Qu'est-ce que la génération dans l'humidité ? Il y a ces êtres qui naissent dans un poisson pourri, dans un cadavre en putréfaction, dans de la pâte pourrie, dans une fosse d'aisances, ou dans un égout; c'est ce qu'on appelle la génération dans l'humidité. Qu'est-ce que la génération spontanée ? Il y a les devas et les habitants de l'enfer et certains êtres humains et quelques êtres des mondes inférieurs; c'est ce qu'on appelle la génération spontanée. Telles sont les quatre sortes de génération.
Sāriputta, lorsque je sais et vois de cette manière, si quiconque devait dire de moi: «Samana Gotama n'a atteint aucun état surhumain, aucune distinction en connaissance & vision digne des êtres nobles. Samana Gotama enseigne un Dhamma (simplement) élaboré par raisonnement, en suivant sa propre logique d'investigation telle qu'elle lui vient» - à moins qu'il n'abandonne cette affirmation et cet état d'esprit et ne renonce à cette opinion, alors aussi (sûrement que s'il était) emporté et posé là, il se retrouvera en enfer. De même qu'un bhikkhu en possession de vertu, concentration et sagesse jouirait ici et maintenant de la connaissance finale, de la même manière, il arrivera dans son cas que, à moins qu'il n'abandonne cette affirmation et cet état d'esprit et ne renonce à cette vue, aussi (sûrement que s'il était) emporté et posé là, il se retrouvera en enfer.
Les cinq destinations et Nibbāna - en bref
Sāriputta, il y a ces cinq destinations. Quelles sont ces cinq? L'enfer, le monde animal, le monde des fantômes, les êtres humains et les devas.
1) Je comprends l'enfer, ainsi que le sentier et chemin qui mène à l'enfer. Et je discerne aussi comment quelqu'un qui est entré dans cette voie réapparaîtra, à la dissolution du corps, après la mort, dans un état de privation, dans une destination malheureuse, dans la perdition, en enfer.
2) Je comprends le monde animal, ainsi que le sentier et chemin qui mène au monde animal. Et je discerne aussi comment quelqu'un qui est entré dans cette voie réapparaîtra, à la dissolution du corps, après la mort, dans le monde animal.
3) Je comprends le monde des fantômes, ainsi que le sentier et chemin qui mène au monde des fantômes. Et je discerne aussi comment quelqu'un qui est entré dans cette voie réapparaîtra, à la dissolution du corps, après la mort, dans le monde des fantômes.
4) Je comprends êtres humains, ainsi que le sentier et chemin qui mène au monde humain. Et je discerne aussi comment quelqu'un qui est entré dans cette voie réapparaîtra, à la dissolution du corps, après la mort, parmi les êtres humains.
5) Je comprends les devas, ainsi que le sentier et chemin qui mène au monde des devas. Et je discerne aussi comment quelqu'un qui est entré dans cette voie réapparaîtra, à la dissolution du corps, après la mort, dans une heureuse destination, dans le monde céleste.
6) Je comprends le Nibbāna, ainsi que le sentier et chemin qui mène au Nibbāna. Et je discerne aussi comment quelqu'un qui est entré dans cette voie pourra, en la réalisant pour lui-même par connaissance directe, entrer et demeurer ici et maintenant dans la délivrance de l'esprit et la délivrance par la sagesse, qui sont immaculées de par l'élimination complète des impuretés mentales.
Les cinq destinations et Nibbāna - en détail
1) En englobant l'esprit avec l'esprit, je discerne une certaine personne comme suit: «Cette personne se comporte de telle manière, se conduit de telle manière, a pris un chemin tel qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle réapparaîtra dans un état de privation, en une destination malheureuse, dans la perdition, en enfer.» Et puis plus tard, avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse l'humain, je vois qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle a réapparu dans un état de privation, en une destination malheureuse, dans la perdition, en enfer, et fait l'expérience de sensations extrêmement pénibles, tourmentantes, perçantes.
Supposons une fosse de charbon plus profonde que la hauteur d'un homme, pleine de charbons ardents sans flamme ni fumée; et puis qu'un homme brûlé et épuisé par la canicule, fatigué, desséché par la soif, arrive par un chemin en sens unique et orienté vers cette même fosse de charbon. Alors un homme à la bonne vue en le voyant dirait: «Cette personne se comporte de telle manière, se conduit de telle manière, a pris un tel chemin, qu'elle va arriver à cette même fosse de charbon»; et puis plus tard il voit qu'il est tombé dans cette fosse de charbon et fait l'expérience de sensations extrêmement pénibles, tourmentantes, perçantes.
De la même manière, en englobant l'esprit avec l'esprit, je discerne une certaine personne comme suit: «Cette personne se comporte de telle manière, se conduit de telle manière, a pris un chemin tel qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle réapparaîtra dans un état de privation, en une destination malheureuse, dans la perdition, en enfer.» Et puis plus tard, avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse l'humain, je vois qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle a réapparu dans un état de privation, en une destination malheureuse, dans la perdition, en enfer, et fait l'expérience de sensations extrêmement pénibles, tourmentantes, perçantes.
2) En englobant l'esprit avec l'esprit, je discerne une certaine personne comme suit: «Cette personne se comporte de telle manière, se conduit de telle manière, a pris un chemin tel qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle réapparaîtra dans le monde animal.» Et puis plus tard, avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse l'humain, je vois qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle a réapparu dans le monde animal et fait l'expérience de sensations pénibles, tourmentantes, perçantes.
Supposons une fosse d'aisance plus profonde que la hauteur d'un homme, pleine d'ordures; et puis qu'un homme brûlé et épuisé par la canicule, fatigué, desséché par la soif, arrive par un chemin en sens unique et orienté vers cette même fosse d'aisance. Alors un homme à la bonne vue en le voyant dirait: «Cette personne se comporte de telle manière, se conduit de telle manière, a pris un tel chemin, qu'elle va arriver à cette même fosse d'aisance»; et puis plus tard il voit qu'il est tombé dans cette fosse d'aisance et fait l'expérience de sensations pénibles, tourmentantes, perçantes.
De la même manière, en englobant l'esprit avec l'esprit, je discerne une certaine personne comme suit: «Cette personne se comporte de telle manière, se conduit de telle manière, a pris un chemin tel qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle réapparaîtra dans le monde animal.» Et puis plus tard, avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse l'humain, je vois qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle a réapparu dans le monde animal et fait l'expérience de sensations pénibles, tourmentantes, perçantes.
3) En englobant l'esprit avec l'esprit, je discerne une certaine personne comme suit: «Cette personne se comporte de telle manière, se conduit de telle manière, a pris un chemin tel qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle réapparaîtra dans le monde des fantômes.» Et puis plus tard, avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse l'humain, je vois qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle a réapparu dans le monde des fantômes et fait l'expérience de beaucoup de sensations pénibles.
Supposons un arbre croissant sur un sol inégal avec un feuillage pauvre ne donnant qu'une ombre tachetée; et puis qu'un homme brûlé et épuisé par la canicule, fatigué, desséché par la soif, arrive par un chemin en sens unique et orienté vers ce même arbre. Alors un homme à la bonne vue en le voyant dirait: «Cette personne se comporte de telle manière, se conduit de telle manière, a pris un tel chemin, qu'elle va arriver à ce même arbre»; et puis plus tard il voit qu'il est assis ou étendu à l'ombre de cet arbre faisant l'expérience de beaucoup de sensations pénibles.
De la même manière, en englobant l'esprit avec l'esprit, je discerne une certaine personne comme suit: «Cette personne se comporte de telle manière, se conduit de telle manière, a pris un chemin tel qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle réapparaîtra dans le monde des fantômes.» Et puis plus tard, avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse l'humain, je vois qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle a réapparu dans le monde des fantômes et fait l'expérience de beaucoup de sensations pénibles.
4) En englobant l'esprit avec l'esprit je discerne une certaine personne comme suit: «Cette personne se comporte de telle manière, se conduit de telle manière, a pris un tel chemin qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle réapparaîtra parmi les êtres humains.» Et puis plus tard, avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse l'humain, je vois qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle a réapparu parmi les êtres humains et fait l'expérience de beaucoup de sensations agréables.
Supposons un arbre croissant sur un terrain uni avec un feuillage épais projetant une ombre profonde; et puis qu'un homme brûlé et épuisé par la canicule, fatigué, desséché par la soif, arrive par un chemin en sens unique et orienté vers ce même arbre. Alors un homme à la bonne vue en le voyant dirait: «Cette personne se comporte de telle manière, se conduit de telle manière, a pris un tel chemin, qu'elle va arriver à ce même arbre»; et puis plus tard il voit qu'il est assis ou étendu à l'ombre de cet arbre faisant l'expérience de beaucoup de sensations agréables.
De la même manière, en englobant l'esprit avec l'esprit, je discerne une certaine personne comme suit: «Cette personne se comporte de telle manière, se conduit de telle manière, a pris un tel chemin qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle réapparaîtra parmi les êtres humains.» Et puis plus tard, avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse l'humain, je vois qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle a réapparu parmi les êtres humains et fait l'expérience de beaucoup de sensations agréables.
5) En englobant l'esprit avec l'esprit je discerne une certaine personne comme suit: «Cette personne se comporte de telle manière, se conduit de telle manière, a pris un tel chemin qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle réapparaîtra dans une heureuse destination, dans le monde céleste.» Et puis plus tard, avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse l'humain, je vois qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle a réapparu dans une heureuse destination, dans le monde céleste et fait l'expérience de sensations extrêmement agréables.
Supposons un manoir, et qu'il comporte une pièce à l'étage enduite de plâtre au-dedans et au-dehors, close, fermée par des barres, avec des volets aux fenêtres, et qu'il y avait là une couche jetée de tapis, couvertures et draps, avec un couvre-lit en daim, avec un ciel-de-lit ainsi que des oreillers cramoisis pour les deux (tête et pieds); et puis qu'un homme brûlé et épuisé par la canicule, fatigué, desséché par la soif, arrive par un chemin en sens unique et orienté vers ce même manoir. Alors un homme à la bonne vue en le voyant dirait: «Cette personne se comporte de telle manière, se conduit de telle manière, a pris un tel chemin, qu'elle va arriver à ce même manoir»; et plus tard il voit qu'il est assis ou étendu dans cette chambre à l'étage en ce manoir faisant l'expérience de sensations extrêmement agréables.
De la même manière, en englobant l'esprit avec l'esprit, je discerne une certaine personne comme suit: «Cette personne se comporte de telle manière, se conduit de telle manière, a pris un tel chemin qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle réapparaîtra dans une heureuse destination, dans le monde céleste.» Et puis plus tard, avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse l'humain, je vois qu'à la dissolution du corps, après la mort, elle a réapparu dans une heureuse destination, dans le monde céleste et fait l'expérience de sensations extrêmement agréables.
6) En englobant l'esprit avec l'esprit je discerne une certaine personne comme suit: «Cette personne se comporte de telle manière, se conduit de telle manière, a pris un tel chemin qu'en le réalisant par elle-même avec la connaissance directe, elle entrera et demeurera ici et maintenant dans la délivrance de l'esprit et la délivrance par sagesse qui sont immaculées de par l'élimination complète des impuretés mentales.» Et puis plus tard je vois qu'en le réalisant par elle-même avec la connaissance directe, elle pénètre et demeure ici et maintenant dans la délivrance de l'esprit et la délivrance par sagesse qui sont immaculées de par l'élimination complète des impuretés mentales, et fait l'expérience de sensations extrêmement agréables.
Supposons un étang avec de l'eau propre, agréable, fraîche, transparente, avec des berges en pente douce, ravissant, et tout près un bois touffu; et puis qu'un homme brûlé et épuisé par la canicule, fatigué, desséché par la soif, arrive par un chemin en sens unique et orienté vers ce même étang. Alors un homme à la bonne vue en le voyant dirait: «Cette personne se comporte de telle manière, se conduit de telle manière, a pris un tel chemin, qu'elle va arriver à ce même étang»; et puis plus tard il voit qu'il a plongé dans l'étang, s'est baigné, a bu et a soulagé toute son angoisse, sa fatigue et sa fièvre et est ressorti et s'est assis ou étendu dans le bois, faisant l'expérience de sensations extrêmement agréables.
De la même manière, en englobant l'esprit avec l'esprit, je discerne une certaine personne comme suit: «Cette personne se comporte de telle manière, se conduit de telle manière, a pris un tel chemin qu'en le réalisant par elle-même avec la connaissance directe, elle entrera et demeurera ici et maintenant dans la délivrance de l'esprit et la délivrance par sagesse qui sont immaculées de par l'élimination complète des impuretés mentales.» Et puis plus tard je vois qu'en le réalisant par elle-même avec la connaissance directe, elle pénètre et demeure ici et maintenant dans la délivrance de l'esprit et la délivrance par sagesse qui sont immaculées de par l'élimination complète des impuretés mentales, et fait l'expérience de sensations extrêmement agréables.
Sāriputta, lorsque je sais et vois de cette manière, si quiconque devait dire de moi: «Samana Gotama n'a atteint aucun état surhumain, aucune distinction en connaissance & vision digne des êtres nobles. Samana Gotama enseigne un Dhamma (simplement) élaboré par raisonnement, en suivant sa propre logique d'investigation telle qu'elle lui vient» - à moins qu'il n'abandonne cette affirmation et cet état d'esprit et ne renonce à cette opinion, alors aussi (sûrement que s'il était) emporté et posé là, il se retrouvera en enfer. De même qu'un bhikkhu en possession de vertu, concentration et sagesse jouirait ici et maintenant de la connaissance finale, de la même manière, il arrivera dans son cas que, à moins qu'il n'abandonne cette affirmation et cet état d'esprit et ne renonce à cette vue, aussi (sûrement que s'il était) emporté et posé là, il se retrouvera en enfer.
Les austérités du Bodhisatta
Sāriputta, je me rappelle avoir vécu une vie brahmique en possession de quatre facteurs. J'ai pratiqué l'ascétisme - le plus extrême ascétisme; j'ai pratiqué la grossièreté - la plus extrême grossièreté; j'ai pratiqué la scrupulosité - la plus extrême scrupulosité; j'ai pratiqué l'isolement - le plus extrême isolement.
Tel était mon l'ascétisme, Sāriputta, que j'allais nu, rejetant les conventions, me léchant les mains, ne venant pas lorsqu'on me le demandait, ne m'arrêtant pas lorsqu'on me le demandait; je n'acceptais pas de nourriture qu'on m'apportait, ou de nourriture spécialement préparée ou d'invitation à un repas; je ne recevais rien d'un pot, d'un bol, au-dessus d'un seuil, au bout d'un bāton, au-dessus d'un mortier, de deux personnes en train de manger ensemble, d'une femme enceinte, d'une femme en train d'allaiter, d'une femme couchant avec un homme, de là où on annonçait que de la nourriture allait être distribuée, de là où attendait un chien, de là où bourdonnaient des mouches; je n'acceptais ni poisson ni viande, je ne buvais ni liqueur, ni vin ni boisson fermentée.
Je m'en tenais à une maison, à une bouchée; je m'en tenais à deux maisons, à deux bouchées;… Je m'en tenais à sept maisons, à sept bouchées. Je vivais du contenu d'une soucoupe par jour, de deux soucoupes par jour… de sept soucoupes par jour; je prenais de la nourriture une fois par jour, une fois tous les deux jours… une fois tous les sept jours, et ainsi de suite, jusqu'à une fois tous les quinze jours; je poursuivais la pratique de prendre de la nourriture à intervalles fixes. J'étais un mangeur de verdure, de millet, de riz sauvage, de rognures de cuir, de mousse, de son de riz, d'écume de riz, de farine de sésame, d'herbe ou de bouses de vache. Je vivais de racines et de fruits de la forêt, je me nourrissais de fruits tombés. Je m'habillais de chanvre, de tissu mêlé de chanvre, de linceuls, de guenilles de rebut, d'écorce d'arbre, de peau d'antilope, de bandes de peau d'antilope, de tissu d'herbe kusa, de tissus d'écorce, de tissu de copeaux de bois, de laine de cheveux, de laine animale, d'ailes de hiboux.
J'étais quelqu'un qui s'arrachait les cheveux et la barbe, selon la pratique de s'arracher les cheveux et la barbe. J'étais quelqu'un qui se tenait continuellement debout, rejetant les sièges. J'étais quelqu'un qui restait continuellement accroupi, voué à maintenir la position accroupie. J'étais quelqu'un qui usait d'une planche à clous; j'avais fait mon lit d'une planche à clous. J'ai suivi la pratique de me baigner dans l'eau trois fois par jour y-compris le soir. C'est ainsi qu'en une telle variété de façons j'ai suivi la pratique de tourmenter et mortifier le corps. Tel était mon ascétisme.
Telle était ma la grossièreté, Sāriputta, que tout comme l'écorce du tronc d'un arbre tinduka, en s'accumulant au fil des ans, sèche et s'écaille, de même la poussière et la saleté, en s'accumulant au fil des ans, séchait sur mon corps et s'écaillait. Il ne me venait jamais à l'esprit: «Oh, je vais nettoyer cette poussière et cette saleté avec ma main», ou «que quelqu'un d'autre nettoie cette poussière et cette saleté avec sa main» - cela ne me venait jamais à l'esprit ainsi. Telle était ma la grossièreté.
Telle était ma scrupulosité, Sāriputta, que je faisais toujours attention en avançant et en reculant. J'étais rempli de pitié même pour (les êtres vivant dans) une goutte d'eau comme suit: «Que je ne fasse pas de mal aux minuscules créatures dans les crevasses du sol.» Telle était ma scrupulosité.
Tel était mon isolement, Sāriputta, que je m'enfonçais dans une forêt et que j'y demeurais. Et lorsque je voyais un vacher, un berger ou quelqu'un en train de ramasser de l'herbe ou du bois mort, ou a bûcheron, je fuyais de bosquet en bosquet, de fourré en fourré, de cuvette en cuvette, de butte en butte. Pourquoi cela? Pour qu'ils ne me voient pas ni que je les voie. De même qu'un daim de la forêt, en voyant des êtres humains, fuit de bosquet en bosquet, de fourré en fourré, de cuvette en cuvette, de butte en butte, de même, lorsque je voyais un vacher, un berger ou quelqu'un en train de ramasser de l'herbe ou du bois mort, ou a bûcheron, je fuyais de bosquet en bosquet, de fourré en fourré, de cuvette en cuvette, de butte en butte. Tel était mon isolement.
J'allais à quatre pattes dans les étables lorsque le bétail était sorti et que le vacher les avait laissés, et je me nourrissais de la bouse des jeunes veaux sous la mère. Tant que duraient mes propres excréments et urine, je mangeais de mes propres excréments et urine. Telle était ma grande distorsion en alimentation.
Je pouvais plonger dans quelque bosquet impressionnant et demeurer là - un bosquet si impressionnant que normalement il ferait dresser les cheveux sur la tête d'un homme s'il n'était pas libre du désir sensuel. Quand ces froides nuits d'hiver arrivaient pendant les «huit-jours d'intervalle de gel,» je demeurais la nuit à ciel ouvert et le jour dans le bosquet. Au dernier mois de la saison chaude je demeurais le jour à ciel ouvert et la nuit dans le bosquet. Et là me vint spontanément cette stance jamais entendue auparavant:
Transi la nuit et brûlé le jour,
Seul en impressionnants bosquets,
Nu, sans feu près duquel s'asseoir,
Le sage, pourtant, poursuit sa quête.
Je faisais mon lit dans un charnier avec les os des morts pour oreiller. Et des vachers vinrent et crachèrent sur moi, urinèrent sur moi, me jetèrent de la terre, et me piquèrent des bātons dans les oreilles. Et pourtant je ne me rappelle pas avoir jamais eu un mauvais esprit (de haine) contre eux. Tel était mon séjour dans l'équanimité.
Sāriputta, il y a certains renonçants & brahmanes dont la doctrine et opinion est celle-ci: «On arrive à la purification par la nourriture.» Ils disent: «Vivons de fruits de kola,» et ils mangent des fruits de kola, ils mangent de la poudre de fruit de kola, ils boivent du jus de fruit de kola, et ils font plusieurs sortes de concoctions de fruit de kola. Je me rappelle maintenant avoir mangé un seul fruit de kola par jour. Sāriputta, tu pourrais penser que le fruit de kola était plus gros à cette époque, et pourtant tu ne dois pas le voir comme ça: le fruit de kola étaient alors au plus de la même dimension que maintenant. En me nourrissant d'un seul fruit de kola par jour, mon corps atteint un état d'extrême émaciation.
Comme je mangeais si peu mes membres devinrent comme les segments joints des ceps de vigne ou des tiges de bambou. Comme je mangeais si peu mon dos devint comme un sabot de chameau. Comme je mangeais si peu les projections sur mon échine ressortirent comme des perles enfilées. Comme je mangeais si peu mes côtes ressortirent aussi décharnées que les chevrons irréguliers d'une vieille grange sans toit. Comme je mangeais si peu la lueur de mes yeux se retira au plus profond de leurs orbites, ressemblant à la lueur de l'eau qui s'est retirée au plus profond d'un puits. Comme je mangeais si peu mon scalp se rida et se ratatina tout comme une calebasse amère verte se ride et se ratatine au vent et au soleil. Comme je mangeais si peu, la peau de mon ventre collait à ma colonne vertébrale; de cette manière si je touchais la peau de mon ventre je trouvais ma colonne vertébrale, et si je touchais ma colonne vertébrale je trouvais la peau de mon ventre. Comme je mangeais si peu, si j'essayais de soulager mon corps en me frottant les membres de mes mains, les cheveux, pourris à la racine, tombaient de mon corps lorsque je frottais.
Sāriputta, il y a certains renonçants & brahmanes dont la doctrine et opinion est celle-ci: «On arrive à la purification par la nourriture.» Ils disent: «Vivons de haricots,» et ils mangent des haricots, ils mangent de la poudre de haricots, ils boivent de l'eau de haricots, et ils font diverses sortes de concoctions avec du haricots. Je me rappelle maintenant avoir mangé un seul grain de haricots par jour. Sāriputta, tu pourrais penser que les grains de haricots était plus gros à cette époque, et pourtant tu ne dois pas le voir comme ça: les grains de haricots étaient alors au plus de la même dimension que maintenant. En me nourrissant d'un seul grain de haricot par jour, mon corps atteint un état d'extrême émaciation.
Comme je mangeais si peu mes membres devinrent comme les segments joints des ceps de vigne ou des tiges de bambou. Comme je mangeais si peu mon dos devint comme un sabot de chameau. Comme je mangeais si peu les projections sur mon échine ressortirent comme des perles enfilées. Comme je mangeais si peu mes côtes ressortirent aussi décharnées que les chevrons irréguliers d'une vieille grange sans toit. Comme je mangeais si peu la lueur de mes yeux se retira au plus profond de leurs orbites, ressemblant à la lueur de l'eau qui s'est retirée au plus profond d'un puits. Comme je mangeais si peu mon scalp se rida et se ratatina tout comme une calebasse amère verte se ride et se ratatine au vent et au soleil. Comme je mangeais si peu, la peau de mon ventre collait à ma colonne vertébrale; de cette manière si je touchais la peau de mon ventre je trouvais ma colonne vertébrale, et si je touchais ma colonne vertébrale je trouvais la peau de mon ventre. Comme je mangeais si peu, si j'essayais de soulager mon corps en me frottant les membres de mes mains, les cheveux, pourris à la racine, tombaient de mon corps lorsque je frottais.
Sāriputta, il y a certains renonçants & brahmanes dont la doctrine et opinion est celle-ci: «On arrive à la purification par la nourriture.» Ils disent: «Vivons de sésame,» et ils mangent du sésame, ils mangent de la poudre de sésame, ils boivent de l'eau de sésame, et ils font diverses sortes de concoctions avec du sésame. Je me rappelle maintenant avoir mangé un seul grain de sésame par jour. Sāriputta, tu pourrais penser que les grains de sésame était plus gros à cette époque, et pourtant tu ne dois pas le voir comme ça: les grains de sésame étaient alors au plus de la même dimension que maintenant. En me nourrissant d'un seul grain de haricot par jour, mon corps atteint un état d'extrême émaciation.
Comme je mangeais si peu mes membres devinrent comme les segments joints des ceps de vigne ou des tiges de bambou. Comme je mangeais si peu mon dos devint comme un sabot de chameau. Comme je mangeais si peu les projections sur mon échine ressortirent comme des perles enfilées. Comme je mangeais si peu mes côtes ressortirent aussi décharnées que les chevrons irréguliers d'une vieille grange sans toit. Comme je mangeais si peu la lueur de mes yeux se retira au plus profond de leurs orbites, ressemblant à la lueur de l'eau qui s'est retirée au plus profond d'un puits. Comme je mangeais si peu mon scalp se rida et se ratatina tout comme une calebasse amère verte se ride et se ratatine au vent et au soleil. Comme je mangeais si peu, la peau de mon ventre collait à ma colonne vertébrale; de cette manière si je touchais la peau de mon ventre je trouvais ma colonne vertébrale, et si je touchais ma colonne vertébrale je trouvais la peau de mon ventre. Comme je mangeais si peu, si j'essayais de soulager mon corps en me frottant les membres de mes mains, les cheveux, pourris à la racine, tombaient de mon corps lorsque je frottais.
Sāriputta, il y a certains renonçants & brahmanes dont la doctrine et opinion est celle-ci: «On arrive à la purification par la nourriture.» Ils disent: «Vivons de riz,» et ils mangent du riz, ils mangent de la poudre de riz, ils boivent de l'eau de riz, et ils font diverses sortes de concoctions avec du riz. Je me rappelle maintenant avoir mangé un seul grain de riz par jour. Sāriputta, tu pourrais penser que le grain de riz était plus gros à cette époque, et pourtant tu ne dois pas le voir comme ça: le grain de riz étaient alors au plus de la même dimension que maintenant. En me nourrissant d'un seul grain de riz par jour, mon corps atteint un état d'extrême émaciation. Comme je mangeais si peu, si j'essayais de soulager mon corps en me frottant les membres de mes mains, les cheveux, pourris à la racine, tombaient de mon corps lorsque je frottais.
Comme je mangeais si peu mes membres devinrent comme les segments joints des ceps de vigne ou des tiges de bambou. Comme je mangeais si peu mon dos devint comme un sabot de chameau. Comme je mangeais si peu les projections sur mon échine ressortirent comme des perles enfilées. Comme je mangeais si peu mes côtes ressortirent aussi décharnées que les chevrons irréguliers d'une vieille grange sans toit. Comme je mangeais si peu la lueur de mes yeux se retira au plus profond de leurs orbites, ressemblant à la lueur de l'eau qui s'est retirée au plus profond d'un puits. Comme je mangeais si peu mon scalp se rida et se ratatina tout comme une calebasse amère verte se ride et se ratatine au vent et au soleil. Comme je mangeais si peu, la peau de mon ventre collait à ma colonne vertébrale; de cette manière si je touchais la peau de mon ventre je trouvais ma colonne vertébrale, et si je touchais ma colonne vertébrale je trouvais la peau de mon ventre. Comme je mangeais si peu, si j'essayais de soulager mon corps en me frottant les membres de mes mains, les cheveux, pourris à la racine, tombaient de mon corps lorsque je frottais.
Et pourtant, Sāriputta, par un tel comportement, par une telle pratique, par une telle performance des austérités, je n'avais atteint aucun état surhumain, aucune distinction en connaissance & vision qui soit digne des êtres nobles. Pourquoi cela? Parce que je n'avais pas atteint cette noble sagesse qui, lorsqu'on l'atteint, est noble et émancipatoire et mène celui qui pratique selon elle, à la complète destruction du mal-être.
Sāriputta, il y a certains renonçants & brahmanes dont la doctrine et opinion est celle-ci: «On arrive à la purification par le cycle des renaissances.» Mais il est impossible de trouver un monde dans ce cycle par lequel je ne sois déjà passé au cours de ce long périple, à l'exception de celui des devas des Pures Demeures; et si j'étais passé par le cycle en tant que deva dans les Pures Demeures, je ne serais jamais revenu en ce monde.
Il y a certains renonçants & brahmanes dont la doctrine et opinion est celle-ci: «On arrive à la purification par (une sorte particulière de) renaissance.» Mais il est impossible de trouver une sorte de renaissance que je n'aie déjà vécu au cours de ce long périple, à l'exception de celui des devas des Pures Demeures; et si j'étais passé par le cycle en tant que deva dans les Pures Demeures, je ne serais jamais revenu en ce monde.
Il y a certains renonçants & brahmanes dont la doctrine et opinion est celle-ci: «On arrive à la purification par (quelque particulière) demeure.» Mais il est impossible de trouver une sorte de demeure dans laquelle je n'aie déjà demeuré au cours de ce long périple, à l'exception de celle des devas des Pures Demeures; et si j'étais passé par le cycle en tant que deva dans les Pures Demeures, je ne serais jamais revenu en ce monde.
Il y a certains renonçants & brahmanes dont la doctrine et opinion est celle-ci: «On arrive à la purification par le sacrifice.» Mais il est impossible de trouver une sorte de sacrifice qui n'ait déjà été offert par moi au cours de ce long périple, lorsque j'étais soit un noble roi oint sur la tête, soit un brahmane aisé.
Il y a certains renonçants & brahmanes dont la doctrine et opinion est celle-ci: «On arrive à la purification par le culte du feu.» Mais il est impossible de trouver une sorte de feu que je n'aie déjà adoré au cours de ce long périple, lorsque j'étais soit un noble roi oint sur la tête, soit un brahmane aisé.
Sāriputta, il y a certains renonçants & brahmanes dont la doctrine et opinion est celle-ci: «Aussi longtemps que ce brave homme sera toujours jeune, un jeune homme aux cheveux noirs jouissant de la bénédiction de la jeunesse, dans la fleur de l'āge, il sera parfait dans sa lucide sagesse. Mais lorsque ce brave homme sera vieux, âgé, chargé d'années, avancé dans la vie, et arrivé au dernier stade, ayant quatre-vingts, quatre-vingt-dix ou cent ans, alors la lucidité de sa sagesse sera perdue.» Mais il ne faut pas le voir comme cela. Je suis maintenant vieux, āgé, chargé d'ans, avancé en vie, et arrivé au dernier stade: mes années ont atteint les quatre-vingts. Or donc, supposons que j'aie quatre disciples à la durée de vie de cent ans, parfaits en attention, en fidélité, en mémoire et en lucidité de sagesse.
De même qu'un habile archer, entraîné, ayant pratiqué et ayant été vérifié, pourrait facilement tirer une flèche légère à travers l'ombre d'un palmier, supposons que ces disciples soient au même point parfaits en attention, fidélité, mémoire et lucidité de sagesse. Supposons qu'ils m'interrogent continuellement à propos des quatre fondations de l'attention et que je leur réponde lorsqu'ils me le demandent et qu'ils se souviennent de chacune de mes réponses et ne posent jamais une question subsidiaire ni ne fassent de pause à part pour manger, boire, consommer de la nourriture, goûter, uriner, déféquer et se reposer afin d'enlever le sommeil et la fatigue. Même dans ces conditions, l'exposition du Dhamma du Tathagata, ses explications des facteurs du Dhamma, et ses répliques aux questions n'auraient pourtant pas de fin, mais entre-temps, ces quatre disciples à moi avec leur durée de vie de cent ans seraient morts à la fin de leurs cent années. Sāriputta, même si tu devais me promener sur un lit, il n'y aurait encore aucun changement dans la lucidité de sagesse du Tathagata.
A dire vrai, s'il devait être dit de quiconque: «Un être qui n'est pas sujet à l'illusion est apparu en ce monde pour le bien-être et le bonheur de beaucoup, par compassion pour le monde, pour le bien, le bien-être et le bonheur des devas et des humains,» c'est de moi certes qu'à dire vrai cela devrait être dit.
En cette occasion-là, le vénérable Nāgasamāla était debout derrière le Fortuné en train de l'éventer. Alors il dit au Fortuné:
—C'est merveilleux, Bhanté, c'est extraordinaire! Alors que j'écoutais ce discours sur le Dhamma, les poils de mon corps se sont dressés. Bhanté, quel est le nom de ce discours sur le Dhamma?
—En l'occurence, Nāgasamāla, tu peux te rappeler ce discours sur le Dhamma comme «Le discours qui fait hérisser les poils.»
C'est là ce que le Fortuné dit. Le vénérable Nāgasamāla fut satisfait et ravi des paroles du Fortuné.
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