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Traductions [24]

Les conseils à Puṇṇa

Ainsi ai-je entendu : une fois leBienheureux séjournait au parc d’Anāthapiṇḍika, situé dans le boisde Jeta, près de la ville de Sāvatthi.

L’Āyasmanta Puṇṇa, à la fin de l’après-midi, s’étant levé de sonrepos solitaire, s’approcha de l’endroit où se trouvait leBienheureux. S’étant approché, il lui rendit hommage, puis s’assità l’écart sur un côté. S’étant assis à l’écart sur un côté, il ditau Bienheureux : « Vénéré, ce serait bien si le bienheureux medonnait un conseil en bref. Ayant écouté la Doctrine de la part duBienheureux, je demeurerai seul, retiré, vigilant, ardent etrésolu. »

« Très bien, ô Puṇṇa », dit le Bienheureux, « écoutez, fixezbien votre attention. Je vais vous en parler ».

« Oui, Vénéré », répondit l’Āyasmanta Puṇṇa.

Le Bienheureux dit : « Il existe, ô Puṇṇa, les formesmatérielles connaissables par l’œil, désirées, aimées, plaisantes,charmantes, attirantes et séduisantes. Si un bhikkhu se réjouitd’elles, s’il les accueille, s’il reste fortement attaché à elles,alors le plaisir se produit en lui. À cause de cette jouissance, àcause de cet accueil, à cause de cet attachement se produit ledésir. Je dis, ô Puṇṇa, que par ce désir est conditionnéel’émergence de dukkha. Il existe,ô Puṇṇa, les sons connaissables par l’oreille, désirés, aimés,plaisants, charmants, attirants et séduisants […]. Il existe, ô Puṇṇa, les odeurs connaissables parle nez, désirées, aimées, plaisantes, charmantes, attirantes etséduisantes […]. Il existe, ô Puṇṇa, lessaveurs connaissables par la langue, désirées, aimées, plaisantes,charmantes et séduisantes […]. Il existe,ô Puṇṇa, les choses tangibles connaissables par le corps, désirées,aimées, plaisantes, charmantes et séduisantes. Si un bhikkhu seréjouit d’elles, s’il les accueille, s’il reste fortement attaché àelles, alors le plaisir se produit en lui. À cause de cettejouissance, à cause de cet accueil, à cause de cet attachement seproduit le désir. Je dis, ô Puṇṇa, que par ce désir estconditionnée l’émergence de dukkha.

En outre, ô Puṇṇa, il existe les formes matériellesconnaissables par l’œil, désirées, aimées, plaisantes, charmantes,attirantes et séduisantes. Si un bhikkhu ne se réjouit pas d’elles,s’il ne les accueille pas, s’il ne reste pas fortement attaché àelles, alors le plaisir ne se produit pas en lui. À cause de cettenon-jouissance, à cause de ce non-accueil, à cause de cenon-attachement, ne se produit pas le désir. Je dis, ô Puṇṇa, quepar cette cessation de désir arrive la cessation de dukkha. Il existe, ô Puṇṇa, les sonsconnaissables par l’oreille, désirés, aimés, plaisants, charmants,attirants et séduisants […]. Il existe, ôPuṇṇa, les odeurs connaissables par le nez, désirées, aimées,plaisantes, charmantes, attirantes et séduisantes […]. Il existe, ô Puṇṇa, les saveurs connaissables parla langue, désirées, aimées, plaisantes, charmantes et séduisantes[…]. Il existe, ô Puṇṇa, les chosestangibles connaissables par le corps, désirées, aimées, plaisantes,charmantes et séduisantes. Si un bhikkhu ne se réjouit pas d’elles,s’il ne les accueille pas, s’il ne reste pas fortement attaché àelles, alors le plaisir ne se produit pas en lui. Je dis, ô Puṇṇaque, par la cessation de ce désir, arrive la cessation de dukkha. Voilà donc, ô Puṇṇa, je vous aidonné les conseils en bref. Étant conseillé ainsi, ô Puṇṇa,maintenant, dans quelle province vouliez-vous aller vivre ? »

– Le Bienheureux, m’a donné des conseils ainsi en bref. Ilexiste, Vénéré, une province nommée Sunāparanta. Je vais vivrelà-bas.

– Les gens de Sunāparanta, ô Puṇṇa, sont terrifiants. Les gensde Sunāparanta, ô Puṇṇa, sont méchants. Supposons, ô Puṇṇa, que lesgens de Sunāparanta vous insultent, vous injurient, quelle seraitvotre ligne de penser ?

– Dans le cas, Vénéré, où les gens de Sunāparantam’insulteraient, m’injurieraient, je penserais de cette façon :“Ces gens de Sunāparanta sont excellents. Ces gens de Sunāparantasont vraiment excellents. C’est pourquoi ils ne m’attaquent pasavec leurs mains”. Dans ce cas, Vénéré, telle serait ma ligne depenser. Dans ce cas, Sugata, telle serait ma ligne de penser.

– Supposons, ô Puṇṇa, que les gens de Sunāparanta vous attaquentavec leurs mains, quelle serait votre ligne de penser ?

– Dans le cas, Vénéré, où les gens de Sunāparantam’attaqueraient avec leurs mains, je penserais de cette façon :“Ces gens de Sunāparanta sont excellents. Ces gens de Sunāparantasont vraiment excellents. C’est pourquoi ils ne m’attaquent pasavec des mottes de terre”. Dans ce cas, Vénéré, telle serait maligne de penser. Dans ce cas, Sugata, telle serait ma ligne depenser.

– Supposons, ô Puṇṇa, que les gens de Sunāparanta vous attaquentavec des mottes de terre, quelle serait votre ligne de penser ?

– Dans le cas, Vénéré, où les gens de Sunāparantam’attaqueraient avec des mottes de terre, je penserais de cettefaçon : “Ces gens de Sunāparanta sont excellents. Ces gens deSunāparanta sont vraiment excellents. C’est pourquoi ils nem’attaquent pas avec des bâtons”. Dans ce cas, Vénéré, telle seraitma ligne de penser. Dans ce cas, Sugata, telle serait ma ligne depenser.

– Supposons, ô Puṇṇa, que les gens de Sunāparanta vous attaquentavec des bâtons, quelle serait votre ligne de penser ?

– Dans le cas, Vénéré, où les gens de Sunāparantam’attaqueraient avec des bâtons, je penserais de cette façon : “Cesgens de Sunāparanta sont excellents. Ces gens de Sunāparanta sontvraiment excellents. C’est pourquoi ils ne m’attaquent pas avec desarmes blanches tranchantes”. Dans ce cas, Vénéré, telle serait maligne de penser. Dans ce cas, Sugata, telle serait ma ligne depenser.

– Supposons, ô Puṇṇa, que les gens de Sunāparanta vous attaquentavec des armes blanches tranchantes, quelle serait votre ligne depenser ?

– Dans le cas, Vénéré, où les gens de Sunāparantam’attaqueraient avec des armes blanches, je penserais de cettefaçon : “Ces gens de Sunāparanta sont excellents. Ces gens deSunāparanta sont vraiment excellents. C’est pourquoi ils ne metuent pas avec des armes blanches tranchantes”. Dans ce cas,Vénéré, telle serait ma ligne de penser. Dans ce cas, Sugata, telleserait ma ligne de penser.

– Supposons, ô Puṇṇa, que les gens de Sunāparanta vous tuentavec des armes blanches tranchantes, quelle serait votre ligne depenser ?

– Dans le cas, Vénéré, où les gens de Sunāparanta me tueraientavec des armes blanches tranchantes, je penserais de cette façon :“Il existe des auditeurs humiliés de leur propre corps, dégoûtés deleur corps, qui cherchent un meurtrier, un bourreau [pour terminer leur vie]. Cependant, [à cause de ces gens de Sunāparanta] je trouve de telsmeurtriers, de tels bourreaux, même sans en chercher”. Dans ce cas,Vénéré, telle serait ma ligne de penser. Dans ce cas, Sugata, telleserait ma ligne de penser. »

Le Bienheureux dit : « Très bien, ô Puṇṇa, très bien. Étantpourvu d’une telle maîtrise et d’une telle paix intérieure, vousêtes tout à fait apte à vivre dans Sunāparanta. Faites, ô Puṇṇa,comme le temps vous le permet. »

L’Āyasmanta Puṇṇa, heureux, se réjouit des paroles duBienheureux. Puis s’étant levé de son siège, lui ayant renduhommage, fit autour de lui la circumambulation et s’en alla.Ensuite, après avoir mis en ordre son lieu de séjour, l’ĀyasmantaPuṇṇa prit son bol à aumône et le cīvara et partit pour aller dans la province deSunāparanta. En voyageant graduellement, il arriva dans la provincede Sunāparanta et y demeura.

Là-bas, pendant la retraite de la saison des pluies, il établità peu près cinq cents disciples laïcs hommes et cinq centsdisciples laïcs femmes dans la pratique. Il réalisa lui-même lesTrois Sciences. Et plus tard, l’Āyasmanta Puṇṇa atteignit leparinibbāna.

En ce temps-là, de nombreux bhikkhus arrivèrent à l’endroit oùle Bienheureux se trouvait. S’étant approchés du Bienheureux, ilslui rendirent hommage, puis s’assirent à l’écart sur un côté, etdirent : « Vénéré, le fils de famille Puṇṇa, à qui vous avez parléde la doctrine brièvement, est mort. Quelle est sa destinée ?Quelle est son existence future ? »

Le Bienheureux dit : « Il était intelligent, ô bhikkhus, ce filsde famille Puṇṇa. Il a bien suivi les petits et grands points de laDoctrine. Il ne m’a pas fatigué par des questions sur la Doctrine.Le fils de famille Puṇṇa, ô bhikkhus, a atteint le parinibbāna. »

Ainsi parla le Bienheureux. Les bhikkhus, heureux, se réjouirentdes paroles du Bienheureux.

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