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Traductions [32]

Le monceau de dukkha : 2ème récit

Ainsi ai-je entendu : une fois, le Bienheureux séjournait au parc de Nigrōdha situé à Kapilavatthu, dans le pays des Sākyas.

En ce temps-là, un jour, Mahānāma Sākya s’approcha de l’endroit où se trouvait le Bienheureux. S’étant approché, il échangea avec lui des compliments de politesse et des paroles de courtoisie, puis s’assit à l’écart sur un côté. S’étant assis à l’écart sur un côté, il dit au Bienheureux : « C’est depuis fort longtemps, Vénéré, que je connais la Doctrine expliquée par le Bienheureux qui dit : “l’avidité est une souillure sous-jacente qui rend le mental impur, l’aversion est une souillure sous-jacente qui rend le mental impur, l’illusion est une souillure sous-jacente qui rend le mental impur”. Cependant, Vénéré, un jour l’avidité envahit complètement ma pensée et elle y reste ; un jour l’aversion envahit complètement ma pensée et elle y reste ; un jour l’illusion envahit complètement ma pensée et elle y reste. Alors, Vénéré, à telle et telle occasion, il me vint cette question : “Quel est le facteur que je n’ai pas abandonné et par lequel, de temps en temps, des idées relatives à l’avidité, des idées relatives à l’aversion, des idées relatives à l’illusion envahissent complètement ma pensée, et y restent ?”.

Le Bienheureux répondit : « Vraiment, ô Mahānāma, il existe un facteur que vous n’avez pas encore abandonné et par lequel, de temps en temps, des idées relatives à l’avidité, des idées relatives à l’aversion, des idées relatives à l’illusion envahissent complètement votre pensée, et y restent. Ce facteur peut être abandonné intérieurement, ô Mahānāma, si vous ne vivez pas dans un foyer familial et si vous ne vous réjouissez pas dans les plaisirs sensuels. Cependant, ô Mahānāma, parce que vous n’abandonnez pas intérieurement ce facteur, parce que vous vivez dans un foyer, et parce que vous vous réjouissez dans les plaisirs sensuels, des idées relatives à l’avidité, des idées relatives à l’aversion, des idées relatives à l’illusion envahissent complètement votre pensée, et y restent.

Bien que le disciple noble voie correctement les plaisirs sensuels tels qu’ils sont, par la haute sagesse et qu’ils donnent peu de satisfactions mais beaucoup de souffrances, beaucoup de frustrations et beaucoup de désavantages, si ce disciple noble n’atteint pas l’enchantement et la joie en dehors des plaisirs sensuels et en dehors des états mentaux inefficaces, il ne cherche pas une étape meilleure, alors il n’est pas encore quelqu’un qui ne puisse être séduit par des plaisirs sensuels. Cependant, ô Mahānāma, si ce disciple noble voit correctement, tels qu’ils sont, que les plaisirs sensuels donnent peu de satisfactions, mais beaucoup de souffrances, beaucoup de frustrations et beaucoup de désavantages, et si ce disciple noble atteint l’enchantement et la joie en dehors des plaisirs sensuels, et en dehors des états mentaux inefficaces, s’il atteint une étape meilleure, alors il est quelqu’un qui ne peut pas être séduit par des plaisirs sensuels.

Moi même, ô Mahānāma, avant d’avoir atteint l’Éveil parfait, quand j’étais encore un bōdhisatta, j’ai vu tels qu’ils sont, par la haute sagesse, que les plaisirs sensuels donnent peu de satisfaction, mais beaucoup de souffrances, beaucoup de frustrations et beaucoup de désavantages, mais je n’avais pas atteint l’enchantement et la joie en dehors des plaisirs sensuels, et en dehors des états mentaux inefficaces, je n’avais pas atteint une étape meilleure. Ainsi, [à cette époque-là], je savais que je n’étais pas encore quelqu’un qui ne pouvait être séduit par des plaisir sensuels. Cependant, ô Mahānāma, lorsque j’ai vu correctement tels qu’ils sont, par la haute sagesse, que des plaisirs sensuels donnaient peu de satisfaction, mais beaucoup de souffrances, beaucoup de frustrations et beaucoup de désavantages, et lorsque j’eus atteint l’enchantement en dehors des plaisirs sensuels, la joie en dehors des plaisirs sensuels, la joie en dehors des états mentaux inefficaces, lorsque j’eus atteint une étape meilleure, alors je sus que j’étais quelqu’un qui ne pouvait être séduit par des plaisirs sensuels.

Quelle est, ô Mahānāma, la jouissance des plaisirs sensuels ? Il existe cinq sortes d’objets sensuels : les formes connaissables par l’œil, désirées, aimées, plaisantes, charmantes et pourvues de séduction ; les sons connaissables par les oreilles, désirés, aimés, plaisants, charmants et pourvus de séduction ; les odeurs connaissables par le nez, désirées, aimées, plaisantes, charmantes et pourvues de séduction ; les saveurs connaissables par la langue, désirées, aimées, plaisantes, charmantes et pourvues de séduction ; les touchers connaissables par l’épiderme du corps, désirés, aimés, plaisants, charmants et pourvus de séduction. Telles sont, ô Mahānāma, les cinq sortes d’objets sensuels. La jouissance des plaisirs sensuels signifie, ô Mahānāma, le bonheur et le plaisir qui se produisent à partir de ces cinq sortes d’objets sensuels.

Quels sont, ô Mahānāma, les désavantages des plaisirs sensuels ? Supposons, ô Mahānāma, qu’un fils de famille gagne sa vie par un métier tel que le calcul ou la comptabilité ou l’estimation, ou par un métier agricole ou bien en étant au service des rois ou par une autre profession. Supposons qu’il soit affligé par le froid, affligé par la chaleur, ou bien qu’il souffre de piqûres de taons, ou de piqûres de moustiques, ou bien qu’il souffre à cause du vent, à cause du soleil, à cause des serpents venimeux, ou bien qu’il meure de faim ou de soif. Voilà, ô Mahānāma, un désavantage des plaisirs sensuels qui est devenu réalité ici même, un monceau de dukkha qui a les plaisirs sensuels pour cause, les plaisirs sensuels pour origine, qui est une conséquence des plaisirs sensuels. La véritable condition de ce monceau de dukkha étant tout simplement les plaisirs sensuels.

En outre, ô Mahānāma, si, malgré son courage dans son métier, malgré sa force et ses efforts, ce fils de famille n’acquiert pas de biens, alors il s’attriste, se lamente, se frappant la poitrine et gémissant, il tombe dans l’égarement et pense : “J’ai employé ma force en vain. Hélas, mon effort est sans résultats.” Cela aussi, ô Mahānāma, est un désavantage des plaisirs sensuels qui est devenu réalité ici même, un monceau de dukkha qui a les plaisirs sensuels pour cause, les plaisirs sensuels pour origine, qui est une conséquence des plaisirs sensuels. La véritable condition de ce monceau de dukkha étant tout simplement les plaisirs sensuels.

En outre, ô Mahānāma, supposons que ce fils de famille, s’encourageant lui-même, faisant des efforts, acquière en conséquence des biens. Dès lors, il éprouve une souffrance et une angoisse, à cause de sa préoccupation pour protéger ses possessions, et il pense : “Que ni les rois ni les voleurs n’enlèvent mes possessions. Que ni le feu ni l’eau ne détruisent mes possessions. Que les autres héritiers que je n’aime pas ne m’enlèvent pas mes possessions.” Supposons que, bien qu’il s’occupe de protéger ses possessions et de les garder, les rois ou les voleurs s’en emparent, ou bien qu’elles soient détruites par le feu ou par l’eau, ou bien que les héritiers qu’il n’aime pas les prennent. Alors, le fils de famille s’attriste, se lamente, se frappant la poitrine, il tombe dans l’égarement et pense : “Je n’ai plus ce qui m’appartenait.” Cela aussi, ô Mahānāma, est un désavantage des plaisirs sensuels qui est devenu réalité ici même, un monceau de dukkha qui a les plaisirs sensuels pour cause, les plaisirs sensuels pour origine, qui est une conséquence des plaisirs sensuels. La véritable condition, ce sont les plaisirs sensuels.

En outre, ô Mahānāma, lorsque les plaisirs sensuels sont la cause, lorsque les plaisirs sensuels sont l’origine, lorsque les plaisirs sensuels sont la raison, lorsque les plaisirs sensuels sont la véritable condition, les rois se disputent avec des rois, les khattiyas se disputent avec des khattiyas, les brāhmanes se disputent avec des brāhmanes, les chefs de famille se disputent avec des chefs de famille ; une mère se dispute avec son fils ; un fils se dispute avec sa mère ; un père se dispute avec son fils ; un fils se dispute avec son père ; un frère se dispute avec son frère ; un frère se dispute avec sa sœur ; une sœur se dispute avec son frère ; un ami se dispute avec son ami. Ceux qui entrent dans les disputes, dans la querelle, dans la contestation, se battent et s’attaquent l’un l’autre à mains nues, avec des pierres, avec des bâtons ou avec des armes ; ils meurent en souffrant ou bien ils éprouvent une douleur mortelle. Cela aussi, ô Mahānāma, est un désavantage des plaisirs sensuels qui est devenu réalité ici même, un monceau de dukkha qui a les plaisirs sensuels pour cause, les plaisirs sensuels pour origine, qui est une conséquence des plaisirs sensuels. La véritable condition de ce monceau de dukkha étant tout simplement les plaisirs sensuels. La véritable condition de ce monceau de dukkha étant tout simplement les plaisirs sensuels.

Et encore, ô Mahānāma, lorsque les plaisirs sensuels sont la cause, lorsque les plaisirs sensuels sont l’origine, lorsque les plaisirs sensuels sont la véritable condition, alors les flèches volent, des couteaux volent, des épées flamboient, ayant pris des épées et des boucliers, portant des arcs et des carquois, les deux parties se rencontrent pour combattre, et des flèches volent, des couteaux volent, des épées flamboient. Alors, ici, il y en a qui blessent avec des flèches et blessent avec des couteaux, qui décapitent avec des épées. Là, il y en a qui souffrent en mourant, ou bien qui éprouvent une douleur mortelle. Cela aussi, ô Mahānāma, est un désavantage des plaisirs sensuels qui est devenu réalité ici même, un monceau de dukkha qui a les plaisirs sensuels pour cause, les plaisirs sensuels pour origine, qui est une conséquence des plaisirs sensuels. La véritable condition de ce monceau de dukkha étant tout simplement les plaisirs sensuels.

Et encore, ô Mahānāma, lorsque les plaisirs sensuels sont la cause, lorsque les plaisirs sensuels sont l’origine, lorsque les plaisirs sensuels sont la raison, lorsque les plaisirs sensuels sont la véritable condition, ayant pris des épées et des boucliers, portant des arcs et des carquois, ils sautent sur les remparts brillants, et des flèches volent, des couteaux volent, des épées flamboient. Alors, ici, il y en a qui blessent avec des flèches et blessent avec des couteaux, qui versent des bouses brûlantes, qui écrasent avec une grande force et qui décapitent avec des épées. Là, il y en a qui souffrent en mourant, ou bien qui éprouvent une douleur mortelle. Cela aussi, ô Mahānāma, est un désavantage des plaisirs sensuels qui est devenu réalité ici même, un monceau de dukkha qui a les plaisirs sensuels pour cause, les plaisirs sensuels pour origine, qui est une conséquence des plaisirs sensuels. La véritable condition de ce monceau de dukkha étant tout simplement les plaisirs sensuels.

Et encore, ô Mahānāma, lorsque les plaisirs sensuels sont la cause, lorsque les plaisirs sensuels sont l’origine, lorsque les plaisirs sensuels sont la raison, lorsque les plaisirs sensuels sont la véritable condition, certains cambriolent une maison et la dévalisent, et se comportent comme des voleurs, tendent des embuscades et prennent les femmes des autres. Les rois, alors, s’emparent de tels individus et les punissent : ils les battent avec des fouets, avec des bâtons, avec des verges ; ils leur coupent les mains, les pieds, les mains et les pieds, les oreilles, le nez, les oreilles et le nez ; ils leur infligent la punition dite Bilaṅgathālika, la punition dite Saṅkhamuṇḍika, la punition dite Rāhumukha, la punition dite Jōtimālika,la punition dite Hatthapajjōtika, la punition dite Èrakavattika, la punition dite Cīrakavāsika, la punition dite Èṇeyyaka, la punition dite Baḷisamaṁasika, la punition dite Kahāpaṇaka, la punition dite Khārāpaṭacchika, la punition dite Palighaparivattika, et la punition dite Palālapīṭhaka. Ils versent de l’huile bouillante sur eux. Ils les font mordre par des chiens ; ils les empalent ; ils les décapitent avec des épées. Cela aussi, ô Mahānāma, est un désavantage des plaisirs sensuels qui est devenu réalité ici même, un monceau de dukkha qui a les plaisirs sensuels pour cause, les plaisirs sensuels pour origine, qui est une conséquence des plaisirs sensuels. La véritable condition de ce monceau de dukkha étant tout simplement les plaisirs sensuels.

Et encore, ô Mahānāma, lorsque les plaisirs sensuels sont la cause, lorsque les plaisirs sensuels sont l’origine, lorsque les plaisirs sensuels sont la raison, lorsque les plaisirs sensuels sont la véritable condition, certains individus se comportent de façon immorale au moyen de leur corps, en parole et en pensée. S’étant comportés de façon immorale, après la dislocation du corps, après la mort, ils naissent dans des états malheureux, dans des états infernaux, dans le niraya. Cela aussi, ô Mahānāma, est un désavantage des plaisirs sensuels qui est devenu réalité ici même, un monceau de dukkha qui a les plaisirs sensuels pour cause, les plaisirs sensuels pour origine, qui est une conséquence des plaisirs sensuels. La véritable condition de ce monceau de dukkha étant tout simplement les plaisirs sensuels.

Moi, ô Mahānāma, j’étais une fois à Rājagaha, dans le mont Gijjha. En ce temps-là, un jour, sur la colline d’Isigili, sur une grosse pierre noire, de nombreux Nigaṇṭhas se tenaient debout, refusant de s’asseoir, et ils éprouvaient ainsi des sensations extrêmement pénibles et très douloureuses. Moi, ô Mahānāma, m’étant levé de mon repas solitaire, vers la fin de l’après-midi, je m’approchai des Nigaṇṭhas qui étaient sur la colline d’Isigili, sur une grosse pierre noire, et je leur dis : “Pourquoi, ô amis Nigaṇṭhas, êtes-vous debout, sans jamais vous asseoir, en éprouvant des sensations extrêmement pénibles et très douloureuses ?” Quand j’eus demandé cela, ces Nigaṇṭhas me dirent : « Ô ami, le Nigaṇṭha Nāthaputta est omniscient, il voit tout et il affirme qu’il possède une connaissance et une vision réaliste englobant tout, il a déclaré : “Que je me promène ou reste debout ou dorme ou reste éveillé, la connaissance et la vision réaliste existent chez moi d’une manière permanente”, et il nous a dit : “S’il y a, ô Nigaṇṭhas, des actes immoraux que vous avez commis dans la vie passée, épuisez-les au moyen de cette sévère austérité. Demeurer sans faire aucun acte immoral signifie rester maintenant sans en faire au moyen du corps, de la parole ou du mental. Ainsi, en conséquence de l’épuisement des actes anciens au moyen des austérités, et en conséquence de la prudence qui consiste à s’abstenir de commettre des actes nouveaux, il n’y aura pas d’écoulement des actes dans le futur. À cause de cette prudence et ce non-écoulement des actes, dukkha est éliminée. À cause de l’élimination de dukkha, les sensations sont éliminées. À cause de l’élimination des sensations, toutes les souffrances s’épuisent.” Nous aimons ces paroles ; nous les approuvons et nous en sommes satisfaits. »

Cela étant dit, ô Mahānāma, j’ai dit à ces Nigaṇṭhas : “Cependant, ô amis Nigaṇṭhas, savez-vous si vous étiez dans le passé ou si vous n’étiez pas dans le passé ?”

– Non, ami, nous ne le savons pas.

– Cependant, ô amis Nigaṇṭhas, savez-vous si vous avez commis des actes mauvais dans le passé, ou bien si vous n’avez pas commis d’actes mauvais ?

– Non, ami, nous ne le savons pas.

– Cependant, ô amis Nigaṇṭhas, savez-vous si vous avez commis tel ou tel type d’actes mauvais dans le passé ?

– Non, ami, nous ne le savons pas.

– Cependant, ô amis Nigaṇṭhas, savez-vous jusqu’à quel point la souffrance a été épuisée, ou jusqu’à quel point il y a encore de la souffrance à épuiser, ou jusqu’à quel point la souffrance est en train de s’épuiser ?

– Non, ami, nous ne le savons pas.

– Ô amis Nigaṇṭhas, que savez-vous de l’abandon des états mentaux inefficaces et de l’émergence des états mentaux efficaces ?

– Non, ami, nous n’en savons rien.

– Alors, ô amis Nigaṇṭhas, vous ne savez pas si dans le passé vous étiez ou n’étiez pas. Vous ne savez pas si vous avez commis des actes immoraux dans le passé ou si vous n’avez pas commis d’actes immoraux. Vous ne savez pas si vous avez commis tel ou tel type d’actes immoraux dans le passé ou bien si vous n’en avez pas commis. Vous ne savez pas jusqu’à quel point la souffrance a été épuisée, ou jusqu’à quel point il y a encore de la souffrance à épuiser, ou jusqu’à quel point la souffrance est en train de s’épuiser. Vous ne savez également rien de l’abandon des états mentaux inefficaces, négatifs et de l’émergence des états mentaux efficaces, positifs. Les faits étant ainsi, ô amis Nigaṇṭhas, ceux qui renaîtront parmi les êtres humains, étaient-ils des chasseurs aux mains sanglantes et qui ont commis des actes cruels et sont-ils devenus des religieux parmi les Nigaṇṭhas ?

– Le bonheur, ô ami, ne peut pas être atteint au moyen du bonheur, mais le bonheur peut être atteint au moyen de la souffrance. Si le bonheur devait être atteint au moyen du bonheur, ô ami Gōtama, le roi Sèniya Bimbisāra des Magadhas aurait pu atteindre le bonheur. Car le roi Sèniya Bimbisāra des Magadhas est quelqu’un qui demeure dans le bonheur beaucoup plus que l’Āyasamanta Gōtama.

– Ô amis Nigaṇṭhas, des paroles comme : “le bonheur ne peut pas être atteint au moyen du bonheur, mais le bonheur peut être atteint au moyen de la souffrance […]. Car le roi Sèniya Bimbisāra des Magadhas est quelqu’un qui demeure dans le bonheur beaucoup plus que l’Āyasamanta Gōtama”, ont été exprimées hâtivement, sans bien réfléchir, par les Nigaṇṭhas. Dans ce cas, je dois vous poser une question : “De ces deux hommes, ô amis Nigaṇṭhas, qui demeure dans le bonheur : est-ce le roi Sèniya Bimbisāra des Magadhas ou bien est-ce l’Āyasamanta Gōtama ?”

– Ô amis Nigaṇṭhas, dans ce cas [afin de vous répondre] je vais vous questionner. Répondez comme cela vous semble convenable. Qu’en pensez-vous, ô amis Nigaṇṭhas ? Le roi Sēniya Bimbisāra des Magadhas est-il capable de rester, sept jours et sept nuits, sans bouger, sans proférer même un seul mot, sans rien éprouver d’autre que du bonheur ?

– Non, ami.

– Qu’en pensez-vous, ô amis Nigaṇṭhas ? Le roi Sèniya Bimbisāra des Magadhas est-il capable de rester, six jours et six nuits, sans bouger, sans proférer même un seul mot, sans rien éprouver d’autre que du bonheur ?

– Non, ami.

– Qu’en pensez-vous, ô amis Nigaṇṭhas ? Le roi Sèniya Bimbisāra des Magadhas est-il capable de rester, trois jours et trois nuits, sans bouger, sans proférer même un seul mot, ni sans rien éprouver d’autre que du bonheur ?

– Non, ami.

– Qu’en pensez-vous, ô amis Nigaṇṭhas ? Le roi Sèniya Bimbisāra des Magadhas est-il capable de rester, même un seul jour et une seule nuit, sans bouger, sans proférer même un seul mot, sans rien éprouver d’autre que du bonheur ?

– Non, ami.

– Cependant, ô amis Nigaṇṭhas, quant à moi, je suis capable de rester pendant sept jours et sept nuits, sans bouger, sans proférer même un seul mot, sans rien éprouver d’autre que du bonheur. Maintenant, qu’en pensez-vous, ô amis Nigaṇṭhas ? Selon ces faits, qui demeure dans le bonheur ? Est-ce le roi Sèniya Bimbisāra des Magadhas, ou bien est-ce Gōtama ?”

Les Nigaṇṭhas me répondirent : “Selon ces faits, c’est l’Āyasamanta Gōtama qui demeure dans le bonheur beaucoup plus que le roi Sèniya Bimbisāra des Magadhas”. »

Ainsi parla le Bienheureux. Mahānāma Sākya, heureux, se réjouit des paroles du Bienheureux.

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