Ainsi ai-je entendu : une fois le Bienheureux séjournait dans le parc d’Anāthapiṇḍika, au bois de Jēta, près de la ville de Sāvatthi. En ce temps-là, un jour, le Bienheureux s’adressa à un groupe de bhikkhus, en disant : « Ô bhikkhus ».
« Oui, Vénéré », répondirent ces bhikkhus.
Le Bienheureux dit : « Supposons, ô bhikkhus, qu’un bhikkhu demeure auprès d’un certain bosquet. L’attention mentale qui n’était pas en lui ne se produit pas, même en demeurant auprès de ce bosquet ; la concentration mentale qui n’était pas en lui ne se produit pas ; les écoulements mentaux toxiques qui n’avaient pas été éliminés chez lui n’arrivent pas à être éliminés ; la sécurité incomparable par rapport aux liens qui n’avait pas été réalisée chez lui n’arrive pas à être réalisée. C’est difficilement qu’il obtient les choses telles que les cīvaras, la nourriture, les lieux de séjour et les remèdes pour les maladies qu’un renonçant doit avoir comme éléments requis pour maintenir la vie. Alors, ô bhikkhus, ce bhikkhu doit réfléchir ainsi : “C’est vrai, moi, je demeure auprès de ce bosquet. Mais, l’attention mentale qui n’était pas en moi ne se produit pas, même en demeurant auprès de ce bosquet ; la concentration mentale qui n’était pas en moi ne se produit pas ; les écoulements mentaux toxiques, qui n’avaient pas été éliminés chez moi, n’arrivent pas à être éliminés ; la sécurité incomparable par rapport aux liens, qui n’avait pas été réalisée chez moi n’arrive pas à être réalisée. C’est difficilement que j’obtiens les choses telles que les cīvaras, la nourriture, les lieux de séjour et les remèdes pour les maladies qu’un renonçant doit avoir comme éléments requis pour maintenir la vie.” Alors, ô bhikkhus, même sans informer qu’il part, ce bhikkhu doit quitter ce bosquet tout de suite, dans la journée ou dans la nuit. Il ne doit pas y rester.
En outre, supposons, ô bhikkhus, qu’un bhikkhu demeure auprès d’un certain bosquet. L’attention mentale qui n’était pas en lui ne se produit pas, même en demeurant auprès de ce bosquet ; la concentration mentale qui n’était pas en lui ne se produit pas ; les écoulements mentaux toxiques qui n’avaient pas été éliminés chez lui n’arrivent pas à être éliminés ; la sécurité incomparable par rapport aux liens qui n’avait pas été réalisée chez lui n’arrive pas à être réalisée. Cependant, c’est facilement qu’il obtient des choses telles que les cīvaras, la nourriture, les lieux de séjour et les remèdes pour les maladies qu’un renonçant doit avoir comme éléments requis pour maintenir la vie. Alors, ô bhikkhus, ce bhikkhu doit réfléchir ainsi : “L’attention qui n’était pas chez moi ne se produit pas même en demeurant auprès de ce bosquet ; la concentration mentale qui n’était pas chez moi ne se produit pas ; les écoulements mentaux toxiques qui n’avaient pas été éliminés chez moi n’arrivent pas à être éliminés ; la sécurité incomparable par rapport aux liens qui n’avait pas été réalisée chez moi n’arrive pas à être réalisée. Cependant, c’est facilement que j’obtiens les choses telles que les cīvaras, la nourriture, les lieux de séjour et les remèdes pour les maladies. Or, moi, si je suis arrivé à la vie sans foyer en renonçant au foyer, ce n’est pas dans le but d’obtenir facilement les cīvaras, la nourriture, les lieux de séjour et les remèdes pour les maladies. L’attention mentale qui n’était pas en moi ne se produit pas même en demeurant auprès de ce bosquet ; la concentration mentale qui n’était pas en moi ne se produit pas ; les écoulements mentaux toxiques qui n’avaient pas été éliminés chez moi n’arrivent pas à être éliminés ; la sécurité incomparable par rapport aux liens, qui n’avait pas été réalisée chez moi n’arrive pas à être réalisée.” Alors, ô bhikkhus, en sachant cela, ce bhikkhu doit quitter ce bosquet. Il ne doit pas y rester.
En outre, supposons, ô bhikkhus, qu’un bhikkhu demeure auprès d’un certain bosquet. L’attention mentale qui n’était pas en lui se produit pas même en demeurant auprès de ce bosquet ; la concentration mentale qui n’était pas en lui ne se produit ; les écoulements mentaux toxiques qui n’avaient pas été éliminés chez lui arrivent à être éliminés ; la sécurité incomparable par rapport aux liens qui n’avait pas été réalisée chez lui, arrive à être réalisée. Cependant, c’est difficilement qu’il obtient les choses telles que les cīvaras, la nourriture, les lieux de séjour et les remèdes pour les maladies qu’un renonçant doit avoir comme éléments requis pour maintenir la vie. Alors, ô bhikkhus, ce bhikkhu doit réfléchir ainsi : “L’attention qui n’était pas chez moi, se produit en demeurant auprès de ce bosquet ; la concentration mentale qui n’était pas chez moi, se produit ; les écoulements mentaux toxiques, qui n’avaient pas été éliminés chez moi arrivent à être éliminés ; la sécurité incomparable par rapport aux liens, qui n’avait pas été réalisée chez moi arrive à être réalisée. Cependant, c’est difficilement que j’obtiens les choses telles que les cīvaras, la nourriture, les lieux de séjour et les remèdes pour les maladies qu’un renonçant doit avoir comme éléments requis pour maintenir la vie. Or, moi, si je suis arrivé à la vie sans foyer en renonçant au foyer, ce n’est pas dans le but d’obtenir facilement les cīvaras, la nourriture, les lieux de séjour et les remèdes pour les maladies. L’attention mentale qui n’était pas chez moi, se produit en demeurant auprès de ce bosquet ; la concentration mentale qui n’était chez moi, se produit ; les écoulements mentaux toxiques qui n’avaient pas été éliminés chez moi arrivent à être éliminés ; la sécurité incomparable par rapport aux liens qui n’avait pas été réalisée chez moi arrive à être réalisée.” Alors, ô bhikkhus, en sachant cela, ce bhikkhu doit rester auprès de ce bosquet. Il ne doit pas le quitter.
En outre, supposons, ô bhikkhus, qu’un bhikkhu demeure auprès d’un certain bosquet. L’attention mentale qui n’était pas en lui se produit en demeurant auprès de ce bosquet ; la concentration mentale qui n’était pas en lui se produit ; les écoulements mentaux toxiques qui n’avaient pas été éliminés chez lui arrivent à être éliminés ; la sécurité incomparable par rapport aux liens qui n’avait pas été réalisée chez lui arrive à être réalisée. C’est facilement qu’il obtient les choses telles que les cīvaras, la nourriture, les lieux de séjour et les remèdes pour les maladies, qu’un renonçant doit avoir comme éléments requis pour maintenir la vie. Alors, ô bhikkhus, ce bhikkhu doit réfléchir ainsi : “L’attention mentale qui n’était pas chez moi se produit en demeurant auprès de ce bosquet ; la concentration mentale qui n’était pas chez moi, se produit ; les écoulements mentaux toxiques qui n’avaient pas été éliminés chez moi arrivent à être éliminés ; la sécurité incomparable par rapport aux liens qui n’avait pas été réalisée chez moi arrive à être réalisée.” Alors, ô bhikkhus, en sachant cela, ce bhikkhu doit rester auprès de ce bosquet. Il ne doit pas le quitter.
[Même démonstration en ce qui concerne un bhikkhu demeurant auprès d’un certain village, un bhikkhu demeurant auprès d’une certaine bourgade, un bhikkhu demeurant auprès d’une certaine ville. Puis le sermon continue.]
En outre, supposons, ô bhikkhus, qu’un bhikkhu demeure auprès d’un certain individu. L’attention mentale qui n’était pas en ce bhikkhu ne se produit pas, même en demeurant auprès de cet individu ; la concentration mentale qui n’était pas en lui ne se produit pas ; les écoulements mentaux toxiques qui n’avaient pas été éliminés chez lui, n’arrivent pas à être éliminés ; la sécurité incomparable par rapport aux liens, qui n’avait pas été réalisée chez lui, n’arrive pas à être réalisée. C’est difficilement qu’il obtient les choses telles que les cīvaras, la nourriture, les lieux de séjour et les remèdes pour les maladies, nécessaires à un renonçant pour maintenir la vie. Alors, ô bhikkhus, ce bhikkhu doit réfléchir ainsi : “C’est vrai, moi, je demeure auprès de cet individu. Mais, l’attention mentale qui n’était pas chez moi ne se produit pas même en demeurant auprès de cet individu ; la concentration mentale qui n’était pas chez moi ne se produit pas ; les écoulements mentaux toxiques qui n’avaient pas été éliminés chez moi n’arrivent pas à être éliminés ; la sécurité incomparable par rapport aux liens, qui n’avait pas été réalisée chez moi, n’arrive pas à être réalisée. C’est difficilement que j’obtiens les choses telles que les cīvaras, la nourriture, les lieux de séjour et les remèdes pour les maladies qu’un renonçant doit avoir comme les éléments requis pour maintenir la vie.” Alors, ô bhikkhus, ce bhikkhu doit quitter cet individu tout de suite, même sans l’en informer, dans la journée ou dans la nuit. Ce bhikkhu ne doit pas rester auprès de cet individu.
En outre, supposons, ô bhikkhus, qu’un bhikkhu demeure auprès d’un certain individu. L’attention mentale qui n’était pas chez ce bhikkhu ne se produit pas, même en demeurant auprès de cet individu ; la concentration mentale qui n’était pas chez lui ne se produit pas ; les écoulements mentaux toxiques qui n’avaient pas été éliminés chez lui n’arrivent pas à être éliminés ; la sécurité incomparable par rapport aux liens qui n’avait pas été réalisée chez lui n’arrive pas à être réalisée. Cependant, c’est facilement qu’il obtient les choses telles que les cīvaras, la nourriture, les lieux de séjour et les remèdes pour les maladies qu’un renonçant doit avoir comme les éléments requis pour maintenir la vie. Alors, ô bhikkhus, ce bhikkhu doit réfléchir ainsi : “L’attention mentale qui n’était pas chez moi ne se produit pas, même en demeurant auprès de cet individu ; la concentration mentale qui n’était pas chez moi ne se produit pas ; les écoulements mentaux toxiques qui n’avaient pas été éliminés chez moi n’arrivent pas à être éliminés ; la sécurité incomparable par rapport aux liens qui n’avait pas été réalisée chez moi arrive à être réalisée. Cependant, c’est facilement que j’obtiens les choses telles que les cīvaras, la nourriture, les lieux de séjour et les remèdes pour les maladies qu’un renonçant doit avoir comme les éléments requis pour maintenir la vie. Or, moi, si je suis arrivé à la vie sans foyer en renonçant au foyer, ce n’est pas dans le but d’obtenir facilement les cīvaras, la nourriture, les lieux de séjour et les remèdes pour les maladies. L’attention qui n’était pas en moi ne se produit pas, même en demeurant auprès de cet individu ; la concentration mentale qui n’était pas en moi ne se produit pas ; les écoulements mentaux toxiques qui n’avaient pas été éliminés chez moi arrivent à être éliminés ; la sécurité incomparable par rapport aux liens qui n’avait pas été réalisée chez moi arrive à être réalisée.” Alors, ô bhikkhus, en sachant cela, ce bhikkhu doit quitter cet individu. Ce bhikkhu ne doit pas rester auprès de cet individu.
En outre, supposons, ô bhikkhus, qu’un bhikkhu demeure auprès d’un certain individu. L’attention mentale qui n’était pas en lui se produit en demeurant auprès de cet individu ; la concentration mentale qui n’était pas en lui se produit ; les écoulements mentaux toxiques qui n’avaient pas été éliminés chez lui arrivent à être éliminés ; la sécurité incomparable par rapport aux liens qui n’avait pas été réalisée chez lui arrive à être réalisée. Cependant, c’est difficilement qu’il obtient les choses telles que les cīvaras, la nourriture, les lieux de séjour et les remèdes pour les maladies, qu’un renonçant doit avoir comme les éléments requis pour maintenir la vie. Alors, ô bhikkhus, ce bhikkhu doit réfléchir ainsi : “L’attention mentale qui n’était pas en moi ne se produit pas quand je demeure auprès de cet individu ; la concentration mentale qui n’était pas en moi, se produit ; les écoulements mentaux toxiques qui n’avaient pas été éliminés chez moi arrivent à être éliminés ; la sécurité incomparable par rapport aux liens qui n’avait pas été réalisée chez moi arrive à être réalisée. Cependant, c’est difficilement que j’obtiens les choses telles que les cīvaras, la nourriture, les lieux de séjour et les remèdes pour les maladies qu’un renonçant doit avoir comme les éléments requis pour maintenir la vie. Or, moi, si je suis arrivé à la vie sans foyer en renonçant au foyer, ce n’est pas dans le but d’obtenir facilement les cīvaras, la nourriture, les lieux de séjour et les remèdes pour les maladies. L’attention qui n’était pas en moi, se produit quand je demeure auprès de cet individu ; la concentration mentale qui n’était pas en moi se produit ; les écoulements mentaux toxiques qui n’avaient pas été éliminés chez moi arrivent à être éliminés ; la sécurité incomparable par rapport aux liens, qui n’avait pas été réalisée chez moi arrive à être réalisée.” Alors, ô bhikkhus, en sachant cela, ce bhikkhu ne doit pas quitter cet individu. Mais ce bhikkhu doit le suivre.
En outre, supposons, ô bhikkhus, qu’un bhikkhu demeure auprès d’un certain individu. L’attention mentale qui n’était pas en lui se produit en demeurant auprès de cet individu ; la concentration mentale qui n’était pas en lui ne se produit ; les écoulements mentaux toxiques qui n’avaient pas été éliminés chez lui arrivent à l’état éliminé ; la sécurité incomparable par rapport aux liens, qui n’avait pas été réalisée chez lui, arrive à l’état réalisé. C’est facilement qu’il obtient les choses telles que les cīvaras, la nourriture, les lieux de séjour et les remèdes pour les maladies qu’un renonçant doit avoir comme les éléments requis pour maintenir la vie. Alors, ô bhikkhus, ce bhikkhu doit réfléchir ainsi : “L’attention qui n’était pas chez moi ne se produit quand je demeure auprès de cet individu ; la concentration mentale qui n’était pas en moi se produit ; les écoulements mentaux toxiques qui n’avaient pas été éliminés chez moi, arrivent à l’état éliminé ; la sécurité incomparable par rapport aux liens, qui n’avait pas été réalisée chez moi, arrive à l’état réalisé. C’est facilement que j’obtiens les choses telles que les cīvaras, la nourriture, les lieux de séjour et les remèdes pour les maladies qu’un renonçant doit avoir comme les éléments requis pour maintenir la vie.” Alors, ô bhikkhus, en sachant cela, ce bhikkhu doit rester auprès de cet individu jusqu’à la fin de la vie. Même si ce bhikkhu est renvoyé par lui, ce bhikkhu doit le suivre. »
Ainsi parla le Bienheureux. Les bhikkhus, heureux, se réjouirent des paroles du Bienheureux.
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