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Traductions [29]

Le bouvier expérimenté : 2ème récit

Ainsi ai-je entendu : Une fois, leBienheureux séjournait au bord de la rivière Ukkācèla, dans le paysdes Vajjis.

En ce temps-là, un jour, le Bienheureux s’adressa aux bhikkhusen disant « Ô bhikkhus ».

« Vénéré », répondirent ces bhikkhus au Bienheureux.

Le Bienheureux dit : « Autrefois, ô bhikkhus, dans le derniermois de la saison des pluies, à l’automne, un bouvier du pays desMagadhas, qui était sot par tempérament, sans considérer cetterive-ci du fleuve Gaṅgā et sans considérer l’autre rive du fleuveGaṅgā, a tenté de faire traverser des bœufs, par un endroit sanspassage, pour les amener sur la rive de l’Est, située au pays desVidèhas. Alors, ô bhikkhus, tous les bœufs, au milieu du fleuve, sesont trouvés bloqués dans le fort courant, là-bas même, en granddanger. Pourquoi ? Parce que, ô bhikkhus, dans le dernier mois dela saison des pluies, à l’automne, ce bouvier qui était sot partempérament, sans considérer cette rive-ci du fleuve Gaṅgā et sansconsidérer l’autre rive du fleuve Gaṅgā, a tenté de faire traverserdes bœufs, par un endroit sans passage, pour les amener sur la rivede l’Est, située au pays des Vidèhas.

De même, ô bhikkhus, certains samanas et brāhmanes ne sont pashabiles pour comprendre ce monde-ci, ni pour comprendre l’au-delàde ce monde, ni pour comprendre le territoire de Māra, ni pourcomprendre le non-territoire de Māra, ni pour comprendre leterritoire de la mort, ni pour comprendre le non-territoire de lamort. Pour ceux qui pensent qu’ils doivent prêter l’oreille à cessamanas et ces brāhmanes, et qu’ils doivent leur faire confiance,cela constitue une condition qui leur amène le malheur et lemal-être pour longtemps.

Autrefois, ô bhikkhus, dans le dernier mois de la saison despluies, à l’automne, un bouvier du pays des Magadhas, qui étaitintelligent par tempérament, en considérant bien cette rive-ci dufleuve Gaṅgā et en considérant bien l’autre rive du fleuve Gaṅgā, atenté de faire traverser des bœufs, par un endroit avec passage,pour les amener sur la rive de l’Est, située au pays des Vidèhas.Tout d’abord, il a fait traverser de grands bœufs qui étaient pèresdu troupeau, chefs du troupeau. Après avoir traversé les courantsdu fleuve Gaṅgā, ils arrivèrent sains et saufs sur l’autre rive.Ensuite, il a fait traverser des bœufs excités et des bœufsdressés. Eux aussi, après avoir traversé les courants du fleuveGaṅgā, arrivèrent sains et saufs sur l’autre rive. Ensuite, il fittraverser les jeunes veaux et les génisses. Eux aussi, après avoirtraversé les courants du fleuve Gaṅgā, arrivèrent sains et saufssur l’autre rive. Enfin, il fit traverser les faibles veaux. Euxaussi, après avoir traversé les courants du fleuve Gaṅgā,arrivèrent sains et saufs sur l’autre rive. Ce jour-là, ô bhikkhus,même des veaux nouveau-nés, en suivant le meuglement de leur mère,après avoir traversé les courants du fleuve Gaṅgā, arrivèrent sainset saufs à l’autre rive. Pour quelle raison ? Dans ce dernier moisde la saison des pluies, à l’automne, ce bouvier du pays desMagadhas, qui était intelligent par nature, en considérant biencette rive-ci du fleuve Gaṅgā et en considérant bien l’autre rivedu fleuve Gaṅgā, a tenté de faire traverser des bœufs, par unendroit avec passage, pour les amener sur la rive de l’Est, situéeau pays des Vidèhas.

De même, ô bhikkhus, certains samanas et brāhmanes sont habilesà comprendre ce monde-ci, à comprendre l’au-delà de ce monde, àcomprendre le territoire de Māra, à comprendre le non-territoire deMāra, à comprendre le territoire de la mort, et à comprendre lenon-territoire de la mort. Pour ceux qui pensent qu’ils doiventprêter l’oreille à ces samanas et à ces brāhmanes, et qu’ilsdoivent leur faire confiance, cela constitue la condition qui leuramène le bonheur et le bien-être pour longtemps.

Tout comme, ô bhikkhus, de grands bœufs qui étaient pères dutroupeau, chefs du troupeau, après avoir traversé les courants dufleuve Gaṅgā, arrivèrent sains et saufs sur l’autre rive, de même,ô bhikkhus, les bhikkhus qui ont atteint l’état d’Arahant, qui ontéliminé les écoulements mentaux toxiques, qui ont vécu la conduitesublime, qui ont terminé ce qu’ils avaient à faire, qui ont laisséle fardeau à terre, qui sont bien arrivés à leur but, qui ontéliminé les liens concernant l’existence, qui ont atteint lalibération par la compréhension vécue, eux aussi arrivent sains etsaufs sur l’autre rive, après avoir traversé le courant deMāra.

Tout comme, ô bhikkhus, des bœufs excités et des bœufs dressés,après avoir traversé les courants du fleuve Gaṅgā, arrivèrent sainset saufs sur l’autre rive, de même, ô bhikkhus, les bhikkhus quiont supprimé complètement les cinq liens du bas côté, auront unenaissance spontanée et atteindront le parinibbāna, là où ils seront nés de nouveau, car ils neseront plus soumis à la nécessité de revenir en ce monded’existence ; eux aussi arrivent sains et saufs sur l’autre rive,après avoir traversé le courant de Māra.

Tout comme, ô bhikkhus, les jeunes veaux et les génisses, aprèsavoir traversé les courants du fleuve Gaṅgā, arrivèrent sains etsaufs sur l’autre rive, de même, ô bhikkhus, les bhikkhus qui ontsupprimé partiellement les cinq liens du bas côté, qui ont diminuéle désir, l’aversion et l’égarement, sont des Sakadāgāmins et neretournent plus en ce monde d’existence qu’une fois seulement.Ainsi, ils en termineront avec dukkha, eux aussi et arriveront sains et saufs sur l’autrerive, après avoir traversé le courant de Māra.

Tout comme, ô bhikkhus, les faibles veaux, après avoir traverséles courants du fleuve Gaṅgā, arrivèrent sains et saufs sur l’autrerive, de même, ô bhikkhus, les bhikkhus qui ont supprimé les troisliens du bas côté, sont des Sōtāpannas et ils ne sont plus jamaisdestinés à renaître dans un état malheureux, et sont tous en voied’atteindre la compréhension parfaite, eux aussi arriveront sainset saufs sur l’autre rive, après avoir traversé le courant deMāra.

Tout comme, ô bhikkhus, des veaux nouveau-nés, suivant la voixde leur mère, après avoir traversé les courants du fleuve Gaṅgā,arrivèrent sains et saufs sur l’autre rive, de même, ô bhikkhus,les bhikkhus qui font effort en suivant la Doctrine et en suivantla confiance sereine, eux aussi arriveront sains et saufs surl’autre rive, après avoir traversé le courant de Māra.

Quant à moi, ô bhikkhus, je suis habile à comprendre cemonde-ci, à comprendre l’au-delà de ce monde, à comprendre leterritoire de Māra, à comprendre le non-territoire de Māra, àcomprendre le territoire de la mort et à comprendre lenon-territoire de la mort. Pour ceux qui pensent qu’ils doivent meprêter l’oreille et me faire confiance, alors, cela constitue unecondition qui amène le bonheur et le bien-être pour longtemps.

Le Bienheureux dit cela. Ensuite, le Sugata qui est le Maîtres’exprima ainsi :

Bien expliqués, par celui qui a compris,
ce monde-ci et l’au-delà de ce monde.
Par l’Éveillé qui comprend tout,
En connaissant tout ce qui est du domaine de Māra et tout ce quin’en est pas,
Ayant compris le monde entièrement,
Afin d’arriver au nibbānaconstituant la paix
La porte d’immortalité a été ouverte.
Le courant du Méchant a été coupé,
Il a été épuisé, ses tuyaux ont été détruits.
Ô bhikkhus, soyez pleins de joie,
Souhaitez, vous tous, atteindre le lieu sûr.

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