Ainsi ai-je entendu. En une occasion,le Béni séjournait près de Vesālī dans la salle au toit pointu,dans la Grande forêt. Et en cette occasion, Saccaka le fils dunigaṇṭha séjournait à Vesālī – undébatteur, un sophiste bien considéré par la plupart des gens. Ildéclara ceci devant l’assemblée à Vesālī : « Je ne vois aucuncontemplatif ou brahmane, chef d’un ordre, chef d’un groupe, oumême quelqu’un qui déclare être un arahant, justement éveillé par lui-même, qui – engagé dansun débat avec moi – ne frissonnerait pas, ne frémirait pas, netremblerait pas, et ne transpirerait pas des aisselles. Même si jedevais engager une souche inanimée dans un débat, elle – engagéeavec moi – frissonnerait, frémirait, tremblerait, sans parler d’unêtre humain. »
Tôt le matin, le vénérable Assaji ajusta sa robe inférieureet
– prenant son bol et sa robe extérieure – entra dans Vesālī pourles aumônes. Saccaka le fils du nigaṇṭha, marchant et errant autour de Vesālī, vit levénérable Assaji arriver de loin. Le voyant, il alla auprès de luiet échangea des salutations courtoises avec lui. Après un échangede salutations amicales et de courtoisies, il se tint debout sur uncôté.
Alors qu’il se tenait debout là, il lui dit : « Maître Assaji,comment le contemplatif Gotama discipline-t-il ses disciples ? Ouquelle partie de son enseignement présente-t-il généralement à sesdisciples ? »
« Aggivessana, le Béni discipline ses disciples de cettemanière ; le Béni présente généralement cette partie de sonenseignement à ses disciples : ‘La forme est inconstante. Lasensation est inconstante. La perception est inconstante. Lesfabrications sont inconstantes. La conscience est inconstante. Laforme est pas-soi. La sensation est pas-soi. La perception estpas-soi. Les fabrications sont pas-soi. La conscience est pas-soi.Toutes les fabrications sont inconstantes. Tous les phénomènes sontpas-soi.’ Aggivessana, voilà la façon dont le Béni discipline sesdisciples ; le Béni présente généralement cette partie de sonenseignement à ses disciples. »
« Maître Assaji, quelle mauvaise chose d’entendre ce que nousvenons d’entendre, d’entendre que le contemplatif Gotama enseignecette sorte de chose. Peut-être aurons-nous tôt ou tard l’occasionde rencontrer le contemplatif Gotama. Peut-être aurons-nousl’occasion de débattre avec lui. Peut-être aurons-nous l’occasionde l’arracher à ce mauvais point de vue. »
Il se trouve qu’en cette occasion, cinq cents Licchaviss’étaient rassemblés dans une salle pour quelque affaire ou autre.Saccaka le fils du nigaṇṭha allaauprès de ces Licchavis et, étant arrivé, leur dit : « Venez, bonsLicchavis ! Venez, bons Licchavis ! Aujourd’hui aura lieu mon débatavec Gotama le contemplatif ! S’il adopte avec moi la position queson disciple célèbre a prise avec moi, le moine nommé Assaji,alors, tout comme un homme fort, saisissant un bélier aux longspoils par les poils, le tirerait en avant et le tirerait enarrière, et le tirerait en avant et en arrière ; de la mêmemanière, déclaration après déclaration, je tirerai Gotama lecontemplatif en avant et je le tirerai en arrière, et je le tireraien avant et en arrière. Tout comme dans une distillerie, untravailleur fort plongerait une écumoire dans un réservoir d’eauprofond, et la saisissant par les anses, la tirerait en avant, latirerait en arrière, et la tirerait en avant et en arrière ; de lamême manière, déclaration après déclaration, je tirerai Gotama lecontemplatif en avant et je le tirerai en arrière, et je le tireraien avant et en arrière. Tout comme un voyou, bouilleur de cru deson état, saisirait une écumoire en crin de cheval par les anses,la secouerait vers le bas et la secouerait vers le haut, et lataperait ; de la même manière, déclaration après déclaration, jesecouerai Gotama le contemplatif vers le bas et je le secoueraivers le haut, et je le taperai. Tout comme un éléphant âgé desoixante ans, plongeant dans une mare profonde, s’amuserait à jouerau jeu du lavage du chanvre ; de la même manière, je m’amuserai enquelque sorte à jouer au jeu du lavage du chanvre avec Gotama lecontemplatif. Venez, bons Licchavis ! Venez, bons Licchavis !Aujourd’hui aura lieu mon débat avec Gotama le contemplatif ! »
Alors certains des Licchavis dirent : « Qui est Gotama lecontemplatif, pour pouvoir réfuter la déclaration de Saccaka lefils du nigaṇṭha ? C’est Saccakale fils du nigaṇṭha qui réfuterala déclaration de Gotama le contemplatif. »
Certains des Licchavis dirent : « Qui est Saccaka le fils dunigaṇṭha, pour pouvoir réfuter ladéclaration de Gotama le contemplatif ? C’est Gotama lecontemplatif qui réfutera la déclaration de Saccaka le fils dunigaṇṭha. »
Et donc Saccaka le fils du nigaṇṭha, entouré de cinq cents Licchavis, alla à la salleau toit pointu, dans la Grande forêt.
Il se trouve qu’en cette occasion un grand nombre de moinesfaisaient de la méditation marchée en plein air. Saccaka le fils dunigaṇṭha alla auprès des moines etdit : « Maîtres, où se trouve maître Gotama en ce moment ? Nousvoulons voir maître Gotama. »
« Aggivessana, le Béni, ayant pénétré dans la Grande forêt, estassis sous un certain arbre pour y passer la journée. »
Alors Saccaka le fils du nigaṇṭha, accompagné d’un grand groupe de Licchavispénétra dans la Grande forêt et alla auprès du Béni. Étant arrivé,il échangea des salutations courtoises avec lui. Après un échangede salutations amicales et de courtoisies, il s’assit sur un côté.Certains des Licchavis se prosternèrent devant le Béni ets’assirent sur un côté. Certains des Licchavis échangèrent dessalutations courtoises avec lui et, après un échange de salutationsamicales et de courtoisies, s’assirent sur un côté. Certains desLicchavis, l’ayant salué paume contre paume, s’assirent sur uncôté. Certains des Licchavis, ayant annoncé leur nom et leur clan,s’assirent sur un côté. Certains des Licchavis s’assirent ensilence sur un côté.
Alors qu’il était assis là, Saccaka dit au Béni : « J’aimeraisinterroger maître Gotama sur un certain point, si maître Gotamavoulait m’accorder la faveur de répondre à ma question. »
« Pose ta question, Aggivessana, comme tu le souhaites. »
« Comment maître Gotama discipline-t-il ses disciples ? Ouquelle partie de son enseignement présente-t-il généralement à sesdisciples ? »
« Aggivessana, je discipline mes disciples de cette manière ; jeprésente généralement cette partie de mon enseignement à mesdisciples : ‘La forme est inconstante. La sensation estinconstante. La perception est inconstante. Les fabrications sontinconstantes. La conscience est inconstante. La forme est pas-soi.La sensation est pas-soi. La perception est pas-soi. Lesfabrications sont pas-soi. La conscience est pas-soi. Toutes lesfabrications sont inconstantes. Tous les phénomènes sont pas-soi.’Aggivessana, je discipline mes disciples de cette manière ; jeprésente généralement cette partie de mon enseignement à mesdisciples. »
« Maître Gotama, une comparaison me vient à l’esprit. »
« Parle, Aggivessana. »
« Tout comme une graine quelconque qui manifeste croissance,accroissement, et prolifération, le fait entièrement en dépendancede la terre ; ou tout comme une activité quelconque qui exige de laforce, le fait entièrement en dépendance de la terre ; de la mêmemanière, maître Gotama, un individu avec la forme comme soi,prenant appui sur la forme, produit du mérite ou du démérite. Unindividu avec la sensation comme soi… avec la perception comme soi…avec les fabrications comme soi… avec la conscience comme soi…prenant appui sur la conscience, produit du mérite ou dudémérite. »
« Aggivessana, dis-tu : ‘La forme est mon soi, la sensation estmon soi, la perception est mon soi, les fabrications sont mon soi,la conscience est mon soi’ ? »
« Oui, maître Gotama, je dis que : ‘La forme est mon soi, lasensation est mon soi, la perception est mon soi, les fabricationssont mon soi, la conscience est mon soi.’ Comme le dit aussi cettegrande multitude. »
« Qu’est-ce que cette grande multitude a à faire avec toi ? S’ilte plaît, focalise-toi juste sur ta propre assertion. »
« Oui, maître Gotama. Je dis que : ‘La forme est mon soi, lasensation est mon soi, la perception est mon soi, les fabricationssont mon soi, la conscience est mon soi.’ »
« Très bien, alors, Aggivessana, je vais te contre-questionnersur ce sujet. Réponds comme tu le souhaites. Que penses-tu ? Unnoble roi guerrier consacré comme le roi Pasenadi Kosala ou le roiAjātasattu Vedehiputta de Magadha aurait-il le pouvoir, sur sespropres terres, de faire exécuter ceux qu’il a condamnés à êtreexécutés, de mettre à l’amende ceux qu’il a condamnés à être mis àl’amende, ou de bannir ceux qu’il a condamnés à être bannis ? »
« Oui, maître Gotama, il aurait le pouvoir, sur ses propresterres, de faire exécuter ceux qu’il a condamnés à être exécutés,de mettre à l’amende ceux qu’il a condamnés à être mis à l’amende,ou de bannir ceux qu’il a condamnés à être bannis. Même ces groupesoligarchiques, comme les Vajjians et les Mallans, ont le pouvoir,sur leurs propres terres, de faire exécuter ceux qu’ils ontcondamnés à être exécutés, de mettre à l’amende ceux qu’ils ontcondamnés à être mis à l’amende, ou de bannir ceux qu’ils ontcondamnés à être bannis, sans parler d’un noble roi guerrierconsacré comme le roi Pasenadi Kosala ou le roi AjātasattuVedehiputta de Magadha. Il aurait ce pouvoir, et il mériterait del’avoir. »
« Que penses-tu, Aggivessana ? Lorsque tu dis : ‘La forme estmon soi,’ as-tu un pouvoir sur cette forme-là : ‘Puisse ma formeêtre ainsi, puisse ma forme ne pas être ainsi’ ? »
Lorsque le Béni eut dit ceci, Saccaka le fils du nigaṇṭha demeura silencieux.
Une deuxième fois, le Béni dit à Saccaka le fils du nigaṇṭha : « Que penses-tu, Aggivessana ?Lorsque tu dis : ‘La forme est mon soi,’ as-tu un pouvoir sur cetteforme-là : ‘Puisse ma forme être ainsi, puisse ma forme ne pas êtreainsi’ ? »
Lorsque le Béni eut dit ceci, Saccaka le fils du nigaṇṭha demeura silencieux une deuxièmefois.
Alors le Béni lui dit : « Réponds maintenant, Aggivessana. Cen’est pas le moment de demeurer silencieux. Lorsque quelqu’un nerépond pas à une question légitime posée trois fois de suite par leTathāgata, sa tête éclate en septparties en cet endroit même. »
Il se trouve qu’en cette occasion le yakkha Vajirapāṇin, un foudre de fer à la main, se tenaitdans le ciel au-dessus de Saccaka le fils du nigaṇṭha, pensant : « Si Saccaka le fils dunigaṇṭha ne répond pas à laquestion légitime posée trois fois de suite par le Tathāgata, je ferai éclater sa tête en septparties en cet endroit même. »
Le Béni vit le yakkhaVajirapāṇin, tout comme Saccaka le fils du nigaṇṭha. Et donc Saccaka – effrayé, terrifié, ses cheveuxse dressant sur sa tête – cherchant un abri auprès du Béni,cherchant une protection auprès du Béni, cherchant un refuge auprèsdu Béni – lui dit : « Que maître Gotama m’interroge. Jerépondrai. »
« Que penses-tu, Aggivessana ? Lorsque tu dis : ‘La forme estmon soi,’ as-tu un pouvoir sur cette forme-là : ‘Puisse ma formeêtre ainsi, puisse ma forme ne pas être ainsi’ ? »
« Non, maître Gotama. »
« Fais attention, Aggivessana, et réponds seulement après avoirfait attention ! Ce que tu viens de dire n’est pas cohérent avec ceque tu as dit avant, et ce n’est pas non plus cohérent avec ce quetu as dit après.
« Que penses-tu, Aggivessana ? Lorsque tu dis : ‘La sensationest mon soi… La perception est mon soi… Les fabrications sont monsoi… La conscience est mon soi,’ as-tu un pouvoir sur cetteconscience : ‘Puisse ma conscience être ainsi, puisse ma consciencene pas être ainsi’ ? »
« Non, maître Gotama. »
« Fais attention, Aggivessana, et réponds seulement après avoirfait attention ! Ce que tu viens de dire n’est pas cohérent avec ceque tu as dit avant, et ce n’est pas non plus cohérent avec ce quetu as dit après.
« Que penses-tu, Aggivessana ? La forme est-elle constante ouinconstante ? »
« Inconstante, maître Gotama. »
« Et ce qui est inconstant est-il aise, ou souffrance ? »
« Souffrance, maître Gotama. »
« Et est-il approprié de considérer ce qui est inconstant,souffrance, sujet au changement comme : ‘Ceci est mien. Ceci estmon soi. Ceci est ce que je suis’ ? »
« Non, maître Gotama. »
« … La sensation est-elle constante ou inconstante ? »
« Inconstante, maître Gotama. » …
« … La perception est-elle constante ou inconstante ? »
« Inconstante, maître Gotama. » …
« … Les fabrications sont-elles constantes ouinconstantes ? »
« Inconstantes, maître Gotama. » …
« Que penses-tu, Aggivessana ? La conscience est-elle constanteou inconstante ? »
« Inconstante, maître Gotama. »
« Et ce qui est inconstant est-il aise, ou souffrance ? »
« Souffrance, maître Gotama. »
« Et est-il approprié de considérer ce qui est inconstant,souffrance, sujet au changement comme : ‘Ceci est mien. Ceci estmon soi. Ceci est ce que je suis’ ? »
« Non, maître Gotama. »
« Que penses-tu, Aggivessana ? Lorsque l’on adhère à lasouffrance, étreint la souffrance, est attaché à la souffrance, etconsidère à propos de la souffrance que : ‘Ceci est mien. Ceci estmon soi. Ceci est ce que je suis,’ peut-on comprendre la souffranceou demeurer en ayant totalement détruit la souffrance ? »
« Comment cela serait-il possible, maître Gotama ? Non, maîtreGotama. »
« Ceci étant le cas, n’adhères-tu pas à la souffrance,n’étreins-tu pas la souffrance, n’es-tu pas attaché à lasouffrance, et ne considères-tu pas à propos de la souffrance que :‘Ceci est mien. Ceci est mon soi. Ceci est ce que je suis,’ ? »
« Comment cela pourrait-il ne pas être le cas, maître Gotama ?Oui, maître Gotama. »
« Suppose qu’un homme – qui a besoin de bois de cœur, quirecherche du bois de cœur, qui erre à la recherche de bois decœur – pénètre dans une forêt avec une hache affûtée. Là, ilverrait un grand tronc de bananier : droit, jeune, immature. Il lecouperait au pied et, l’ayant coupé au pied, en couperait lesommet. Ayant coupé le sommet, il déroulerait les fourreaux desfeuilles. Ouvrant les fourreaux des feuilles, il ne trouverait làmême pas de l’aubier, sans parler de bois de cœur. De la mêmemanière, Aggivessana, lorsque je t’interroge, te réprimande, et tepresse en ce qui concerne ta propre déclaration, tu es vide, dansl’erreur. Mais c’est toi qui as fait cette déclaration devantl’assemblée à Vesālī : ‘Je ne vois aucun contemplatif ou brahmane,chef d’un ordre, chef d’un groupe, ou même quelqu’un qui déclareêtre un arahant, justement éveillépar lui-même, qui – engagé dans un débat avec moi – nefrissonnerait pas, ne frémirait pas, ne tremblerait pas, et netranspirerait pas des aisselles. Même si je devais engager unesouche non animée dans un débat, elle – engagée dans un débat avecmoi – frissonnerait, frémirait, tremblerait, sans parler d’un êtrehumain.’ Mais maintenant des gouttes de sueur coulent de ton front,et mouillent ta robe extérieure, tombent sur le sol, alors que moncorps ne transpire pas. » Et le Béni découvrit son corps à lateinte dorée devant l’assemblée.
Lorsque le Béni eut dit ceci, Saccaka le fils du nigaṇṭha demeura silencieux, honteux, assis avecles épaules qui tombaient, la tête baissée, abattu, en mal demots.
Alors Dummukha le fils du Licchavi, – sentant que Saccaka lefils du nigaṇṭha était silencieux,honteux, assis avec les épaules qui tombaient, la tête baissée,abattu, en mal de mots – dit au Béni : « Seigneur, une comparaisonm’est venue à l’esprit. »
« Parle, Dummukha, » dit le Béni.
« Seigneur, supposez que non loin d’un village ou d’un bourg, ily ait une mare. Là, il y aurait un crabe. Un certain nombre degarçons et de filles, quittant le village ou le bourg, iraient à lamare et, étant arrivés, pénétreraient dans l’eau pour s’y baigner.Sortant le crabe de l’eau, ils le poseraient par terre. Et chaquefois que le crabe sortirait une patte, les garçons ou les filles lacouperaient, la briseraient, et l’écraseraient avec des bâtons oudes pierres en cet endroit même, de sorte que le crabe – toutes sespattes coupées, brisées, et écrasées – serait incapable deretourner dans l’eau. De la même manière, quels que soient lestortillements, les cabrioles, et les contorsions de Saccaka le filsdu nigaṇṭha, le Béni les a touscoupés, brisés, et écrasés, de sorte que Saccaka le fils dunigaṇṭha est maintenant incapablede s’approcher du Béni dans le but de débattre avec lui. »
Lorsque Dummukha le fils du Licchavi eut dit ceci, Saccaka lefils du nigaṇṭha dit : « Uninstant, Dummukha. Un instant, Dummukha. Tu parles beaucoup,Dummukha. Nous ne voulons pas prendre conseil auprès de toi. Noussommes ici pour prendre conseil auprès de maître Gotama. »[Puis, se tournant vers le Bouddha, ildit :] « Maître Gotama, laissons de côté nos paroles etcelles des autres contemplatifs et brahmanes ordinaires, desjacasseries.
« Maître Gotama, dans quelle mesure un disciple de maître Gotamaest-il quelqu’un qui applique son message, qui applique sonenseignement, quelqu’un qui a franchi le flot et qui est au-delà dudoute, quelqu’un qui n’a plus de questions à poser, quelqu’un qui aobtenu l’absence de peur, et qui demeure indépendant des autres ence qui concerne le message du maître ? »
« Il y a le cas, Aggivessana, où un de mes disciples voit avecle discernement juste toute forme quelle qu’elle soit – passée,future, ou présente ; interne ou externe ; évidente ou subtile,ordinaire ou sublime ; lointaine ou proche : toute forme, tel quecela est réellement – comme : ‘Ceci n’est pas mien. Ceci n’est pasmon soi. Ceci n’est pas ce que je suis.’
« Il voit avec le discernement juste toute sensation … touteperception… toute fabrication… toute conscience quelle qu’elle soit– passée, future, ou présente ; interne ou externe ; évidente ousubtile ; ordinaire ou sublime ; lointaine ou proche : touteconscience, tel que cela est réellement – comme : ‘Ceci n’est pasmien. Ceci n’est pas mon soi. Ceci n’est pas ce que je suis.’
« C’est dans cette mesure, Aggivessana, qu’un de mes disciplesest quelqu’un qui applique mon message, qui applique mesinstructions, quelqu’un qui a franchi le flot et qui est au-delà dudoute, quelqu’un qui n’a plus de questions à poser, quelqu’un qui aobtenu l’absence de peur et qui demeure indépendant des autres ence qui concerne le message du maître. »
« Et dans quelle mesure, maître Gotama, un moine est-il unarahant, quelqu’un dont leseffluents mentaux sont arrivés à leur terme, qui a atteintl’accomplissement, accompli la tâche, déposé le fardeau, qui estparvenu au but véritable, qui a détruit l’entrave du devenir, etqui est affranchi à travers la connaissance juste ? »
« Il y a le cas, Aggivessana, où un moine – ayant vu avec lediscernement juste toute forme quelle qu’elle soit – passée,future, ou présente ; interne ou externe ; évidente ou subtile ;ordinaire ou sublime ; lointaine ou proche : toute forme, tel quecela est réellement – comme : ‘Ceci n’est pas mien. Ceci n’est pasmon soi. Ceci n’est pas ce que je suis’ est, à travers l’absenced’agrippement, affranchi.
« Ayant vu avec le discernement juste toute sensation… touteperception… toute fabrication… toute conscience quelle qu’elle soit– passée, future, ou présente ; interne ou externe ; évidente ousubtile ; ordinaire ou sublime ; lointaine ou proche : touteconscience, tel que cela est réellement – comme : ‘Ceci n’est pasmien. Ceci n’est pas mon soi. Ceci n’est pas ce que je suis,’ ilest, à travers l’absence d’agrippement, affranchi.
« C’est dans cette mesure, Aggivessana, qu’un moine est unarahant, quelqu’un dont leseffluents mentaux sont arrivés à leur terme, qui a atteintl’accomplissement, accompli la tâche, déposé le fardeau, qui estparvenu au but véritable, qui a détruit l’entrave du devenir, etqui est affranchi à travers la connaissance juste.
« Quelqu’un qui est ainsi affranchi possède trois chosesinsurpassables : une vision insurpassable, une pratiqueinsurpassable, un affranchissement insurpassable. Et un moine dontl’esprit est ainsi affranchi continue à honorer, respecter,révérer, et vénérer le Tathāgatade cette manière : ‘Éveillé, le Béni enseigne le Dhamma pour l’Éveil. Dompté, le Béni enseigne leDhamma pour le domptage.Tranquille, le Béni enseigne le Dhamma pour la tranquillité. Ayant franchi le flot, leBéni enseigne le Dhamma pourfranchir le flot. Totalement délié, le Béni enseigne le Dhamma pour le Déliement total.’ »
Lorsque le Béni eut dit ceci, Saccaka le fils du nigaṇṭha lui dit : « Maître Gotama, nous avonsété insolent, nous avons été irréfléchi, en supposant que l’onpouvait attaquer maître Gotama déclaration après déclaration. Carsi quelqu’un qui a attaqué un éléphant en rut peut malgré celatrouver la sécurité, une personne qui a attaqué maître Gotama nepeut pas trouver la sécurité. Si quelqu’un qui a attaqué un brasierpeut malgré cela trouver la sécurité, une personne qui a attaquémaître Gotama ne peut pas trouver la sécurité. Si quelqu’un qui aattaqué un serpent à crocs, un serpent venimeux, peut malgré celatrouver la sécurité, une personne qui a attaqué maître Gotama nepeut pas trouver la sécurité. Maître Gotama, nous avons étéinsolent, nous avons été irréfléchi, en supposant que l’on pouvaitattaquer maître Gotama déclaration après déclaration.
« Puisse maître Gotama, ainsi que le Saṅgha des moines, accepter mon offre pour le repas dedemain. »
Le Béni accepta en demeurant silencieux.
Puis Saccaka le fils du nigaṇṭha, sentant que le Béni avait accepté, s’adressa auxLicchavis : «Écoutez, maîtres Licchavis, Gotama le contemplatif estinvité demain, ainsi que le Saṅghades moines. Offrez-moi ce que vous pensez être approprié pourlui. »
Après que la nuit fut passée, les Licchavis apportèrent àSaccaka le fils du nigaṇṭha uneoffrande de nourriture d’environ cinq cents plats à oblation.Saccaka le fils du nigaṇṭha, aprèsavoir fait préparer de la nourriture de base et complémentaire dansson propre monastère, annonça l’heure au Béni : « Le moment estvenu, maître Gotama. Le repas est prêt. »
Et donc le Béni, tôt le matin, ajusta sa robe du bas et– prenant son bol et sa robe extérieure – alla en compagnie duSaṅgha des moines au monastère deSaccaka le fils du nigaṇṭha. Étantarrivé, il s’assit à un endroit qui avait été préparé. De sa propremain, Saccaka le fils du nigaṇṭhaservit et satisfit le Saṅgha desmoines à la tête duquel se trouvait le Béni avec de la nourriturede base et complémentaire. Puis, lorsque le Béni eut fini de mangeret qu’il eut rincé son bol et ses mains, Saccaka le fils dunigaṇṭha, s’assit plus bas, sur uncôté. Alors qu’il était assis là, il dit au Béni : « Maître Gotama,puisse le mérite et les fruits du mérite de ce don contribuerexclusivement au bonheur des donateurs. »
« Aggivessana, tout ce qui résulte du fait de donner à unbénéficiaire tel que toi – pas sans passion, pas sans aversion, passans illusion – cela ira aux donateurs. Tout ce qui résulte du faitde donner à un bénéficiaire tel que moi – sans passion, sansaversion, sans illusion – cela ira à toi. »
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