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Traductions [28]

L’élimination de la ‘soif’ : 1er récit

Ainsi ai-je entendu : une fois, leBienheureux séjournait au grand bâtiment construit par Migāra-Mātā,dans le parc de l’Est, près de la ville de Sāvatthi.

En ce temps-là, un jour, le Sakka, chef des dieux s’approcha del’endroit où se trouvait le Bienheureux. S’étant approché, il luirendit hommage, puis resta debout à l’écart sur un côté. Étantresté debout à l’écart sur un côté, il dit au Bienheureux : « Enbref, dites-moi, Vénéré, à quel point d’arrivée, un bhikkhudevient-il libre à travers l’élimination de la ‘soif’, arrive-t-ilau point final parfait, à la sécurité parfaite, à la conduite pureparfaite, à sa destination parfaite de telle sorte qu’il soit lemeilleur parmi les êtres humains et divins ? »

Le Bienheureux dit : « Dans ce cas, ô chef des dieux, voici ceque ce bhikkhu a entendu : « Il n’est pas convenable de s’inclinerdevant toutes les sortes d’états mentaux. » Alors, ce bhikkhuarrive à bien comprendre toutes les sortes d’états mentaux. Ayantcompris toutes les sortes d’états mentaux, il les connaît d’unefaçon précise. Les connaissant d’une façon précise, lorsqu’iléprouve une sensation agréable, une sensation non-agréable ou unesensation neutre, il demeure en voyant la non-permanence de cessensations ; il demeure en voyant la valeur du non-attachement àces sensations ; il demeure en voyant la cessation de cessensations ; il demeure en voyant la valeur du renoncement à cessensations. Lorsque ce bhikkhu demeure en voyant la non-permanencede ces sensations, en voyant la valeur de non-attachement à cessensations, en voyant la cessation de ces sensations, en voyant lavaleur du renoncement à ces sensations, il ne s’attache à rien dansce monde. N’étant attaché à rien, il n’est troublé par rien.N’étant troublé, il éprouve en soi-même la cessation complète et ilcomprend : « Toute naissance nouvelle est anéantie. La conduitesublime est vécue. Ce qui doit être achevé est achevé ; plus rienne demeure à accomplir. C’est à ce point d’arrivée, ô chef desdieux, qu’un bhikkhu devient libre à travers l’élimination de lasoif, qu’il arrive au point final parfait, à la sécurité parfaite,à la conduite pure parfaite, à sa destination parfaite de tellesorte qu’il soit le meilleur parmi les êtres humains etdivins. »

Cela étant dit, Sakka, chef des dieux, heureux, se réjouit desparoles du Bienheureux, puis après avoir fait la circumambulationautour de lui, dans ce lieu même, il devint invisible.

À ce moment-là, l’Āyasmanta Mahā-Moggallāna était assis près duBienheureux. Cette réflexion vint alors à l’ĀyasmantaMahā-Moggallāna : « Est-ce que cet être divin avait accepté laparole du Bienheureux, en l’ayant comprise, ou bien sans lacomprendre ? » Ensuite, l’Āyasmanta Mahā-Moggallāna, tout comme unhomme fort étend son bras plié ou plie son bras étendu, endisparaissant du grand bâtiment construit par Migāra-Mātā, apparutparmi les dieux de Tāvatiṃsa.

À ce moment, Sakka, chef des dieux, était dans le jardin duLotus Unique, bien entouré de cinq cents musiciens divins bienéquipés. Sakka vit de loin l’Āyasmanta Mahā-Moggallāna venant verslui. L’ayant vu, abandonnant ses cinq cents musiciens, Sakkas’approcha de l’Āyasmanta Mahā-Moggallāna. S’étant approché, il luidit : « Venez, Seigneur heureux Moggallāna, c’est après longtempsque vous avez pris l’occasion de venir ici. Asseyez-vous, Seigneurheureux Moggallāna, voici un siège déjà préparé. »

L’Āyasmanta Mahā-Moggallāna s’assit sur le siège déjà préparé.Sakka, chef des dieux, prit aussi un siège, plus bas que celui del’Āyasmanta Mahā-Moggallāna, et s’assit à l’écart sur un côté.Lorsque Sakka, chef des dieux fut assis, l’ĀyasmantaMahā-Moggallāna lui dit : « Ô Kōsiya, n’est-ce-pas le Bienheureuxqui vous a parlé brièvement de la libération de la soif ? Nousaussi, nous voulons l’écouter auprès de vous. »

Sakka dit : « Ô Seigneur heureux Moggallāna, je suis très occupéet j’ai beaucoup de choses à faire : beaucoup de choses meconcernent ainsi que les dieux du Tāvatiṃsa. En outre, ô Seigneurheureux Moggallāna, les choses que nous avons bien apprises, biencomprises, auxquelles nous avons bien réfléchi et que nous avonsbien gardées en mémoire, il nous arrive de les oublier rapidement.Autrefois, ô Seigneur heureux Moggallāna, éclata une guerre entredieux et non-dieux. Dans cette guerre, ô Seigneur heureuxMoggallāna, les dieux sortirent victorieux. Les non-dieux furentvaincus. Moi, ô Seigneur heureux Moggallāna, après avoir gagnécette guerre, l’ayant terminée, j’ai construit [miraculeusement] un grand bâtiment nommé Vējayanta. ÔSeigneur heureux Moggallāna, le grand bâtiment Vējayanta est pourvude cent terrasses. Chaque terrasse a sept cents bâtiments à toitpointu. Dans chaque bâtiment à toit pointu, se trouvent septnymphes. Chaque nymphe est pourvue de sept servantes divines. ÔSeigneur heureux Moggallāna, voulez-vous voir les qualitésattirantes de ce grand bâtiment Vējayanta ? »

L’Āyasmanta Mahā-Moggallāna accepta l’invitation par lesilence.

Ensuite, Sakka, chef des dieux, accompagné du grand roi divinVessavana, en suivant l’Āyasmanta Mahā-Moggallāna, s’approcha del’endroit où se trouvait le grand bâtiment Vējayanta. Les servantesdivines de Sakka, chef des dieux, virent de loin l’ĀyasmantaMahā-Moggallāna qui arrivait. L’ayant vu, par timidité et parcrainte, chacune d’elles entra dans son propre appartement. Toutcomme une belle-fille devient timide et craintive en face de sonbeau-père, de même, les servantes divines de Sakka, chef des dieux,en voyant l’Āyasmanta Mahā-Moggallāna, chacune d’elles, partimidité et par crainte, entra dans son propre appartement. Sakka,chef des dieux et le grand roi divin Vessavana, en faisant visiterl’Āyasmanta Mahā-Moggallāna dans le grand bâtiment Vējayanta, luidirent : « Regardez cela, ô Seigneur heureux Moggallāna, cela aussiest une chose attirante du palais Vējayanta.

Regardez aussi cela, cela aussi est une chose attirante dupalais Vējayanta. »

L’Āyasmanta Mahā-Moggallāna dit : « Ce palais convient ainsipour Kōsiya en tant que résultat des actes méritoires qu’il acommis autrefois. Les êtres humains, ayant vu quelque part unechose attirante, ont l’habitude de dire : « Ô honorables, celaconvient aux dieux de Tāvatiṃsa. » Ce palais convient ainsi àKōsiya en tant que résultat des actes méritoires qu’il a commisautrefois. »

Ensuite, cette réflexion vint à l’Āyasmanta Mahā-Moggallāna :« Cet être divin est vraiment immature. Il passe son temps d’unefaçon inattentive. Il faut que je provoque une émotion chez cetêtre divin ». Alors, l’Āyasmanta Mahā-Moggallāna, provoqua lesconditions d’un miracle, et en utilisant simplement son grosorteil, il fit trembler, ébranler, bouger fortement le palaisVējayanta. Une pensée étonnante et sans précédent se produisit chezSakka, chef des dieux, chez le grand roi divin Vessavana et chezles dieux de Tāvatiṃsa. Ils dirent : « Ô honorables, regardez lagrande majesté du pouvoir miraculeux de ce samana à tel point qu’enutilisant simplement son gros orteil, il fait trembler, ébranler,bouger fortement le palais Vējayanta. C’est merveilleux, c’est sansprécédent ! »

L’Āyasmanta Mahā-Moggallāna, en sachant que Sakka, chef desdieux, était ému et avait des frissons, lui dit : « Ô Kōsiya,n’est-ce pas le Bienheureux qui vous a parlé brièvement de lalibération de la ‘soif’ ? Nous aussi, nous voulons l’écouter auprèsde vous. »

– Quant à cela, ô Seigneur heureux Moggallāna, moi, jem’approchai de l’endroit où se trouvait le Bienheureux. M’étantapproché je lui rendis hommage, puis je restai debout à l’écart surun côté. Étant resté debout à l’écart sur un côté, j’ai dit auBienheureux : « En bref, dites-moi, Vénéré, à quel point d’arrivéeun bhikkhu devient-il libre à travers l’élimination de la ‘soif’,arrive-t-il au point final parfait, à la sécurité parfaite, à laconduite pure parfaite, à sa destination parfaite de telle sortequ’il soit le meilleur parmi les êtres humains et divins ? » LeBienheureux dit : « Dans ce cas, ô chef des dieux, voici ce que cebhikkhu a entendu : ‘Ce n’est pas convenable de s’incliner devanttoutes les sortes d’états mentaux’. Alors, ce bhikkhu arrive à biencomprendre toutes les sortes d’états mentaux. Ayant compris toutesles sortes d’états mentaux, il les connaît d’une façon précise. Lesconnaissant d’une façon précise, lorsqu’il éprouve une sensationagréable, une sensation non-agréable ou une sensation neutre, ildemeure en voyant la non-permanence de ces sensations ; il demeureen voyant la valeur de non-attachement à ces sensations ; ildemeure en voyant la cessation de ces sensations ; il demeure envoyant la valeur du renoncement à ces sensations. Lorsque cebhikkhu demeure en voyant la non-permanence de ces sensations, envoyant la valeur de non-attachement à ces sensations, en voyant lacessation de ces sensations, en voyant la valeur du renoncement àces sensations, il ne s’attache à rien dans ce monde. N’étantattaché à rien, il n’est troublé par rien. N’étant troublé, iléprouve en lui-même la cessation complète et il comprend : “Toutenaissance nouvelle est anéantie. La conduite sublime est vécue. Cequi doit être achevé est achevé ; plus rien ne demeure àaccomplir.” C’est à ce point d’arrivée, ô chef des dieux, qu’unbhikkhu devient libre à travers l’élimination de de la ‘soif’,qu’il arrive au point final parfait, à la sécurité parfaite, à laconduite pure parfaite, à sa destination parfaite de telle sortequ’il soit le meilleur parmi les êtres humains et divins.” C’estcela, ô Seigneur heureux Moggallāna, ce que le Bienheureux m’a ditbrièvement à propos de la libération de la ‘soif’. »

L’Āyasmanta Mahā-Moggallāna, heureux, se réjouit de la parole deSakka, chef des dieux, tout comme un homme fort étend son bras pliéou plie son bras étendu, en disparaissant du Tāvatiṃsa, il apparutdans le grand bâtiment construit par Migāra-Mātā [où se trouvait le Bienheureux].

Peu de temps après le départ de l’Āyasmanta Mahā-Moggallāna, lesservantes divines de Sakka, chef des dieux, lui dirent : « ÔSeigneur heureux, celui-là est-il le Bienheureux, qui est votremaître ? »

Sakka, chef des dieux répondit : « Non, ô Seigneurs heureux,celui-là n’est pas le Bienheureux qui est mon maître. Il estl’Āyasmanta Mahā-Moggallāna, un de mes confrères. »

Les servantes divines dirent : « C’est un gain pour vous, ôSeigneur heureux, c’est un profit pour vous d’avoir un tel confrèrepourvu d’une si grande majesté, d’un si grand pouvoir miraculeux.Dans ces conditions on peut imaginer quel personnage est votremaître qui est le Bienheureux ! »

Pendant ce temps-là, l’Āyasmanta Mahā-Moggallāna s’approcha del’endroit où se trouvait le Bienheureux. S’étant approché, il luirendit hommage, puis s’assit à l’écart sur un côté, S’étant assis àl’écart sur un côté il dit au Bienheureux : « Vous souvenez-vous,Vénéré, que vous avez parlé brièvement à un célèbre être divin àpropos de la libération de la ‘soif’ ? »

Le Bienheureux dit : « Je me souviens, ô Moggallāna, que Sakka,chef des dieux, s’est approché de l’endroit où je me trouvais.S’étant approché, il me rendit hommage, puis resta debout à l’écartsur un côté. Étant resté debout à l’écart sur un côté, il m’a dit :“En bref, dites-moi, Vénéré, à quel point d’arrivée, un bhikkhudevient-il libre à travers l’élimination de la ‘soif’, arrive-t-ilau point final parfait, à la sécurité parfaite, à la conduite pureparfaite, à sa destination parfaite, de telle sorte qu’il soit lemeilleur parmi les êtres humains et divins ?” Moi, je lui dis :“Dans ce cas, ô chef des dieux, voici ce qu’un bhikkhu a entendu :Ce n’est pas convenable de s’incliner devant toutes sortes d’étatsmentaux. […]. N’étant troublé, il éprouveen lui-même la cessation complète et il comprend : ‘Toute naissancenouvelle est anéantie. La conduite sublime est vécue. Ce qui doitêtre achevé est achevé ; plus rien ne demeure à accomplir’. C’est àce point d’arrivée, ô chef des dieux, qu’un bhikkhu devient libre àtravers l’élimination de la ‘soif’, qu’il arrive au point finalparfait, à la sécurité parfaite, à la conduite pure parfaite, à sadestination parfaite de telle sorte qu’il est le meilleur parmi lesêtres humains et divins”. »

Ainsi parla le Bienheureux. Heureux, l’Āyasmanta Mahā-Moggallānase réjouit des paroles du Bienheureux.

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