Ainsi ai-je entendu : une fois, leBienheureux séjournait au parc d’Anāthapiṇḍika, situé dans le boisde Jèta, près de la ville de Sāvatthi. Là-bas, le Bienheureuxs’adressa aux bhikkhus en disant « Ô bhikkhus ».
« Vénéré », répondirent ces bhikkhus au Bienheureux.
Le Bienheureux dit : « Une fois, ô bhikkhus, je demeurai au pieddu grand arbre Sāla situé au bois de Subhaga, à Ukkaṭhā. En cetemps-là, chez le Brahmā Baka surgit la mauvaise réflexionsuivante : “Il est permanent ; il est inébranlable ; il estéternel ; il est unique ; il a la nature de rester stable ; il nenaît pas ; il ne vieillit pas ; il ne meurt pas ; il ne quittepas ; il ne surgit pas. Au-delà de ceci, il n’y a pas d’autreévasion possible.” »
« Moi, ô bhikkhus, en sachant la pensée du Brahmā Baka par mapropre pensée, tout comme un homme fort étend son bras plié ou plieson bras étendu, moi, en disparaissant du pied du grand arbre Sālasitué au bois de Subhaga à Ukkaṭhā, je me présentai devant ce mondedes Brahmās. Le Brahmā Baka me vit de loin venir vers lui. M’ayantvu il me dit : “Venez, Seigneur heureux. Bienvenu, Seigneurheureux. C’est après longtemps que le Seigneur heureux a trouvécette occasion pour venir ici. Seigneur heureux, cet état desBrahmās est permanent ; il est inébranlable ; il est éternel ; ilest unique ; il a la nature de rester stable ; il ne naît pas ; ilne vieillit pas ; il ne meurt pas ; il ne quitte pas ; il ne surgitpas. Au-delà de ceci, il n’y pas d’autre évasion possible.”
« Cela étant dit, ô bhikkhus, j’ai dit au Brahmā Baka :“Vraiment vous êtes dans l’ignorance, ô Brahmā Baka, vous êtesvraiment dans l’ignorance. Vous dites qu’il est permanent, bienqu’il soit non-permanent ; vous dites qu’il est immobile, bienqu’il soit mobile ; vous dites qu’il est éternel, bien qu’il soitnon-éternel ; vous dites qu’il est unique, bien qu’il ne soit pasunique ; vous dite qu’il a la nature de rester stable, bien qu’ilait la nature de changer ; vous dites qu’il ne naît pas, qu’il nevieillit pas, qu’il ne meurt pas qu’il ne quitte pas qu’il nesurgit pas, bien qu’il naisse, qu’il vieillisse, qu’il meure, qu’ilquitte, qu’il surgisse. Vous dites qu’au delà de ceci il n’y a pasd’autre évasion possible, bien qu’il y ait une autre évasionpossible.”
« À ce moment-là, Māra le Méchant qui a possédé un courtisan desBrahmās, m’a dit : “Ô bhikkhu ! ô bhikkhu, ne le contrariez pas, nele contrariez pas. Celui-là est le Brahmā, le Grand Brahmā, ledominateur, l’indomptable, l’omniscient, le tout-puissant, lecréateur, le fabricateur, l’artisan du destin, l’être suprême,celui qui organise tout, le Père de tous les êtres qui sont nés etqui vont naître. Ô bhikkhu ! Avant vous, il y avait, dans le monde,des samanas et des brāhmanes qui dénigraient la terre et quiétaient dégoûtés de la terre, qui dénigraient l’eau et qui étaientdégoûtés de l’eau, qui dénigraient le feu et qui étaient dégoûtésdu feu, qui dénigraient l’air et qui étaient dégoûtés de l’air, quidénigraient les êtres et qui étaient dégoûtés des êtres, quidénigraient les dieux et qui étaient dégoûtés des dieux, quidénigraient le chef des créatures et qui étaient dégoûtés du chefdes créatures, qui dénigraient les Brahmās et qui étaient dégoûtésdes Brahmās. Après la dislocation de leur corps, après la coupurede la force vitale, ils se sont placés dans les groupes inférieurs.Ô bhikkhu ! Avant vous, il y avait des samanas et des brāhmanes quilouaient la terre et qui étaient ravis de la terre, qui louaientl’eau et qui étaient ravis de l’eau, qui louaient le feu et quiétaient ravis du feu, qui louaient l’air et qui étaient ravis del’air, qui louaient les êtres et qui étaient ravis des êtres, quilouaient les dieux et qui étaient ravis des dieux, qui louaient lechef des créatures et qui étaient ravis du chef des créatures, quilouaient les Brahmās et qui étaient ravis des Brahmās. Après ladislocation de leur corps, après la coupure de la force vitale, ilsse sont placés dans les groupes supérieurs. Alors, ô bhikkhu ! Jevous dis : ô Seigneur heureux, faites ce que le Brahmā vous dit defaire. Ne transgressez pas le commandement du Brahmā. Ô bhikkhu !Si vous transgressez le commandement du Brahmā, c’est un peu commeun homme qui frappe et renvoie la déesse de la Gloire qui est venuechez lui. Si vous transgressez le commandement du Brahmā, c’est unpeu comme un homme qui est en train de tomber dans le précipice del’enfer, cherche à attraper par les mains et par les pieds lasurface de la terre ici et là [pour éviter sachute]. Quant à vous, ô bhikkhu, votre cas serait le même.Alors, ô Seigneur heureux, faites ce que le Brahmā vous dit defaire. Ne transgressez pas le commandement du Brahmā. Ne voyez-vouspas ici la compagnie des Brahmās qui sont assis ?” En disant ainsi,Māra le Méchant a attiré mon attention vers le groupe deBrahmās.
« Cela étant dit, ô bhikkhus, moi, j’ai dit au Māra le Méchant :“Je vous connais, ô Māra. Ne pensez pas que je ne vous connaissepas. Vous êtes le Māra le Méchant. Tous, qui sont ici – le Brahmā,la compagnie des Brahmās, le conclave des Brahmās – tous sont dansvotre main, sous votre emprise. Vous souhaitez également : ‘quecelui-ci aussi soit dans ma main, que celui-ci aussi soit sous monemprise’. Cependant, ô Méchant, moi, je ne suis pas dans votremain, je ne suis pas sous votre emprise.”
« Lorsque j’ai dit cela, ô bhikkhus, le Brahmā Baka m’a dit :“Moi, ô Seigneur heureux, je dis qu’il est permanent, puisqu’il estpermanent ; je dis qu’il est immobile, puisqu’il est immobile ; jedis qu’il est éternel, puisqu’il est éternel ; je dis qu’il estunique, puisqu’il est unique ; je dis qu’il a la nature de resterstable, puisqu’il a la nature de rester stable ; je dis qu’il nenaît pas, qu’il ne vieillit pas, qu’il ne meurt pas, qu’il nequitte pas, qu’il ne surgit pas, puisque qu’il ne naît pas, qu’ilne vieillit pas, qu’il ne meurt pas, qu’il ne quitte pas, qu’il nesurgit pas ; je dis qu’il n’y a pas d’autre refuge plus sublime,puisqu’il n’y a pas d’autre refuge plus sublime. Avant vous, ôbhikkhu, il y avait d’autres samanas et brāhmanes qui menaient despratiques austères pendant leur vie entière aussi longue que ladurée de votre vie. Ils auraient dû savoir : ‘il y a un autrerefuge plus sublime, puisqu’il y en a’. Ou bien, ils auraient dûsavoir : ‘il n’y a pas d’autre refuge plus sublime, puisqu’il n’yen a pas’. Alors, moi, je vous dis : “ô bhikkhu ! Vous ne voyez pasd’autre refuge plus sublime et si vous en cherchez, c’est seulementla peine et la fatigue qui seront votre part. Ô bhikkhu ! Si vousdésirez la terre, alors vous serez quelqu’un qui reste auprès demoi, vous serez quelqu’un qui reste dans mon domaine, vous serezquelqu’un qui fait ce que je veux, vous serez mon subordonné. Sivous désirez l’eau vous serez […]. Si vousdésirez le feu […]. Si vous désirez l’air,alors vous serez quelqu’un qui reste auprès de moi, vous serezquelqu’un qui reste dans mon domaine, vous serez quelqu’un qui faitce que je veux, vous serez mon subordonné.”
– Moi aussi, ô Brahmā, je sais que si je désire la terre, jeserai quelqu’un qui reste auprès de vous, je serai quelqu’un quireste dans votre domaine je serai quelqu’un qui fait ce que vousvoulez, je serai votre subordonné. Si je désire l’eau […]. Si je désire du feu […].Si je désire l’air, je serai quelqu’un qui reste auprès de vous, jeserai quelqu’un qui reste dans votre domaine je serai quelqu’un quifait ce que vous voulez, je serai votre subordonné. En outre, ôBrahmā, je sais votre lieu de naissance et aussi votre puissance endisant : “Ce Brahmā Baka est pourvu de tel grand pouvoirprodigieux ; ce Brahmā Baka est pourvu de telle grande splendeur ;ce Brahmā Baka est pourvu de telle grande splendeur ; ce BrahmāBaka est pourvu de telle grande puissance.”
– Ô Seigneur heureux, de quelle façon savez-vous que “Ce BrahmāBaka est pourvu de tel grand pouvoir prodigieux ; ce Brahmā Bakaest pourvu de telle grande splendeur ; ce Brahmā Baka est pourvu detelle grande puissance ?”
– « Jusque là où la Lune et le Soleil sont en course
En illuminant dans toutes les directions
S’étend cet univers ayant ses mille systèmes planétaires
Où votre emprise est exercée.Cependant, vous savez la divergence
Entre les êtres supérieurs et inférieurs.
Également vous savez la divergence
Entre les êtres ayant l’attachement et
Les êtres sans l’attachement,
Entre le fait de devenir de cette façon et de devenir autrement,et
Entre l’arrivée et le départ des êtres.
De cette façon, ô Brahmā, je sais votre lieu de naissance etaussi votre puissance en disant : “Ce Brahmā Baka est pourvu de telgrand pouvoir prodigieux ; ce Brahmā Baka est pourvu de tellegrande splendeur ; ce Brahmā Baka est pourvu de telle grandepuissance. ” Cependant, ô Brahmā, il y a trois groupes de Brahmāsque vous ne connaissez pas, mais que je connais. Il existe, ôBrahmā, un groupe dit Ābhassara duquel vous êtes arrivé pour naîtreici. À cause de la longue durée du temps qui s’est écoulé, votremémoire est déroutée. Vous ne le savez pas et vous ne le voyez pas.Mais moi, je le sais et je le vois. De cette façon, ô Brahmā, moi,dans le cas de la connaissance, je ne suis pas égal à vous. Commentpeut-on dire que je suis inférieur à vous ? Alors, dans ce cas, jesuis le plus grand. Il existe, ô Brahmā, un groupe dit Subhakiṇṇaduquel vous êtes arrivé pour naître ici. À cause de la longue duréedu temps qui s’est écoulé, votre mémoire est déroutée. […] Il existe, ô Brahmā, un groupe dit Vèhapphaladuquel vous êtes arrivé pour naître ici. Pour la raison de lalongue durée du temps qui s’est écoulé, votre mémoire est déroutée.Vous ne le savez pas et vous ne le voyez pas. Mais moi, je le saiset je le vois. De cette façon, ô Brahmā, moi, dans le cas de laconnaissance, je ne suis pas égal à vous. Comment peut-on dire queje suis inférieur à vous ? Alors, dans ce cas, je suis le plusgrand.
Moi, ô Brahmā, ayant bien compris la terre comme la terre, etaussi ce qui n’est pas fait en terre, il ne me vint pas cetteidée : “La terre est moi-même” ; il ne me vint pas cette idée :“Moi dans la terre” il ne me vint pas cette idée : “Je viens de laterre” ; il ne me vint pas cette idée : “La terre est mienne”, etje ne me suis pas réjoui de la terre. De cette façon, ô Brahmā,moi, dans le cas de la connaissance, je ne suis pas égal à vous.Comment peut-on dire que je suis inférieur à vous ? Alors, dans cecas, je suis le plus grand.
Moi, ô Brahmā, ayant bien compris l’eau comme l’eau, et aussi cequi n’est pas fait en eau, il ne me vint pas cette idée : “l’eauest moi-même” : […]. Moi, ô Brahmā, ayantbien compris le feu comme le feu, et aussi ce qui n’est pas fait enfeu, il ne me vint pas cette idée : “le feu est moi-même” :[…]. Moi, ô Brahmā, ayant bien comprisl’air comme l’air, et aussi ce qui n’est pas fait en air, il ne mevint pas cette idée : “l’air est moi-même” : […]. Moi, ô Brahmā, ayant bien compris les êtres commeles êtres, et aussi ce qui n’est pas fait en êtres, il ne me vintpas cette idée : “les êtres sont moi-même ” : […]. Moi, ô Brahmā, ayant bien compris les dieux commeles dieux, et aussi ce qui n’est pas fait en dieux, il ne me vintpas cette idée : “les dieux sont moi-même” : […].
Moi, ô Brahmā, ayant bien compris les Brahmās comme les Brahmās,et aussi ce qui n’est pas fait en Brahmās, il ne me vint pas cetteidée : “les Brahmās sont moi-même” : […].Moi, ô Brahmā, ayant bien compris le Pajāpati comme le Pajāpati, etaussi ce qui n’est pas fait en Pajāpati, il ne me vint pas cetteidée : “le Pajāpati est moi-même” ; […].Moi, ô Brahmā, ayant bien compris les Ābhassaras comme lesĀbhassaras, et aussi ce qui n’est pas fait en Ābhassaras, il ne mevint pas cette idée : “les Ābhassaras sont moi-même” ; […]. Moi, ô Brahmā, ayant bien compris les Subhakiṇṇascomme les Subhakiṇṇas, et aussi ce qui n’est pas fait enSubhakiṇṇas, il ne me vint pas cette idée : “les Subhakiṇṇas sontmoi-même” ; […].
Moi, ô Brahmā, ayant bien compris les Vèhapphalas comme lesVèhapphalas, et aussi ce qui n’est pas fait en Vèhapphalas, il neme vint pas cette idée : “les Vèhapphalas sont moi-même” ; il ne mevint pas cette idée : “Moi dans les Vèhapphalas” il ne me vint pascette idée : “Je viens des Vèhapphalas” ; il ne me vint pas cetteidée : “les Vèhapphalas sont miennes”, et je ne me suis pas réjouides Vèhapphalas. De cette façon, ô Brahmā, moi, dans le cas de laconnaissance, je ne suis pas égal à vous. Comment peut-on dire queje ne suis pas égal à vous. Alors, dans ce cas, je suis le plusgrand.
Le Brahmā Baka dit : « Ô Seigneur heureux, si tout n’est pasfait en tout, que votre parole ne soit pas vaine et vide. »
« Moi, j’ai dit : “Cette conscience qui est invisible, sanslimite et partout illuminante, elle n’est pas dans le domaine de lasolidité de la terre ; elle n’est pas dans le domaine de laviscosité de l’eau ; elle n’est pas dans le domaine de latempérature du feu ; elle n’est pas dans le domaine de la qualitémouvante de l’air ; elle n’est pas dans le domaine de la qualitéd’être des êtres ; elle n’est pas dans le domaine de la qualitédivine des dieux ; elle n’est pas dans le domaine de la qualité dePajāpati de Pajāpati ; elle n’est pas dans le domaine de la qualitéd’être de Brahmā des Brahmās ; elle n’est pas dans le domaine de laqualité Ābhassara des Ābhassaras ; elle n’est pas dans le domainede la qualité Subhakiṇṇa des Subhakiṇṇas ; elle n’est pas dans ledomaine de la qualité Vèhapphala des Vèhapphalas ; elle n’est pasdans le domaine de la qualité d’Abhibhu des Abhibhus ; elle n’estpas non plus dans le domaine de la qualité totale de tous.” »
« Enfin le Brahmā Baka m’a dit : “Ô Seigneur heureux, maintenantje voudrais être invisible en face de vous.” ». [je lui ai dit] : “Soyez invisible en face de moi, sivous en êtes capable, ô Brahmā Baka. ”
« Ensuite, ô bhikkhus, ce Brahmā Baka a tenté en se disant “Jevais être invisible en face de Samana Gōtama, je vais êtreinvisible en face de Samana Gōtama.” Cependant, il n’était pascapable d’être invisible.
« À ce moment, ô bhikkhus, j’ai dit au Brahmā Baka : “Ô Brahmā,maintenant je te voudrais être invisible en face de vous.”[Le Brahmā Baka m’a dit] : “Soyezinvisible en face de moi, si possible, ô Seigneur heureux.”Ensuite, ô bhikkhus, moi, j’ai arrangé une composition miraculeusede telle sorte que le Brahmā, son groupe et l’assemblée des Brahmāsne me voient pas, mais qu’ils écoutent ma voix. Ensuite, tout enétant invisible, j’ai dit cette gāthā :
En voyant le danger du devenir,
En cherchant le non-devenir
Je ne me suis pas réjoui dans le devenir,
Et je ne me suis approprié aucune réjouissance
« Alors, ô bhikkhus, le Brahmā, son groupe et l’assemblée desBrahmās eurent un mental pourvu d’un étonnement sans précédent etils dirent : “La grande capacité miraculeuse du Samana Gōtama, lagrande majesté du Samana Gōtama ! C’est merveilleux, ô honorables !c’est sans précédent, ô honorables ! Nous n’avons jamais vu ouentendu auparavant un autre samana ou un brāhmane doté du mêmegrand pouvoir miraculeux, de la même grande majesté possédés par leSamana Gōtama, fils des Sākyas, qui est arrivé à la vie sans foyeren renonçant à la famille Sākyas. Parmi les gens qui se réjouissentdans le devenir, qui sont attachés dans le devenir, qui s’amusentdans le devenir, il est-là, tout en ayant déraciné le devenir.”
« À ce moment-là, Māra le Méchant qui avait possédé un courtisandes Brahmās, m’a dit : “Seigneur heureux, si vous avez atteint unetelle connaissance, un tel Éveil, n’allez pas vers les auditeurs,n’allez pas vers ceux qui ont renoncé à la vie de foyer pour entrerdans une vie sans foyer. Ne soyez pas anxieux à l’égard de ceux quiont renoncé à la vie de foyer pour entrer dans une vie sans foyer.Ô bhikkhu ! Avant vous, il y avait des samanas et des brāhmanes quiprétendaient être les Éveillés parfaits. Ils apportèrent leurdoctrine aux auditeurs, ils prêchèrent leur doctrine à ceux quiavaient renoncé à la vie de foyer pour entrer dans une vie sansfoyer. Ils furent anxieux à l’égard de ceux qui avaient renoncé àla vie de foyer pour entrer dans une vie sans foyer. Après avoirapporté leur doctrine aux auditeurs, après avoir prêché leurdoctrine à ceux qui avaient renoncé à la vie de foyer pour entrerdans une vie sans foyer, après avoir été anxieux à l’égard de ceuxqui avaient renoncé à la vie de foyer pour entrer dans une vie sansfoyer, après la dislocation de leur corps, après la coupure de leurforce vitale, ils s’étaient placés dans les groupes inférieurs. Ôbhikkhu ! Avant vous, il y avait des samanas et des brāhmanes quiprétendaient être les Éveillés parfaits. Ils n’apportèrent pas leurdoctrine aux auditeurs, ils ne prêchèrent pas leur doctrine à ceuxqui avaient renoncé à la vie de foyer pour entrer dans une vie sansfoyer. Ils ne furent pas anxieux à l’égard de ceux qui avaientrenoncé à la vie de foyer pour entrer dans une vie sans foyer.Après avoir apporté leur doctrine vers les auditeurs, sans prêcherleur doctrine à ceux qui avaient renoncé à la vie de foyer pourentrer dans une vie sans foyer, n’étant pas anxieux à l’égard deceux qui avaient renoncé à la vie de foyer pour entrer dans une viesans foyer, après la dislocation de leur corps, après la coupure deleur force vitale, ils s’étaient placés dans les groupessupérieurs. Alors, ô bhikkhu ! Je vous dis ceci : « Seigneurheureux, vivez inactif, mais en plongeant dans le bonheur de l’étatvisible. Rester sans rien dire est une chose vraiment efficace.N’allez pas conseiller les autres.”
« Cela étant dit, j’ai dit à Māra le Méchant : “Ô Méchant, jevous connais. Ne pensez pas que je ne vous connaisse pas. ÔMéchant, vous êtes le Māra. Si vous me parlez ainsi, ce n’est pasavec bienveillance, mais avec malveillance. Vous avez cetteréflexion : ‘Ceux à qui le Samana Gōtama prêche la Doctrinedépassent ma domination.’ Ô Méchant, les samanas et les brāhmanesdont vous avez parlé, prétendaient être des Éveillés parfaits, maissans en être. Quant à moi, ô Méchant, je dis que je suis un Éveilléparfait tout en étant un Éveillé parfait. Que le Tathāgata prêcheou non la Doctrine aux auditeurs, il est l’Éveillé parfait. Que leTathāgata ne communique pas la Doctrine aux auditeurs, il estl’Éveillé parfait. Pourquoi ? Parce que, ô Méchant, tous lesécoulements mentaux toxiques, qui salissent le mental, quiengendrent le redevenir, qui donnent de la peur et des résultatspénibles, qui amènent la naissance, la vieillesse et la mort, sontdéracinés chez le Tathāgata, il les a tranchés à la racine, les arendus pareils à la souche de palmier qui ne pourrait revenir à lavie. Tout comme, ô Méchant, un arbre palmier dont la tête a ététranchée, qui ne pourrait revenir à la vie, de même, ô Méchant,tous les écoulements mentaux toxiques qui salissent le mental, quiengendrent le redevenir, qui donnent de la peur et des résultatspénibles, qui amènent la naissance, la vieillesse et la mort, sontdéracinés chez le Tathāgata, il les a tranchés à la racine, les arendus pareils à la souche de palmier qui ne pourrait revenir à lavie.” »
Ainsi, pour ces raisons : l’incapacité de Māra à convaincre[le Tathāgata] et l’invitation[du Tathāgata] aux Brahmās [à adopter des idées correctes], cette explication aune appellation à juste titre : « Une sommation au Brahmā ».
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