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Traductions [35]

Les conseils à Rāhula : 1er récit

Ainsi ai-je entendu : une fois, leBienheureux demeurait à l’endroit appelé Kalandaka-nivāpa, dans lebois de bambous, près de la ville de Rājagaha.

En ce temps-là, l’Āyasmanta Rāhula séjournait à Ambalaṭṭhikā. Unaprès-midi, le Bienheureux, s’étant levé de son repos solitaire, serendit à Ambalaṭṭhikā pour voir l’Āyasmanta Rāhula.

L’Āyasmanta Rāhula vit de loin le Bienheureux qui s’approchait,il prépara un siège à son intention et de l’eau pour se laver lespieds.

Étant arrivé, le Bienheureux s’assit sur le siège préparé à sonintention et se lava les pieds. L’Āyasmanta Rāhula rendit hommageau Bienheureux puis s’assit à l’écart sur un côté.

En laissant une petite quantité d’eau dans l’écuelle, leBienheureux s’adressa à l’Āyasmanta Rāhula : « Ô Rāhula, voyez-vouscette petite quantité d’eau qui reste dans l’écuelle ?

– Oui, Vénéré », répondit l’Āyasmanta Rāhula.

– De même, ô Rāhula, il n’y a que très peu de qualités de samanachez les individus qui n’ont pas de honte à dire des mensongesdélibérés.

Puis le Bienheureux jeta la petite quantité d’eau et s’adressa ànouveau à l’Āyasmanta Rāhula : « Maintenant, voyez-vous, ô Rāhula,la petite quantité d’eau qui a été jetée ?

– Oui, Vénéré.

– De même, ô Rāhula, la qualité de samana chez les individus quin’ont pas de honte à dire des mensonges délibérés, est une choseabandonnée.

Ensuite, ayant renversé l’écuelle d’eau, le Bienheureuxs’adressa à nouveau à l’Āyasmanta Rāhula : « Voyez-vous maintenant,ô Rāhula, cette écuelle d’eau qui est renversée ? »

– Oui, Vénéré.

– De même, ô Rāhula, la qualité de samana chez les individus quin’ont pas de honte à dire des mensonges délibérés, est une choserenversée.

Ensuite, le Bienheureux retourna l’écuelle et s’adressa ànouveau à l’Āyasmanta Rāhula : « Voyez-vous maintenant, ô Rāhula,cette écuelle vide ?

– Oui, Vénéré.

– De même, ô Rāhula, la qualité de samana des individus quin’ont pas de honte à dire des mensonges délibérés est vide etnéant. Supposons, ô Rāhula, que l’éléphant du roi, aux défenseslongues comme un bras de charrue dans la plénitude de sa maturité,bien nourri, soit accoutumé aux batailles et soit amené sur lechamp de bataille et supposons qu’à la lutte il exécute de hautsfaits, avec ses quatre pieds, avec ses pattes postérieures, avecson avant-train, avec son arrière-train, et aussi avec sa tête, sesoreilles, sa queue, ses défenses, tandis qu’il protège seulement satrompe. Alors cette idée vient au cornac : “Cet éléphant du roiexécute de hauts faits avec ses quatre pieds, avec ses pattespostérieures, avec son avant-train, avec son arrière-train, etaussi avec sa tête, ses oreilles, sa queue, ses défenses, tandisqu’il protège seulement sa trompe. Malgré sa vaillance et les hautsfaits variés qu’il exécute, la vie de l’éléphant royal n’est pas endanger”. Cependant, ô Rāhula, supposons que l’éléphant royal allantà la bataille, exécute de hauts faits aussi avec sa trompe. Alorscette idée vient au cornac : “Cet éléphant du roi exécute des hautsfaits avec ses quatre pieds, avec ses pattes postérieures, avec sonavant-train, avec son arrière-train, et aussi avec sa tête, sesoreilles, sa queue, ses défenses, et aussi avec sa trompe. Malgrésa vaillance et les hauts faits variés qu’il exécute, la vie del’éléphant royal est en danger, car désormais, il n’y a plus rienchez l’éléphant royal qui ne soit en péril”. De même, ô Rāhula, jedis que chez quelqu’un qui n’a pas de honte à dire des mensongesdélibérés, il n’y a plus aucun mal qu’il ne soit capable de faire.C’est pour cela, ô Rāhula, que vous devez vous discipliner en vousdisant : “Même pour m’amuser, je ne dirai pas de mensonge”. Qu’enpensez-vous, ô Rāhula ? Quelle est l’utilité d’un miroir ?

– Pour obtenir une réflexion, Vénéré.

De même, ô Rāhula, c’est après la réflexion répétée qu’un actecorporel doit être accompli ; c’est après la réflexion répétéequ’un acte verbal doit être accompli ; c’est après la réflexionrépétée qu’un acte mental doit être accompli. Ô Rāhula, lorsquevous voulez accomplir un acte corporel, il faut réfléchir : “Cetacte corporel, que je veux accomplir avec mon corps,contribuera-t-il à mon propre mal, ou au mal des autres, ou bien aumal des deux parties ? Est-il un acte corporel inefficace etnégatif qui apporte des conséquences désagréables, des résultatsdésagréables ?” Si, lorsque vous réfléchissez ainsi, vousconstatez : “Oui, l’acte corporel que je veux faire contribuerait àmon propre mal, ou au mal des autres, ou bien au mal des deuxparties. Cet acte corporel inefficace et négatif amènerait desconséquences désagréables, des résultats désagréables”, alors, untel acte corporel, ô Rāhula, ne doit pas être accompli.

Cependant, si, lorsque vous réfléchissez ainsi, vous constatez :“Non, l’acte corporel que je veux faire ne contribuerait pas à monpropre mal, ni au mal des autres, ni au mal des deux parties. Cetacte corporel efficace et positif amènerait des conséquencesagréables, des résultats agréables”, alors, un tel acte corporel, ôRāhula, doit être accompli.

Également, ô Rāhula, lorsque vous êtes en train d’accomplir unacte corporel, il faut réfléchir : “Cet acte corporel que je suisen train d’accomplir avec mon corps, contribuera-t-il à mon propremal, ou au mal des autres, ou bien au mal des deux parties ? Est-ilun acte corporel inefficace et négatif qui apporte des conséquencesdésagréables, des résultats désagréables ?” Si, lorsque vousréfléchissez ainsi, vous constatez : “Oui, l’acte corporel que jesuis en train d’accomplir contribuerait à mon propre mal, ou au maldes autres, ou bien au mal des deux parties. Cet acte corporelinefficace et négatif amènerait des conséquences désagréables, desrésultats désagréables”, alors, un tel acte corporel, ô Rāhula,doit être arrêté.

Cependant, si, lorsque vous réfléchissez ainsi, vous constatez :“Non, l’acte corporel que je suis en train d’accomplir necontribuerait ni à mon propre mal, ni au mal des autres, ni au maldes deux parties. Cet acte corporel efficace et positif amèneraitdes conséquences agréables, des résultats agréables”, alors, un telacte corporel, ô Rāhula, doit être accompli continuellement.

Également, ô Rāhula, lorsque vous avez accompli un actecorporel, il faut réfléchir : “Cet acte corporel que j’ai accompliavec mon corps, a-t il contribué à mon propre mal, ou au mal desautres, ou bien au mal des deux parties ? Est-il un acte corporelinefficace et négatif qui a apporté des conséquences désagréables,des résultats désagréables ?” Si, lorsque vous réfléchissez ainsi,vous constatez : “Oui, l’acte corporel que j’ai accompli acontribué à mon propre mal, ou au mal des autres, ou bien au maldes deux parties. Cet acte corporel inefficace et négatif a amenédes conséquences désagréables, des résultats désagréables”, alors,un tel acte corporel, ô Rāhula, accompli par vous doit êtreconfessé, doit être révélé, doit être exposé devant le maître oudevant un confrère intelligent. L’ayant confessé, révélé et exposé,vous devez vous déterminer à ne plus accomplir un tel acte, dans lefutur.

Cependant, si, lorsque vous réfléchissez ainsi, vous constatez :“Non, l’acte corporel que j’ai accompli n’a pas contribué à monpropre mal, ni au mal des autres, ni au mal des deux parties. Cetacte corporel efficace et positif a amené des conséquencesagréables, des résultats agréables”. Alors, à cause de cettevéritable raison, ô Rāhula, vous pouvez demeurer dans la joie, etdans l’immense bonheur, jour et nuit, vous entraînant vous-mêmedans les états mentaux efficaces et positifs.

Ô Rāhula, lorsque vous voulez accomplir un acte verbal, il fautréfléchir : “Cet acte verbal que je veux accomplir avec ma parole,contribuera-t-il à mon propre mal, ou au mal des autres, ou bien aumal des deux parties ? Est-il un acte verbal inefficace et négatifqui apporte des conséquences désagréables, des résultatsdésagréables ?” Si, lorsque vous réfléchissez ainsi, vousconstatez : “Oui, l’acte verbal que je veux faire contribuerait àmon propre mal, ou au mal des autres, ou bien au mal des deuxparties. Cet acte verbal inefficace et négatif amènerait desconséquences désagréables, des résultats désagréables”, alors, untel acte verbal, ô Rāhula, ne doit pas être accompli.

Cependant, si, lorsque vous réfléchissez ainsi, vous constatez :“Non, l’acte verbal que je veux faire ne contribuerait ni à monpropre mal, ni au mal des autres, ni au mal des deux parties. Cetacte verbal efficace et positif amènerait des conséquencesagréables, des résultats agréables”, alors, un tel acte verbal, ôRāhula, doit être accompli continuellement.

[Ensuite, leBienheureux explique à l’Āyasmanta Rāhula, de la même façon,comment il doit réfléchir pendant et après tel ou tel acteverbal.]

Ô Rāhula, lorsque vous voulez accomplir un acte mental, il fautréfléchir : “Cet acte mental que je veux accomplir avec ma pensée,contribuera-t-il à mon propre mal, ou au mal des autres, ou bien aumal des deux parties ? Est-il un acte mental inefficace et négatifqui apporte des conséquences désagréables, des résultatsdésagréables ?” Si, lorsque vous réfléchissez ainsi, vousconstatez : “Oui, l’acte mental que je veux faire contribuerait àmon propre mal, ou au mal des autres, ou bien au mal des deuxparties. Cet acte mental inefficace et négatif amènerait desconséquences désagréables, des résultats désagréables”, alors, untel acte mental, ô Rāhula, ne doit pas être accompli.

Cependant, si, lorsque vous réfléchissez ainsi, vous constatez :“Non, l’acte mental que je veux faire ne contribuerait pas à monpropre mal, ni au mal des autres, ni au mal des deux parties. Cetacte mental efficace et positif amènerait des conséquencesagréables, des résultats agréables”, alors, un tel acte mental, ôRāhula, doit être accompli continuellement.

[Ensuite, leBienheureux explique à l’Āyasmanta Rāhula, de la même façon,comment il doit réfléchir pendant et après tel ou tel actemental.]

Cependant, si, lorsque vous réfléchissez ainsi, vous constatez :“Non, l’acte mental que j’ai accompli n’a pas contribué à monpropre mal, ni au mal des autres, ni au mal des deux parties. Cetacte mental efficace et positif a amené des conséquences agréables,des résultats agréables”, alors, à cause de cette véritable raison,ô Rāhula, vous pouvez demeurer dans la joie, et dans l’immensebonheur, jour et nuit, vous entraînant vous-même dans les étatsmentaux efficaces et positifs.

Dans le passé le plus lointain, ô Rāhula, tous les samanas etbrāhmanes qui ont purifié leurs actes corporels, leurs actesverbaux et leurs actes mentaux, tous l’ont fait de la même manière,c’est-à-dire qu’ils ont purifié leurs actes corporels par uneréflexion constante ; ils ont purifié leurs actes verbaux par uneréflexion constante ; ils ont purifié leurs actes mentaux par uneréflexion constante.

Dans le futur le plus éloigné, ô Rāhula, tous les samanas etbrāhmanes qui purifieront leurs actes corporels, leurs actesverbaux et leurs actes mentaux, tous le feront de la même manière,c’est-à-dire ils purifieront leurs actes corporels par uneréflexion constante ; ils purifieront leurs actes verbaux par uneréflexion constante ; ils purifieront leurs actes mentaux par uneréflexion constante.

Dans le présent également, ô Rāhula, tous les samanas etbrāhmanes qui purifient leurs actes corporels, leurs actescorporels par une réflexion constante ; ils purifient leurs actesverbaux par une réflexion constante ; ils purifient leurs actesmentaux par une réflexion constante.

C’est pour cela que vous, ô Rāhula, vous devez vous entraînerainsi : « Par la réflexion constante, nous purifierons nos actescorporels ; par la réflexion constante, nous purifierons nos actesverbaux ; par la réflexion constante, nous purifierons nos actesmentaux. »

Ainsi parla le Bienheureux. L’Āyasmanta Rāhula, heureux, seréjouit des paroles du Bienheureux.

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