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Traductions [35]

L’exhortation du Bouddha à Rāhula à la Pierre du manguier

Ainsi ai-je entendu. En une occasion,le Béni séjournait près de Rājagaha, dans la Forêt de bambous, làoù se nourrissent les écureuils.

En ce temps-là, le vénérable Rāhula séjournait à la Pierre dumanguier. Le Béni, émergeant de son isolement à la fin del’après-midi, se rendit à l’endroit où le vénérable Rāhulaséjournait à la Pierre du manguier. Le vénérable Rāhula le vitvenir de loin, et en le voyant, prépara un siège et de l’eau pourqu’il puisse se laver les pieds. Le Béni s’assit à l’endroit quiavait été préparé et, s’étant assis, il se lava les pieds. Levénérable Rāhula, se prosternant devant le Béni, s’assit sur lecôté.

Le Béni, après avoir laissé un peu d’eau dans la louche à eau,dit au vénérable Rāhula : « Rāhula, vois-tu ce petit peu d’eau quireste dans la louche à eau ? »

« Oui, sire. »

« Voilà le peu de contemplatif qu’il y a en quiconque ne ressentaucune honte à mentir délibérément. »

Après avoir jeté le petit peu d’eau qui restait, le Béni dit auVénérable Rāhula : « Rāhula, vois-tu comment j’ai jeté ce petit peud’eau qui restait ? »

« Oui, sire. »

« Rāhula, ce qu’il peut y avoir d’un contemplatif en quiconquene ressent aucune honte à mentir délibérément est jeté tout commecela. »

Après avoir retourné la louche à eau, le Béni dit au vénérableRāhula : « Rāhula, vois-tu comment j’ai retourné cette louche àeau ? »

« Oui, sire. »

« Rāhula, ce qu’il peut y avoir d’un contemplatif en quiconquene ressent aucune honte à mentir délibérément est retourné toutcomme cela. »

Après avoir remis la louche à eau à l’endroit, le Béni dit auvénérable Rāhula : « Rāhula, vois-tu comment cette louche à eau estvide ? »

« Oui, sire. »

« Rāhula, ce qu’il peut y avoir d’un contemplatif en quiconquene ressent aucune honte à mentir délibérément est vide tout commecela.

« Rāhula, c’est la même chose que pour un éléphant royal :immense, racé, accoutumé aux batailles, avec des défenses pareillesà des mâts de chariot. Étant allé à la bataille, il utilise sespattes de devant et ses pattes de derrière, son avant-train et sonarrière-train, sa tête et ses oreilles, ses défenses et sa queue,mais il protège simplement sa trompe. Le cornac remarque cela etpense : ‘Cet éléphant royal ne s’est pas entièrement donné pour leroi.’ Mais quand l’éléphant royal… étant allé à la bataille,utilise ses pattes de devant et ses pattes de derrière, sonavant-train et son arrière-train, sa tête et ses oreilles, sesdéfenses et sa queue, et sa trompe, le cornac remarque cela etpense : ‘Cet éléphant royal s’est entièrement donné pour le roi. Iln’y a rien qu’il ne fera pas.’

« De la même manière, Rāhula, lorsque quiconque ne ressentaucune honte à mentir délibérément, il n’y a pas de mal, je te ledis, qu’il ne puisse faire. Ainsi, Rāhula, devrais-tu t’entraîner :‘Je ne mentirai pas délibérément, même pour plaisanter.’

« Que penses-tu, Rāhula : à quoi sert un miroir ? »

« A réfléchir, sire. »

« De la même manière, Rāhula, les actions corporelles, lesactions verbales, et les actions mentales doivent être accompliesen réfléchissant de façon répétée.

« Chaque fois que tu veux accomplir une action corporelle, tudevrais réfléchir : ‘Cette action corporelle que je veux accomplir– conduirait-elle à l’auto-affliction, à l’affliction d’autrui, ouaux deux ? Serait-ce une action corporelle malhabile, avec desconséquences douloureuses, des résultats douloureux ?’ Si, aprèsavoir réfléchi, tu sais qu’elle conduirait à l’auto-affliction, àl’affliction d’autrui, ou aux deux ; que ce serait une actioncorporelle malhabile, avec des conséquences douloureuses, desrésultats douloureux, alors il est absolument inapproprié pour toid’accomplir toute action corporelle de ce type. Mais si, aprèsavoir réfléchi, tu sais qu’elle ne causerait pas d’affliction… quece serait une action corporelle habile, avec des conséquencesheureuses, des résultats heureux, alors il est approprié pour toid’accomplir toute action corporelle de ce type.

« Pendant que tu accomplis une action corporelle, tu devraisréfléchir : ‘Cette action corporelle que je suis en traind’accomplir – conduit-elle à l’auto-affliction, à l’afflictiond’autrui, ou aux deux ? Est-ce une action corporelle malhabile,avec des conséquences douloureuses, des résultats douloureux ?’ Si,après avoir réfléchi, tu sais qu’elle est en train de conduire àl’auto-affliction, à l’affliction d’autrui, ou aux deux… tu devraisl’abandonner. Mais si, après avoir réfléchi, tu sais qu’elle ne… tupeux continuer à l’accomplir.

« Après avoir accompli une action corporelle, tu devraisréfléchir : ‘Cette action corporelle que j’ai accomplie a-t-elleconduit à l’auto-affliction, à l’affliction d’autrui, ou aux deux ?Etait-ce une action corporelle malhabile, avec des conséquencesdouloureuses, des résultats douloureux ?’ Si, après avoir réfléchi,tu sais qu’elle a conduit à l’auto-affliction, à l’afflictiond’autrui, ou aux deux ; que c’était une action corporelle malhabileavec des conséquences douloureuses, des résultats douloureux, alorstu devrais la confesser, la révéler, l’exposer au maître ou à uncompagnon avisé dans la vie sainte. Après l’avoir confessée… tudevrais exercer la retenue dans l’avenir. Mais si, après avoirréfléchi, tu sais qu’elle n’a pas conduit à l’affliction… quec’était une action corporelle habile avec des conséquencesheureuses, des résultats heureux, alors tu devrais restermentalement ravi et joyeux, t’entraînant jour et nuit dans lesqualités mentales habiles.

« Chaque fois que tu veux accomplir une action verbale, tudevrais réfléchir : ‘Cette action verbale que je veux accomplir– conduirait-elle à l’auto-affliction, à l’affliction d’autrui, ouaux deux ? Serait-ce une action verbale malhabile, avec desconséquences douloureuses, des résultats douloureux ?’ Si, aprèsavoir réfléchi, tu sais qu’elle conduirait à l’auto-affliction, àl’affliction d’autrui, ou aux deux ; que ce serait une actionverbale malhabile, avec des conséquences douloureuses, desrésultats douloureux, alors il est absolument inapproprié pour toid’accomplir toute action verbale de ce type. Mais si, après avoirréfléchi, tu sais qu’elle ne causerait pas d’affliction… que celaserait une action verbale habile, avec des conséquences heureuses,des résultats heureux, alors il est approprié pour toi d’accomplirtoute action verbale de ce type.

« Pendant que tu accomplis une action verbale, tu devraisréfléchir : ‘Cette action verbale que je suis en train d’accomplir– conduit-elle à l’auto-affliction, à l’affliction d’autrui, ou auxdeux ? Est-ce une action verbale malhabile, avec des conséquencesdouloureuses, des résultats douloureux ?’ Si, après avoir réfléchi,tu sais qu’elle est en train de conduire à l’auto-affliction, àl’affliction d’autrui, ou aux deux… tu devrais l’abandonner. Maissi, après avoir réfléchi, tu sais qu’elle ne… tu peux continuer àl’accomplir.

« Après avoir accompli une action verbale, tu devraisréfléchir : ‘Cette action verbale que j’ai accomplie – a-t-elleconduit à l’auto-affliction, à l’affliction d’autrui, ou aux deux ?Etait-ce une action verbale malhabile, avec des conséquencesdouloureuses, des résultats douloureux ?’ Si, après avoir réfléchi,tu sais qu’elle a conduit à l’auto-affliction, à l’afflictiond’autrui, ou aux deux ; que c’était une action verbale avec desconséquences douloureuses, des résultats douloureux, alors tudevrais la confesser, la révéler, l’exposer au maître ou à uncompagnon avisé dans la vie sainte. Après l’avoir confessée… tudevrais exercer la retenue dans le futur. Mais si, après avoirréfléchi, tu sais qu’elle n’a pas conduit à l’affliction… quec’était une action verbale habile avec des conséquences heureuses,des résultats heureux, alors tu devrais rester mentalement ravi etjoyeux, t’entraînant jour et nuit dans les qualités mentaleshabiles.

« Chaque fois que tu veux accomplir une action mentale, tudevrais réfléchir : ‘Cette action mentale que je veux accomplir– conduirait-elle à l’auto-affliction, à l’affliction d’autrui, ouaux deux ? Serait-ce une action mentale malhabile, avec desconséquences douloureuses, des résultats douloureux ?’ Si, aprèsavoir réfléchi, tu sais qu’elle conduirait à l’auto-affliction, àl’affliction d’autrui, ou aux deux ; que ce serait une actionmentale malhabile, avec des conséquences douloureuses, desrésultats douloureux, alors il est absolument inapproprié pour toid’accomplir toute action mentale de ce type. Mais si, après avoirréfléchi, tu sais qu’elle ne causerait pas d’affliction… que celaserait une action mentale habile, avec des conséquences heureuses,des résultats heureux, alors il est approprié pour toi d’accomplirtoute action mentale de ce type.

« Pendant que tu accomplis une action mentale, tu devraisréfléchir : ‘Cette action mentale que je suis en train d’accomplir– conduit-elle à l’auto-affliction, à l’affliction d’autrui, ou auxdeux ? Est-ce une action mentale malhabile, avec des conséquencesdouloureuses, des résultats douloureux ?’ Si, après avoir réfléchi,tu sais qu’elle est en train de conduire à l’auto-affliction, àl’affliction d’autrui, ou aux deux… tu devrais l’abandonner. Maissi, après avoir réfléchi, tu sais qu’elle ne… tu peux continuer àl’accomplir.

« Après avoir accompli une action mentale, tu devraisréfléchir : ‘Cette action mentale que j’ai accomplie – a-t-elleconduit à l’auto-affliction, à l’affliction d’autrui, ou aux deux ?Etait-ce une action mentale malhabile, avec des conséquencesdouloureuses, des résultats douloureux ?’ Si, après avoir réfléchi,tu sais qu’elle a conduit à l’auto-affliction, à l’afflictiond’autrui, ou aux deux ; que c’était une action mentale malhabileavec des conséquences douloureuses, des résultats douloureux, alorstu devrais te sentir mal à l’aise, honteux, et dégoûté de l’avoiraccomplie. Te sentant mal à l’aise… tu devrais exercer la retenuedans le futur. Mais si, après avoir réfléchi, tu sais qu’elle n’apas conduit à l’affliction… que c’était une action mentale habileavec des conséquences heureuses, des résultats heureux, alors tudevrais rester mentalement ravi et joyeux, t’entraînant jour etnuit dans les qualités mentales habiles.

« Rāhula, tous les contemplatifs et brahmanes qui ont purifiéleurs actions corporelles, leurs actions verbales et leurs actionsmentales dans le passé l’ont fait en réfléchissant de façon répétéeà leurs actions corporelles, leurs actions verbales et leursactions mentales exactement de cette manière.

« Tous les contemplatifs et brahmanes qui purifieront leursactions corporelles, leurs actions verbales et leurs actionsmentales dans le futur le feront en réfléchissant de façon répétéeà leurs actions corporelles, leurs actions verbales et leursactions mentales exactement de cette manière.

« Tous les contemplatifs et brahmanes qui purifient leursactions corporelles, leurs actions verbales et leurs actionsmentales dans le présent, le font en réfléchissant de façon répétéeà leurs actions corporelles, leurs actions verbales et leursactions mentales exactement de cette manière.

« En conséquence, Rāhula, tu devrais t’entraîner ainsi : ‘Jepurifierai mes actions corporelles en réfléchissant de façonrépétée. Je purifierai mes actions verbales en réfléchissant defaçon répétée. Je purifierai mes actions mentales en réfléchissantde façon répétée.’ C’est ainsi que tu devrais t’entraîner. »

Voilà ce que dit le Béni. Satisfait, le vénérable Rāhula sedélecta des paroles du Béni.

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