Ainsi ai-je entendu : une fois, leBienheureux faisait sa tournée de voyage avec un grand groupe debhikkhus, dans le pays des Kāsis.
En ce temps-là, un jour, le Bienheureux s’adressa aux bhikkhus :« Moi, ô bhikkhus, je m’abstiens de manger pendant la nuit. Puisqueje m’abstiens de manger pendant la nuit, j’éprouve une santé bonne,une non-affliction, une légèreté physique, la force et le confortphysique. Vous aussi, ô bhikkhus, abstenez-vous de manger dans lanuit. Lorsque vous vous abstiendrez de manger dans la nuit, vousaussi vous éprouverez une santé bonne, une non-affliction, unelégèreté physique, la force et le confort physique.
« Entendu, Vénéré », dirent les bhikkhus au Bienheureux.
Le Bienheureux en voyageant graduellement, dans le pays desKasis, parvint à Kiṭāgiri, une bourgade des Kāsis. En ce temps, lesdeux bhikkhus nommés Assaji et Punabbasuka demeuraient à Kiṭāgiri.Un nombre important de bhikkhus s’approchèrent de l’endroit où setrouvaient ces deux bhikkhus Assaji et Punabbasuka. S’étantapprochés, ils leur dirent : « Ô frères, le Bienheureux s’abstientde manger pendant la nuit et la communauté de bhikkhus aussis’abstient de manger pendant la nuit. En s’abstenant de mangerpendant la nuit, ils éprouvent une santé bonne, une non-affliction,une légèreté physique, la force et le confort physique. Vous aussi,ô frères, abstenez-vous de manger pendant la nuit. Lorsque vousvous abstiendrez de manger dans la nuit, vous aussi vous éprouverezune santé bonne, une non-affliction, une légèreté physique, laforce et le confort physique. »
Cela étant dit, les deux bhikkhus Assaji et Punabbasuka direntaux bhikkhus : « Nous mangeons, ô frères, vers la fin del’après-midi, et aussi très tôt le matin et aussi pendant lajournée dans le temps incorrect. En mangeant ainsi, vers la fin del’après-midi, et aussi très tôt le matin et aussi pendant lajournée dans le temps incorrect, nous éprouvons une santé bonne,une non-affliction, une légèreté physique, la force et le confortphysique. Pour quelle raison devons-nous abandonner le bonheur dutemps présent pour chercher le bonheur du temps à venir ? Nousmangeons vers la fin de l’après-midi, et aussi très tôt le matin etaussi pendant la journée dans le temps incorrect. »
Les bhikkhus ne réussirent pas à convaincre les deux bhikkhusAssaji et Punabbasuka. Alors ils s’approchèrent de l’endroit où setrouvait le Bienheureux. S’étant approchés, ils lui rendirenthommage, puis s’assirent à l’écart sur un côté. S’étant assis àl’écart sur un côté, ils dirent au Bienheureux : « Vénéré, nousnous sommes approchés de l’endroit où se trouvaient les deuxbhikkhus Assaji et Punabbasuka. Nous étant approchés nous leuravons dit : “Ô frères, le Bienheureux s’abstient de manger pendantla nuit et la communauté de bhikkhus aussi […]. Lorsque vous vous abstiendrez de manger pendantla nuit, vous aussi vous éprouverez une santé bonne, unenon-affliction, une légèreté physique, la force et le confortphysique”. Ils nous répondirent : “Nous mangeons, ô frères, vers lafin de l’après-midi, et aussi très tôt le matin et aussi pendant lajournée dans le temps incorrect. En mangeant ainsi, vers la fin del’après-midi, et aussi très tôt le matin et aussi pendant lajournée dans le temps incorrect, nous éprouvons une santé bonne,une non-affliction, une légèreté physique, la force et le confortphysique. Pour quelle raison devons-nous abandonner le bonheur dutemps présent pour chercher le bonheur du temps à venir ? Nousmangeons vers la fin de l’après-midi, et aussi très tôt le matin etaussi pendant la journée dans le temps incorrect.” Nous n’avons paspu convaincre les deux bhikkhus Assaji et Punabbasuka. C’estpourquoi nous informons de ce cas le Bienheureux. »
Le Bienheureux dit alors à un bhikkhu : « Allez, ô bhikkhu,convoquez les deux bhikkhus Assaji et Punabbasuka en mon nom, endisant : “Frères, le maître vous appelle”. »
En répondant « Entendu, Vénéré », le bhikkhu s’approcha del’endroit où se trouvaient les deux bhikkhus Assaji et Punabbasukaet les informa : « Ô frères, le maître vous appelle ». « Entendu,frère », répondirent les deux bhikkhus Assaji et Punabbasuka. Puisils s’approchèrent de l’endroit où se trouvait le Bienheureux.S’étant approchés, ils lui rendirent hommage, puis s’assirent àl’écart sur un côté. Lorsqu’ils furent assis à l’écart sur un côté,le Bienheureux leur dit : « Est-il vrai, ô bhikkhus, qu’un grandnombre de bhikkhus s’approchent de vous et ils vous disent : “Ôfrères, le Bienheureux s’abstient de manger pendant la nuit et lacommunauté de bhikkhus aussi […]. Lorsquevous vous abstiendrez de manger pendant la nuit, vous aussi vouséprouverez une santé bonne, une non-affliction, une légèretéphysique, la force et le confort physique.” Cela étant dit, vousavez répondu à ces bhikkhus en ces termes : “Nous mangeons, ôfrères, vers la fin de l’après-midi, et aussi très tôt le matin etaussi pendant la journée dans le temps incorrect. En mangeantainsi, vers fin de l’après-midi, et aussi très tôt le matin etaussi pendant la journée dans le temps incorrect, nous éprouvonsune santé bonne, une non-affliction, une légèreté physique, laforce et le confort physique. Pour quelle raison devons nousabandonner le bonheur du temps présent pour chercher le bonheur dutemps à venir ? Nous mangeons vers la fin de l’après-midi, et aussitrès tôt le matin et aussi pendant la journée dans le tempsincorrect.” ? »
– Oui, Vénéré », répondirent-ils.
– Ô bhikkhus, est-ce que vous avez jamais compris la doctrineenseignée par moi de la façon suivante : “Lorsqu’un individuéprouve une sensation – que ce soit une sensation agréable, unesensation désagréable ou une sensation ni agréable ni désagréable,alors chez lui augmentent les états mentaux efficaces et positifs,et diminuent les états mentaux inefficaces et négatifs ?”
– Non, Vénéré.
– Ô bhikkhus, est-ce que vous avez jamais compris la doctrineenseignée par moi de la façon suivante : “Chez certains individus,qui éprouvent telles sensations agréables, augmentent les étatsmentaux inefficaces et négatifs et diminuent les états mentauxefficaces et positifs. En outre, chez certains individus quiéprouvent telles sensations agréables augmentent les états mentauxefficaces et positifs et diminuent les états mentaux inefficaces etnégatifs. Chez certains individus qui éprouvent telles sensationsdésagréables augmentent les états mentaux inefficaces et négatifset diminuent les états mentaux efficaces et positifs. En outre,chez certains individus qui éprouvent telles sensationsdésagréables augmentent les états mentaux efficaces et positifs etdiminuent les états mentaux inefficaces et négatifs. Chez certainsindividus qui éprouvent telles sensations ni agréables nidésagréables augmentent les états mentaux inefficaces et négatifset diminuent les états mentaux efficaces et positifs. En outre,chez certains individus qui éprouvent telles sensations niagréables ni désagréables augmentent les états mentaux efficaces etpositifs et diminuent les états mentaux inefficaces etnégatifs.” ?
– Oui, Vénéré.
– C’est très bien, ô bhikkhus. Si je n’avais pas compris, si jen’avais pas vu, connu, réalisé et appréhendé par la sagesse vécueque “chez certains individus qui éprouvent telle sensation agréableaugmentent les états mentaux inefficaces et négatifs et diminuentles états mentaux efficaces et positifs”, serait-il convenable pourmoi de vous dire : “Abandonnez telle sorte de sensationsagréables” ?
– Non, Vénéré.
– Si je vous ai dit “Abandonnez telle sorte de sensationsagréables” c’est parce que j’ai compris, j’ai vu, connu, réalisé etappréhendé par la sagesse vécue que “chez certains individus quiéprouvent telle sensation agréable augmentent les états mentauxinefficaces et négatifs et diminuent les états mentaux efficaces etpositifs.”
En outre, ô bhikkhus, si je n’avais pas compris, si je n’avaispas vu, connu, réalisé et appréhendé par la sagesse vécue que “chezcertains individus qui éprouvent telle sensation agréableaugmentent les états mentaux efficaces et positifs et diminuent lesétats mentaux inefficaces et négatifs”, serait-il convenable pourmoi de vous dire : “Entrez dans telle sorte de sensations agréableset demeurez-y” ?
– Non, Vénéré.
– Cependant, ô bhikkhus, je vous dis “Entrez dans telle sorte desensations agréables et demeurez-y”, car j’ai compris, j’ai vu,connu, réalisé et appréhendé par la sagesse vécue que “chezcertains individus, qui éprouvent telle sensation agréable,augmentent les états mentaux efficaces et positifs et diminuent lesétats mentaux inefficaces et négatifs.”
En outre, ô bhikkhus, si je n’avais pas compris, si je n’avaispas vu, connu, réalisé et appréhendé par la sagesse vécue que “chezcertains individus qui éprouvent telles sensations désagréablesaugmentent les états mentaux inefficaces et négatifs et diminuentles états mentaux efficaces et positifs” serait-il convenable pourmoi de vous dire : “Abandonnez telle sorte de sensationsdésagréables” ?
– Non, Vénéré.
– Je vous dis, ô bhikkhus, “Abandonnez telle sorte de sensationsdésagréables”, car j’ai compris, j’ai vu, connu, réalisé etappréhendé par la sagesse vécue que “chez certains individus quiéprouvent telles sensations désagréables augmentent les étatsmentaux inefficaces et négatifs et diminuent les états mentauxefficaces et positifs.”
En outre, ô bhikkhus, si je n’avais pas compris, si je n’avaispas vu, connu, réalisé et appréhendé par la sagesse vécue que “chezcertains individus qui éprouvent telle sensation désagréableaugmentent les états mentaux efficaces et positifs et diminuent lesétats mentaux inefficaces et négatifs”, serait-il convenable pourmoi de vous dire : “Entrez dans telle sorte de sensationsdésagréables et demeurez-y” ?
– Non, Vénéré.
– Cependant, ô bhikkhus, je vous dis : Entrez dans telle sortede sensations désagréables et demeurez-y”, car j’ai compris, j’aivu, connu, réalisé et appréhendé par la sagesse vécue que “chezcertains individus qui éprouvent telle sorte de sensationsdésagréables augmentent les états mentaux efficaces et positifs etdiminuent les états mentaux inefficaces et négatifs.”
En outre, ô bhikkhus, si je n’avais pas compris, si je n’avaispas vu, connu, réalisé et appréhendé par la sagesse vécue que “chezcertains individus qui éprouvent telles sensations ni agréables nidésagréables augmentent les états mentaux inefficaces et négatifset diminuent les états mentaux efficaces et positifs”, serait-ilconvenable pour moi de vous dire : “Abandonnez telle sorte desensations ni agréables ni désagréables” ?
– Non, Vénéré.
– Je vous dis, ô bhikkhus, “Abandonnez telle sorte de sensationsni agréables ni désagréables”, car j’ai compris, j’ai vu, connu,réalisé et appréhendé par la sagesse vécue que “chez certainsindividus qui éprouvent telle sorte de sensations ni agréables nidésagréables augmentent les états mentaux inefficaces et négatifset diminuent les états mentaux efficaces et positifs.”
En outre, ô bhikkhus, si je n’avais pas compris, si je n’avaispas vu, connu, réalisé et appréhendé par la sagesse vécue que “chezcertains individus qui éprouvent telle sorte de sensations niagréables ni désagréables augmentent les états mentaux inefficaceset positifs et diminuent les états mentaux inefficaces etnégatifs”, serait-il convenable pour moi de vous dire : “Entrezdans telle sorte de sensations ni agréables ni désagréables etdemeurez-y” ?
– Non, Vénéré.
– Cependant, ô bhikkhus, je vous dis : Entrez dans telle sortede sensations ni agréables ni désagréables et demeurez-y”, car j’aicompris, j’ai vu, connu, réalisé et appréhendé par la sagesse vécueque “chez certains individus qui éprouvent telle sensation niagréable ni désagréable augmentent les états mentaux efficaces etpositifs et diminuent les états mentaux inefficaces etnégatifs.”
Je ne dis pas, ô bhikkhus, que tous les bhikkhus ont des travauxà faire avec diligence. Je ne dis pas, ô bhikkhus, que tous lesbhikkhus n’ont pas de travaux à faire avec diligence. À propos desbhikkhus qui sont les Arahants, dépourvus des écoulements mentauxtoxiques, qui sont arrivés à leur propre but, qui ont éliminécomplètement le lien de l’existence, qui sont libérés par leurpropre compréhension directe, je ne dis pas qu’ils ont des travauxà faire avec diligence. Pour quelle raison ? La raison en estqu’ils ont terminé ce qu’ils devaient faire avec diligence. Ilssont incapables d’être non-diligents.
En revanche, ô bhikkhus, à propos des bhikkhus pratiquants quin’ont pas encore atteint la compréhension parfaite, mais quidemeurent en souhaitant atteindre la sécurité incomparable parrapport aux liens, je dis qu’ils ont des travaux à faire avecdiligence. Pour quelle raison ? La raison en est que c’est dansleur propre intérêt que ces Āyasmantas fréquentent des lieux deséjour convenables et les bons amis, qu’ils mettent en équilibreles facultés, et par conséquent qu’ils parviennent dans cette viemême au but de la conduite sublime pour la réalisation duquel lesfils de famille quittent leur foyer pour la vie sans foyer. Envoyant bien chez ces bhikkhus l’utilité de la diligence, je disqu’ils ont des travaux à faire avec diligence.
Ô bhikkhus, dans le monde, se trouvent sept types d’individus.Quels sont-ils ? L’individu qui est libre de deux parties ; celuiqui est libéré par la haute sagesse ; celui qui témoigne par soncorps ; celui qui est arrivé à la vision correcte ; celui qui estlibéré par la confiance sereine ; celui qui suit l’ordre deschoses ; celui qui suit la confiance sereine.
Quel est ô bhikkhus, “l’individu qui est libre de deuxparties” ? Il existe un certain individu qui demeure dans les étatsmentaux paisibles, dissociés, ayant dépassé les états des formes etayant appréhendé les états sans formes par son corps mental.Puisqu’il voit par la sagesse vécue, en lui les écoulements mentauxtoxiques sont éliminés. Ce type d’individu est appelé “celui quiest libre de deux parties”. À propos d’un tel bhikkhu, je ne dispas qu’il a des travaux à faire avec diligence. Pour quelleraison ? La raison en est qu’il a terminé ce qu’il devait faireavec diligence. Il est incapable d’être non-diligent.
Quel est, ô bhikkhus, “l’individu qui est libéré par lasagesse” ? Il existe un certain individu qui ne demeure pas dansles états mentaux paisibles, dissociés, ayant dépassé les états desformes et sans appréhender les états sans formes par son corpsmental. Cependant, puisqu’il voit par la sagesse vécue, en lui lesécoulements mentaux toxiques sont éliminés. Ce type d’individu estappelé “celui qui est libéré par la haute sagesse”. À propos d’untel bhikkhu, je ne dis pas qu’il a des travaux à faire avecdiligence. Pour quelle raison ? La raison en est qu’il a terminé cequ’il devait faire avec diligence. Il est incapable d’êtrenon-diligent.
Quel est, ô bhikkhus, “l’individu qui témoigne par son corps” ?Il existe un certain individu qui demeure dans les états mentauxpaisibles, dissociés, ayant dépassé les états des formes et ayantappréhendé les états sans formes par son corps mental. Puisqu’ilvoit par la sagesse vécue, en lui seulement certains desécoulements mentaux toxiques sont éliminés. Ce type d’individu estappelé “celui qui témoigne par son propre corps”. À propos d’un telbhikkhu, je dis qu’il a des travaux à faire avec diligence. Pourquelle raison ? La raison en est que c’est dans son propre intérêtque cet Āyasmanta fréquente des lieux de séjour convenables et lesbons amis, qu’il met en équilibre les facultés, et par conséquentqu’il parvient dans cette vie même au but de la conduite sublimepour la réalisation duquel les fils de famille quittent leur foyerpour la vie sans foyer. En voyant bien chez ce bhikkhu l’utilité dela diligence, je dis qu’il a des travaux à faire avecdiligence.
Quel est, ô bhikkhus, “l’individu qui est arrivé à la visioncorrecte” ? Il existe un certain individu qui ne demeure pas dansles états mentaux paisibles, dissociés, ayant dépassé les états desformes et ayant appréhendé les états sans formes par son corpsmental. Cependant, puisqu’il voit par la sagesse vécue, en luiseulement certains de ses écoulements mentaux toxiques sontéliminés, et par la sagesse vécue il a revu et re-examiné lespoints de l’enseignement proclamé par le Tathāgata. Ce typed’individu est appelé “celui qui est arrivé à la vision correcte”.À propos d’un tel bhikkhu, je dis qu’il a des travaux à faire avecdiligence. Pour quelle raison ? La raison en est que c’est dans sonpropre intérêt que cet Āyasmanta fréquente des lieux de séjourconvenables et les bons amis, qu’il met en équilibre les facultés,et par conséquent qu’il parvient dans cette vie même au but de laconduite sublime pour la réalisation duquel les fils de famillequittent leur foyer pour la vie sans foyer. En voyant bien chez cebhikkhu l’utilité de la diligence, je dis qu’il a des travaux àfaire avec diligence.
Quel est, ô bhikkhus, “l’individu qui est libéré par laconfiance sereine” ? Il existe un certain individu qui ne demeurepas dans les états mentaux paisibles, dissociés, ayant dépassé lesétats des formes et ayant appréhendé les états sans formes par soncorps mental. Cependant, puisqu’il voit par la sagesse vécue, enlui seulement certains de ses écoulements mentaux toxiques sontéliminés. Sa confiance sereine à l’égard du Tathāgata est bienplantée, bien établie, bien enracinée. Ce type d’individu estappelé “celui qui est libéré par la confiance sereine”. À proposd’un tel bhikkhu, je dis qu’il a des travaux à faire avecdiligence. Pour quelle raison ? La raison en est que c’est dans sonpropre intérêt que cet Āyasmanta fréquente des lieux de séjourconvenables et les bons amis, qu’il met en équilibre les facultés,et par conséquent qu’il parvient dans cette vie même au but de laconduite sublime pour la réalisation duquel les fils de famillequittent leur foyer pour la vie sans foyer. En voyant bien chez cebhikkhu l’utilité de la diligence, je dis qu’il a des travaux àfaire avec diligence.
Quel est, ô bhikkhus, “l’individu qui suit l’ordre des choses” ?Il existe un certain individu qui ne demeure pas dans les étatsmentaux paisibles, dissociés, ayant dépassé les états des formes etayant appréhendé les états sans formes par son corps mental. Sesécoulements mentaux toxiques ne sont pas encore éliminés, en voyantpar la sagesse vécue. Cependant, à travers la sagesse vécue, il agagné une certaine compréhension réflexive sur les pointsdoctrinaux enseignés par le Tathāgata. En outre, il est pourvu deces qualités : la faculté de la confiance sereine, la facultéd’effort énergique, la faculté de l’attention, la faculté de laconcentration et la faculté de la sagesse. Ce type d’individu estappelé “celui qui suit l’ordre des choses”. À propos d’un telbhikkhu, je dis qu’il a des travaux à faire avec diligence. Pourquelle raison ? La raison en est que c’est dans son propre intérêtque cet Āyasmanta fréquente des lieux de séjour convenables et lesbons amis, qu’il met en équilibre les facultés, et par conséquentqu’il parvient dans cette vie même au but de la conduite sublimepour la réalisation duquel les fils de famille quittent leur foyerpour la vie sans foyer. En voyant bien chez ce bhikkhu l’utilité dela diligence, je dis qu’il a des travaux à faire avecdiligence.
Quel est, ô bhikkhus, “l’individu qui suit la confiancesereine” ? Il existe un certain individu qui ne demeure pas dansles états mentaux paisibles, dissociés, ayant dépassé les états desformes et ayant appréhendé les états sans formes par son corpsmental. Ses écoulements mentaux toxiques ne sont pas encoreéliminés, en voyant par la sagesse vécue. Cependant, à travers lasagesse vécue, il a gagné une certaine compréhension réflexive surles points doctrinaux enseignés par le Tathāgata. En outre, il estpourvu de ces qualités : la faculté de la confiance sereine, lafaculté d’effort énergique, la faculté de l’attention, la facultéde la concentration et la faculté de la sagesse. Ce type d’individuest appelé “celui qui suit la confiance sereine”. À propos d’un telbhikkhu, je dis qu’il a des travaux à faire avec diligence. Pourquelle raison ? La raison en est que c’est dans son propre intérêtque cet Āyasmanta fréquente des lieux de séjours convenables et lesbons amis, qu’il met en équilibre les facultés, et par conséquentqu’il parvient dans cette vie même au but de la conduite sublimepour la réalisation duquel les fils de famille quittent leur foyerpour la vie sans foyer. En voyant bien chez ce bhikkhu l’utilité dela diligence, je dis qu’il a des travaux à faire avecdiligence.
Je ne dis pas, ô bhikkhus, que la compréhension parfaite arrivetout à coup. En revanche, la compréhension parfaite est achevée parl’entraînement graduel, par la pratique graduelle, par la méthodegraduelle. Comment, ô bhikkhus, la compréhension parfaitearrive-t-elle par l’entraînement graduel, par la pratiquegraduelle, par la méthode graduelle ? Dans ce cas, ô bhikkhus,celui possédant la confiance sereine née en lui, s’approche[du maître]. S’étant approché, il resteprès de lui. Étant resté près de lui, il lui prête l’oreille. Ayantprêté l’oreille, il écoute la Doctrine. Ayant écouté la Doctrine,il la garde en mémoire ; puis il examine le sens des pointsdoctrinaux qu’il a gardés en mémoire ; lorsqu’il les examine, ilobtient une appréhension réflective de ces points doctrinaux ;lorsqu’il a une appréhension réflective, se produit en lui laferveur ; lorsque se produit la ferveur, il applique sa volonté,ayant appliqué sa volonté, il pèse ; ayant pesé, il emploie soneffort répétitif, ayant employé son effort répétitif, il réalise lavérité ultime avec son corps mental ; il la voit à travers lacompréhension vécue.
Ô bhikkhus, sans la confiance sereine née en lui, unapprochemement n’aurait pas eu lieu ; sans cet approchemement, unfait de rester près n’aurait pas eu lieu ; sans ce fait de resterprès, le fait de prêter l’oreille n’aurait pas eu lieu ; sans cefait de prêter l’oreille, le fait d’écouter la doctrine n’auraitpas eu lieu ; sans ce fait d’écouter la Doctrine, le fait de garderles points doctrinaux dans la mémoire n’aurait pas eu lieu ; sansce fait de garder en mémoire les points doctrinaux, le faitd’examiner le sens des points doctrinaux n’aurait pas eu lieu ;sans cet examen, une appréhension réflective de ces pointsdoctrinaux n’aurait pas eu lieu ; sans cette appréhensionréflective, une ferveur n’aurait pas eu lieu ; sans cette ferveur,une volonté n’aurait pas eu lieu ; sans cette volonté, le fait depeser n’aurait pas eu lieu ; sans ce fait de peser, un effortrépétitif n’aurait pas eu lieu ; sans cet effort répétitif, laréalisation de la vérité ultime avec son corps mental et la vue àtravers la compréhension vécue n’aurait pas eu lieu. Oh, vous êtes,ô bhikkhus, dans la mauvaise voie, vous êtes dans la voieincorrecte. À quelle distance, vous qui êtes des hommes immatures,vous êtes-vous éloignés de cette doctrine et de cettediscipline !
Il y a, ô bhikkhus, une exposition doctrinale en quatre lignes.Lorsqu’elle est récitée, aussitôt un homme intelligent comprend sonsens par sa propre sagesse. Je vais vous la réciter. Essayez de lacomprendre.
– Qui sommes-nous, Vénéré ! Qui sommes-nous pour comprendre ladoctrine !
Ô bhikkhus, même dans le cas d’un maître qui s’intéresse auxchoses matérielles, qui est héritier des choses matérielles, unechicane telle que : “Si nous obtenons cela, nous le ferons, si nousn’obtenons pas cela, nous ne ferons pas, etc.” n’est pas convenablepour ses disciples. Que dire donc à propos du cas présent où lemaître est un Tathāgata qui est un être complètement détaché deschoses matérielles !
Pour un disciple pourvu de confiance sereine, qui a décidé derester lié à l’enseignement du maître, il est convenable d’avoircette ligne de pensée : “Le Bienheureux est notre maître. Je suisun de ses disciples. Le Bienheureux connaît telle et telle chose.Moi, je ne connais pas telle et telle chose.” Pour un disciplepourvu de confiance sereine, qui a décidé de rester lié àl’enseignement du maître, l’enseignement du maître est nourrissantet rafraîchissant. Pour un disciple pourvu de confiance sereine,qui a décidé de rester lié à l’enseignement du maître, il estconvenable d’avoir cette ligne de pensée : “Que mon corps soitréduit à la peau, tendons et os. Que la chair et le sang de moncorps soient desséchés. Mais je ne relâche pas mon effort énergiquejusqu’à ce que j’atteigne ce qu’on peut atteindre par la puissanceindividuelle, par l’énergie individuelle, par la persistanceindividuelle.” Pour un disciple pourvu de confiance sereine, qui adécidé de rester lié à l’enseignement du maître, il est convenabled’espérer un des deux résultats : soit la compréhension parfaitedans cette vie même, soit l’étape de non-retour, dans le cas où unmoindre résidu d’attachement existe encore.
Ainsi parla le Bienheureux. Ces bhikkhus, heureux, se réjouirentdes paroles du Bienheureux.
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