Ainsi ai-je entendu : une fois leBienheureux séjournait à l’endroit appelé Kalandaka-nivāpa, dans lebois de bambous, près de la ville de Rājagaha et en ce temps, unnombre important de paribbājakas célèbres tels que Anugara,Varadhara, et aussi le paribbājaka Sakuludāyi et d’autres célèbresparibbājakas vivaient dans le « parc des paribbājakas », situé prèsde Mōra-nivāpa.
À cette époque-là, un jour, le Bienheureux s’étant habillé debon matin, prit son bol à aumône et son cīvara et entra dans la ville de Rājagaha, pour trouver dela nourriture. L’idée suivante vint alors au Bienheureux : “Il esttrop tôt pour aller trouver la nourriture. Si je m’approchais duparc des paribbājakas, à Mōra-nivāpa où se trouve le paribbājakaSakuludāyi !”.
Le Bienheureux s’approcha du parc, à Mōra-nivāpa. À ce moment,le paribbājaka Sakuludāyi était assis avec un groupe important deparibbājakas qui faisaient grand tapage, tout le monde parlant enmême temps à voix haute sur des sujets vulgaires, à savoir lesconversations à propos de rois, de voleurs, de ministres, del’armée, des périls, des batailles, de la nourriture, de laboisson, des vêtements, des lits, des guirlandes, des parfums, desparents, des véhicules, des bourgades, des marchés, des villes, descampagnes, des femmes, des hommes, des héros, des routes, despoints d’eau, des morts et aussi des conversations à propos desujets divers, relatifs aux choses de la nature, à l’océan et àpropos de ce qui est et ce qui n’est pas, etc.
Le paribbājaka Sakuludāyi vit de loin le Bienheureux venir verslui. L’ayant vu, il dit à son groupe : « Chers amis, taisez-vous !Chers amis, ne faites pas de bruit ! Voici l’honorable SamanaGōtama qui vient vers nous. Ce monsieur n’aime pas entendrebeaucoup de bruit et il loue le fait de faire peu de bruit. S’ilvoit notre groupe qui fait peu de bruit, il pensera utile des’approcher. » Ainsi, ces paribbājakas se turent. Le Bienheureuxalors s’approcha du paribbājaka Sakuludāyi. Celui-ci dit auBienheureux : « Venez, honorable Gōtama. Bienvenue, honorableBienheureux. Il y a longtemps que vous n’êtes venu en visite ici.Asseyez-vous, honorable Bienheureux. Voici un siège déjà préparé àvotre intention. »
Le Bienheureux s’assit sur le siège déjà préparé à sonintention. Le paribbājaka Sakuludāyi s’assit à l’écart sur un côté,sur un siège plus bas [que celui duBienheureux]. Lorsque le paribbājaka Sakuludāyi fut assis àl’écart sur un côté, le Bienheureux s’adressa à lui et dit : « ÔUdāyi, sur quels sujets étiez-vous en train de parler ? Quellesétaient les conversations interrompues [à causede mon arrivée] ? »
Le paribbājaka Sakuludāyi répondit : « Laissons de côté, Vénéré,ces conversations auxquelles nous étions occupés, nous étant réunisici. Il ne sera pas difficile au Bienheureux d’en connaître plustard la teneur. Il y a longtemps, lorsque des samanas et desbrāhmanes appartenant aux “gués” divers s’étaient réunis dans lasalle de discussion, se produisit ce propos dérivé : « Le fait quedes samanas et des brāhmanes qui sont chefs des communautés, leschefs des groupes, des maîtres de groupes importants d’élèves,célèbres, les fondateurs de “gués”, connus comme des hommes bonspar beaucoup de monde, arrivent ici et pour leur retraite de lasaison des pluies, est sûrement une chance pour les gens du paysdes Aṅgas et du pays des Magadhas ; c’est sûrement une occasionprofitable pour les gens du pays des Aṅgas et du pays des Magadhas.Par exemple, ce Pūraṇa Kassapa est le chef d’une communauté, lechef d’un groupe, le maître d’un groupe important d’élèves, bienconnu, célèbre, le fondateur d’un “gué”, connu comme un homme bonpar beaucoup de monde ; il est arrivé à Rājagaha pour sa retraitede saison des pluies à Rājagaha. De même, ce Makkhali Gōsāla[…], lui aussi est arrivé à Rājagaha poursa retraite de la saison des pluies. De même, ce Ajita Kèsakambali[…], lui aussi est arrivé à Rājagaha poursa retraite de la saison des pluies. De même, ce Pakudha Kaccāyana[…], lui aussi est arrivé à Rājagaha poursa retraite de la saison des pluies. De même, Sañjaya Belaṭṭhiputta[…], lui aussi est arrivé à Rājagaha poursa retraite de la saison des pluies. De même, Nigaṇṭha Nāthaputtaest le chef d’une communauté, le chef d’un groupe, le maître d’ungroupe important d’élèves, bien connu, célèbre, le fondateur d’un“gué”, connu comme un homme bon par beaucoup de monde ; lui aussiest arrivé à Rājagaha pour sa retraite de la saison des pluies. Demême le Samana Gōtama est le chef d’une communauté, le chef d’ungroupe, le maître d’un groupe important d’élèves, bien connu,célèbre, le fondateur d’un “gué”, connu comme un homme bon parbeaucoup de monde ; il est arrivé à Rājagaha pour sa retraite de lasaison des pluies. Parmi ces honorables samanas et brāhmanes quisont les chefs de communautés, les chefs de groupes, des maîtres degroupes importants d’élèves, célèbres, les fondateurs de “gués”,connus comme des hommes bons par beaucoup de monde, quel est celuiqui est le plus honoré, respecté, révéré et vénéré par sesauditeurs ? En l’honorant et en le respectant de quelle manièrevivent-ils auprès de lui ? À ce propos, quelqu’un dit : « Ce PūraṇaKassapa est le chef d’une communauté, le chef d’un groupe, lemaître d’un groupe important d’élèves, bien connu, célèbre, lefondateur d’un “gué”, connu comme un homme bon par beaucoup demonde. Toutefois, il n’est pas honoré ni respecté ni révéré nivénéré par ses auditeurs. »
L’autre jour, ce Pūraṇa Kassapa était en train de prêcher devantune assemblée de plusieurs centaines de gens. À ce moment-là, un deses auditeurs fit du bruit en disant : « Amis, ne posez pas cettequestion à Pūraṇa Kassapa. Il ne connaît pas ce sujet. Nous leconnaissons. Posez cette question à nous. Ô amis, nous vousrépondrons ». Pūraṇa Kassapa n’a pas pu les calmer bien qu’il criaen posant les mains sur sa tête et en disant : « Chers amis,taisez-vous ! Chers amis, ne faites pas de bruit ! Ils ne posentpas leurs questions à vous. C’est à nous qu’ils posent desquestions. C’est nous qui pouvons leur répondre. C’est nous qu’ilsinterrogent”. Parmi ses auditeurs, nombreux partirent, chacun enlui faisant des reproches par ces mots : “Vous ne comprenez pascette doctrine et cette discipline. Mais moi, je connais cettedoctrine et cette discipline. Comment pouvez-vous comprendre cettedoctrine et cette discipline ? Vous êtes dans la mauvaise voie.Mais moi, je suis dans la bonne voie. Je suis cohérent, mais vous,vous êtes incohérents. Ce que vous avez dit plus tard n’est pas enaccord avec ce que vous avez dit plus tôt. Ce que vous avez ditplus tôt n’est pas en accord avec ce que vous avez dit plus tard.Ce que vous avez réfléchi s’est tourné contre vous. Votre doctrineest critiquée. Allez pour mieux apprendre ou bien, mettez un cordonautour de votre cou si vous en voulez”. De cette façon, PūraṇaKassapa n’est pas honoré ni respecté ni révéré ni vénéré par sesauditeurs. Ceux-ci ne vivent pas auprès de lui en l’honorant et enle respectant. Ainsi, le mépris à l’égard de Pūraṇa Kassapa est unmépris aussi à l’égard de sa doctrine.
À ce propos, quelqu’un d’autre dit : « Ce Makkhali Gōsāla est lechef d’une communauté, le chef d’un groupe, le maître d’un groupeimportant d’élèves, bien connu, célèbre, le fondateur d’un “gué”,connu comme un homme bon par beaucoup de monde. Toutefois, il n’estpas honoré ni respecté ni révéré ni vénéré par ses auditeurs.[…]. À ce propos, quelqu’un d’autre dit :« Cet Ajita Kèsakambali est le chef d’une communauté, le chef d’ungroupe, le maître d’un groupe important d’élèves, bien connu,célèbre, le fondateur d’un “gué”, connu comme un homme bon parbeaucoup de monde. Toutefois, il n’est pas honoré ni respecté nirévéré ni vénéré par ses auditeurs. […]. »À ce propos, quelqu’un d’autre dit : « Ce Pakudha Kaccāyana est lechef d’une communauté, le maître d’un groupe important d’élèves,bien connu, célèbre, le fondateur d’un “gué”, connu comme un hommebon par beaucoup de monde. Toutefois, il n’est pas honoré nirespecté ni révéré ni vénéré par ses auditeurs. […]. » À ce propos, quelqu’un d’autre dit : « CeSañjaya Belaṭṭhiputta est le chef d’une communauté, le chef d’ungroupe, le maître d’un groupe important d’élèves, bien connu,célèbre, le fondateur d’un “gué”, connu comme un homme bon parbeaucoup de monde. Toutefois, il n’est pas honoré ni respecté nirévéré ni vénéré par ses auditeurs. […]. »À ce propos, quelqu’un dit : « Ce Nigaṇṭha Nāthaputta est le chefd’une communauté, le chef d’un groupe, le maître d’un groupeimportant d’élèves, bien connu, célèbre, le fondateur d’un “gué”,connu comme un homme bon par beaucoup de monde. Toutefois, il n’estpas honoré ni respecté ni révéré ni vénéré par ses auditeurs. »
L’autre jour, ce Nigaṇṭha Nāthaputta était en train de prêcherdevant une assemblée de plusieurs centaines de gens. À cemoment-là, un de ses auditeurs fit du bruit en disant : Amis, neposez pas cette question à Nigaṇṭha Nāthaputta. Il ne connaît pasce sujet. Nous le connaissons. Posez cette question à nous. Ô amis,nous vous répondrons”. Nigaṇṭha Nāthaputta n’a pas pu les calmerbien qu’il criait en posant les mains sur sa tête et en disant :“Chers amis, taisez-vous ! Chers amis, ne faites pas de bruit ! Ilsne posent pas leurs questions à vous. C’est à nous qu’ils posentdes questions. C’est nous qui pouvons leur répondre. C’est nousqu’ils interrogent”. Parmi ses auditeurs de nombreux partirent,chacun lui faisant des reproches par ces mots : “Vous ne comprenezpas cette doctrine et cette discipline. Mais moi, je connais cettedoctrine et cette discipline. Comment pouvez-vous comprendre cettedoctrine et cette discipline ? Vous êtes dans la mauvaise voie.Mais moi, je suis dans la bonne voie. Je suis cohérent, mais vousêtes incohérent. Ce que vous avez dit plus tard n’est pas en accordavec ce que vous avez dit plus tôt. Ce que vous avez dit plus tôtn’est pas en accord avec ce que vous avez dit plus tard. Ce quevous avez réfléchi s’est retourné contre vous. Votre doctrine estcritiquée. Allez pour mieux apprendre ou bien, mettez un cordonautour de votre cou si vous en voulez”. De cette façon, NigaṇṭhaNāthaputta n’est pas honoré ni respecté ni révéré ni vénéré par sesauditeurs. Ceux-ci ne vivent pas auprès de lui en l’honorant et enle respectant. Ainsi, le mépris à l’égard de Nigaṇṭha Nāthaputtaest un mépris aussi à l’égard de sa doctrine.
À ce propos, quelqu’un dit : « Ce Samana Gōtama est le chefd’une communauté, le chef d’un groupe, le maître d’un groupeimportant d’élèves, bien connu, célèbre, le fondateur d’un “gué”,connu comme un homme bon par beaucoup de monde. Il est honoré,respecté, révéré et vénéré par ses auditeurs. Ceux-ci vivent auprèsde lui en l’honorant et en le respectant. L’autre jour, ce SamanaGōtama était en train de parler de la Doctrine devant une assembléede plusieurs centaines de gens. À ce moment-là, un auditeur seraclait la gorge. Un de ses collègues, lui a fait « toc » le genouavec l’ongle d’index et dit : “Silence, ô frère. Le Bienheureux esten train de parler de la doctrine”. Au moment où le Samana Gōtamaparle de la Doctrine devant une assemblée de plusieurs centaines,chez les auditeurs du Samana Gōtama il n’y a pas même un bruit detoux ou un raclage de gorge. Tout le monde de ce grandrassemblement de gens, y est avec aspiration en se disant :“Puisque notre Bienheureux parle de la Doctrine, nous l’écoutons”.Parmi ses auditeurs, même ceux qui ont quitté leurs collègues, enabandonnant les préceptes pour entrer dans la vie inférieure enabandonnant l’entraînement, font l’éloge du Maître, de la Doctrineet de la communauté. Au lieu d’attribuer les blâmes aux autres, ilsse les attribuent à eux-mêmes en se disant : “C’est notre mauvaisechance. Nous avons peu de mérites. Alors, nous étions incapables desuivre jusqu’à la fin de notre vie cette conduite sublime biencomplète et bien pure tout en étant des renonçants dans cetteDoctrine et cette Discipline tellement bien exposées. Étant soitles serviteurs des parcs monastiques ou bien étant des associés,ils deviennent membres de ceux qui observent les cinq préceptes. Decette façon, le Samana Gōtama est honoré, respecté, révéré etvénéré par ses auditeurs. C’est de cette manière que ceux-ci viventauprès du Samana Gōtama en l’honorant et en le respectant”.
– Cependant, ô Udāyi, voyez-vous combien de bonnes qualitésexistent chez moi pour que mes auditeurs m’honorent, me respectent,me révèrent, me vénèrent et qu’ils vivent auprès de moi enm’honorant et en me respectant ?
– Vénéré, je vois cinq bonnes qualités chez le Bienheureux pourque ses auditeurs l’honorent, le respectent, le révèrent, levénèrent et qu’ils vivent auprès de lui en l’honorant et en lerespectant. Quelles sont-elles ? Vénéré, le Bienheureux mange peuet il fait l’éloge du fait de manger peu. C’est la première bonnequalité que je vois chez le Bienheureux pour que ses auditeursl’honorent, le respectent, le révèrent, le vénèrent et qu’ilsvivent auprès de lui en l’honorant et en le respectant.
« Ensuite, Vénéré, le Bienheureux est satisfait de n’importequel cīvara simple qu’il reçoit etil fait l’éloge du fait d’être satisfait de n’importe quel cīvara simple qu’on reçoit. C’est ladeuxième bonne qualité que je vois chez le Bienheureux pour que sesauditeurs l’honorent, le respectent, le révèrent, le vénèrent etqu’ils vivent auprès de lui en l’honorant et en le respectant.
« Ensuite, Vénéré, le Bienheureux est satisfait de n’importequelle nourriture simple qu’il reçoit dans son bol à aumône et ilfait l’éloge d’être satisfait de n’importe quelle nourriture simplequ’on reçoit dans son bol aumône. C’est la troisième bonne qualitéque je vois chez le Bienheureux pour que ses auditeurs l’honorent,le respectent, le révèrent, le vénèrent et qu’ils vivent auprès delui en l’honorant et en le respectant.
« Ensuite, Vénéré, le Bienheureux est satisfait de n’importequel lieu de séjour simple qu’il reçoit et il fait l’éloge d’êtresatisfait de n’importe quel lieu de séjour simple qu’on reçoit.C’est la quatrième bonne qualité que je vois chez le Bienheureuxpour que ses auditeurs l’honorent, le respectent, le révèrent, levénèrent et qu’ils vivent auprès de lui en l’honorant et en lerespectant.
« Ensuite, Vénéré, le Bienheureux est satisfait de la solitudeet il fait l’éloge d’être satisfait de la solitude. C’est lacinquième bonne qualité que je vois chez le Bienheureux pour queses auditeurs l’honorent, le respectent, le révèrent, le vénèrentet qu’ils vivent auprès de lui en l’honorant et en lerespectant.
« Ce sont, Vénéré, les cinq bonnes qualités que je vois chez leBienheureux pour que ses auditeurs l’honorent, le respectent, lerévèrent, le vénèrent et qu’ils vivent auprès de lui en l’honorantet en le respectant. »
Le Bienheureux dit : « Supposons, ô Udāyi, que mes auditeursm’honorent, me respectent, me révèrent, me vénèrent et qu’ilsvivent auprès de moi en m’honorant et respectant avec cette idée :“Le Samana Gōtama mange peu et il fait l’éloge du fait de mangerpeu”. Or certains parmi mes auditeurs vivent seulement avec unequantité de nourriture d’un seul récipient ou un demi récipient oubien seulement un fruit de bèḷuvaou un demi fruit de bèḷuva. etmoi, certains jours je mange une quantité de nourriture que ce bolà aumône contient ou même plus. Si certains parmi mes auditeursm’honorent […] avec cette idée : “LeSamana Gōtama mange peu et il fait l’éloge du fait de manger peu,alors ils vivent seulement avec une quantité de nourriture d’unseul récipient ou un demi- récipient ou bien seulement un fruit debèḷuva ou un demi-fruit debèḷuva, cela veut dire que cen’est pas à cause de cette vertu-là qu’ils m’honorent, merespectent, me révèrent, me vénèrent et qu’ils vivent auprès de moien m’honorant et en me respectant.
« Supposons, ô Udāyi, que mes auditeurs m’honorent, merespectent, me révèrent, me vénèrent et qu’ils vivent auprès de moien m’honorant et respectant avec cette idée : “Le Samana Gōtama estsatisfait de n’importe quel simple cīvara qu’il reçoit et il fait l’éloge du fait d’êtresatisfait de n’importe quel simple cīvara qu’on reçoit”. Or certains parmi mes auditeurss’habillent de cīvara fabriquésavec des haillons, s’habillent de cīvaras lourds et pour cela ils cherchent les haillonsdans les cimetières, dans les dépotoirs, ou dans la cour desboutiques, et les ayant cousus ils les mettent. Cependant moi,parfois j’accepte des cīvarasdonnés par les chefs de famille, des cīvaras tellement fins comparables à des poils decitrouille. Si certains parmi mes auditeurs m’honorant […] avec cette idée : “Le Samana Gōtama est satisfaitde n’importe quel simple cīvaraqu’il reçoit et il fait l’éloge du fait d’être satisfait den’importe quel simple cīvara qu’onreçoit”, alors ils s’habillent des cīvaras fabriqués avec des haillons, s’habillent decīvaras lourds et pour cela ilscherchent les haillons dans les cimetières, dans les dépotoirs, oudans la cour des boutiques, et, les ayant cousus, ils les mettent,cela veut dire que ce n’est pas à cause de cette vertu-là qu’ilsm’honorent, me respectent, me révèrent, me vénèrent et qu’ilsvivent auprès de moi en m’honorant et en me respectant.
Supposons, ô Udāyi, que mes auditeurs m’honorent, me respectent,me révèrent, me vénèrent et qu’ils vivent auprès de moi enm’honorant et respectant avec cette idée : “Le Samana Gōtama estsatisfait de n’importe quelle simple nourriture qu’il reçoit dansson bol à aumône et il fait l’éloge du fait d’être satisfait den’importe quelle nourriture qu’on reçoit dans son bol à aumône”. Orcertains parmi mes auditeurs vivent uniquement par la nourriturequ’ils reçoivent pendant leur tournée d’aumône et ils sont attachésà la pratique austère d’aller d’une maison à la suivante sans ennégliger aucune. Lorsqu’ils sont parmi les maisons, ils rejettentmême une invitation à s’asseoir. Cependant moi, parfois j’acceptel’invitation et mange des riz purs accompagnés de nombreux curryset de nombreux plats cuisinés. Si certains parmi mes auditeursm’honorent […] avec cette idée : “LeSamana Gōtama est satisfait de n’importe quelle simple nourriturequ’il reçoit et il fait l’éloge du fait d’être satisfait den’importe quelle simple nourriture qu’on reçoit”, alors ils viventuniquement par la nourriture qu’ils reçoivent pendant leur tournéed’aumône et ils sont attachés à la pratique austère d’aller demaison en maison et lorsqu’ils sont parmi les maisons, ilsrejettent même une invitation à s’asseoir, cela veut dire que cen’est pas à cause de cette vertu-là qu’ils m’honorent, merespectent, me révèrent, me vénèrent et qu’ils vivent auprès de moien m’honorant et en me respectant.
« Supposons, ô Udāyi, que mes auditeurs m’honorent, merespectent, me révèrent, me vénèrent et qu’ils vivent auprès de moien m’honorant et respectant avec cette idée : “Le Samana Gōtama estsatisfait de n’importe quel simple lieu de séjour qu’il reçoit etil fait l’éloge du fait d’être satisfait de n’importe quel lieu deséjour qu’on reçoit”. Or certains parmi mes auditeurs pratiquent lavertu de rester au pied d’arbres et en plein air et ils n’entrentpas dans un lieu fermé pendant huit mois. Cependant moi, ô Udāyi,parfois je demeure même dans les bâtiments à toit pointu àl’intérieur et l’extérieur bien plâtrés, où on est protégé du vent,ayant des portes avec des serrures, et des fenêtres qu’on peutfermer. certains parmi mes auditeurs m’honorent […] avec cette idée : “Le Samana Gōtama est satisfaitde n’importe quel lieu de séjour qu’il reçoit et il fait l’éloge dufait d’être satisfait de n’importe quel lieu de séjour qu’onreçoit”, alors qu’ils vivent au pied d’arbres et en plein air, sansentrer dans un lieu fermé pendant huit mois, cela veut dire que cen’est pas à cause de cette vertu-là qu’ils m’honorent, merespectent, me révèrent, me vénèrent et qu’ils vivent auprès de moien m’honorant et en me respectant.
« Supposons, ô Udāyi, que mes auditeurs m’honorent, merespectent, me révèrent, me vénèrent et qu’ils vivent auprès de moien m’honorant et respectant avec cette idée : “Le Samana Gōtama estsatisfait de la solitude et il fait l’éloge du fait d’êtresatisfait de la solitude”. Or certains parmi mes auditeurs ontétabli leur lieu de séjour dans les résidences situées aux cheminsforestiers et ils vivent étant entrés au fond de ces lieux et ilsviennent seulement au milieu de la communauté des (bhikkhus) pourla récitation bi-mensuelle du Pātimokkha. Cependant moi, ô Udāyi, parfois je vis entouréde bhikkhus, de bhikkhunīs, de disciples associés hommes, dedisciples associées femmes, de rois, de ministres royaux, et degens qui maintiennent des “gués” et leurs auditeurs. Si certainsparmi mes auditeurs m’honorent […] aveccette idée : “Le Samana Gōtama est satisfait de la solitude et ilfait l’éloge du fait d’être solitaire”, alors qu’ils vivent étantentrés dans leurs lieux de séjour établis dans les résidencessituées aux chemins forestiers et ils viennent seulement au milieude la communauté des (bhikkhus) pour la récitation bi-mensuelle duPātimokkha, cela veut dire que cen’est pas à cause de cette vertu-là qu’ils m’honorent, merespectent, me révèrent, me vénèrent et qu’ils vivent auprès de moien m’honorant et en me respectant.
« De cette façon, ô Udāyi, ce n’est pas pour mes cinq vertus quemes auditeurs m’honorent, me respectent, me révèrent, me vénèrentet vivent auprès de moi en m’honorant et en me respectant.Cependant, ô Udāyi, il existe cinq autres qualités pour lesquellesmes auditeurs m’honorent, me respectent, me révèrent, me vénèrentet qu’ils vivent auprès de moi en m’honorant et respectant.Qu’elles sont ces cinq qualités ? Dans ce cas, ô Udāyi, mesauditeurs m’estiment pour mes profondes vertus en disant : “LeSamana Gōtama est profondément vertueux et il possède le corpssuprême de vertus”. Lorsque mes auditeurs m’estiment pour mesprofondes vertus en disant : “Le Samana Gōtama est profondémentvertueux et il possède le corps suprême de vertus”, cela constitue,ô Udāyi, la première qualité pour laquelle mes auditeursm’honorent, me respectent, me révèrent, me vénèrent et viventauprès de moi en m’honorant et en me respectant.
« En outre, ô Udāyi, mes auditeurs m’estiment pour macompréhension claire pourvue de la vision en disant : “Lorsque leSamana Gōtama dit qu’il connaît, cela veut dire que vraiment ilconnaît, et lorsque le Samana Gōtama dit qu’il voit, cela veut direque vraiment il voit. Le Samana Gōtama parle de la Doctrine aprèsl’avoir comprise par la connaissance directe, mais ce n’est passans l’avoir comprise par la connaissance directe. Le Samana Gōtamaparle de la Doctrine pourvue de bonnes raisons, mais ce n’est pasdépourvu de bonnes raisons. Le Samana Gōtama parle de la Doctrineavec des preuves convaincantes, mais ce n’est pas sans preuvesconvaincantes”. Lorsque mes auditeurs m’estiment pour macompréhension excellente pourvue de la vision, en disant : “Lorsquele Samana Gōtama dit qu’il connaît, cela veut dire que vraiment ilconnaît, et lorsque le Samana Gōtama dit qu’il voit, cela veut direque vraiment il voit. […]”, celaconstitue, ô Udāyi, la deuxième qualité pour laquelle mes auditeursm’honorent, me respectent, me révèrent, me vénèrent et viventauprès de moi en m’honorant en me respectant.
« En outre, ô Udāyi, mes auditeurs m’estiment pour macompréhension claire pourvue de la vision : “Le Samana Gōtama estsage et il possède le corps suprême de la sagesse. Il n’existe pasle fait qu’il ne voit pas le futur processus de la discussion, oule fait qu’il ne voit pas les théories des autres qui sont déjàproduites ou le fait qu’il ne dénigre pas raisonnablement lesthéories des autres qui sont déjà produites“. Dans ce cas, qu’enpensez-vous, ô Udāyi ? Mes auditeurs qui connaissent ainsi, quivoient ainsi, m’interrompent-ils et me coupent-ils laparole ? »
– Non, honorable Gōtama.
« Moi, ô Udāyi, je ne cherche pas des instructions de la part demes auditeurs, ce sont mes auditeurs qui cherchent des instructionsdonnées par moi. Lorsque mes auditeurs m’estiment pour macompréhension excellente pourvue de la vision, en disant : “LeSamana Gōtama est sage et il possède le corps suprême de lasagesse. […]”, cela constitue, ô Udāyi, latroisième qualité pour laquelle mes auditeurs m’honorent, merespectent, me révèrent, me vénèrent et vivent auprès de moi enm’honorant et en me respectant.
« En outre, ô Udāyi, lorsque mes auditeurs rencontrent n’importequel dukkha, étant plongés dansdukkha, étant affligés pardukkha, ils viennent me voir etposent des questions sur la vérité noble concernant dukkha. Étant questionné par eux, je leurexplique la vérité noble concernant dukkha. Je contente leur pensée par les réponses donnéesaux questions qu’ils m’ont posées. Ils posent des questions sur lavérité noble concernant l’émergence de dukkha, Étant questionné par eux, je leur explique lavérité noble concernant l’émergence de dukkha. Je contente leur pensée par les réponses auxquestions qu’ils m’ont posées. Ils posent des questions sur lavérité noble concernant la cessation de dukkha, Étant questionné par eux, je leur explique lavérité noble concernant la cessation de dukkha. Je contente leur pensée par les réponses donnéesaux questions qu’ils m’ont posées. Ils posent des questions sur lavérité noble concernant le chemin conduisant à la cessation dedukkha, Étant questionné par eux,je leur explique la vérité noble concernant le chemin conduisant àla cessation de dukkha. Jecontente leur pensée par les réponses données aux questions qu’ilsm’ont posées. Lorsque, ô Udāyi, mes auditeurs rencontrent n’importequel dukkha, étant plongés dansdukkha, étant affligés pardukkha, ils viennent me voir etposent des questions sur la vérité noble concernant dukkha. Étant questionné par eux, je leurexplique la vérité noble concernant dukkha. Je contente leur pensée par les réponses donnéesaux questions qu’ils m’ont posées. […].Cela constitue, ô Udāyi, la quatrième qualité pour laquelle mesauditeurs m’honorent, me respectent, me révèrent, me vénèrent etqu’ils vivent auprès de moi en m’honorant et en me respectant.
« En outre, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode pratiquent les quatre basesde l’attention : dans ce cas, ô Udāyi, le bhikkhu demeure enobservant le corps selon le fonctionnement du corps, il demeureénergique, compréhensif, attentif, ayant rejeté les désirs et lessoucis concernant le monde. De même, observant les sensations selonle fonctionnement des sensations, [cebhikkhu] demeure énergique, compréhensif, attentif, ayantrejeté les désirs et les soucis concernant le monde. De même,observant la pensée selon le fonctionnement de la pensée,[ce bhikkhu] demeure énergique,compréhensif, attentif, ayant rejeté les désirs et les soucisconcernant le monde. De même, observant les objets mentaux selon lefonctionnement des objets mentaux, [cebhikkhu] demeure énergique, compréhensif, attentif, ayantrejeté les désirs et les soucis concernant le monde. Sur ce terrainégalement, beaucoup de mes auditeurs demeurent étant arrivés à laperfection de la compréhension directe.
« En outre, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode pratiquent les quatre fortesapplications répétitives correctes : dans ce cas-ci, ô Udāyi, lebhikkhu fait naître une volonté, pour que les choses inefficacesqui ne se sont pas encore produites ne se produisent pas[dans l’avenir], et il y tend, il yemploie son effort énergique, il y élève sa pensée, il l’établit.Aussi, il fait naître une volonté, pour que les choses inefficacesqui se sont déjà produites soient éliminées, et il y tend, il yemploie son effort énergique, il y élève sa pensée, il l’établit.Aussi, il fait naître une volonté, pour que les choses efficacesqui ne se sont pas encore produites se produisent, et il y tend, ily emploie son effort énergique, il y élève sa pensée, il l’établit.Aussi, il fait naître une volonté, pour que les choses efficacesqui se sont déjà produites soient établies, qu’elles ne soient pasdétruites, qu’elles soient multipliées, qu’elles soientdéveloppées, et il y tend, il y emploie son effort énergique, il yélève sa pensée, il l’établit. Sur ce terrain également, beaucoupde mes auditeurs demeurent étant arrivés à la perfection de lacompréhension directe.
« En outre, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode pratiquent les quatre basesde la puissance surhumaine : dans ce cas-ci, ô Udāyi, le bhikkhudéveloppe la base de la puissance surhumaine pourvue de laconcentration fondée sur la volonté forte comme conditiond’application forte répétitive ; il développe la base de lapuissance surhumaine pourvue de la concentration fondée sur lapensée forte comme condition d’application forte répétitive ; ildéveloppe la base de la puissance surhumaine pourvue de laconcentration fondée sur l’effort énergique comme conditiond’application forte répétitive ; il développe la base de lapuissance surhumaine pourvue de la concentration fondée sur lasagesse investigatrice comme condition d’application forterépétitive. Sur ce terrain également, beaucoup de mes auditeursdemeurent étant arrivés à la perfection de la compréhensiondirecte.
« En outre, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode pratiquent les cinqfacultés : dans ce cas, ô Udāyi, le bhikkhu développe la facultédite “confiance sereine” conduisant à la quiétude, conduisant àl’Éveil ; il développe la faculté dite “effort” conduisant à laquiétude, conduisant à l’Éveil ; il développe la faculté dite“attention” conduisant à la quiétude, conduisant à l’Éveil ; ildéveloppe la faculté dite “concentration” conduisant à la quiétude,conduisant à l’Éveil. Sur ce terrain également, beaucoup de mesauditeurs demeurent étant arrivés à la perfection de lacompréhension directe.
« En outre, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode pratiquent les cinq forces :dans ce cas, ô Udāyi, le bhikkhu développe la force dite “confiancesereine” conduisant à la quiétude, conduisant à l’Éveil ; ildéveloppe la force dite “effort” […] ; ildéveloppe la force dite “attention” […] ;il développe la force dite “concentration” conduisant à laquiétude, conduisant à l’Éveil. Sur ce terrain également, beaucoupde mes auditeurs demeurent étant arrivés à la perfection de lacompréhension directe.
« En outre, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode pratiquent les sept facteursd’Éveil : dans ce cas, ô Udāyi, le bhikkhu, en considérant leschoses avec une réflexion accompagnée de l’attention, développe lefacteur d’Éveil dit “attention” associée au détachement, àl’absence du désir, au nibbāna etconduisant à l’évolution de la relaxation. De même, il développe lefacteur d’Éveil dit “analyse des choses” associé au détachement, àl’absence de désir, au nibbāna etconduisant à l’évolution de la relaxation. De même, il développe lefacteur d’Éveil dit “effort” associé au détachement, à l’absence dedésir, au nibbāna et conduisant àl’évolution de la relaxation. De même, il développe le facteurd’Éveil dit “joie” associé au détachement, à l’absence de désir, aunibbāna et conduisant àl’évolution de la relaxation. De même, il développe le facteurd’Éveil dit “sérénité” associé au détachement, à l’absence dedésir, au nibbāna et conduisant àla relaxation. De même, il développe le facteur d’Éveil dit“concentration mentale” associé au détachement, à l’absence dedésir, au nibbāna et conduisant àl’évolution de la relaxation. De même, il développe le facteurd’Éveil dit “équanimité” associé au détachement, à l’absence dedésir, au nibbāna et conduisant àl’évolution de la relaxation. Sur ce terrain également, beaucoup demes auditeurs demeurent étant arrivés à la perfection de lacompréhension directe.
« En outre, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode pratiquent la noble voieconstituant les huit sections : dans ce cas, ô Udāyi, le bhikkhudéveloppe la vue correcte ; il développe la pensée correcte ; ildéveloppe la parole correcte ; il développe l’action correcte ; ildéveloppe le moyen de vie correct ; il développe l’effort correct ;il développe l’attention correcte ; il développe la concentrationcorrecte. Sur ce terrain également beaucoup de mes auditeursdemeurent étant arrivés à la perfection de la compréhensiondirecte.
« En outre, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode pratiquent les huitdissociations : dans ce cas, ô Udāyi, le bhikkhu, étant dans unétat jhānique lié au monde des formes, voit les formes [bleues, jaunes, etc.]. C’est la premièredissociation. Étant dans un état jhānique lié au monde desnon-formes intérieures, il voit les formes extérieures. C’est ladeuxième dissociation. En voyant [par les yeuxjhāniques] les images mentales pures, il s’incline enversleur beauté. C’est la troisième dissociation. Ayant complètementdépassé la notion de formes, par suite de la disparition desnotions de réaction, par suite de l’absence d’attention prêtée auxnotions relevant de la diversité, il arrive à l’idée : “L’espaceest infini”, et il demeure dans cette Sphère de l’espace infini.C’est la quatrième dissociation. Ayant complètement dépassé laSphère de l’espace infini, il arrive à l’idée : “La conscience estinfinie”, et ayant atteint la Sphère dite “conscience infinie”, ildemeure dans cette Sphère de la conscience infinie. C’est lacinquième dissociation. Ayant complètement dépassé la Sphère de laconscience infinie, il arrive à l’idée : “Il n’y a rien” et, ayantatteint la Sphère du néant, il demeure dans la Sphère du néant.C’est la sixième dissociation. Ayant complètement dépassé la Sphèredu néant, ayant atteint la Sphère sans perception ni absence deperception, il demeure dans cette Sphère sans perception ni absencede perception. C’est la septième dissociation. Ayant complètementdépassé la Sphère sans perception ni absence de perception, ayantatteint la cessation des sensations et des perceptions, il demeuredans la [haute] concentration mentale dela cessation des sensations et des perceptions. C’est la huitièmedissociation. Sur ce terrain également, beaucoup de mes auditeursdemeurent étant arrivés à la perfection de la compréhensiondirecte.
« En outre, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode pratiquent les huit sortesde sphères de la maîtrise : dans ce cas, ô Udāyi, le bhikkhu, ayantperception des formes intérieures [du domaine dela préparation du sujet de réflexion], voit les formesextérieures limitées [du domaine dureflet], qu’elles soient claires ou non claires, puis, lesayant dominées, il sait qu’il voit et il en est conscient. C’est lapremière sphère de la maîtrise. Ayant perception des formesintérieures [du domaine du sujet deréflexion], il voit les formes extérieures illimitées,qu’elles soient claires ou non claires ; puis, les ayant dominées,il sait qu’il voit et il en est conscient. C’est la deuxième sphèrede la maîtrise. N’ayant pas perception des formes intérieures, ilvoit les formes extérieures limitées [du domainede la préparation et du reflet], qu’elles soient claires ounon claires ; puis, les ayant dominées, il sait qu’il voit et il enest conscient. C’est la troisième sphère de la maîtrise. N’ayantpas perception des formes intérieures, il voit les formesextérieures illimitées, qu’elles soient claires ou non claires ;puis, les ayant dominées, il sait qu’il voit et il en estconscient. C’est la quatrième sphère de la maîtrise. N’ayant pasperception des formes intérieures [du domaine dela préparation], il voit les formes bleues extérieures,qu’elles soient de couleur bleue, ou d’apparence bleue, ou deréflexion bleue – par exemple, comme une fleur de lin est bleue, oude couleur bleue, ou d’apparence bleue, ou d’éclat bleu ; ouencore, comme une mousseline de Bārāṇasi, lissée des deux côtés,est bleue, de couleur bleue, d’apparence bleue ou de réflexionbleue – de même, quelqu’un voit les formes bleues extérieures,puis, les ayant dominées, il sait qu’il voit et il en estconscient. C’est la cinquième sphère de la maîtrise. N’ayant pasperception des formes intérieures, il voit les formes jaunesextérieures, qu’elles soient de couleur jaune, ou d’apparencejaune, ou de réflexion jaune – par exemple comme une fleur Kanikāra est jaune, ou de couleur jaune,ou d’apparence jaune, ou de réflexion jaune ; ou encore, comme unemousseline de Bārāṇasi, lissée des deux côtés, est jaune, ou decouleur jaune, ou d’apparence jaune ou de réflexion jaune – demême, il voit les formes jaunes extérieures, puis, les ayantdominées, il sait qu’il voit et il en est conscient. C’est lasixième sphère de la maîtrise. N’ayant pas perception des formesintérieures, on voit les formes rouges extérieures, qu’elles soientde couleur rouge, ou d’apparence rouge, ou de réflexion rouge – parexemple comme une fleur Bandhujīvaka est rouge, ou de couleur rouge, oud’apparence rouge, ou de réflexion rouge ; ou encore, comme unemousseline de Bārāṇasi, lissée des deux côtés, est rouge, ou decouleur rouge, ou d’apparence rouge ou de réflexion rouge – demême, il voit les formes rouges extérieures, puis, les ayantdominées, il sait qu’il voit et il en est conscient. C’est laseptième sphère de la maîtrise. N’ayant pas perception des formesintérieures, il voit les formes blanches extérieures, qu’ellessoient de couleur blanche, ou d’apparence blanche, ou de réflexionblanche – par exemple comme l’étoile dite Osadhī est blanche, ou de couleur blanche, ou d’apparenceblanche, ou de réflexion blanche ; ou encore, comme une mousselinede Bārāṇasi, lissée des deux côtés, est blanche, ou de couleurblanche, ou d’apparence blanche ou de réflexion blanche – de même,il voit les formes blanches extérieures, puis, les ayant dominées,il sait qu’il voit et il en est conscient. C’est la huitième sphèrede la maîtrise. Sur ce terrain également, beaucoup de mes auditeursdemeurent étant arrivés à la perfection de la compréhensiondirecte.
« En outre, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode pratiquent les dix kasinas : dans ce cas, ô Udāyi, un bhikkhucontemple le kasina de la terre,en haut, en bas, à travers, sans limites et sans mesures. Un autrecontemple le kasina de l’eau,[…]. Un autre contemple le kasina du feu, […]. Unautre contemple le kasina del’air, […]. Un autre contemple le kasina bleu, […].Un autre contemple le kasinajaune, […]. Un autre contemple le kasina rouge, […]. Un autre contemple le kasina blanc, […]. Un autrecontemple le kasina de l’espace,[…]. Un autre contemple le kasina de la conscience, en haut, en bas, àtravers, sans limites et sans mesures. Sur ce terrain également,beaucoup de mes auditeurs demeurent étant arrivés à la perfectionde la compréhension directe.
« En outre, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode pratiquent les quatrejhānas : dans ce cas, ô Udāyi, lebhikkhu en abandonnant ces cinq entraves et les souillures quirendent le mental impur, qui affaiblissent la sagesse, s’étantséparé du désir, s’étant séparé des pensées inefficaces, entre dansle premier jhāna pourvu deraisonnement et de réflexion, qui est joie et bonheur, née de laséparation des choses mauvaises et il y demeure. Il inonde, inondecomplètement, remplit complètement, comble son corps de ce bonheuravec allégresse, née de la séparation des choses mauvaises, iln’est aucun point de son corps qui ne soit touché par le bonheuravec allégresse, né de la séparation des choses mauvaises.
« C’est tout comme, ô Udāyi, un habile baigneur ou un apprentibaigneur qui verse de la poudre pour le bain dans un récipient demétal, la brasse en l’arrosant sans cesse avec de l’eau, de sorteque la pâte à bain soit traversée d’humidité, emplie d’humidité audedans et au dehors, sans toutefois couler. De même, ô Udāyi, lebhikkhu inonde complètement, remplit complètement, comble son corpsde ce bonheur avec allégresse, né de la séparation des chosesmauvaises, il n’est aucun point de son corps qui ne soit touché parle bonheur avec allégresse, né de la séparation des chosesmauvaises.
« En outre, ô Udāyi, ce bhikkhu, ayant mis fin au raisonnementet à la réflexion, entre et demeure dans le deuxième jhāna qui est apaisement intérieur, unificationde la pensée, qui est dépourvu de raisonnement et de réflexion, néde la concentration et qui consiste en bonheur. Il inonde alors,inonde complètement, remplit complètement, comble son corps de cebonheur sans allégresse, et il n’est aucun point de son corps quine soit touché par ce bonheur né de la concentration.
« C’est tout comme, ô Udāyi, un étang où l’eau jaillirait[par des sources] sans qu’il y ait uneporte d’entrée ; l’eau venant de la direction de l’est, sans qu’ily ait une porte d’entrée ; l’eau venant de la direction du sud,sans qu’il y ait une porte d’entrée ; l’eau venant de la directionde l’ouest, sans qu’il y ait une porte d’entrée ; l’eau venant dela direction du nord sans qu’il y ait une porte d’entrée ; ou sansque le Nuage ne donne correctement non plus de temps en temps unepluie importante. Cependant, l’eau jaillissant [par des sources] de cet étang l’inonderait,l’inonderait complètement, le remplirait complètement, lecomblerait et il n’y aurait aucun point de cet étang qui ne seraittouché par l’eau rafraîchissante. De même, ô Udāyi, ce bhikkhuinonde, inonde complètement, remplit complètement, comble son corpsde ce bonheur sans allégresse, et il n’est aucun point de son corpsqui ne soit touché par ce bonheur né de la concentration.
« En outre, ô Udāyi, le bhikkhu, se détournant du bonheur, vitdans l’indifférence, conscient et vigilant, ressent dans son corpsle bonheur pur, de sorte que les êtres nobles l’appellent « Celuiqui, indifférent et attentif, demeure heureux » ; il entre etdemeure dans le troisième jhāna.Il inonde alors, inonde complètement, remplit complètement, combleson corps de ce bonheur pur sans allégresse, et il n’est aucunpoint de son corps qui ne soit touché par ce bonheur pur dépourvud’enchantement.
« C’est tout comme, ô Udāyi, dans un étang de lotus bleus, ou delotus rouges, ou de lotus blancs, et parmi ces lotus bleus, parmices lotus rouges, parmi ces lotus blancs, qui sont nés dans l’eau,ayant crû dans l’eau, aucun ne sort de l’eau, mais tous prospèrentdans l’eau où ils sont plongés, et tous depuis les racines jusqu’auplus haut [possible], sont inondés d’eaurafraîchissante, inondés complètement, remplis complètement,comblés, et il n’est aucun de ces lotus bleus, de ces lotus rouges,de ces lotus blancs, qui ne soit touché par l’eau rafraîchissante.De même, ô Udāyi, ce bhikkhu inonde, inonde complètement, remplitcomplètement, comble son corps de ce bonheur pur sans allégresse,il n’est aucun point de son corps qui ne soit touché par le bonheurpur dépourvu d’enchantement.
« En outre, ô Udāyi, s’étant débarrassé du bonheur et s’étantdébarrassé de la peine, ayant supprimé la gaieté et la tristesseantérieures, le bhikkhu entre et demeure dans le quatrième jhāna où ne sont ni plaisir ni douleur,mais qui est pureté parfaite d’attention et d’indifférence. Il estlà, assis, imprégnant son corps d’une pensée toute pure, toutenettoyée, il n’est aucun point de son corps qui ne soit touché parcette pensée toute pure, toute nettoyée. C’est tout comme, ô Udāyi,un homme qui est assis avec un tissu blanc le couvrant depuis lespieds jusqu’à la tête, de sorte qu’il n’ait aucun point de soncorps qui ne soit touché par ce tissu blanc. De même, ô Udāyi, lebhikkhu assis, imprégnant son corps d’une pensée toute pure, toutenettoyée, il n’est aucun point de son corps qui ne soit touché parcette pensée toute pure, toute nettoyée. Sur ce terrain également,beaucoup de mes auditeurs demeurent étant arrivés à la perfectionde la compréhension directe.
« En outre, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode voient ainsi : “Ce corpsfait des quatre grands éléments, issu de père et de mère, nourri deriz bouilli et de gruau, qui a pour nature de se transformer, des’user, de s’écraser, de se briser, de se démolir, cependant maconscience s’y est située, fermement attachée”. C’est tout comme, ôUdāyi, une pierre précieuse dite béryl, belle, chère, à huitfacettes ; bien taillée, pure, brillante, sans défaut, pourvue detoutes les qualités, qui est traversée d’un fil bleu, orange,rouge, blanc ou encore d’un fil jaune. L’ayant pris dans sa main,un homme qui a des yeux réfléchit ainsi : “C’est une pierreprécieuse dite béryl, belle, chère, à huit facettes, bien taillée,pure, brillante, sans défaut, pourvue de toutes les qualités, quiest traversée d’un fil bleu, orange, rouge, blanc ou encore d’unfil jaune”. De même, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mesauditeurs et ceux qui ont accédé à cette méthode pratiquent lesHuit sortes de sphères de la maîtrise. Dans ce cas, ô Udāyi, mesauditeurs voient ainsi : “Ce corps fait des quatre grands éléments,issu de père et de mère, nourri de riz bouilli et de gruau, qui apour nature de se transformer, de s’user, de s’écraser, de sebriser, de se démolir, cependant ma conscience s’y est située,fermement attachée”. Sur ce terrain également, beaucoup de mesauditeurs demeurent étant arrivés à la perfection de lacompréhension directe.
« En outre, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode, créent mentalement un autrecorps, et celui-ci a une forme physique, avec des organessensoriels, des organes secondaires et des facultés intactes. C’esttout comme, ô Udāyi, un homme qui tire l’épée du fourreau et sedit : “Ceci est l’épée, ceci est le fourreau, l’épée et le fourreaufont deux, désormais l’épée est retirée du fourreau”, ou encore,c’est tout comme, ô Udāyi, un homme qui arrache un serpent de sadépouille, et se dit : “Ceci est le serpent, ceci est la dépouille,le serpent et la dépouille font deux, désormais le serpent estarraché à sa dépouille”. J’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode, créent mentalement un autrecorps, et celui-ci a une forme physique, avec des organessensoriels, des organes secondaires et des facultés intactes. Surce terrain également, beaucoup de mes auditeurs demeurent étantarrivés à la perfection de la compréhension directe.
« En outre, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode, exercent d’innombrablespouvoirs miraculeux. Ainsi, ils éprouvent en eux diverses sortes depouvoirs miraculeux : étant « un » ils deviennent multiple ; étantmultiples, ils deviennent « un » ; ils deviennent visibles ; ilsdeviennent invisibles ; sans être gênés, ils traversent les murs,ils traversent les remparts comme si c’était l’air libre ; ilsfranchissent les montagnes ; ils s’immergent dans la terre, ilsémergent de la terre comme si c’était de l’eau ; ils vont sur l’eausans qu’elle se brise, comme si c’était sur la terre ; ils marchentdans les airs avec les jambes croisées comme un oiseau avec sesailes. Bien que ces deux êtres, le soleil et la lune, soient trèspuissants, ils les associent, ils les touchent avec leurs mains ;leur domination par leur corps s’étend jusqu’au monde des Brahmās.C’est tout comme, ô Udāyi, un habile potier ou un apprenti potierqui fait, exécute avec de l’argile bien travaillée toutes lesformes de vases qu’il souhaite, ou encore, ô Udāyi, c’est toutcomme un habile ivoirier ou un apprenti ivoirier qui fait, exécuteavec de l’ivoire bien travaillé tous les objets en ivoire qu’ilsouhaite, ou encore, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mesauditeurs et ceux qui ont accédé à cette méthode, exercentd’innombrables pouvoirs miraculeux. Ainsi, ils éprouvent en euxdiverses sortes de pouvoirs miraculeux : étant « un » ilsdeviennent multiple ; étant multiples, ils deviennent « un » ; ilsdeviennent visibles ; ils deviennent invisibles ; sans être gênés,ils traversent les murs, ils traversent les remparts comme sic’était l’air libre ; ils franchissent les montagnes ; ilss’immergent dans la terre, ils émergent de la terre comme sic’était de l’eau ; ils vont sur l’eau sans qu’elle se brise, commesi c’était sur la terre ; ils marchent dans les airs avec lesjambes croisées comme un oiseau avec ses ailes. Bien que ces deuxêtres, le soleil et la lune, soient très puissants, ils lesassocient, ils les touchent avec leurs mains ; leur domination parleur corps s’étend jusqu’au monde des Brahmās. Dans ce terrainégalement, beaucoup de mes auditeurs demeurent étant arrivés à laperfection de la compréhension directe.
« En outre, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode, entrent dans le domainepurifié de l’ouïe surhumaine qui dépasse la nature humaine, ilentend les deux sons : ceux qui viennent de loin et ceux des dieuxet ceux des humains.
« C’est tout comme, ô Udāyi, un homme qui, ayant pris la granderoute entend le son d’une cymbale ou le son d’un tambour ou le sond’une conque ou le son d’un tambourin ou le son d’un gong.[Il les identifie séparément]. Il se dit :“Voici le son d’une cymbale” ou “Voici le son d’un tambour” ou“Voici le son d’une conque” ou “Voici le son d’un tambourin” ou“Voici le son d’un gong”. De même, ô Udāyi, lorsque sa pensée estainsi réglée, ainsi purifiée, sans défaut, sans souillure, biensouple, maniable, stable, arrivée à l’impassibilité, ce bhikkhudirige sa pensée et l’oriente vers le domaine de l’ouïe surhumaine.Dans le domaine purifié de l’ouïe surhumaine, qui dépasse la naturehumaine, il entend les deux sons : ceux qui viennent de loin etceux qui viennent de près, ceux des dieux et ceux des humains. Dansce terrain également, beaucoup de mes auditeurs demeurent étantarrivés à la perfection de la compréhension directe.
« En outre, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode, reconnaissent en touchantavec leur pensée les pensées des autres êtres, des autresindividus, de la manière suivante : ils reconnaissent une penséepourvue de désir comme une pensée pourvue de désir ; ilsreconnaissent une pensée dépourvue de désir comme une penséedépourvue de désir ; ils reconnaissent une pensée dépourvue dedésir comme une pensée dépourvue de désir ; ils reconnaissent unepensée pourvue de frustration comme une pensée pourvue defrustration ; ils reconnaissent une pensée dépourvue de frustrationcomme une pensée dépourvue de frustration ; ils reconnaissent unepensée pourvue de confusion comme une pensée pourvue de confusion ;ils reconnaissent une pensée dépourvue de confusion comme unepensée dépourvue de confusion ; ils reconnaissent une penséeconcentrée comme une pensée concentrée ; ils reconnaissent unepensée non concentrée comme une pensée non concentrée ; ilsreconnaissent une pensée large comme une pensée large ; ilsreconnaissent une pensée sans largeur comme une pensée sanslargeur ; ils reconnaissent une pensée surpassée comme une penséesurpassée ; ils reconnaissent une pensée insurpassée comme unepensée insurpassée ; ils reconnaissent une pensée fixée comme unepensée fixée ; ils reconnaissent une pensée non fixée comme unepensée non fixée ; ils reconnaissent une pensée libérée comme unepensée libérée ; ils reconnaissent une pensée non libérée comme unepensée non libérée.
« C’est tout comme, ô Udāyi, une femme ou un homme ou unadolescent, qui a l’habitude de se parer, considérant l’image deson propre visage dans un miroir tout nettoyé, limpide, ou biendans un vase d’eau claire, reconnaît qu’il y a une tache lorsqu’ily a une tache en effet, il reconnaît qu’il n’y a pas de tachelorsqu’il n’y en a pas en effet. J’ai expliqué une méthode à mesauditeurs et ceux qui ont accédé à cette méthode, reconnaissent entouchant avec leur pensée les pensées des autres êtres, des autresindividus, de la manière suivante : ils reconnaissent une penséepourvue de désir comme une pensée pourvue de désir ; […] ; ils reconnaissent une pensée libérée comme unepensée libérée ; ils reconnaissent une pensée non libérée comme unepensée non libérée. » Sur ce terrain également, beaucoup de mesauditeurs demeurent étant arrivés à la perfection de lacompréhension directe.
« En outre, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode, se rappellent leursdemeures antérieures, à savoir : une naissance, deux naissances,trois naissances, quatre naissances, cinq naissances, dixnaissances, vingt naissances, trente naissances, quarantenaissances, cinquante naissances, cent naissances, millenaissances, cent mille naissances [et ils serappellent] diverses périodes d’intégration, diversespériodes de désintégration et ils peuvent se rappeler leurs propresdemeures antérieures avec leurs traits, avec le détail des faits dela manière suivante : « En ce temps-là j’avais tel nom, tellefamille, telle caste, tel mode de nourriture, j’éprouvais telplaisir et telle souffrance, j’atteignis tel âge. Alors étant sortide cette existence-là, j’accédai à cette autre. Là encore j’avaistel nom, telle famille, telle caste, tel mode de nourriture,j’éprouvais tel plaisir et telle souffrance, j’atteignis tel âge.Alors étant sorti de cette existence-là, j’accédai à cet autre, etainsi de suite ». C’est tout comme, ô Udāyi un homme qui va de sonvillage vers un autre village, puis de ce village-là vers un autrevillage, ensuite revenant de ce village-là vers son propre village,il se dit : “Je suis allé de mon propre village vers un autrevillage ; voici comment je m’y suis tenu, voici comment je m’y suisassis, voici comment j’y ai parlé, voici comment je m’y suis tu ;puis je suis parti de ce village-là vers un autre village, voicicomment je m’y suis tenu, voici comment je m’y suis assis, voicicomment j’y ai parlé, voici comment je m’y suis tu ; puis je suisrevenu de ce village-là vers mon propre village”. J’ai expliqué uneméthode à mes auditeurs et ceux qui ont accédé à cette méthode, serappellent leurs demeures antérieures, à savoir : une naissance,deux naissances, trois naissances, quatre naissances, cinqnaissances, dix naissances, vingt naissances, trente naissances,quarante naissances, cinquante naissances, cent naissances, millenaissances, cent mille naissances [et ils serappellent] diverses périodes d’intégration, diversespériodes de désintégration et ils peuvent se rappeler leurs propresdemeures antérieures avec leurs traits, avec le détail des faits dela manière suivante : « En ce temps-là j’avais tel nom, tellefamille, telle caste, tel mode de nourriture, j’éprouvais telplaisir et telle souffrance, j’atteignis tel âge. Alors étant sortide cette existence-là, j’accédai à cette autre. Là encore j’avaistel nom, telle famille, telle caste, tel mode de nourriture,j’éprouvais tel plaisir et telle souffrance, j’atteignis tel âge.Alors étant sorti de cette existence-là, j’accédai à cette autre,et ainsi de suite”. Dans ce terrain également, beaucoup de mesauditeurs demeurent étant arrivés à la perfection de lacompréhension directe.
« En outre, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode, voient avec leur œilsurhumain purifié qui dépasse la capacité de l’œil humainordinaire, les êtres qui sortent d’ici et qui renaissent ailleurs,et ils reconnaissent comment les êtres sont bas ou élevés, beaux oulaids, heureux ou malheureux d’après les actes qu’ils ont commis :“Ces honorables êtres vivants ayant une mauvaise conduite par lecorps, ayant une mauvaise conduite par la parole, ayant unemauvaise conduite par la pensée, ayant insulté les êtres nobles,avaient des opinions fausses, ont pratiqué des actes suivant cesopinions fausses et par conséquent, après la dislocation du corps,après la mort, ils sont nés dans la déchéance, dans lesdestinations mauvaises, dans les états ruinés, dans l’enfer.Cependant, ces honorables êtres ayant une bonne conduite par lecorps, ayant une bonne conduite par la parole, ayant une bonneconduite par la pensée, n’ayant pas insulté les êtres nobles,avaient des opinions correctes, pratiquaient des actes suivant cesopinions correctes et par conséquent, après la dislocation ducorps, après la mort, ils sont nés dans des destinations bonnes,dans des états célestes”. De cette façon, ils reconnaissent parl’oeil surhumain purifié qui dépasse la qualité humaine, commentles êtres sont bas ou élevés, beaux ou laids, heureux ou malheureuxd’après les actes qu’ils ont commis.
« C’est tout comme, ô Udāyi, un homme qui a des yeux, debout surune terrasse au milieu d’une place, voit les gens qui entrent dansla maison et aussi ceux qui en sortent et aussi ceux qui circulentçà et là, et aussi ceux qui restent assis au milieu de la place. Ilse dit : “Ces gens entrent dans la maison, ils sortent de lamaison, ils circulent çà et là, ils restent assis au milieu de laplace”. De même, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode, voient avec leur œilsurhumain purifié qui dépasse la capacité de l’œil humainordinaire, les êtres qui sortent d’ici et qui renaissent ailleurs,et ils reconnaissent comment les êtres sont bas ou élevés, beaux oulaids, heureux ou malheureux d’après les actes qu’ils ont commis :“Ces honorables êtres vivants ayant une mauvaise conduite par lecorps, ayant une mauvaise conduite par la parole, ayant unemauvaise conduite par la pensée, ayant insulté les êtres nobles,avaient des opinions fausses, ont pratiqué des actes suivant cesopinions fausses et par conséquent, après la dislocation du corps,après la mort, ils sont nés dans la déchéance, dans lesdestinations mauvaises, dans les états ruinés, dans l’étatinfernal. Cependant, ces honorables êtres ayant une bonne conduitepar le corps, ayant une bonne conduite par la parole, ayant unebonne conduite par la pensée, n’ayant pas insulté les êtres nobles,avaient des opinions correctes, pratiquaient des actes suivant cesopinions correctes et par conséquent, après la dislocation ducorps, après la mort, ils sont nés dans des destinations bonnes,dans des états célestes”. De cette façon, ils reconnaissent parl’œil surhumain purifié qui dépasse la qualité humaine, comment lesêtres sont bas ou élevés, beaux ou laids, heureux ou malheureuxd’après les actes qu’ils ont commis. Sur ce terrain également,beaucoup de mes auditeurs demeurent étant arrivés à la perfectionde la compréhension directe.
« En outre, ô Udāyi, j’ai expliqué une méthode à mes auditeurset ceux qui ont accédé à cette méthode, atteignant la libération dela pensée et la libération par la haute sagesse, à la suite del’élimination de leurs écoulements mentaux toxiques et au moyen deleur propre connaissance surhumaine, à tel point qu’ils sont enmesure, dans cette vie même, d’entrer et de demeurer dans ces étatsmentaux dépourvus des écoulements mentaux toxiques.
« C’est tout comme, ô Udāyi, un étang pur, bien clair, limpide,au sommet d’une montagne. Un homme qui a des yeux reste debout surla rive, y voit des coquillages, du gravier et du sable, et un bancde poissons tantôt circulant et tantôt immobile. Il se dit : “Voiciun étang pur, bien clair, immaculé, dans un massif de montagne. Unhomme qui a des yeux reste debout sur la rive, y voit descoquillages, du gravier et du sable, et un banc de poissons tantôtcirculant et tantôt immobiles”. De même, ô Udāyi, j’ai expliqué uneméthode à mes auditeurs et ceux qui ont accédé à cette méthode, ontatteint la libération de la pensée et la libération par la hautesagesse, à la suite de la destruction de leurs écoulements mentauxtoxiques et cela au moyen de leur propre connaissance surhumaine, àtel point qu’ils sont en mesure, dans cette vie même, d’entrer etde demeurer dans ces états mentaux dépourvus des écoulementsmentaux toxiques. Sur ce terrain également, beaucoup de mesauditeurs demeurent étant arrivés à la perfection de lacompréhension directe. Cela constitue, ô Udāyi, la cinquièmequalité pour laquelle mes auditeurs m’honorent, me respectent, merévèrent, me vénèrent et qu’ils vivent auprès de moi en m’honoranten me respectant.
« Telles sont, ô Udāyi, les cinq qualités pour lesquelles mesauditeurs m’honorent, me respectent, me révèrent, me vénèrent etqu’ils vivent auprès de moi en m’honorant et en me respectant.
Ainsi parla le Bienheureux. Le paribbājaka Sakuludāyi, heureux,se réjouit des paroles du Bienheureux.
Commentaires [4]
English
Việt Ngữ