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Traductions [25]

Les rois renoncent à la royauté

Ainsi ai-je entendu : une fois leBienheureux séjournait dans le manguier de Makhādèva, situé près deMithilā. Arrivé à un certain endroit, le Bienheureux esquissa unsourire. L’ayant vu, l’Āyasmanta Ānanda se dit : “Pour quellecause, pour quelle raison, le Bienheureux a-t-il esquissé unsourire ? Les Tathāgatas n’esquissent pas un sourire sans raisonvalable”. L’Āyasmanta Ānanda alors, ayant arrangé son vêtement dedessus sur une seule épaule, rendit hommage au Bienheureux et dit :« Vénéré, pour quelle cause, pour quelle raison, le Bienheureuxa-t-il esquissé un sourire ? Les Tathāgatas n’esquissent pas unsourire sans raison valable. »

Le Bienheureux dit : « Autrefois, ô Ānanda, ici même, dans ceMithilā, il y avait un roi nommé Makhādèva, un juste, un roi quirégnait selon la droiture, qui se fondait sur la droiture, qui secomportait selon la droiture parmi les brāhmanes ainsi que parmiles chefs de famille, parmi les gens des bourgades ainsi que lesgens des provinces. Il observait l’Uposātha, dans les quatorzièmeet quinzième jours et le huitième jour de la lune croissante et dela lune décroissante. À la suite de nombreuses années, à la suitede plusieurs centaines d’années, à la suite de plusieurs milliersd’années, un jour, il s’adressa à son coiffeur en ces termes : « Ôcher coiffeur, lorsque vous verrez des cheveux blancs sur ma tête,dites-le moi. »

« Oui, sire », répondit le coiffeur. Alors, ô Ānanda, à la suitede nombreuses années, à la suite de plusieurs centaines d’années, àla suite de plusieurs milliers d’années, un jour, le coiffeur vitquelques cheveux blancs sur la tête du roi Makhādèva. Les ayantvus, le coiffeur informa le roi : « Sire, les “messagers divins”sont apparus : quelques cheveux blancs se trouvent sur la tête devotre majesté. » Le roi dit : « Dans ce cas, ô cher coiffeur,retirez soigneusement à l’aide de pinces fines ces cheveux blancs,et mettez-les sur ma paume. »

« Oui, Sire », répondit le coiffeur. Ensuite, il retirasoigneusement avec des pinces fines les cheveux blancs et il lesplaça sur la paume du roi.

Le roi Makhādèva, ô Ānanda, donna un village comme cadeau royalau coiffeur. Ensuite il s’adressa à son fils aîné et dit : « Ô cherprince, pour moi sont apparus les “messagers divins”, c’est-à-direque des cheveux blancs se trouvent sur ma tête. J’ai goûté desplaisirs sensuels humains. Il est temps maintenant de chercher desplaisirs sensuels divins. Venez, cher prince, gouvernez ce royaume.Quant à moi, je coupe ma barbe et mes cheveux, puis ayant revêtudes vêtements kāsāya, je quitte lavie de foyer pour la vie sans foyer. Ô cher prince, quand vousverrez un jour des cheveux blancs sur votre tête, vous alors, aprèsavoir conféré formellement le pouvoir du royaume à votre fils aîné,ayant coupé votre barbe et vos cheveux, ayant revêtu des vêtementskāsāya, quittez la vie de foyerpour la vie sans foyer. Cette bonne coutume établie par moi doitêtre maintenue. En ce qui concerne cela, vous ne devez pas être ladernière personne. Ô cher prince, quand il existe deux individus,si cette coutume est interrompue par l’un d’eux, celui-ci sera ladernière personne. C’est pourquoi, ô cher prince je vous dis ceci :cette bonne coutume établie par moi doit être maintenue. En ce quiconcerne cela, vous ne devez pas être la dernière personne.

Ensuite, ô Ānanda, le roi Makhādèva donna un village commecadeau royal au coiffeur. Puis le roi Makhādèva conféraformellement le pouvoir du royaume à son fils aîné, et, étantarrivé dans ce même bois de manguiers de Makhādèva, il coupa sabarbe et ses cheveux, ayant revêtu des vêtements kāsāya, il quitta la vie de foyer pour la viesans foyer. Ensuite, il y demeura en étendant la pensée de labienveillance vers une direction. Puis vers la deuxième direction,vers la troisième direction, vers la quatrième direction,au-dessus, en dessous et tout autour, vers tout le monde danstoutes les directions, et il y demeura en étendant la bienveillancequi est une pensée abondante, majestueuse, sans limite, sans haine,sans aversion. Ensuite, ô Ānanda, il y demeura en étendant lapensée de la compassion vers une direction. Puis vers la deuxièmedirection, […]. Ensuite, ô Ānanda, il ydemeura en étendant la pensée de joie sympathique vers unedirection. Puis, vers la deuxième direction, vers la troisièmedirection, vers la quatrième direction […]. Ensuite, ô Ānanda, il y demeura en étendant lapensée d’équanimité vers une direction. Puis, vers la deuxièmedirection, vers la troisième direction, vers la quatrième directionau-dessus, en dessous et tout autour, vers tout le monde danstoutes les directions, et il y demeura en étendant l’équanimité quiest une pensée abondante, majestueuse, sans limite, sans haine,sans aversion.

Ainsi, ô Ānanda, le roi Makhādèva avait joui pendantquatre-vingt-quatre mille années de son adolescence ; pendantquatre-vingt-quatre mille années il avait été le vice-roi. ;pendant quatre-vingt-quatre mille années il avait régné. Ayantquitté le foyer pour une vie sans foyer, dans ce même bois demanguiers de Makhādèva, pendant quatre-vingt-quatre mille années,pendant quatre-vingt-quatre mille années il avait suivi la conduitesublime. Il avait développé les quatre demeures sublimes, parconséquent, après la dislocation de son corps, après sa mort, ilétait parvenu au monde des Brahmās.

Ensuite, ô Ānanda, le fils du roi Makhādèva, à la suite denombreuses années, à la suite de nombreuses centaines d’années, àla suite de nombreux milliers d’années, s’adressa à son coiffeur etdit : « Ô cher coiffeur, lorsqu’un jour vous verrez des cheveuxblancs sur ma tête, dites-le moi ».

« Oui, sire », répondit le coiffeur. Alors, ô Ānanda, à la suitede nombreuses années, à la suite de plusieurs centaines d’années, àla suite de plusieurs milliers d’années, un jour, le coiffeur vitquelques cheveux blancs sur la tête du roi Makhādèva. Les ayantvus, le coiffeur informa le roi : « Sire, les “messagers divins”sont apparus : quelques cheveux blancs se trouvent sur la tête devotre majesté. » Le roi dit : « Dans ce cas, ô cher coiffeur,retirez soigneusement à l’aide de pinces fines ces cheveux blancs,et mettez-les sur ma paume ». « Oui, Sire » répondit le coiffeur aufils du roi Makhādèva. Ensuite, il retira soigneusement avec despinces fines les cheveux blancs et il les plaça sur la paume duroi.

Le fils du roi Makhādèva, ô Ānanda, donna un village commecadeau royal au coiffeur. Ensuite il s’adressa à son fils aîné etdit : « Ô cher prince, pour moi sont apparus les “messagersdivins”, c’est-à-dire que des cheveux blancs se trouvent sur matête. J’ai goûté des plaisirs sensuels humains. Il est tempsmaintenant de chercher des plaisirs sensuels divins. Venez, cherprince, gouvernez ce royaume. Quant à moi, je coupe ma barbe et mescheveux, puis ayant revêtu des vêtements kāsāya, je quitte la vie de foyer pour la vie sans foyer.Ô cher prince, quand vous verrez un jour des cheveux blancs survotre tête, vous alors, après avoir transmis formellement leroyaume à votre fils aîné, ayant coupé votre barbe et vos cheveux,ayant revêtu des vêtements kāsāya,quittez la vie de foyer pour la vie sans foyer. Cette bonne coutumeétablie par moi doit être maintenue. En ce qui concerne cela, vousne devez être la dernière personne. Ô cher prince, quand il existedeux individus, si cette coutume est interrompue par l’un deux,celui-ci sera la dernière personne. C’est pourquoi, ô cher princeje vous dis ceci : Cette bonne coutume établie par moi doit êtremaintenue. En ce qui concerne cela, vous ne devez pas être ladernière personne.

Ensuite, ô Ānanda, le fils du roi Makhādèva donna un villagecomme un cadeau royal pour le coiffeur. Puis le fils du roiMakhādèva conféra formellement le pouvoir du royaume à son filsaîné, et, étant arrivé dans ce même bois de manguiers de Makhādèva,il coupa sa barbe et ses cheveux, ayant revêtu des vêtementskāsāya, il quitta la vie de foyerpour la vie sans foyer. Ensuite, il y demeura en étendant la penséede la bienveillance vers une direction. Puis vers la deuxièmedirection, vers la troisième direction, vers la quatrièmedirection, au-dessus, en dessous et tout autour, vers tout le mondedans toutes les directions, et il y demeura en étendant labienveillance qui est une pensée abondante, majestueuse, sanslimite, sans haine, sans aversion. Ensuite, ô Ānanda, il y demeuraen étendant la pensée de la compassion vers une direction. Puisvers la deuxième direction, […]. Ensuite,ô Ānanda, il y demeura en étendant la pensée de joie sympathiquevers une direction. Puis, vers la deuxième direction, vers latroisième direction, vers la quatrième direction […]. Ensuite, ô Ānanda, il y demeura en étendant lapensée d’équanimité vers une direction. Puis, vers la deuxièmedirection, vers la troisième direction, vers la quatrième directionau-dessus, en dessous et tout autour, vers tout le monde danstoutes les directions, et il y demeura en étendant l’équanimité quiest une pensée abondante, majestueuse, sans limite, sans haine,sans aversion.

Ainsi, ô Ānanda, le fils du roi Makhādèva avait joui pendantquatre-vingt-quatre mille années de son adolescence ; pendantquatre-vingt-quatre mille années il avait été le vice-roi ; pendantquatre-vingt-quatre mille années il avait régné. Ayant quitté lefoyer pour une vie sans foyer, dans ce même Bois de manguiers deMakhādèva, pendant quatre-vingt-quatre mille années, il avait suivila conduite sublime. Il avait développé les quatre demeuressublimes, par conséquent, après la dislocation de son corps, aprèssa mort, il était parvenu au monde des Brahmās.

Ensuite, ô Ānanda, les descendants du fils du roi Makhādèva, lesquatre-vingt-quatre mille Khattiyas des générations suivantes,étant arrivés dans ce même bois de manguiers de Makhādèva, secoupèrent la barbe et les cheveux, ayant revêtu des vêtementskāsāya, ils quittèrent la vie defoyer pour la vie sans foyer. Ensuite, ils y demeurèrent enétendant la pensée de la bienveillance vers une direction. Puisvers la deuxième direction, vers la troisième direction, vers laquatrième direction, au-dessus, en dessous et tout autour, verstout le monde dans toutes les directions, et ils y demeurèrent enétendant la bienveillance qui est une pensée abondante,majestueuse, sans limite, sans haine, sans aversion. Ensuite, ôĀnanda, et ils y demeurèrent en étendant la pensée de la compassionvers une direction. Puis vers la deuxième direction, […]. Ensuite, ô Ānanda, ils y demeurèrent en étendantla pensée de joie sympathique vers une direction. Puis, vers ladeuxième direction, vers la troisième direction, vers la quatrièmedirection […]. Ensuite, ô Ānanda, ils ydemeurèrent en étendant la pensée d’équanimité vers une direction.Puis, vers la deuxième direction, vers la troisième direction, versla quatrième direction au-dessus, en dessous et tout autour, verstout le monde dans toutes les directions, et ils y demeurèrent enétendant l’équanimité qui est une pensée abondante, majestueuse,sans limite, sans haine, sans aversion.

Ainsi, ô Ānanda, les descendants du roi Makhādèva avaient jouipendant quatre-vingt-quatre mille années de leur adolescence ;pendant quatre-vingt-quatre mille années ils avaient été lesvice-rois ; pendant quatre-vingt-quatre mille années ils avaientrégné. Ayant quitté le foyer pour une vie sans foyer, dans ce mêmeBois de manguiers de Makhādèva, pendant quatre-vingt-quatre milleannées, ils avaient suivi la conduite sublime. Ils avaientdéveloppé les quatre demeures sublimes, par conséquent, après ladislocation de leur corps, après leur mort, ils étaient parvenus aumonde des Brahmās.

Le dernier de ces descendants était le roi Nimi, un roi justequi régnait selon la droiture, qui était fondé sur la droiture, quise comportait selon la droiture parmi les brāhmanes ainsi que parmiles chefs de famille, parmi les gens des bourgades ainsi que lesgens des provinces.

Autrefois, ô Ānanda, lorsque les dieux de Tāvatiṃsa étaientensemble assis dans la salle de réunion nommée Sudhammā, seproduisit parmi eux cette digression : « Ô honorables, c’est unavantage, c’est un profit pour les gens de Vidèhas que le roi Nimiy règne en tant que roi juste qui règne selon la droiture, qui estfondé sur la droiture, qui se comporte selon la droiture parmi lesbrāhmanes ainsi que parmi les chefs de famille, parmi les gens desbourgades ainsi que les gens des provinces. Il observe l’Uposātha,dans les quatorzième et quinzième jours et le huitième jour de lalune croissante et de la lune décroissante.

À ce moment-là, ô Ānanda, Sakka qui est le chef des dieuxs’adressa aux dieux de Tāvatiṃsa : « Ô seigneurs heureux,voulez-vous voir le roi Nimi ? »

« Oui, ô seigneur heureux, nous voulons voir le roi Nimi », futleur réponse.

En ce temps-là, le roi Nimi, en ce jour de pleine lune, ayantlavé ses cheveux, en observant l’Uposātha, resta assis à l’étagesupérieur du palais.

Sakka, chef des dieux, en partant de l’assemblée des dieux deTāvatiṃsa, tout comme un homme fort étend son bras plié ou plie sonbras étendu, se présenta devant le roi Nimi, et dit : « Ô grandroi, c’est un avantage pour vous, c’est un profit pour vous.Lorsque les dieux de Tāvatiṃsa étaient ensemble assis dans la sallede réunion nommée Sudhammā, se produisit parmi eux cettedigression : « Ô honorables, c’est un avantage, c’est un profitpour les gens de Vidèhas que le roi Nimi y règne en tant qu’un roijuste qui règne selon la droiture, qui est fondé sur la droiture,qui se comporte selon la droiture parmi les brāhmanes ainsi queparmi les chefs de famille, parmi les gens des bourgades ainsi queles gens des provinces. Il observe l’Uposātha, dans les quatorzièmeet quinzième jours et le huitième jour de la lune croissante et dela lune décroissante. » Ô grand roi, les dieux veulent vous voir.Je vous enverrai un véhicule divin tiré par mille chevaux de racenoble. Ô grand roi, montez dans ce véhicule divin sanshésitation. »

Le roi Nimi, ô Ānanda, accepta l’invitation par son silence. LeSakka, chef des dieux, sachant que le roi Nimi avait accepté soninvitation, tout comme un homme fort étend son bras plié ou plieson bras étendu, se présenta devant les dieux de Tāvatiṃsa.

Ensuite, ô Ānanda, Sakka, le chef des dieux, s’adressa à Mātali,son cocher : « Venez, cher ami Mātali, ayant dressé un véhiculetiré par mille chevaux de race noble, approchez du roi Nimi. Vousétant approché dites-lui ceci : « Voici, ô grand roi, le véhiculetiré par mille chevaux de race noble, le véhicule divin envoyé parSakka, chef des dieux. Ô grand roi, montez dans ce véhicule divinsans hésitation. »

« Que la volonté de l’honorable soit réalisée », réponditMātali, le cocher de Sakka, chef des dieux. Ensuite, il dressa unvéhicule tiré par mille chevaux de race noble, s’approcha du roiNimi. S’étant approché il lui dit : « Voici, ô grand roi, levéhicule tiré par mille chevaux de race noble, le véhicule divinenvoyé par Sakka, chef des dieux. Ô grand roi, montez dans cevéhicule divin sans hésitation. Par quelle route, ô grand roi,dois-je vous emmener ? Par la route où les gens éprouvent lesmauvaises conséquences de leurs actes mauvais, ou bien par la routeoù les gens éprouvent les bonnes conséquences pour leurs actesbons ? »

« Conduisez-moi, à travers ces deux routes, ô Mātali », réponditle roi Nèmi.

Mātali, le cocher, conduisit le roi Nèmi à la salle Sudhammā. ÔĀnanda, de loin Sakka, chef des dieux, vit le roi Nimi qui venait.L’ayant vu, il dit au roi Nimi : « Venez, grand roi. Bienvenue,grand roi. Les dieux de Tāvatiṃsa, ô grand roi, restent assis dansla salle de Sudhammā parlant et faisant votre éloge en disant : “Ôhonorables, c’est un avantage, c’est un profit pour les gens deVidèhas que le roi Nimi y règne en tant qu’un roi juste qui règneselon la droiture, qui est fondé sur la droiture, qui se comporteselon la droiture parmi les brāhmanes ainsi que parmi les chefs defamille, parmi les gens des bourgades ainsi que les gens despeuplements récents. Il observe l’Uposātha, dans les quatorzième etles quinzième jours et le huitième jour de la lune croissante et dela lune décroissante”. Ô grand roi, les dieux de Tāvatiṃsa veulentvous voir. Réjouissez-vous de cette majesté céleste, étant parmiles dieux. »

Le roi Nimi dit « Assez, ô seigneur heureux, reconduisez-moi àMithilā. Là-bas je me comporterai selon la droiture, parmi lesbrāhmanes ainsi que parmi les chefs de famille, parmi les gens desbourgades ainsi que les gens des provinces. J’observerail’Uposātha, dans les quatorzième et quinzième jours et le huitièmejour de la lune croissante et de la lune décroissante. »

Ensuite, ô Ānanda, Sakka, le chef des dieux s’adressa à soncocher Mātali et dit : « Venez, cher Mātali. Ayant dressé unvéhicule tiré par mille chevaux de race noble, reconduisez le roiNimi à Mithilā ».

« Que la volonté de l’honorable soit réalisée », répondit Mātalià Sakka, chef des dieux. Puis ayant dressé un véhicule tiré parmille chevaux de race noble, il reconduisit le roi Nimi à Mithilā.Ainsi, ô Ānanda, à Mithilā, le roi Nimi se comporta selon ladroiture, parmi les brāhmanes ainsi que parmi les chefs de famille,parmi les gens des bourgades ainsi que les gens des provinces. Ilobservait l’Uposātha, dans les quatorzième et quinzième jours et lehuitième jour de la lune croissante et de la lune décroissante.

Ô Ānanda, le roi Nimi, à la suite de nombreuses années, à lasuite de nombreuses centaines d’années, à la suite de nombreuxmilliers d’années, s’adressa à son coiffeur et dit : « Ô chercoiffeur, lorsqu’un jour vous verrez des cheveux blancs sur matête, dites-le moi ». « Oui, sire », répondit le coiffeur. Alors, ôĀnanda, à la suite de nombreuses années, à la suite de plusieurscentaines d’années, à la suite de plusieurs milliers d’années, unjour, le coiffeur vit quelques cheveux blancs sur la tête du roiNimi. Les ayant vus, le coiffeur informa le roi : « Sire, les“messagers divins” sont apparus : quelques cheveux blancs setrouvent sur la tête de votre majesté. »

« Dans ce cas, ô cher coiffeur, retirez soigneusement à l’aidede pinces fines ces cheveux blancs, et mettez-les sur ma paume ».« Oui, Sire » répondit le coiffeur au fils du roi Makhādèva.Ensuite, il retira soigneusement avec des pinces fines les cheveuxblancs et il les plaça sur la paume du roi.

Le roi Nimi, ô Ānanda, donna un village comme cadeau royal aucoiffeur. Ensuite il s’adressa à son fils aîné et dit : « Ô cherprince, pour moi sont apparus les “messagers divins”, c’est-à-direque des cheveux blancs se trouvent sur ma tête. J’ai goûté desplaisirs sensuels humains. Il est temps maintenant de chercher desplaisirs sensuels divins. Venez, cher prince, gouvernez ce royaume.Quant à moi, je coupe ma barbe et mes cheveux, puis ayant revêtudes vêtements kāsāya, je quitte lavie de foyer pour la vie sans foyer. Ô cher prince, quand vousverrez un jour des cheveux blancs sur votre tête, vous alors, aprèsavoir conféré formellement le pouvoir du royaume à votre fils aîné,ayant coupé votre barbe et vos cheveux, ayant revêtu des vêtementskāsāya, quittez la vie de foyerpour la vie sans foyer. Cette bonne coutume établie par moi doitêtre maintenue. En ce qui concerne cela, vous ne devez pas être ladernière personne. Ô cher prince, quand il existe deux individus,si cette coutume est interrompue par l’un deux, celui-ci sera ladernière personne. C’est pourquoi, ô cher prince je vous dis ceci :ce bon processus établi par moi doit être maintenu. En ce quiconcerne cela, vous ne devez pas être la dernière personne.

Ensuite, ô Ānanda, le roi Nimi donna un village comme un cadeauroyal au coiffeur. Puis le roi Nimi conféra formellement le pouvoirdu royaume à son fils aîné, et, étant arrivé dans ce même bois demanguiers de Makhādèva, il coupa sa barbe et ses cheveux, ayantrevêtu des vêtements kāsāya, ilquitta la vie de foyer pour la vie sans foyer. Ensuite, il ydemeura en étendant la pensée de la bienveillance vers unedirection.

Puis vers la deuxième direction, vers la troisième direction,vers la quatrième direction, au-dessus, en dessous et tout autour,vers tout le monde dans toutes les directions, et il y demeura enétendant la bienveillance qui est une pensée abondante,majestueuse, sans limite, sans haine, sans aversion. Ensuite, ôĀnanda, il y demeura en étendant la pensée de la compassion versune direction. Puis vers la deuxième direction, […]. Ensuite, ô Ānanda, il y demeura en étendant lapensée de joie sympathique vers une direction. Puis, vers ladeuxième direction, vers la troisième direction, vers la quatrièmedirection […]. Ensuite, ô Ānanda, il ydemeura en étendant la pensée d’équanimité vers une direction.Puis, vers la deuxième direction, vers la troisième direction, versla quatrième direction au-dessus, en dessous et tout autour, verstout le monde dans toutes les directions, et il y demeura enétendant l’équanimité qui est une pensée abondante, majestueuse,sans limite, sans haine, sans aversion.

Ainsi, ô Ānanda, le roi Nimi avait joui pendantquatre-vingt-quatre mille années de son adolescence ; pendantquatre-vingt-quatre mille années il avait été le vice-roi ; pendantquatre-vingt-quatre mille années il avait régné. Ayant quitté lefoyer pour une vie sans foyer, dans ce même bois de manguiers deMakhādèva, pendant quatre-vingt-quatre mille années, il avait suivila conduite sublime. Il avait développé les quatre demeuressublimes, par conséquent, après la dislocation de son corps, aprèssa mort, il était parvenu au monde des Brahmās.

Le fils aîné du roi Nimi, ô Ānanda, était le roi Kalārajanaka.Celui-ci n’avait pas quitté la vie de foyer pour une vie sansfoyer. Ainsi, il a rompu ce bon processus. Il fut donc l’homme quia fini [la tradition du roi Makhādèva].Vous pouvez penser, ô Ānanda, que le roi Makhādèva, le fondateur dece bon processus, était quelqu’un d’autre. Cela ne doit pas être vuainsi, ô Ānanda. Le roi Makhādèva qui a établi ce bon processus, àcette époque-là, c’était moi. C’est moi qui avais établi ce bonprocessus. Les générations suivantes me suivaient. Cependant, ôĀnanda, ce bon processus ne conduisit pas les gens audésenchantement, au détachement, à la cessation, à l’apaisement, àl’entendement direct, à la compréhension parfaite, au nibbāna, mais simplement il conduisit àl’arrivée dans le monde des Brahmās. Par contre, maintenant, ôĀnanda, le bon processus présenté par moi, conduit àl’insensibilité, au détachement, à la cessation, au discernementdirect, à la compréhension parfaite, au nibbāna. Quel est, ô Ānanda, le bon processus qui conduità l’insensibilité, au détachement, à la cessation, au discernementdirect, à la compréhension parfaite, au nibbāna, présenté par moi, maintenant ? Ce bon processus,ô Ānanda, n’est autre que la Noble Voie octuple, c’est-à-dire lavue juste, la pensée juste, la parole juste, l’action juste, lemoyen d’existence juste, l’effort juste, l’attention juste et laconcentration mentale juste. Cela est, ô Ānanda, le bon processusprésenté par moi, qui conduit directement à l’insensibilité, audésenchantement, au détachement, à la cessation, au discernementdirect, à la compréhension parfaite, au nibbāna. À ce propos, ô Ānanda, je vous dis ceci : “Vousdevez maintenir cette bonne conduite établie par moi. Ne soyez pasl’individu à cause duquel ce bon processus serait terminé”.Lorsque, ô Ānanda, deux hommes demeurent ; celui qui a l’idée derompre ce bon processus sera le dernier parmi ces deux hommes. À cepropos, ô Ānanda, je vous dis ceci : “Vous devez maintenir ce bonprocessus établi par moi. Ne soyez pas l’individu à cause duquel cebon processus serait terminé”. »

Ainsi parla le bienheureux. L’Āyasmanta Ānanda, heureux, seréjouit des paroles du Bienheureux.

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