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Traductions [16]

Khemā

En une occasion, le Béni séjournait près de Sāvatthī, dans leBois de Jeta, le monastère d’Anāthapiṇḍika. Et en cette occasion,Khemā la moniale, qui errait parmi les Kosalans, avait prisrésidence entre Sāvatthī et Sāketa, à Toraṇavatthu. Le roi PasenadiKosala, alors qu’il allait de Sāketa à Sāvatthī, prit résidencepour la nuit entre Sāvatthī et Sāketa, à Toraṇavatthu. Là, ils’adressa à un certain homme : « Viens, mon brave. Va voir s’il y aà Toraṇavatthu le type de contemplatif ou de brahmane à qui jepourrais rendre visite aujourd’hui. »

« Oui, sire, » répondit l’homme au roi. Mais bien qu’ayantparcouru Toraṇavatthu en tous sens, il ne découvrit pas le type decontemplatif ou de brahmane à qui le roi aurait pu rendre visite.En revanche, il vit Khemā la moniale qui résidait à Toraṇavatthu.L’ayant vue, il alla auprès du roi Pasenadi Kosala et, étantarrivé, lui dit : « Sire, il n’y a pas à Toraṇavatthu le type decontemplatif ou de brahmane à qui votre majesté pourrait rendrevisite. En revanche, il y a une moniale qui s’appelle Khemā, unedisciple du Béni, digne et justement éveillé par lui-même. Et cettedame a une bonne réputation : ‘Elle est sage, compétente,intelligente, instruite, éloquente, d’une vivacité d’espritadmirable.’ Votre majesté pourrait lui rendre visite. »

Alors le roi Pasenadi Kosala alla auprès de la moniale Khemā et,étant arrivé, s’étant prosterné devant elle, il s’assit sur uncôté. Alors qu’il était assis là, il lui dit : « Dame, est-ce quele Tathāgata existe après la mort ? »

« Grand roi, ceci n’a pas été déclaré par le Béni : ‘LeTathāgata existe après la mort.’ »

« Bien, alors, dame, est-ce que le Tathāgata n’existe pas aprèsla mort ? »

« Grand roi, ceci non plus n’a pas été déclaré par le Béni : ‘LeTathāgata n’existe pas après la mort.’ »

« Alors, est-ce que le Tathāgata à la fois existe et n’existepas après la mort ? »

« Ceci n’a pas été déclaré par le Béni : ‘Le Tathāgata à la foisexiste et n’existe pas après la mort’ »

« Bien, alors, est-ce que le Tathāgata ni existe ni n’existe pasaprès la mort ? »

« Ceci non plus n’a pas été déclaré par le Béni : ‘Le Tathāgatani existe ni n’existe pas après la mort.’ »

« Dame, quand je vous ai demandé si le Tathāgata existe après lamort, vous avez dit : ‘Ceci n’a pas été déclaré par le Béni : « LeTathāgata existe après la mort. »’ Quand je vous ai demandé si leTathāgata n’existe pas après la mort… à la fois existe et n’existepas après la mort… ni existe ni n’existe pas après la mort, vousavez dit : ‘Ceci non plus n’a pas été déclaré par le Béni : « LeTathāgata ni existe ni n’existe pas après la mort. »’ Quelle est lacause, quelle est la raison, pour laquelle ceci n’a pas été déclarépar le Béni ? »

« Très bien, grand roi, je vais vous interroger en retour sur lemême sujet. Répondez comme vous le souhaitez. Que pensez-vous,grand roi ? Avez-vous un comptable ou un homme qui calcule pourvous, ou un mathématicien qui peut dire que le nombre des grains desable du Gange s’élève à ‘tant de grains de sable’ ou à ‘tant decentaines de grains de sable’ ou à ‘tant de milliers de grains desable’ ou à ‘tant de centaines de milliers de grains desable’ ? »

« Non, dame. »

« Alors avez-vous un comptable ou un homme qui calcule pourvous, ou un mathématicien qui peut dire que la quantité d’eau dansle grand océan s’élève à ‘tant de seaux d’eau’ ou à ‘tant decentaines de seaux d’eau’ ou à ‘tant de milliers de seaux d’eau’ ouà ‘tant de centaines de milliers de seaux d’eau’ ? »

« Non, dame. Pourquoi ? Le grand océan est profond, illimité,difficile à sonder. »

« De la même manière, grand roi, toute forme physique grâce àlaquelle quelqu’un qui décrirait le Tathāgata le décrirait :celle-ci, le Tathāgata l’a abandonnée, sa racine détruite, renduepareille à une souche de palmier, privée des conditions dedéveloppement, non destinée à une future apparition. Libéré de laclassification de la forme, grand roi, le Tathāgata est profond, illimité, difficile à sonder,pareil à l’océan. ‘Le Tathāgataexiste après la mort’ ne s’applique pas. ‘Le Tathāgata n’existe pas après la mort’ nes’applique pas. ‘Le Tathāgata à lafois existe et n’existe pas après la mort’ ne s’applique pas. ‘LeTathāgata ni existe ni n’existepas après la mort’ ne s’applique pas.

« Toute sensation… Toute perception… Toute fabrication…

« Toute conscience grâce à laquelle quelqu’un qui décrirait leTathāgata le décrirait : celle-ci,le Tathāgata l’a abandonnée, saracine détruite, rendue pareille à une souche de palmier, privéedes conditions de développement, non destinée à une futureapparition. Libéré de la classification de la forme, grand roi, leTathāgata est profond, illimité,difficile à sonder, pareil à l’océan. ‘Le Tathāgata existe après la mort’ ne s’applique pas. ‘LeTathāgata n’existe pas après lamort’ ne s’applique pas. ‘Le Tathāgata à la fois existe et n’existe pas après la mort’ne s’applique pas. ‘Le Tathāgata ni existe ni n’existe pas après lamort’ ne s’applique pas. »

Alors le roi Pasenadi Kosala, se délectant des paroles de Khemāla moniale et les approuvant, se leva, se prosterna devant elle etpartit, la laissant sur la droite.

Plus tard, il alla auprès du Béni et, étant arrivé, s’étantprosterné devant le Béni, il s’assit sur un côté. Alors qu’il étaitassis là [il posa au Béni les mêmes questions quecelles qu’il avait posées à Khemā la moniale, et obtint précisémentles mêmes réponses et analogies. Puis il s’exclama :]

« C’est étonnant, seigneur ! C’est merveilleux ! Comme lasignification et la manière de s’exprimer du maître et du disciples’accordent, coïncident, et ne divergent pas les unes des autres ence qui concerne l’enseignement suprême ! Récemment, seigneur, jesuis allé auprès de Khemā la moniale et, étant arrivé, je l’aiinterrogée à ce sujet, et elle m’a répondu en utilisant les mêmesmots, les mêmes expressions que le Béni. C’est étonnant, seigneur !C’est merveilleux ! Comme la signification et la manière des’exprimer du maître et du disciple s’accordent, coïncident, et nedivergent pas les unes des autres en ce qui concerne l’enseignementsuprême !

« Maintenant, seigneur, nous devons partir. Nombreux sont nosdevoirs, nombreuses sont nos responsabilités. »

« Alors grand roi, faites ce que vous pensez qu’il estmaintenant temps de faire. »

Et donc le roi Pasenadi Kosala, se délectant des paroles du Béniet les approuvant, se leva, se prosterna devant le Béni et partit,le laissant sur la droite.

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