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Traductions [24]

Comment doit-on réagir ?

Ainsi ai-je entendu : une fois, leBienheureux séjournait à Kusinārā, dans un bosquet nomméBaḷiharaṇa. Là-bas, le Bienheureux s’adressa aux bhikkhus endisant : « ô bhikkhus ».

« Oui, Vénéré », répondirent ces bhikkhus.

Le Bienheureux dit : « Que pensez-vous de moi, ô bhikkhus ?Pensez-vous que le Samana Gōtama enseigne la Doctrine pour obtenirpour lui des cīvaras ? Ou bien,pensez-vous que le Samana Gōtama enseigne la Doctrine pour obtenirla nourriture qu’il reçoit dans son bol à aumône ? Ou bienpensez-vous que le Samana Gōtama enseigne la Doctrine pour obtenirpour lui des lieux de séjours ? Ou bien, pensez-vous que le SamanaGōtama enseigne la Doctrine pour obtenir pour lui le bonheur danstelle ou telle existence ?

Les bhikkhus répondirent : « Non, Vénéré. Nous ne pensons pas àpropos du Bienheureux qu’il enseigne la Doctrine pour obtenir pourlui des cīvaras, ou qu’il enseignela Doctrine pour obtenir la nourriture qu’il reçoit dans son bol àaumône, ou qu’il enseigne la Doctrine pour obtenir pour lui deslieux de séjours, ou qu’il enseigne la Doctrine pour obtenir pourlui le bonheur dans telle ou telle existence. »

– Certainement vous ne pensez pas : « le Samana Gōtama enseignela Doctrine pour obtenir pour lui des cīvaras, ou qu’il enseigne la Doctrine pour obtenir lanourriture qu’il reçoit dans son bol à aumône, ou qu’il enseigne laDoctrine pour obtenir pour lui des lieux de séjours, ou qu’ilenseigne la Doctrine pour obtenir pour lui le bonheur dans telle outelle existence ». Alors, que pensez-vous de moi ?

– Vénéré, nous pensons du Bienheureux de la façon suivante : “LeBienheureux est compatissant ; son souhait est le bien-être desautres. Alors, il enseigne la Doctrine par pitié à l’égard desautres”.

– Certainement vous pensez de moi de la façon suivante : « LeBienheureux est compatissant ; son souhait est le bien-être desautres. Alors, il enseigne la Doctrine par pitié à l’égard desautres ». Dans ce cas-là, ô bhikkhus, voici les points doctrinauxenseignés par moi : les quatre bases de l’attention, les quatreefforts répétitifs corrects, les quatre bases de puissancesurnaturelle, les cinq facultés, les cinq forces, les sept facteursd’Éveil, et les huit sections de la Voie Noble. Tels sont, ôbhikkhus, les points doctrinaux que j’ai enseignés, les sachantmoi-même par ma compréhension directe, et dans lesquels vous devezvous entraîner, étant harmonieux, avec un respect mutuel, sansdispute. Lorsque vous vous entraînez, étant harmonieux, avec unrespect mutuel, sans dispute, il est possible que deux bhikkhusaient des opinions différentes des points doctrinaux profonds. Sicette idée vous vient : “Les positions de ces deux Āyasmantas sontdifférentes en ce qui concerne le sens et l’explication”. Alors,vous devez vous approcher du bhikkhu à qui on peut parlerfacilement et il faut lui dire ceci : “Ô Āyasmantas, vous avez despositions différentes en ce qui concerne le sens et l’explication.Les Āyasmantas doivent savoir pour quelle et quelle raison il y aune différence en ce qui concerne le sens et l’explication. Que lesĀyasmantas n’entrent pas dans une dispute”. Ainsi le propos prisd’une façon incorrecte doit être considéré comme un proposincorrect. Ayant considéré comme incorrect le propos pris d’unefaçon incorrecte, il faut prononcer la Doctrine et laDiscipline.

Ô bhikkhus, si cette réflexion vous vient : “Ces deux Āyasmantasont des positions différentes en ce qui concerne le sens, mais uneposition similaire en ce qui concerne l’explication. Alors, vousdevez vous approcher du bhikkhu à qui on peut parler facilement etil faut lui dire ceci : “Ô Āyasmantas, vous avez des positionsdifférentes en ce qui concerne le sens mais vous avez une positionsimilaire en ce qui concerne l’explication. Les Āyasmantas doiventsavoir pour quelle et quelle raison il y a une différence en ce quiconcerne le sens et pour quelle raison il y a une positionsimilaire en ce qui concerne l’explication. Que cela n’entraîne pasentre vous une dispute”. Ensuite, vous devez vous approcher d’unbhikkhu à qui on peut parler facilement, et qui se trouve du côtéde ceux qui ont la position opposée, et il faut lui dire : “ÔĀyasmantas, vous avez des positions différentes en ce qui concernele sens, mais vous avez une position similaire en ce qui concernel’explication. Les Āyasmantas doivent savoir pour quelle et quelleraison il y a une différence en ce qui concerne le sens et pourquelle raison il y a une position similaire en ce qui concernel’explication. Que les Āyasmantas n’entrent pas dans une dispute”.Ainsi le propos pris d’une façon incorrecte doit être considérécomme un propos incorrect et le propos pris d’une façon correctedoit être considéré comme un propos correct. Ayant considéré commeincorrect le propos pris d’une façon incorrecte et ayant considérécomme correct le propos pris d’une façon correcte, il fautprononcer la Doctrine et la Discipline.

Ô bhikkhus, si cette réflexion vous vient : “Ces deux Āyasmantasont une position similaire en ce qui concerne le sens, mais uneposition différente en ce qui concerne l’explication”. Alors, vousdevez vous approcher du bhikkhu à qui on peut parler facilement etil faut lui dire ceci : “Ô Āyasmantas, vous avez une positionsimilaire en ce qui concerne le sens mais vous avez une positiondifférente en ce qui concerne l’explication. Les Āyasmantas doiventsavoir pour quelle et quelle raison il y a une similitude en ce quiconcerne le sens et pour quelle raison il y a une positiondifférente en ce qui concerne l’explication. Que vous n’arriviezpas dans une dispute à cause de ce peu de chose”. Ensuite, vousdevez vous approcher d’un bhikkhu à qui on peut parler facilementet qui se trouve du côté opposé, et il faut lui dire : “ÔĀyasmantas, vous avez des positions similaires en ce qui concernele sens mais une position différente en ce qui concernel’explication. Les Āyasmantas doivent savoir pour quelle et quelleraison il y a une position similaire en ce qui concerne le sens etpour quelle raison il y a une position différente en ce quiconcerne l’explication. Que les Āyasmantas n’entrent pas dans unedispute pour ce peu de chose”. Ainsi le propos pris d’une façoncorrecte doit être considéré comme un propos correct et le propospris d’une façon incorrecte doit être considéré comme un proposincorrect. Ayant considéré comme correct le propos pris d’une façoncorrecte et ayant considéré comme incorrect le propos pris d’unefaçon incorrecte, il faut prononcer la Doctrine et laDiscipline.

Ô bhikkhus, si cette réflexion vous vient : “Ces deux Āyasmantasont une position similaire en ce qui concerne le sens, et aussi uneposition similaire en ce qui concerne l’explication. Alors, vousdevez vous approcher du bhikkhu à qui on peut parler facilement etil faut lui dire ceci : “Ô Āyasmantas, tous les deux vous avez uneposition similaire en ce qui concerne le sens et en ce qui concernel’explication. Les Āyasmantas doivent savoir pour quelle raison ily a une position similaire entre vous en ce qui concerne le sens eten ce qui concerne l’explication. Que vous n’arriviez plus dans unedispute”. Ensuite, vous devez vous approcher d’un bhikkhu à qui onpeut parler facilement et qui se trouve du côté de ceux qui sontdans le côté opposé, et il faut lui dire : “Ô Āyasmanta, vous avezdes positions similaires en ce qui concerne le sens et aussi vousavez une position similaire en ce qui concerne l’explication. LesĀyasmantas doivent savoir pour quelle raison il y a une positionsimilaire entre vous en ce qui concerne le sens et en ce quiconcerne l’explication. Que les Āyasmantas n’entrent plus dans unedispute”. Ainsi le propos pris d’une façon correct doit êtreconsidéré comme un propos correct et le propos pris d’une façonincorrecte doit être considéré comme un propos incorrect. Ayantconsidéré comme correct le propos pris d’une façon correcte etayant considéré comme incorrect le propos pris d’une façonincorrecte, il faut prononcer la Doctrine et la Discipline.

Lorsque vous vous entraînez, étant harmonieux, avec un respectmutuel, sans dispute, il est possible qu’un bhikkhu tombe dans unefaute ou qu’il transgresse [une règleétablie]. Dans ce cas, ô bhikkhus, sans aller le luireprocher tout de suite, il faut examiner le cas de ce bhikkhu, ense disant : “Je ne serai pas troublé. L’autre personne ne sera pasblessée. Elle ne sera pas fâchée ou haineuse. Elle n’est pasattachée fermement à sa position et elle y renoncera facilement. Jepeux dégager cette personne de sa position inefficace et négativeet la remettre dans une position efficace et positive”. Si cetteréflexion se produit chez vous, ô bhikkhus, alors il est convenablede lui en parler.

Ô bhikkhus, si cette réflexion vous vient : “Je ne serai pastroublé. L’autre personne ne sera pas blessée. Elle ne sera pasfâchée ou haineuse. Elle n’est pas attachée fermement à sa positionet elle y renoncera facilement. Je peux dégager cette personne desa position inefficace et négative et la remettre dans une positionefficace et positive. Même si elle est blessée, ce n’est pas trèsgrave. Le plus important est que je puisse dégager cette personnede sa position inefficace et négative et la remettre dans uneposition efficace et positive”. Si cette réflexion se produit chezvous, ô bhikkhus, alors il est convenable de lui en parler.

Ô bhikkhus, si cette réflexion vous vient : “Je serai troublé,mais l’autre personne ne sera pas blessée. Elle ne sera pas fâchéeou haineuse. Bien qu’elle soit attachée fermement à sa position etqu’elle n’y renoncera pas facilement, je peux dégager cettepersonne de sa position inefficace et négative et la remettre dansune position efficace et positive. Même si je suis troublé, cen’est pas très grave. Le plus important est que je puisse dégagercette personne de sa position inefficace et négative et la remettredans une position efficace et positive.». Si cette réflexion seproduit chez vous, ô bhikkhus, alors il est convenable de lui enparler.

Ô bhikkhus, si cette réflexion vous vient : “Je serai troublé,et l’autre personne aussi sera blessée ; elle sera fâchée ethaineuse, elle est attachée fermement à sa position et elle n’yrenoncera pas facilement. Toutefois, je peux dégager cette personnede sa position inefficace et négative et la remettre dans uneposition efficace et positive. Même si je suis troublé, même sil’autre personne sera blessée, ce n’est pas très grave. Le plusimportant est que je puisse dégager cette personne de sa positioninefficace et négative et la remettre dans une position efficace etpositive”. Si cette réflexion se produit chez vous, ô bhikkhus,alors il est convenable de lui en parler.

Ô bhikkhus, si cette réflexion vous vient : “Je serai troublé etl’autre personne aussi sera blessée ; elle sera fâchée ou haineuse,elle est attachée fermement à sa position et elle n’y renoncera pasfacilement. Je ne peux pas dégager cette personne de sa positioninefficace et négative et la remettre dans une position efficace etpositive”. En ce qui concerne une telle personne, l’équanimité nedoit pas être sous-estimée.

Lorsque vous vous entraînez, étant harmonieux, avec un respectmutuel, sans dispute, il est possible qu’un frottement verbal, desopinions dominatrices, une contrariété, une amertume et undécouragement se produisent parmi vous. Alors, vous devez vousapprocher du bhikkhu à qui on peut parler facilement et il faut luidire ceci : “Alors que nous nous entraînons, étant harmonieux, avecun respect mutuel, sans dispute, se sont produits un frottementverbal, des opinions dominatrices, une contrariété, une amertume etun découragement. Si le Samana le savait, est-ce qu’il blâmeraitune telle situation ?”

Pour répondre correctement à cette question, l’autre bhikkhudoit dire : “Alors que nous nous entraînons, étant harmonieux, avecun respect mutuel, sans nous disputer, se sont produits unfrottement verbal, des opinions dominatrices, une contrariété, uneamertume et un découragement. Si le Samana le savait, il blâmeraitune telle situation”.

Cependant, ô frère, sans abandonner cette situationconflictuelle, peut-on atteindre le nibbāna ?

Pour répondre correctement à cette question, il faut dire : “Ôfrère, sans abandonner cette situation conflictuelle, on ne peutatteindre le nibbāna”.

Alors, vous devez vous approcher du bhikkhu à qui on peut parlerfacilement et il faut lui dire ceci : “Alors que nous nousentraînons, étant harmonieux, avec un respect mutuel, sans nousdisputer, se sont produits un frottement verbal, des opinionsdominatrices, une contrariété, une amertume et un découragement. Sile Samana le savait, est-ce qu’il blâmerait une telle situation ?Pour répondre correctement à cette question, l’autre bhikkhu doitdire : “Alors que nous nous entraînons, étant harmonieux, avec unrespect mutuel, sans nous disputer, se sont produits un frottementverbal, des opinions dominatrices, une contrariété, une amertume etun découragement. Si le Samana le savait, il blâmerait une tellesituation”.

« Cependant, ô frère, sans abandonner cette situationconflictuelle, peut-on atteindre le nibbāna ? »

Pour répondre correctement à cette question, il faut dire : “Ôfrère, sans abandonner cette situation conflictuelle, on ne peutpas atteindre le nibbāna”.

Si les autres demandent à ce bhikkhu : “Est-ce que c’est vousqui cherchez à dégager ces bhikkhus de leur position inefficace etnégative et à les remettre dans la position efficace et positive ?”Pour répondre correctement à cette question, le bhikkhu doit direceci : “Je me suis approché, ô frères, de l’endroit où se trouve leBienheureux. Il m’a prêché la Doctrine. Ayant écouté sa Doctrine,je l’ai prêchée à ces bhikkhus. L’ayant écoutée, ces bhikkhus sesont dégagés de leur position inefficace et négative et ils se sontremis dans la position efficace et positive”. En répondant de cettefaçon, ce bhikkhu ne s’exalte pas lui-même, ni ne condamne lesautres. Sa réponse est en accord avec la Doctrine et elle ne donneaucune raison légitime pour mal interpréter son intervention. »

Ainsi parla le Bienheureux. Les bhikkhus, heureux, se réjouirentdes paroles du Bienheureux.

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