Ainsi ai-je entendu : une fois, leBienheureux séjournait dans le Parc d’Anāthapiṇḍika, situé au boisde Jeta, près de la ville de Sāvatthi. En ce temps là, un jour, leBienheureux s’adressa aux bhikkhus, en disant : « Ô bhikkhus ».
« Oui, Vénéré », répondirent ces bhikkhus.
Le Bienheureux dit : « Chez un être immature, ô bhikkhus, ilexiste trois caractéristiques immatures, trois marques immatures,trois symptomatiques immatures. Quelles sont-elles ? L’êtreimmature, ô bhikkhus, pense aux choses mauvaises ; il parle deschoses mauvaises ; il fait des choses mauvaises. Si l’être immaturene pense pas aux choses mauvaises, s’il ne parle pas des chosesmauvaises, s’il ne fait pas des choses mauvaises, comment un êtreintelligent pourrait-il le reconnaître en disant : “C’est quelqu’und’immature, c’est quelqu’un d’incorrect” ? Puisque l’être immaturepense aux choses mauvaises, puisqu’il parle des choses mauvaises,puisqu’il fait des choses mauvaises, un être intelligent peut lereconnaître en disant : “C’est quelqu’un d’immature, c’estquelqu’un d’incorrect”.
L’être immature, ô bhikkhus, éprouve ici et maintenant, unchagrin et une peine, de trois situations : supposons qu’il soitassis dans une assemblée ou qu’il soit dans une rue, à uncarrefour. Les gens réunis dans ces endroits discutent sur dessujets importants. Dans le cas où l’être immature est quelqu’un quifait des fautes telles que tuer les êtres vivants, prendre deschoses appartenant aux autres, avoir des pratiques sexuellesillicites, proférer des mensonges, prendre des boissons enivrantesqui causent l’égarement et l’inattention, alors il pense : “Cesgens-là réunis dans ces endroits discutent sur des sujetsimportants, et ces sujets me concernent, car ils m’ont vu faisanttelle et telle chose”. C’est la première situation, ô bhikkhus, oùun être immature éprouve un chagrin et une peine ici etmaintenant.
Et encore, ô bhikkhus, lorsqu’un voleur coupable a été attrapé,l’être immature voit que les rois infligent à ce voleur diversessortes de punitions : il voit qu’ils le font flageller avec desfouets, frapper avec des bâtons, avec des gourdins, ils lui fontcouper les mains, les pieds, les mains et les pieds, les oreilles,le nez, et ils lui infligent des tortures telles que : Bilaṅgathālika, Saṅkhamuṇḍika, Rāhumukha,Jōtimālika, Hatthapajjōtika, Èrakavattika, Cirakavāsika, Èṇeyyaka, Baḷisamamsika,Kahāpaṇaka, Khārapaṭacchika, Palighaparivattika, Palālapiṭhaka. Ils font verser de l’huile bouillante surlui. Ils le font mordre par des chiens. Ils le font empaler. Ils ledécapitent avec des épées. En voyant cela, ô bhikkhus, l’êtreimmature pense : “C’est à cause de tel ou tel mauvais acte que lesrois attrapent le coupable et lui infligent diverses sortes detortures, de punitions : ils le font flageller avec des fouets,[…] ils le décapitent avec des épées. Moi,je suis quelqu’un qui m’occupe des mauvais actes. Si les roissavaient cela de moi, ils m’auraient attrapé et ils m’auraientinfligé les mêmes punitions diverses : ils me feraient flagelleravec des fouets, […], ils medécapiteraient avec des épées”. C’est la deuxième situation, ôbhikkhus, où un être immature éprouve un chagrin et une peine iciet maintenant.
Et encore, ô bhikkhus, lorsqu’un être immature reste assis surune chaise, ou bien qu’il reste allongé sur un lit, ou par terre, àce moment-là, il est envahi, il est couvert et il est enveloppé parles souvenirs des mauvais actes qu’il a commis dans le passé : lesmauvais actes corporels, les mauvais actes verbaux et les mauvaisactes mentaux, l’envahissent, le couvrent et l’enveloppent. Toutcomme l’ombre du sommet d’une grande montagne couvre, enveloppe laterre dans l’après-midi, tout comme elle s’étend sur la terre dansl’après-midi, de même, ô bhikkhus, lorsqu’un être immature resteassis sur une chaise, ou bien qu’il reste allongé sur un lit, oupar terre, à ce moment-là, il est envahi, il est couvert et il estenveloppé par les souvenirs des mauvais actes qu’il a commis dansle passé : les mauvais actes corporels, les mauvais actes verbauxet les mauvais actes mentaux. Alors, il lui vient : “Hélas, je n’aipas fait ce qui est bon, je n’ai pas fait ce qui est efficace etpositif, je ne me suis pas protégé de la peur. J’ai fait ce qui estmauvais, j’ai fait ce qui est cruel, j’ai fait ce qui est méchant.Quand je mourrai, je devrai aller à la destination de ceux quin’ont pas fait ce qui est bon, ceux qui n’ont pas fait ce qui estefficace et positif, ceux qui ne se sont pas protégés de leur peur.Ceux qui ont fait ce qui est mauvais, ce qui est cruel, ce qui estsans pitié”. En se disant cela, il se chagrine, il souffre, ildéplore et il se lamente en se frappant la poitrine et il arrive àla désillusion. C’est la troisième situation, ô bhikkhus, où unêtre immature éprouve un chagrin et une peine ici etmaintenant.
Un être immature, ô bhikkhus, qui s’est adonné à la conduitemauvaise par son corps, par sa parole et par son mental, à la suitede la dislocation de son corps, après la mort, renaît dans ladéchéance, dans les destinations mauvaises, dans les états ruinés,dans les états infernaux.
Si quelqu’un veut dire véridiquement ces mots : “C’est la chosequ’on ne doit jamais souhaiter ; c’est la chose la plusindésirable ; c’est la chose extrêmement désagréable”, c’est àpropos des états infernaux qu’il doit dire : “C’est la chose qu’onne doit jamais souhaiter ; c’est la chose la plus indésirable ;c’est la chose la plus désagréable”. Pour comparer à la souffrancedes états infernaux, ô bhikkhus, il n’est pas facile de trouver uneimage. »
Cela étant dit, un bhikkhu [qui était dansl’auditoire] demanda au Bienheureux : « Est-il possible,Vénéré, de nous présenter une parabole ? »
« C’est possible, ô bhikkhu, dit le Bienheureux : supposons, ôbhikkhus, qu’un voleur ait été attrapé par des hommes et soitprésenté au roi en disant : “Sire, voici le voleur coupable.Infligez une punition comme vous le voulez”. Le roi ordonne :“Allez, frappez cet homme cent fois avec des lances pendant lamatinée”. Les hommes le frappent cent fois avec des lances pendantla matinée. Vers midi, le roi demande aux hommes : “Commentva-t-il ?” Les hommes répondent : “Sire, il est toujours vivant”.Alors le roi ordonne à nouveau aux hommes : “Allez, frappez cethomme cent fois avec des lances à midi”. Les hommes le frappentcent fois avec des lances à midi. Vers la fin de l’après-midi, leroi demande aux hommes : “Comment va-t-il ?” Les hommes répondent :“Sire, il est toujours vivant”. Alors le roi ordonne à nouveau auxhommes : “Allez, frappez cet homme cent fois avec des lancespendant la fin de l’après-midi”. Les hommes le frappent cent foisavec des lances pendant la fin de l’après-midi. Qu’en pensez, ôbhikkhus ? Est-ce que cet homme éprouve une douleur, une souffranceà cause de ces coups reçus de trois cents lances ? »
– Vénéré, cet homme éprouverait la douleur, la souffrance même àcause du coup d’une seule lance. Que dire donc à propos des coupsde trois cents lances, répondirent les bhikkhus.
Le Bienheureux alors prit une pierre de taille dans sa main ets’adressa aux bhikkhus : “Qu’en pensez-vous, ô bhikkhus ? Quelleest la plus grande ? Est-ce cette pierre de taille de ma main, oubien l’Himavā qui est la plus grande des montagnes ?”
– Ce n’est rien, Vénéré, la pierre de taille de votre main, parrapport à l’Himavā qui est la plus grande des montagnes. Cettepierre n’est pas même une partie minuscule par rapport à l’Himavā.Celle-ci n’est pas comparable.
– De même, ô bhikkhus, la douleur et la souffrance de l’hommequi a reçu les coups de trois cents lances ne peuvent pas compterpar rapport à la souffrance et la douleur dans les états infernaux.Cette souffrance n’est pas même une partie minuscule par rapport àla souffrance des états infernaux. Cette souffrance n’est pascomparable.
Tantôt les gardiens des états infernaux infligent à cet individula torture dite ‘le supplice de cinq endroits à percer’. Ilspercent la main droite de l’homme avec un épieu en fer brûlant ;ils pénètrent la main gauche de l’homme avec un épieu en ferbrûlant ; ils percent le pied droit de l’homme avec un épieu en ferbrûlant ; ils percent le pied gauche de l’homme avec un épieu enfer brûlant ; ils percent la poitrine de l’homme avec un épieu enfer brûlant. Ainsi, cet individu éprouve une sensation extrêmementpénible et une souffrance aiguë ; pourtant il ne meurt pas tant quela force [néfaste] de ses mauvais actesest en vigueur.
Tantôt, ô bhikkhus, les gardiens des états infernaux enterrentcet individu à moitié et ils le frappent avec les haches. Ainsi,cet individu éprouve une sensation extrêmement pénible et unesouffrance aiguë ; pourtant il ne meurt pas tant que la force deses mauvais actes est en vigueur.
Tantôt, ô bhikkhus, les gardiens des états infernaux suspendentcet individu par les pieds et la tête en bas. Ensuite, ilsl’épluchent en deux avec une herminette. Ainsi, cet individuéprouve une sensation extrêmement pénible et une souffrance aiguë ;pourtant il ne meurt pas tant que la force de ses mauvais actes esten vigueur.
Tantôt, ô bhikkhus, les gardiens des états infernaux attellentcet individu à un char qui monte et qui descend sans cesse dans unterrain enflammé et brûlant. Ainsi, cet individu éprouve unesensation extrêmement pénible et une souffrance aiguë ; pourtant ilne meurt pas tant que la force de ses mauvais actes est envigueur.
Tantôt, ô bhikkhus, les gardiens des états infernaux, fontmonter et descendre cet individu à travers le précipice d’unemontagne de charbons brûlants. Ainsi, cet individu éprouve unesensation extrêmement pénible et une souffrance aiguë ; pourtant ilne meurt pas tant que la force de ses mauvais actes est envigueur.
Tantôt, ô bhikkhus, les gardiens des états infernaux pendent cetindividu par les pieds, la tête bas et ils le font plonger dans unchaudron embrasé, enflammé et brûlant. Il s’y brûle ayant le corpssemblable à de l’écume. [Malgré lui] il yplonge et monte tantôt vers la surface ayant le corps semblable àde l’écume, tantôt vers le bas, tantôt d’un côté à l’autre. Ainsi,cet individu éprouve une sensation extrêmement pénible et unesouffrance aiguë ; pourtant il ne meurt pas tant que la force deses mauvais actes est en vigueur.
Tantôt, ô bhikkhus, les gardiens des états infernaux le jettentdans le grand état infernal. Or, ce grand état infernal consiste enquatre sections quatre portails, un sur chaque côté, ce grand étatinfernal est entouré de grandes murailles en fer et fermées, etayant un toit en fer. Le sol est fabriqué en fer qui brûle, ayanttoujours des flammes, et sa dimension est de cent lieues.
Je pourrais décrire, ô bhikkhus, les états infernaux encoreplus, mais il est difficile de l’expliquer complètement car iln’est pas facile de trouver même une image pour comparer lasouffrance des états infernaux.
En outre, ô bhikkhus, il existe des êtres vivants considéréscomme des animaux qui mangent de l’herbe. Ils mangent des herbesmouillées ou sèches, après les avoir mastiquées avec leurs dents.Quels sont les êtres vivants qui mangent des herbes ? Ce sont leschevaux, les bovins, les ânes, les moutons, les daims, et biend’autres animaux qui mangent des herbes. L’individu immature quiétait gourmand, qui a commis des actes mauvais ici-bas, après ladislocation du corps, après sa mort, renaît parmi ces animaux quimangent des herbes.
Il existe, ô bhikkhus, des êtres vivants considérés comme desanimaux, mangeant des excréments. Ayant senti de loin l’odeur, ilscourent vers cet excrément en se disant : “Nous mangerons ici, nousmangerons ici”. C’est, ô bhikkhus, tout comme des brahmanes, qui,après avoir senti l’odeur d’un sacrifice, se précipitent vers unsacrifice, en se disant : “Nous mangerons ici, nous mangerons ici”.De même, ô bhikkhus, il existe des êtres vivants considérés commedes animaux, mangeant des excréments. Ayant senti de loin l’odeur,ils courent vers cet excrément en se disant : “Nous mangerons ici,nous mangerons ici”. Quels sont ces êtres vivants qui mangent desexcréments ? Ce sont les volailles, les cochons, les chiens, leschacals, et bien d’autres animaux qui mangent des excréments.L’individu immature qui était gourmand, qui a commis des actesmauvais ici-bas, après la dislocation du corps, après sa mort,renaît parmi ces animaux qui mangent des excréments.
Il existe, ô bhikkhus, des êtres vivants considérés comme desanimaux qui naissent, vieillissent et meurent dans l’obscurité.Quels sont, ô bhikkhus, ces êtres vivants considérés comme desanimaux et qui naissent, vieillissent et meurent dans l’obscurité ?Ce sont les papillons de nuit, les vers, les vers de terre et biend’autres êtres vivants qui naissent, vieillissent et meurent dansl’obscurité. L’individu immature qui était gourmand, qui a commisdes actes mauvais ici-bas, après la dislocation du corps, après samort, renaît parmi ces êtres vivants qui naissent, vieillissent etmeurent dans l’obscurité.
Il existe, ô bhikkhus, des êtres vivants considérés comme desanimaux qui naissent, vieillissent et meurent dans l’eau. Quelssont, ô bhikkhus ces êtres vivants considérés comme des animaux quinaissent, vieillissent et meurent dans l’eau ? Ce sont lespoissons, les tortues, les crocodiles et bien d’autres animaux quinaissent, vieillissent et meurent dans l’eau. L’individu immaturequi était gourmand, qui a commis des actes mauvais ici-bas, aprèsla dislocation du corps après sa mort, renaît parmi ces animaux quinaissent, vieillissent et meurent dans l’eau.
Il existe, ô bhikkhus, des êtres vivants considérés comme desanimaux qui naissent, vieillissent et meurent dans la saleté. Quelssont, ô bhikkhus, les êtres vivants considérés comme des animauxqui naissent, vieillissent et meurent dans la saleté ? Ce sont lesanimaux qui naissent, vieillissent et meurent dans les poissonspourris, dans les corps mortuaires pourris, ou dans du riz endécomposition, ou dans la fosse d’aisance ou dans un égout.L’individu immature qui était gourmand, qui a commis des actesmauvais ici-bas, après la dislocation du corps, après sa mort,renaît parmi ces animaux qui naissent, vieillissent et meurent dansla saleté.
Je pourrais décrire, ô bhikkhus, le royaume d’animaux encoreplus, mais il est difficile de l’expliquer complètement car iln’est pas facile de trouver une image pour comparer la souffrancedu royaume d’animaux.
Supposons, ô bhikkhus, qu’un homme jette un joug qui a un seultrou, dans l’océan. Le vent de l’est amène ce joug vers l’ouest. Levent de l’ouest l’amène vers l’est, le vent du nord l’amène vers lesud, le vent du sud l’amène vers le nord. Supposons qu’il y aitdans cet océan une tortue aveugle qui n’émergerait qu’une fois parsiècle. Qu’en pensez-vous, ô bhikkhus ? Cette tortue aveugleest-elle capable de passer son cou à travers le trou du joug ?
Les bhikkhus répondirent : « C’est possible, Vénéré, maisseulement très longtemps après. »
– Il est possible, Ô bhikkhus, que cette tortue aveugle puissefaire pénétrer un jour, même très longtemps après, son cou àtravers le seul trou de ce joug. Cependant, je dis, ô bhikkhus,qu’il est plus difficile pour l’individu immature tombé dans leroyaume d’animaux, de trouver une occasion de renaître à nouveauparmi les êtres humains. Pourquoi ? Parce que, ô bhikkhus, là-bas[dans le royaume des animaux], il n’y pasde conduite selon la doctrine, il n’y pas de conduite selon ladroiture : il n’y a pas de pratiques des choses bonnes etpositives ; il n’y a pas accumulation des actions méritoires.Là-bas, ô bhikkhus, il y a seulement des êtres qui se dévorentmutuellement et le fait de tuer et manger le plus faible.
Même très longtemps après, si l’individu immature naît parmi lesêtres humains, c’est dans une famille [decatégorie sociale] inférieure : dans une familled’intouchables, une famille de chasseurs, une famille d’artisans dubambou, une famille de fabricants de charrettes, une familled’éboueurs – il naît dans une telle famille, étant pauvre, sanssuffisamment à manger et à boire, ayant obtenu difficilement unseul vêtement pour couvrir son dos. Ayant une apparence laide, uncorps disgracié, malade, aveugle, les mains boiteuses, éclopé, ouparalysé ; il n’obtient ni suffisamment à manger et à boire, nivêtements appropriés, ni véhicules, ni guirlandes, ni onguents, niparfum, ni sièges , ni logements, ni lampes. Ainsi, [dans cette nouvelle naissance, également] cet êtreimmature commet de mauvais actes par le corps, par la parole et parle mental ; et en conséquence, après la dislocation de son corps,après sa mort, après la mort, il naît dans la déchéance, dans lesdestinations mauvaises, dans les états ruinés, dans les étatsinfernaux.
Supposons, ô bhikkhus, qu’il y ait un joueur (dans un jeu dehasard) qui perde son fils dès le premier lancement de ses dés,ensuite son épouse, et sa propriété ; et finalement lui-même vadevenir prisonnier [du vainqueur]. Il estinsignifiant, ô bhikkhus, le fait que ce joueur perde son fils dèsle premier lancement de ses dés, ensuite son épouse, et sapropriété et que finalement lui-même devienne prisonnier[du vainqueur]. C’est une perte beaucoupmoins importante, ô bhikkhus, que la perte de l’être immature quicommet des mauvais actes par le corps, par la parole et par lemental. Car en conséquence, après la dislocation de son corps,après sa mort, après la mort, il naît dans la déchéance, dans lesdestinations mauvaises, dans les états ruinés, dans les étatsinfernaux. C’est le comble de la situation [ridicule] de l’être immature.
Chez un être intelligent, ô bhikkhus, il existe troiscaractéristiques intelligentes, trois marques intelligentes, troisqualités intelligentes. Quelles sont-elles ? L’être intelligent, ôbhikkhus, pense aux choses bonnes ; il parle des choses bonnes ; ilfait des choses bonnes. Si l’être intelligent ne pense pas auxchoses bonnes, s’il ne parle pas des choses bonnes, s’il ne faitpas des choses bonnes, comment un autre être intelligentpourrait-il le reconnaître en disant : “C’est quelqu’und’intelligent, c’est quelqu’un de correct” ? Puisque l’êtreintelligent pense aux choses bonnes, puisqu’il parle des chosesbonnes, puisqu’il fait des choses bonnes, un autre être intelligentpeut le reconnaître en disant : “C’est quelqu’un d’intelligent,c’est quelqu’un de correct”.
L’être intelligent, ô bhikkhus, éprouve ici et maintenant, unbonheur et une joie, de trois situations : supposons qu’il soitassis dans une assemblée ou qu’il soit dans une rue à un carrefour.Les gens réunis dans ces endroits discutent sur des sujetsimportants. Dans le cas où l’être intelligent est quelqu’un qui necommet pas de fautes telles que tuer les êtres vivants,[…], prendre des boissons enivrantes quicausent l’égarement et l’inattention, alors il pense : “Ces gens-làréunis dans ces endroits discutent sur des sujets importants, etces sujets ne me concernent pas, car ils m’ont vu ne faisant pastelle et telle chose”. C’est la première situation, ô bhikkhus, oùun être mature éprouve un bonheur et une joie ici etmaintenant.
Et encore, ô bhikkhus, lorsqu’un voleur coupable a été attrapé,l’être intelligent voit que les rois infligent diverses sortes depunitions : il voit qu’ils le font flageller avec des fouets,frapper avec des bâtons, avec des gourdins, ils lui font couper lesmains, les pieds, […]. Ils font verser del’huile bouillante sur lui. Ils le font mordre par des chiens. Ilsle font empaler. Ils le décapitent avec des épées. En voyant cela,ô bhikkhus, l’être intelligent pense : « C’est à cause de tel outel mauvais acte que les rois attrapent le coupable et luiinfligent diverses sortes de tortures, de punitions : ils le fontflageller avec des fouets, […] Ils ledécapitent avec des épées. Moi, je suis quelqu’un qui ne s’occupepas des mauvais actes. Personne ne m’a vu faisant tel et telmauvais acte. C’est la deuxième situation, ô bhikkhus, où un êtreintelligent éprouve un bonheur et une joie ici et maintenant.
Et encore, ô bhikkhus, lorsqu’un être intelligent reste assissur une chaise, ou bien qu’il reste allongé sur un lit, ou parterre, à ce moment-là, il est envahi, il est couvert et il estenveloppé par les souvenirs des actes bons qu’il a commis dans lepassé : de bons actes corporels, de bons actes verbaux et de bonsactes mentaux, l’envahissent, le couvrent et l’enveloppent. Toutcomme l’ombre du sommet d’une grand montagne couvre, enveloppe laterre dans l’après-midi, tout comme elle s’étend sur la terre dansl’après-midi, de même, ô bhikkhus, lorsqu’un être intelligent resteassis sur une chaise, ou bien qu’il reste allongé sur un lit, oupar terre, à ce moment-là, il est envahi, il est couvert et il estenveloppé par les souvenirs des bons actes qu’il a commis dans lepassé : de bons actes corporels, de bons actes verbaux et de bonsactes mentaux. Alors, il lui vient : “J’ai fait ce qui est bon,j’ai fait ce qui est efficace et positif, je me suis protégé de lapeur. Je n’ai pas fait ce qui est mauvais, j’ai fait ce qui estbon, […]. Quand je meurs, je dois aller àla destination de ceux qui ont fait ce qui est bon, ceux qui ontfait ce qui est efficace et positif, ceux qui se sont protégés deleur peur. Ceux qui ont fait ce qui est bon”. En se disant ainsi,il ne se chagrine pas, il ne souffre pas, il ne déplore pas et ilne se lamente pas en se frappant la poitrine et il n’arrive pas àla désillusion. C’est la troisième situation, ô bhikkhus, où unêtre intelligent éprouve le bonheur et la joie ici etmaintenant.
Un être intelligent, ô bhikkhus, qui s’est donné à la conduitebonne par son corps, par sa parole et par son mental, à la suite dela dislocation de son corps, après la mort, il renaît dans unedestination heureuse, dans un état céleste.
Si quelqu’un veut dire véridiquement ces mots : “C’est la choseuniquement heureuse ; c’est la chose uniquement désirable ; c’estla chose uniquement agréable”, c’est à propos des états célestesqu’il doit dire : “C’est la chose uniquement heureuse ; c’est lachose uniquement désirable ; c’est la chose la plus uniquementagréable”. Pour comparer le bonheur des états célestes, ô bhikkhus,il n’est pas facile de trouver une image. »
Cela étant dit, un bhikkhu [qui était dansl’auditoire] demanda au Bienheureux : « Est-il possible,Vénéré, de nous présenter une parabole. »
« C’est possible, ô bhikkhu », dit le Bienheureux. « Supposons,ô bhikkhus, qu’un souverain qui met en marche la Roue soit pourvude sept éléments précieux et quatre sortes de succès et, enconséquence, il éprouve un bonheur et une joie. À ce propos quelssont ces sept éléments précieux ? Un jour d’Upōsatha, le quinzième de la quinzaine,lorsqu’un roi qui a été intronisé, s’étant lavé la tête, ayantobservé les préceptes d’Upōsatha,arrive à l’étage supérieur du palais, se produit pour lui la Roueprécieuse, complète de toutes manières, qui a mille rayons et desmoyeux. L’ayant vue, il lui vient cette idée : “J’ai entendu direque si un roi khattiya qui a été intronisé, s’étant lavé la tête,ayant observé les préceptes d’Upōsatha, arrive à l’étage supérieur du palais, et que seproduit pour lui la Roue précieuse complète de toutes manières, quia mille rayons et des moyeux, alors il deviendra un roi qui met enmarche la Roue. Je me demande si je peux être ce roi qui met enmarche la Roue !”.
Ensuite, ce roi, s’étant levé de son siège, ayant mis sonvêtement de dessus sur une seule épaule, avec respect, portant dansla main gauche la cruche en or, asperge la Roue précieuse d’eausacrée avec la main droite en disant : “Que l’honorable Roueprécieuse se mette en marche ! Que l’honorable Roue précieuseapporte la victoire [sur les quatre parties de laterre] !” La Roue précieuse se met en marche dans ladirection de l’Est. Le souverain qui met en marche la Roue et sonarmée de quatre divisions la suivent. Ainsi le roi et son armée dequatre divisions arrivent à l’endroit où s’arrêta la Roueprécieuse.
Dans la direction de l’Est, ô bhikkhus, s’il y a des roisadversaires, ils s’approchent du souverain qui met en marche laRoue. S’étant approchés ils lui disent : “Venez, grand roi !Bienvenue au grand roi ! Ces royaumes sont à vous, grand roi.Donnez-nous des instructions”.
Alors, le souverain qui met en marche la Roue leur donne desconseils : “Il ne faut pas tuer les êtres vivants. Il ne faut pasprendre de choses qui n’ont pas été données. Il ne faut pas avoirde relations sexuelles illicites. Il ne faut pas proférer demensonges. Il ne faut pas prendre de boissons enivrantes. Dansl’avenir le pays doit manger comme vous mangez”. Dans la directionde l’Est, s’il y avait des rois adversaires, dorénavant ilsdeviennent les vassaux du souverain qui met en marche la Roue.
Ensuite, la Roue précieuse se met en marche et ayant plongé dansl’océan de l’Est, puis ayant émergé, se met en marche dans ladirection du Sud […]. Ensuite, la Roueprécieuse se met en marche et ayant plongé dans l’océan du Sud,puis ayant émergé, se met en marche dans la direction de l’Ouest.[…]. Ensuite, la Roue précieuse se met enmarche et ayant plongé dans l’océan de l’Ouest, puis ayant émergé,se met en marche dans la direction du Nord. Le souverain qui met enmarche la Roue et son armée de quatre divisions la suivent. Lesouverain qui met en marche la Roue avec son armée de quatredivisions arrive à l’endroit où s’arrêta la Roue précieuse.
Dans la direction du Nord, ô bhikkhus, s’il y avait des roisadversaires, ils s’approchent du souverain qui met en marche laRoue. S’étant approchés ils lui disent : “Venez, grand roi !Bienvenue au grand roi ! Ces royaumes sont à vous, grand roi.Donnez-nous des conseils”. Alors, le souverain qui met en marche laRoue leur donne des conseils : “Il ne faut pas tuer les êtresvivants. […] Dans l’avenir le pays doitmanger comme vous mangez”. Dans la direction du Nord, s’il y avaiteu des rois adversaires, dorénavant ils deviennent les vassaux dusouverain qui met en marche la Roue.
Ensuite, la Roue précieuse, ayant dominé la terre jusqu’àl’océan, étant retournée à la capitale, s’arrête fermement en facede la salle du jugement située devant la porte de la citéintérieure du souverain qui met en marche la Roue. C’est ainsi, ôbhikkhus, que pour le souverain qui met en marche la Roue apparaîtune telle Roue précieuse.
En outre, ô bhikkhus, pour le souverain qui met en marche laRoue apparaît un Éléphant précieux. C’est un grand éléphant royaldont le corps entier est blanc, qui touche la terre en sept partiesde son corps, ayant une puissance surnaturelle, qui peut sepromener dans le vide; il est appelé Upōsatha. L’ayant vu, le souverain qui met en marche laRoue, charmé, a cette idée : “Si cet éléphant était arrivé toutdompté, il serait un très bon véhicule”. Alors, ô bhikkhus, cetéléphant devint dompté tout comme un propice éléphant dompté.Autrefois, ô bhikkhus, le souverain qui met en marche la Roue, pourexaminer l’Éléphant précieux, pendant la matinée, en partant surlui, s’étant promené autour de la terre jusqu’à l’Océan, retourna àla capitale et prit son petit déjeuner. C’est ainsi, ô bhikkhus,que pour le souverain qui met en marche la Roue apparaît un telÉléphant précieux.
En outre, ô bhikkhus, pour le souverain qui met en marche laRoue apparaît un Cheval précieux. C’est un grand cheval royal dontle corps entier est blanc, la tête est noire ; il a les poils commedes herbes délicates, ayant une puissance surnaturelle, il estcapable de se promener dans le vide ; il est appelé Valāhaka.L’ayant vu, le souverain qui met en marche la Roue, charmé, a cetteidée : “Si ce cheval était tout dompté, il serait un très bonvéhicule”. Alors, ô bhikkhus, ce cheval devint dompté tout comme unpropice cheval dompté de la famille d’Ājāniya. Autrefois, ôbhikkhus, le souverain qui met en marche la Roue, pour examiner leCheval précieux, pendant la matinée, en partant sur lui, s’étantpromené autour de la terre jusqu’à l’Océan, retourna à la capitaleet prit son petit déjeuner. C’est ainsi, ô bhikkhus, que pour lesouverain qui met en marche la Roue apparaît un tel Chevalprécieux.
En outre, ô bhikkhus, pour le souverain qui met en marche laRoue apparaît une Gemme précieuse. C’est une émeraude propice néed’une façon correcte, bien taillée sur ses huit côtés, limpide,bien claire, parfaite à tout point de vue. La lumière de cetteGemme précieuse, ô bhikkhus, se propage jusqu’à une lieue dedistance. Autrefois, ô bhikkhus, le souverain qui met en marche laRoue, pour examiner la Gemme précieuse, ayant organisé son armée dequatre divisions, ayant mis la Gemme précieuse sur le mât dupavillon royal se mit en route dans la grande ténèbre de la nuit. Ôbhikkhus, les villages qui se trouvaient sur le trajet commencèrentles travaux de la journée, en pensant que c’était le lever du jour.C’est ainsi, ô bhikkhus, que pour le souverain qui met en marche laRoue apparaît une telle Gemme précieuse.
En outre, ô bhikkhus, pour le souverain qui met en marche laRoue apparaît une Dame précieuse. Elle est ravissante, gracieuse,charmante, pourvue d’une complexion extrêmement belle, ni tropgrande, ni trop petite, ni trop grosse, ni trop mince, ni tropnoire, ni trop blanche, mais ayant une élégance divine qui surpassel’élégance [d’une femme] humaine. Ôbhikkhus, lorsqu’on touche la peau de cette Dame précieuse, celaest comme si l’on touchait du coton ordinaire ou du coton battu.Ses membres sont chauds pendant la saison froide. Ses membres sontfroids pendant la saison chaude. Du corps de cette Dame précieuseémane un parfum de santal. De sa bouche émane un parfum de lotus.Cette Dame précieuse, se lève avant que le souverain qui met enmarche la Roue ne se lève, et elle ne se retire qu’après qu’il soitallé se coucher. Elle fait tout selon la volonté du souverain quimet en marche la Roue, pour faire plaisir au roi. Elle parle pourfaire plaisir au souverain qui met en marche la Roue. Cette Dameprécieuse, ô bhikkhus, ne trahit jamais le souverain qui met enmarche la Roue, même par la pensée. Que dire donc d’une trahisonpar le corps ! Ainsi, ô bhikkhus, pour le souverain qui met enmarche la Roue apparaît une telle Dame précieuse.
En outre, ô bhikkhus, pour le souverain qui met en marche laRoue apparaît un maître précieux de la maison royale. Ce maître dela maison royale est pourvu d’un œil surhumain né d’un résultatkammique, tel qu’il peut voir la richesse ayant propriétaire, et larichesse sans propriétaire. Il s’approche du souverain qui met enmarche la Roue et dit : “Seigneur, soyez assuré. Si vous avezbesoin de faire quelque chose de la richesse, je m’en occupe[pour trouver la richesse]”. Autrefois, ôbhikkhus, le souverain qui met en marche la Roue afin d’examiner cemaître de la maison royale, étant monté sur un bateau, étaitdescendu dans le fleuve Gaṅgā et dit au maître de la maisonroyale : “J’ai besoin, ô maître de la maison royale, d’or brut etd’or raffiné”. Le maître de la maison royale répondit : “Il fautque le bateau parvienne à la rive”. Le roi dit : “Non, ô maître demaison royale, c’est ici et maintenant que j’ai besoin d’or”. Ôbhikkhus, le maître de maison royale toucha l’eau avec ses mains,et fit sortir de l’eau un pot plein d’or brut et d’or raffiné etdit au souverain qui met en marche la Roue : “Grand roi, est-ceassez ? Ai-je bien accompli ma tâche en agissant ainsi ? Votredemande, ainsi, a-t-elle été bien respectée ?” Le souverain qui meten marche la Roue répondit : “Oui, chef de la maison royale, c’estassez. Vous avez bien accompli votre tâche en agissant ainsi. Mademande, ainsi, a été bien respectée”. C’est ainsi, ô bhikkhus, quepour le souverain qui met en marche la Roue apparaît un tel maîtreprécieux de la maison royale.
En outre, ô bhikkhus, pour le souverain qui met en marche laRoue apparaît un délégué chef précieux. Il est savant, expérimenté,intelligent, il sait faire venir devant le souverain qui met enmarche la Roue celui qui devait venir, et renvoyer celui qui devaitêtre renvoyé. Il s’approche du souverain qui met en marche la Roueet dit : “Seigneur, soyez assuré. Moi-même je donne desinstructions [aux ministres, au pays]”.Ainsi, ô bhikkhus, pour le souverain qui met en marche la Roueapparaît un délégué chef précieux.
C’est de cette façon, ô bhikkhus, que le souverain qui met enmarche la Roue est pourvu de sept éléments précieux.
En outre, ô bhikkhus, le souverain qui met en marche la Roue estpourvu de quatre sortes de puissance surnaturelle. Quelles sont cesquatre sortes ? Le souverain qui met en marche la Roue est, ôbhikkhus, extrêmement beau, élégant, impressionnant, pourvu d’unecomplexion extrêmement belle qui dépasse celle des autres êtreshumains. Ainsi, ô bhikkhus, le souverain qui met en marche la Roueest pourvu de cette première puissance surnaturelle.
En outre, ô bhikkhus, le souverain qui met en marche la Roue aune longue vie. Il vit beaucoup plus longtemps que les autres êtreshumains. Ainsi, ô bhikkhus, le souverain qui met en marche la Roueest pourvu de cette deuxième puissance surnaturelle.
En outre, ô bhikkhus, le souverain qui met en marche la Roue apeu de maladies, peu de problèmes physiques, la chaleur intérieurede son corps n’est ni trop forte ni trop faible, mais elle est aujuste milieu de sorte qu’il ait une digestion beaucoup pluséquilibrée que celle des autres êtres humains. Ainsi, ô bhikkhus,le souverain qui met en marche la Roue est pourvu de cettetroisième puissance surnaturelle.
En outre, ô bhikkhus, le souverain qui met en marche la Roue estaimable à l’égard des brāhmanes et des chefs de famille. Tout commeun père est aimable envers ses fils, de même, ô bhikkhus, lesouverain qui met en marche la Roue est aimable envers lesbrāhmanes et les chefs de famille. Les brāhmanes et les chefs defamilles sont eux aussi aimables envers le souverain qui met enmarche la Roue. Tout comme les fils sont aimables envers leur père,de même, ô bhikkhus, les brāhmanes et les chefs de familles sontaimables envers le souverain qui met en marche la Roue. Autrefois,ô bhikkhus, le souverain qui met en marche la Roue, pourvu de sesquatre divisions armées, est parti vers le jardin. Alors, ôbhikkhus, les brāhmanes et les chefs de famille, s’approchèrent dusouverain qui met en marche la Roue et lui dirent : “Sire, avancezdoucement pour que nous puissions vous regarder longtemps”. Quantau souverain qui met en marche la Roue, ô bhikkhus, lui aussi dit àson cocher : “Cher cocher, amenez-moi doucement pour que je puisseregarder longtemps les brāhmanes et les chefs de famille”. Ainsi, ôbhikkhus, le souverain qui met en marche la Roue est pourvu decette quatrième puissance surnaturelle. C’est de cette façon, quele souverain qui met en marche la Roue est pourvu de quatrepuissances surnaturelles.
Qu’en pensez-vous, ô bhikkhus ? Le souverain qui met en marchela Roue éprouve-t-il un bonheur et une joie à cause des septéléments précieux et des quatre puissances surnaturelles ?
– Vénéré, le souverain qui met en marche la Roue éprouverait unbonheur et une joie même à cause d’un seul élément précieux qu’ilpossède. Que dire donc à propos de sept éléments précieux, et dequatre puissances surnaturelles !
Le Bienheureux alors prit une pierre de la taille de sa main ets’adressa aux bhikkhus : « Qu’en pensez-vous, ô bhikkhus ? Quelleest la plus grande ? Est-ce que c’est cette pierre de la taille dema main, ou bien l’Himavā qui est la plus grande desmontagnes ? »
– Elle n’est rien, Vénéré, la pierre de la taille de votre main,par rapport à l’Himavā, qui est la plus grande des montagnes. Cettepierre n’est pas même une partie minuscule de l’Himavā. Celle-cin’est pas comparable.
– De même, ô bhikkhus, le bonheur et la joie que le souverainqui met en marche la Roue obtient à cause des sept élémentsprécieux et des quatre puissances surnaturelles, ne peuvent pascompter par rapport à l’immense bonheur et la joie qu’on éprouvedans les états célestes. Cela n’est pas même une partie minusculede ce bonheur. Ce bonheur n’est pas comparable.
Même longtemps après, ô bhikkhus, dans une époque ou une autre,si l’être intelligent revenait à l’existence parmi les humains, ilnaîtrait dans une des familles supérieures : soit dans une famillede nobles pourvue de grande richesse, ou dans une famille debrāhmanes pourvue de grande richesse, ou dans une famille de chefsde famille pourvue de grande richesse – il serait là opulent, ayantbeaucoup de richesse, beaucoup de biens, abondamment de l’or et del’argent, abondamment de moyens, abondamment de propriétéscultivables et riches en céréales. Également, il naîtrait avec uneapparence élégante, agréable à voir, charmante, pourvue d’uneexcellente complexion de peau. Il obtiendrait facilement à mangeret à boire, il obtiendrait des véhicules, des guirlandes, desparfums, des lits, des lieux de séjour et des lampes. [Dans cette nouvelle vie] il se comporteraitcorrectement avec son corps, avec sa parole et avec sa pensée..Puisqu’il se comporte correctement avec son corps, avec sa paroleet avec sa pensée, après la dislocation de son corps, après samort, il naîtrait dans une destination heureuse, dans un étatcéleste.
Supposons, ô bhikkhus, qu’il y ait un joueur qui gagne unegrande richesse dès le premier lancement de ses dés. Il est sansimportance, ô bhikkhus, le fait que ce joueur gagne une granderichesse dès le premier lancement de ses dés. Ô bhikkhus, ce quiest gagné par l’être intelligent par ses bons actes corporels,verbaux et mentaux, est beaucoup plus important. Car enconséquence, après la dislocation de son corps, après sa mort, ilnaît dans une destination heureuse, dans un état céleste. C’est lecomble de la situation [sagace] de l’êtreintelligent. »
Ainsi parla le Bienheureux. Les bhikkhus, heureux, se réjouirentdes paroles du Bienheureux.
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