Ainsi ai-je entendu : une fois, leBienheureux séjournait dans le bois de manguiers situé près de laville de Nālandā, dont le propriétaire était Pāvārika.
En même temps, le Nigaṇṭha Nāthaputta vivait avec un grandgroupe de nigaṇṭhas, auprès de la ville de Nālandā. En ce temps-là,un jour, le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī, après avoir terminé sa tournéed’aumônes dans la ville de Nālandā, après avoir fini le repas,s’approcha de l’endroit où se trouvait le Bienheureux dans le boisde manguiers de Pāvārika. S’étant approché, il échangea avec leBienheureux des compliments de politesse et des paroles decourtoisie, puis resta debout à l’écart sur un côté. Alors que leNigaṇṭha Dīgha-Tapassī était resté debout, le Bienheureux lui dit :« Ô Tapassī, il y a des sièges. Si vous voulez, asseyez-vous ».Cela étant dit, le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī prit un siège plus bas ets’assit à l’écart sur un côté. Lorsqu’il fut assis, le Bienheureuxlui dit : « Ô Tapassī, combien de types d’actes sont désignés parle Nigaṇṭha Nāthaputta comme des moyens pour commettre un actemauvais, pour perpétuer un acte mauvais ?
– Non, ami Gōtama, le Nigaṇṭha Nāthaputta n’a pas l’habitude dedire « acte, acte », mais il a l’habitude de dire « épieu,épieu ».
– Alors, ô Tapassī, combien de types d’épieux sont désignés parle Nigaṇṭha Nāthaputta, comme moyens pour commettre un actemauvais, pour perpétuer un acte mauvais ?
– Ami Gōtama, trois types d’épieux sont désignés par le NigaṇṭhaNāthaputta, comme moyens pour commettre un acte mauvais, commeperpétuer un acte mauvais, à savoir l’épieu physique, l’épieuverbal et l’épieu mental.
– Comment, ô Tapassī ? Est-ce que l’épieu physique est unechose, l’épieu verbal est une autre chose et l’épieu mental estencore une autre chose ?
– Ami Gōtama, l’épieu physique est une chose, l’épieu verbal estune autre chose et l’épieu mental est encore une autre chose.
– Ô Tapassī, parmi ces trois types d’épieux ainsi analysés,ainsi désignés, quel est l’épieu le plus condamnable par leNigaṇṭha Nāthaputta, comme moyen pour commettre un acte mauvais,pour perpétuer un acte mauvais. Est-ce l’épieu physique ou l’épieuverbal ou l’épieu mental ?
– Ami Gōtama, parmi ces trois types d’épieux ainsi analysés,ainsi désignés, par le Nigaṇṭha Nāthaputta, c’est l’épieu physiquequi est le plus condamnable comme moyen pour commettre un actemauvais, pour perpétuer un acte mauvais.
– Dites-vous que c’est l’épieu physique, ô Tapassī ?
– Oui, ami Gōtama, je dis que c’est l’épieu physique.
– Dites-vous que c’est l’épieu physique, ô Tapassī ?
– Oui, ami Gōtama, je dis que c’est l’épieu physique.
– Dites-vous que c’est l’épieu physique, ô Tapassī ?
– Oui, ami Gōtama, je dis que c’est l’épieu physique.
– De cette façon, le Bienheureux fit en sorte que le NigaṇṭhaDīgha-Tapassī maintienne sa position même pour la troisièmefois.
Alors, le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī demanda au Bienheureux : « Etvous, ami Gōtama, combien de types d’épieux sont désignées parvous, comme moyen pour commettre un acte mauvais, pour perpétuer unacte mauvais ?
– Le Tathāgata, ô Tapassī, n’a pas l’habitude de dire « épieu,épieu », mais il a l’habitude de dire « acte, acte ».
– Alors, combien de types d’actes sont désignés par l’amiGōtama, comme moyen pour commettre un acte mauvais, pour perpétuerun acte mauvais ?
– Ô Tapassī, trois types d’actes sont déclarés par moi, dans lecas de commettre un acte mauvais, de perpétuer un acte mauvais, àsavoir l’acte physique, l’acte verbal et l’acte mental.
– Comment, ami Gōtama ? Est-ce que l’acte physique est unechose, l’acte verbal est une autre chose et l’acte mental estencore une autre chose ?
– Ô Tapassī, l’acte physique est une chose, l’acte verbal estune autre chose et l’acte mental est encore une autre chose.
– Alors, ami Gōtama, parmi ces trois types d’actes ainsianalysés, ainsi désignés, quel est l’acte le plus condamnable selonl’ami Gōtama comme moyen pour commettre un acte mauvais, pourperpétuer un acte mauvais. Est-ce l’acte physique ou l’acte verbalou l’acte mental ?
– Ô Tapassī, parmi ces trois types d’actes ainsi analysés, ainsidésignés, selon moi, c’est l’acte mental qui est le pluscondamnable, comme moyen pour commettre un acte mauvais, pourperpétuer un acte mauvais, mais ce n’est pas l’acte physique nil’acte verbal.
– Dites-vous que c’est l’acte mental, ami Gōtama ?
– Oui, je dis que c’est l’acte mental, ô Tapassī.
– Dites-vous que c’est l’acte mental, ami Gōtama ?
– Oui, je dis que c’est l’acte mental, ô Tapassī.
– Dites-vous que c’est l’acte mental, ami Gōtama ?
– Oui, je dis que c’est l’acte mental, ô Tapassī.
– Dites-vous que c’est l’acte mental, ami Gōtama ?
– Oui, je dis que c’est l’acte mental, ô Tapassī.
De cette façon, le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī fit en sorte que leBienheureux maintienne sa position même pour la troisième fois.Ensuite, il se leva de son siège et s’approcha de l’endroit où setrouvait Nigaṇṭha Nāthaputta.
À ce moment-là, le Nigaṇṭha Nāthaputta était assis entouré d’untrès grand groupe de laïcs venus du village de Bālaka à la têteduquel était le chef de famille Upāli. Le Nigaṇṭha Nāthaputta vitde loin le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī venant vers lui. L’ayant vu, illui demanda : « D’où venez vous, ô Tapassī, dans cettemi-journée ?
– Vénéré, je viens de la présence de Samana Gōtama.
– Est-ce que vous avez eu une conversation quelconque avec leSamana Gōtama, ô Tapassī ?
– Vénéré, j’ai eu une conversation avec Samana Gōtama.
– De quel type était votre conversation avec le Samana Gōtama, ôTapassī ?
Ensuite, le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī rapporta à NigaṇṭhaNāthaputta toute la discussion qu’il avait eue avec leBienheureux.
Cela étant dit, le Nigaṇṭha Nāthaputta dit au NigaṇṭhaDīgha-Tapassī : « Très bien, ô Tapassī, très bien. Sûrement leNigaṇṭha Dīgha-Tapassī a répondu à Samana Gōtama tout comme devaitle faire un disciple savant qui a compris correctementl’enseignement de son maître. Comment peut-on comparer le faibleépieu mental au grand épieu physique ? Sûrement c’est l’épieuphysique qui est le plus condamnable comme moyen pour commettre unacte mauvais, pour perpétuer un acte mauvais, mais ce n’est pasl’épieu verbal ni l’épieu mental. »
Le chef de famille Upāli s’adressa à Nigaṇṭha Nāthaputta etdit : « C’est très bien, Vénéré, c’est très bien ce Tapassī.Sûrement, l’honorable Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī a répondu à SamanaGōtama tout comme devait le faire un disciple savant qui a compriscorrectement l’enseignement de son maître. Comment peut-on comparerla faible épieu mental au grand épieu physique. Sûrement c’estl’épieu physique qui est le plus condamnable pour commettre un actemauvais, pour maintenir un acte mauvais, mais ce n’est pas l’épieuverbal ni l’épieu mental. Si vous voulez, Vénéré, j’irai et jeréfuterai la doctrine de Samana Gōtama sur le propos qu’il amaintenu. Si Samana Gōtama maintient la même position qu’il a tenuedevant l’honorable Dīgha-Tapassī, alors moi, je traînerai le SamanaGōtama vers ce côté-ci et vers ce côté-là, vers l’avant et versl’arrière, par mes arguments, point par point, tout comme un hommefort prend un bélier floconneux par sa longue toison et le traînevers ce côté-ci et vers ce côté-là, vers l’avant et vers l’arrière.Je traînerai le Samana Gōtama vers ce côté-ci et vers ce côté-là,vers l’avant et vers l’arrière, par mes arguments, point par point,tout comme un ouvrier d’une distillerie d’alcool, ayant faitplonger son cageot dans la profondeur d’un étang, l’ayant attrapépar les deux coins, le traîne vers ce côté-ci et vers ce côté-là,vers l’avant et vers l’arrière. Je secouerai le Samana Gōtama versle haut et je le secouerai vers le bas, je l’agiterai, par mesarguments, point par point, tout comme un homme fort, ivre, ayantattrapé un filtre [d’alcool] par sescoins, le secoue vers le haut, le secoue vers le bas et l’agite. Jem’amuserai avec le Samana Gōtama, en faisant le jeu qui s’appelle« le jeu de lever » avec mes arguments, tout comme un grandéléphant, même âgé de soixante ans, étant descendu dans un étang,s’amuse avec le jeu qui s’appelle « le jeu de lever ». Si vousvoulez, Vénéré, j’irai et je réfuterai la doctrine de Samana Gōtamasur le propos qu’il a maintenu. »
Le Nigaṇṭha Nāthaputta dit : « Allez-y, ô chef de famille etréfutez la doctrine de Samana Gōtama sur le propos qu’il amaintenu. Soit c’est moi qui dois y aller pour réfuter la doctrinede Samana Gōtama, soit c’est le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī, si non,c’est vous ».
Cela étant dit, le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī dit à NigaṇṭhaNāthaputta : « Je ne pense pas avec plaisir, Vénéré, que le chef defamille Upāli aille réfuter la doctrine de Samana Gōtama. Le SamanaGōtama est un illusionniste. Il possède une magie séduisante parlaquelle il attire des gens qui appartiennent aux “gués”divers. »
Le Nigaṇṭha Nāthaputta répondit : « Ô Tapassī, le fait que lechef de famille Upāli devienne disciple de Samana Gōtama, ne peutpas se produire, mais par contre, le fait que le Samana Gōtamadevienne disciple du chef de famille Upāli peut se produire.Allez-y, ô chef de famille et réfutez la doctrine de Samana Gōtamasur le propos qu’il a maintenu. Soit c’est moi qui dois y allerpour réfuter la doctrine de Samana Gōtama, soit c’est le NigaṇṭhaDīgha-Tapassī, si non, c’est vous.
Pour la deuxième fois, le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī dit : « Je nepense pas avec plaisir, Vénéré, que le chef de famille Upāli ailleréfuter la doctrine de Samana Gōtama. Le Samana Gōtama est unillusionniste. Il possède une magie séduisante par laquelle ilattire des gens qui appartiennent aux “gués” divers. »
Pour la deuxième fois le Nigaṇṭha Nāthaputta répondit : « ÔTapassī, le fait que le chef de famille Upāli devienne disciple deSamana Gōtama ne peut pas se produire, mais par contre, le fait quele Samana Gōtama devienne disciple du chef de famille Upāli peut seproduire. Allez-y, ô chef de famille et réfutez la doctrine deSamana Gōtama sur le propos qu’il a maintenu. Soit c’est moi quidois y aller pour réfuter la doctrine de Samana Gōtama, soit c’estle Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī, si non, c’est vous. »
Pour la troisième fois, le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī dit : « Je nepense pas avec plaisir, Vénéré, que le chef de famille Upāli aillepour réfuter la doctrine de Samana Gōtama. Le Samana Gōtama est unillusionniste. Il possède une magie séduisante par laquelle ilattire les adeptes qui sont dans les “gués” divers. »
Pour la troisième fois Nigaṇṭha Nāthaputta répondit : « ÔTapassī, le fait que le chef de famille Upāli devienne disciple deSamana Gōtama ne peut pas se produire, mais par contre, le fait quele Samana Gōtama devienne disciple du chef de famille Upāli peut seproduire. Allez-y, ô chef de famille et réfutez la doctrine deSamana Gōtama sur le propos qu’il a maintenu. Soit c’est moi quidois y aller pour réfuter la doctrine de Samana Gōtama, soit c’estle Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī, si non, c’est vous. »
« Entendu, Vénéré », répondit le chef de famille Upāli àNigaṇṭha Nāthaputta. Puis, il se leva de son siège, rendit hommageà Nigaṇṭha Nāthaputta, fit circumambulation autour de lui, ets’approcha de l’endroit où se trouvait le Bienheureux dans le boisdes manguiers de Pāvārika. S’étant approché du Bienheureux, il luirendit hommage, puis s’assit à l’écart sur un côté. S’étant assis àl’écart sur un côté, le chef de famille Upāli demanda auBienheureux : « Vénéré, est-ce que le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī estdéjà venu ici ? »
– Oui, ô chef de famille, le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī est déjàvenu ici.
– Vénéré, est-ce que vous avez eu une conversation avec leNigaṇṭha Dīgha-Tapassī ?
– Oui, chef de famille, j’ai eu une conversation avec leNigaṇṭha Dīgha-Tapassī.
– Quelle sorte de conversation avez-vous eue avec le NigaṇṭhaDīgha-Tapassī ?
Le Bienheureux alors relata toute la conversation qu’il avaiteue avec le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī. Cela étant relaté, le chef defamille Upāli dit au Bienheureux : « Il est très bien, Vénéré, ilest très bien ce Tapassī. Sûrement, l’honorable NigaṇṭhaDīgha-Tapassī a répondu à Samana Gōtama tout comme devait le faireun disciple savant qui a compris correctement l’enseignement de sonmaître. Comment peut-il comparer le faible épieu mental au grandépieu physique ? Sûrement c’est l’épieu physique qui est le pluscondamnable comme constituant un acte mauvais, comme perpétuant unacte mauvais, mais ce n’est pas l’épieu verbal ni l’épieumental.
– Ô chef de famille, si vous voulez parler en vous situant dansla vérité, il faut qu’il y ait une conversation à ce propos, entrenous.
– Vénéré, je parle en me situant dans la vérité. Qu’il y aitalors une conversation à ce propos, entre nous.
– Qu’en pensez-vous, ô chef de famille ? Supposons qu’un certainnigaṇṭha soit atteint par une maladie, qu’il souffre, gravementmalade. Il refuse d’utiliser l’eau froide, mais prend seulementl’eau chaude [bien qu’il veuille utiliser l’eaufroide]. Pour la raison qu’il n’utilise pas d’eau froide, ilmeurt. Maintenant, ô chef de famille, selon Nigaṇṭha Nāthaputta, oùce nigaṇṭha aura-t-il sa renaissance ?
– Il existe, Vénéré, une catégorie de dieux appelée Manōsatta.Ce nigaṇṭha en question y aura sa naissance. Pourquoi ? Parce qu’aumoment où il meurt il était mentalement attaché.
– Ô chef de famille, ô chef de famille, réfléchissez bien.Parlez seulement après avoir réfléchi. Votre dernière parole n’estpas en accord avec votre première parole, ni votre première paroleavec votre dernière parole. Pourtant vous avez fait cet énoncé :« Vénéré, je parle en me situant dans la vérité. Qu’il y ait alorsune conversation à ce propos, entre nous. »
– Vénéré, quoique le Bienheureux dise, c’est l’épieu physiquequi est le plus condamnable pour commettre un acte mauvais, pourmaintenir un acte mauvais, mais ce n’est pas l’épieu verbal nil’épieu mental.
– Qu’en pensez-vous, ô chef de famille ? Supposons qu’il y aitici un nigaṇṭha bien retenu par la maîtrise consistant en “quatrerestrictions” : il s’abstient de l’eau ; il observe toutes lesabstinences ; il évite tous les actes mauvais ; il obtient ladélivrance en s’abstenant de tous les actes mauvais. Cependant, enallant et revenant [lorsqu’il marche] iltue beaucoup d’êtres vivants. Pour cet acte, ô chefs de familles,quels sont les résultats, selon le Nigaṇṭha Nāthaputta ?
– Vénéré, dans les cas où l’intention délibérée est absente, leNigaṇṭha Nāthaputta ne dit pas qu’il y ait une erreur grave.
– Si l’intention délibérée est présente ?
– Alors, Vénéré, il y a une erreur grave.
– Dans quel type d’épieu, ô chef de famille, l’intentiona-t-elle sa place, selon le Nigaṇṭha Nāthaputta. ?
– Dans l’épieu mental, Vénéré.
– Ô chef de famille, ô chef de famille, réfléchissez bien.Parlez seulement après avoir réfléchi. Votre dernière parole n’estpas en accord avec votre première parole, ni votre première paroleavec votre dernière parole. Pourtant vous avez fait cet énoncé :« Vénéré, je parle en me situant dans la vérité. Qu’il y ait alorsune conversation à ce propos, entre nous. »
– Vénéré, quoique le Bienheureux dise, c’est l’épieu physiquequi est le plus condamnable pour commettre un acte mauvais, pourmaintenir un acte mauvais, mais ce n’est pas l’épieu verbal nil’épieu mental.
– Qu’en pensez-vous, ô chef de famille ? Cette Nālandā est-elleune ville riche et prospère avec beaucoup de monde ?
– Oui, Vénéré. Cette Nālandā est une ville riche et prospèreavec beaucoup de monde.
– Qu’en pensez-vous, ô chef de famille ? Supposons qu’un homme yarrive avec une épée et il dise : “Dans un instant, dans un moment,je transformerai tous les êtres vivants de cette ville Nālandā enun seul monceau de chair, en un seul amas de chair”. Qu’enpensez-vous, ô chef de famille ? Cet homme est-il capable detransformer tous les êtres vivants de cette ville Nālandā en unseul monceau de chair, en un seul amas de chair ?
– Vénéré, même dix hommes, même vingt, trente, quarante, et mêmecinquante hommes ne sont pas capables de transformer tous les êtresvivants de cette ville Nālandā en un seul monceau de chair, en unseul amas de chair. Alors, comment un seul homme est-il capable dele faire ?
– Qu’en pensez-vous, ô chef de famille ? Supposons qu’un samanaou un brāhmane qui est pourvu d’un pouvoir pour faire des miracles,qui a la capacité de maîtriser sa pensée, dise : “Je réduirai cetteville de Nālandā en cendres par une seule pensée de malveillance”.Qu’en pensez-vous, ô chef de famille ? Ce samana ou ce brāhmane quiest pourvu d’un pouvoir pour faire des miracles et qui a lacapacité de maîtriser sa pensée, est-il capable de transformercette ville de Nālandā en cendres par une seule pensée demalveillance ?
– Vénéré, un samana ou un brāhmane qui est pourvu d’un pouvoirpour faire des miracles et qui a la capacité de maîtriser sapensée, est capable de transformer en cendres même dix Nālandās,vingt, trente, quarante et même cinquante Nālandās par une seulepensée de malveillance. Comment un seul Nālandā insignifiantpeut-il s’en sortir sain et sauf ?
– Ô chef de famille, ô chef de famille, réfléchissez bien.Parlez seulement après avoir réfléchi. Votre dernière parole n’estpas en accord avec votre première parole, ni votre première paroleavec votre dernière parole. Pourtant vous avez fait cet énoncé :“Vénéré, je parle en me situant dans la vérité. Qu’il y ait alorsune conversation à ce propos, entre nous”.
– Vénéré, quoique le Bienheureux dise, c’est l’épieu physiquequi est le plus condamnable pour commettre un acte mauvais, pourmaintenir un acte mauvais, mais ce n’est pas l’épieu verbal nil’épieu mental.
– Qu’en pensez-vous, ô chef de famille ? Avez-vous entendu direcomment Daṇḍaka, Kāliṅga, Mejjha et Mātaṅga sont devenuesforêts ?
– Oui, Vénéré, j’ai entendu dire comment Daṇḍaka, Kāliṅga,Mejjha et Mātaṅga sont devenues forêts.
– Ô chef de famille, selon ce que vous avez entendu dire,comment Daṇḍaka, Kāliṅga, Mejjha et Mātaṅga sont-elles devenuesforêts ?
– À ce propos, Vénéré, j’ai entendu dire ceci : “Daṇḍaka,Kāliṅga, Mejjha et Mātaṅga sont devenues forêts à cause d’un actemental mauvais de la part des grands ascètes”.
– Ô chef de famille, ô chef de famille, réfléchissez bien.Parlez seulement après avoir réfléchi. Votre dernière parole n’estpas en accord avec votre première parole, ni votre première paroleavec votre dernière parole. Pourtant vous avez fait cet énoncé :“Vénéré, je parle en me situant dans la vérité. Qu’il y ait alorsune conversation à ce propos, entre nous”.
– Je suis content, Vénéré, je suis enchanté de vous depuis votrepremière parabole. Cependant, avec le désir d’écouter voséclaircissements si somptueux, je pensais que je devais continuer[à parler] comme votre rival. C’estmerveilleux, Vénéré, c’est merveilleux, Vénéré ! C’est [vraiment] Vénéré, comme si l’on redressait ce qui aété renversé, découvrait ce qui a été caché, montrait le chemin àl’égaré ou apportait une lampe à huile dans l’obscurité enpensant : “Que ceux qui ont des yeux voient les formes”, de même,le Bienheureux a rendu claire la doctrine de maintes façons.Vénéré, me voici, je prends refuge en le Bienheureux, en laDoctrine et en le groupe des bhikkhus. Que le Bienheureux m’acceptecomme l’un des “disciples associés à partir d’aujourd’hui, de cejour, jusqu’à la fin de ma vie, moi qui ai pris refuge enlui. »
– Dans ce cas, ô chef de famille, [avant deprendre une telle décision], il faut que vous réfléchissiezbien. Bien réfléchir est une bonne chose pour les gens célèbrescomme vous.
– Vénéré, je suis davantage content de vous puisque le Vénérém’a dit : “Dans ce cas, ô chef de famille, [avantde prendre une telle décision], il faut que vousréfléchissiez bien. Réfléchir bien est une bonne chose pour lesgens célèbres comme vous.” Si je m’étais converti dans une autrecommunauté religieuse, ses membres seraient allés défiler danstoute la ville de Vesālī avec un drapeau en criant : “le chef defamille Upāli est devenu un disciple de notre communauté. Tandisque le Bienheureux m’a conseillé tout simplement, en disant : “Ôchef de famille, [avant de prendre une telledécision], il faut que vous réfléchissiez bien. Réfléchirbien est une bonne chose pour les gens célèbres comme vous.” Voicidonc, Bienheureux, moi pour la deuxième fois, je prends refuge enle Bienheureux, en la Doctrine et en le groupe de bhikkhus. Que leBienheureux m’accepte comme l’un des disciples associés à partird’aujourd’hui, de ce jour, jusqu’à la fin de ma vie, moi qui aipris refuge en lui.
– Votre famille, ô chef de famille, est depuis longtempsprofondément fidèle aux nigaṇṭhas. Sachez le bien, il faut que vouscontinuiez à leur fournir l’aumône lorsqu’ils se présenteront.
– Bienheureux, je suis davantage content de vous puisque vousm’avez dit : “Votre famille, ô chef de famille, est depuislongtemps profondément fidèle aux nigaṇṭhas. Sachez-le bien, ilfaut que vous continuiez à leur fournir l’aumône lorsqu’ils seprésenteront.” Auparavant, j’ai entendu dire que “le Samana Gōtamadit : ‘C’est à moi qu’il faut donner, mais pas aux autres. Il fautdonner à mes seuls disciples, mais pas aux autres. Seuls les donsqu’on me fait produisent de grands résultats, mais les dons qu’onfait aux autres ne produisent pas de grands résultats.” Tandis que,maintenant, le Bienheureux me pousse à faire des dons auxnigaṇṭhas. Maintenant, je sais, ô Bienheureux, ce que je dois fairelorsque l’occasion se présente. Voici donc moi, pour la troisièmefois, je prends refuge en le Bienheureux, en la Doctrine et en legroupe de bhikkhus. Que le Bienheureux m’accepte comme l’un desdisciples associés à partir d’aujourd’hui, de ce jour, jusqu’à lafin de ma vie, moi qui ai pris refuge en lui.
Alors le Bienheureux parla au chef de famille Upāli selonl’instruction graduelle, à savoir : l’avantage de la pratique dudon, de la pratique de la maîtrise des sens, et des récompensescélestes qu’elles entraînent, et ensuite il parla de la misère, dela vanité et des souillures nées de la sensualité, en leur opposantles avantages qu’apporte le renoncement. Lorsque le Bienheureux sutque la pensée du chef de famille Upāli était devenue claire,maniable, libre d’entraves, joyeuse et heureuse, alors il luiexpliqua la doctrine dont l’explication est prononcée seulement parles Bouddhas, c’est-à-dire dukkha,l’origine de dukkha, la cessationde dukkha et la voie vers lacessation de dukkha.
Tout comme un tissu propre qui est libre de toute tache, absorbela couleur parfaitement, de la même façon, chez le chef de familleUpāli, sur place, se produisit l’œil de la réalité sans poussièreset sans souillures qui est la compréhension suivante : “Tout ce quia la nature de l’apparition, tout cela a la nature de lacessation”.
Ainsi, le chef de famille Upāli qui a perçu la Doctrine, qui apossédé la Doctrine, qui a découvert la Doctrine, qui a pénétrédans la Doctrine, ayant dépassé le doute, traversé l’incertitude,sans l’aide de quelqu’un d’autre ayant possédé la confianceprofonde en la parole du Bienheureux, dit : « Maintenant, Vénéré,nous voulons partir. Nous avons bien des choses à faire, bien deschoses à accomplir ».
« Faites, ô chef de famille, ce que le temps vous permet » ditle Bienheureux.
Le chef de famille Upāli, alors, étant content de la parole duBienheureux, l’ayant approuvée, lui rendit hommage et s’étant levéde son siège, il fit circumambulation, s’en alla et s’approcha desa maison.
S’en étant approché, il s’adressa au gardien de sa maison :« Dès aujourd’hui, ô bon gardien, je ferme la porte pour lesnigaṇṭhas et pour les nigaṇṭhīs. Par contre, la porte est ouvertepour les disciples du Bienheureux : les bhikkhus, les bhikkhunīs,les disciples associés hommes et les disciples associées femmes. Siun nigaṇṭha arrive, dis-lui ceci : “Attendez ici, Vénéré, n’entrezpas. Dès aujourd’hui, le chef de famille Upāli devient disciple duSamana Gōtama. Sa porte est fermée pour les nigaṇṭhas et pour lesnigaṇṭhīs. […] Si vous avez besoin denourriture, attendez. Les serviteurs apporteront ici lanourriture”. »
« Très bien, monsieur », répondit le gardien au chef de familleUpāli.
Le Nigaṇṭha Dīgha Tapassī a entendu dire : “Le chef de familleUpāli est devenu disciple du Samana Gōtama”. Alors, il s’approchade l’endroit où se trouvait le Nigaṇṭha Nāthaputta. S’étantapproché, il dit à Nigaṇṭha Nāthaputta : « Voici, Vénéré, ce quej’ai entendu dire : ‘Le chef de famille Upāli est devenu discipledu Samana Gōtama’. »
Le Nigaṇṭha Nāthaputta dit : « Ô Tapassī, le fait que le chef defamille Upāli devienne disciple de Samana Gōtama, ne peut pas seproduire, mais par contre, le fait que Samana Gōtama deviennedisciple du chef de famille Upāli peut se produire. »
Pour la deuxième fois, le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī dit : « Voici,Vénéré, ce que j’ai entendu dire : ‘Le chef de famille Upāli estdevenu disciple du Samana Gōtama’. »
Pour la deuxième fois le Nigaṇṭha Nāthaputta répondit : « ÔTapassī, le fait que le chef de famille Upāli devienne disciple deSamana Gōtama, ne peut pas se produire, mais par contre, le faitque le Samana Gōtama devienne disciple du chef de famille Upālipeut se produire ».
Pour la troisième fois, le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī dit : « Voici,Vénéré, ce que j’ai entendu dire : ‘Le chef de famille Upāli estdevenu disciple du Samana Gōtama’. »
Pour la troisième fois, le Nigaṇṭha Nāthaputta répondit : « ÔTapassī, le fait que le chef de famille Upāli devienne disciple deSamana Gōtama, ne peut pas se produire, mais par contre, le faitque le Samana Gōtama devienne disciple du chef de famille Upālipeut se produire. »
Enfin, le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī dit : « Dès maintenant, Vénéré,je vais voir moi-même si le chef de famille Upāli est devenu ou nondisciple de Samana Gōtama ».
Le Nigaṇṭha Nāthaputta dit : « Allez-y, ô Tapassī. Sachez si lechef de famille Upāli est devenu ou non disciple de SamanaGōtama ».
Le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī alors s’approcha de l’endroit où setrouvait la demeure du chef de famille Upāli. Le gardien de lamaison vit de loin le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī arriver. L’ayant vu,il dit au Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī : « Attendez ici, Vénéré, n’entrezpas. Dès aujourd’hui, le chef de famille Upāli devient disciple duSamana Gōtama. Sa porte est fermée pour les nigaṇṭhas et pour lesnigaṇṭhīs. […] Si vous avez besoin denourriture, attendez. Les serviteurs apporteront ici lanourriture. »
« Non ami, je n’ai pas besoin de nourriture », dit le NigaṇṭhaDīgha-Tapassī. Puis il s’approcha de l’endroit où se trouvaitNigaṇṭha Nāthaputta et l’informa : « C’est vrai, Vénéré, le chef defamille Upāli est devenu disciple du Samana Gōtama. Vénéré, je n’aipas pu vous convaincre lorsque j’ai dit : “[…] Désormais, Vénéré, votre disciple le chef defamille Upāli a été converti par Samana Gōtama avec sa magieséduisante”. »
Le Nigaṇṭha Nāthaputta dit : « Ô Tapassī, le fait que le chef defamille Upāli devienne disciple de Samana Gōtama, ne peut pas seproduire, mais par contre, le fait que le Samana Gōtama deviennedisciple du chef de famille Upāli peut se produire. »
Pour la deuxième fois, le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī dit : « C’estvrai, Vénéré, le chef de famille Upāli est devenu disciple duSamana Gōtama. Vénéré, je n’ai pas pu vous convaincre lorsque j’aidit : “[…] Désormais, Vénéré, votredisciple le chef de famille Upāli a été converti par Samana Gōtamaavec sa magie séduisante”. »
Pour la deuxième fois le Nigaṇṭha Nāthaputta répondit : « ÔTapassī, le fait que le chef de famille Upāli devienne disciple deSamana Gōtama, ne peut pas se produire, mais par contre, le faitque le Samana Gōtama devienne disciple du chef de famille Upālipeut se produire ».
Pour la troisième fois, le Nigaṇṭha Dīgha-Tapassī dit : « C’estvrai, Vénéré, le chef de famille Upāli est devenu disciple duSamana Gōtama. Vénéré, je n’ai pas pu vous convaincre lorsque j’aidit : “[…] Désormais, Vénéré, votredisciple le chef de famille Upāli est converti par le Samana Gōtamaavec sa magie séduisante”. »
Pour la troisième fois, le Nigaṇṭha Nāthaputta répondit : « ÔTapassī, le fait que le chef de famille Upāli devienne disciple deSamana Gōtama, ne peut pas se produire, mais par contre, le faitque le Samana Gōtama devienne disciple du chef de famille Upālipeut se produire. Dès maintenant, ô Tapassī, je vais voir moi-mêmesi le chef de famille Upāli est devenu ou non disciple de SamanaGōtama. »
Ensuite, le Nigaṇṭha Nāthaputta avec un grand groupe denigaṇṭhas, s’approcha de l’endroit où se trouvait la demeure duchef de famille Upāli. Le gardien de la demeure vit de loin leNigaṇṭha Nāthaputta arriver. L’ayant vu, il dit au NigaṇṭhaNāthaputta : « Attendez ici, Vénéré, n’entrez pas. Dès aujourd’hui,le chef de famille Upāli devient disciple du Samana Gōtama. Saporte est fermée pour les nigaṇṭhas et pour les nigaṇṭhīs.[…] Si vous avez besoin de nourriture,attendez. Les serviteurs apporteront ici la nourriture. »
Le Nigaṇṭha Nāthaputta dit : « Ô bon gardien, approchez du chefde famille Upāli. Vous, étant approché, informez-le de ceci :“Monsieur, le Nigaṇṭha Nāthaputta avec un grand groupe denigaṇṭhas, se trouve actuellement devant la porte extérieure. Ilveut vous voir”. »
« Entendu, Vénéré », répondit le gardien. Puis il s’approcha del’endroit où se trouvait le chef de famille Upāli et dit :« Monsieur, le Nigaṇṭha Nāthaputta avec un grand groupe denigaṇṭhas, se trouve actuellement devant la porte extérieure. Ilveut vous voir”.
Le chef de famille Upāli dit : « Dans ce cas, ô bon gardien,préparez des sièges pour s’asseoir dans la salle de la porte dumilieu. »
« Entendu, Monsieur », répondit le gardien. Puis il prépara dessièges pour s’asseoir dans la salle de la porte du milieu, ets’approcha de l’endroit où se trouvait le chef de famille Upāli.S’étant approché il lui dit : « Monsieur, les sièges pour s’asseoiront été préparés dans la salle de la porte du milieu. Faites commele temps vous le permet”.
Alors, le chef de famille Upāli s’approcha de l’endroit où setrouvait la salle de la porte du milieu. S’étant approché, ils’assit sur le siège le plus haut, le meilleur, le principal etl’excellent. Ensuite, il dit au gardien : « Maintenant, ô bongardien, allez chercher le Nigaṇṭha Nāthaputta et dites-lui :“Vénéré, le chef de famille Upāli vous informe de ceci : ‘Vénéré,entrez, si vous le voulez’. »
« Entendu, monsieur », répondit le gardien. Puis il alla vers leNigaṇṭha Nāthaputta et lui dit : « Vénéré, le chef de famille Upālivous informe de ceci : ‘Vénéré, entrez, si vous le voulez”.
Le Nigaṇṭha Nāthaputta alors avec le grand groupe de nigaṇṭhas,entra dans la salle de la porte du milieu.
Jadis, lorsque le chef de famille Upāli voyait le NigaṇṭhaNāthaputta arriver, il avait l’habitude d’aller tout de suitel’accueillir, et le faire asseoir sur le siège le plus haut, lemeilleur, le principal et l’excellent, après l’avoir épousseté avecson propre vêtement de dessous, et après l’avoir bien préparé.Cependant, maintenant, tout en étant assis lui-même sur le siège leplus haut, le meilleur, le principal et l’excellent, il dit àNigaṇṭha Nāthaputta « Vénéré, voici, il y a des sièges,asseyez-vous, si vous le voulez. »
Le Nigaṇṭha Nāthaputta dit au chef de famille Upāli : « Ô chefde famille, vous êtes fou, vous êtes un imbécile. Vous étiez partien disant : “Vénéré, je vais réfuter la doctrine de SamanaGōtama », mais vous êtes revenu après être piégé dans le grandfilet de sa doctrine. C’est tout comme un homme qui est allépratiquer la castration sur quelqu’un d’autre, mais est revenu sansses propres testicules ! C’est tout comme un homme qui est alléarracher les yeux de quelqu’un d’autre, mais est revenu ses deuxyeux arrachés ! De même, ô chef de famille, vous étiez parti endisant : “Vénéré, je vais réfuter la doctrine de Samana Gōtama”,mais vous êtes revenu après être piégé dans le grand filet de sadoctrine. Ô chef de famille, vous avez été converti par SamanaGōtama grâce à sa magie séduisante ! »
Le chef de famille Upāli dit : « Vénéré, cette “magieséduisante” est une bonne chose ! Vénéré, cette “magie séduisante”est une bonne chose ! Je souhaite, Vénéré, que tous mes parentssoient attirés par cette “magie séduisante” et que celle-ci demeurepour leur bonheur et leur bien-être, pour longtemps. Aussi,j’aimerais que « tous les Khattiyas soient attirés par cette “magieséduisante” et que celle-ci demeure pour leur bonheur et leurbien-être, pour longtemps. Aussi j’aimerais que tous les Brāhmanessoient attirés par cette “magie séduisante” et que celle-ci demeurepour leur bonheur et leur bien-être, pour longtemps. J’aimerais quetous les Vessas soient attirés par cette “magie séduisante” et quecelle-ci demeure pour leur bonheur et leur bien-être, pourlongtemps. Aussi, j’aimerais que tous les Suddas soient attirés parcette“magie séduisante” et que celle-ci demeure pour leur bonheuret leur bien-être, pour longtemps. Si l’univers entier avec sesdieux, ses Māras, ses Brahmās, toute la génération des samanas etdes brāhmanes, des êtres humains et divins, sont attirés par cette“magie séduisante”, cela constitue un facteur pour leur bonheur etleur bien-être, pour longtemps. À ce propos, Vénéré, je vousprésenterai une parabole. À travers une parabole aussi certainshommes intelligents peuvent comprendre le sens d’une idée exprimée.Une fois, il y avait un brāhmane, âgé, vieux et il avait une trèsjeune brāhmanī pour épouse. Elle était enceinte et prête àaccoucher. Alors, Vénéré, cette jeune femme dit à ce brāhmane :“Allez, ô brāhmane, au marché. Achetez un jeune singe pour moicomme jouet pour mon fils qui va naître.” Cela étant dit, Vénéré,ce brāhmane répondit à cette jeune brāhmanī : “Ô ma chère, attendezun peu jusqu’à votre accouchement. Si vous accouchez d’un enfantmâle, je vous apporterai un jeune singe comme jouet pour votrefils. Par contre, si vous accouchez d’une fille, alors je vousapporterai un singe femelle comme jouet pour votre fille.” Pour ladeuxième fois, Vénéré, la jeune brāhmanī dit à ce brāhmane :“Allez, ô brāhmane, au marché. Achetez un enfant singe pour moicomme jouet pour mon fils qui va naître.” Pour la deuxième fois, cebrāhmane répondit à cette jeune brāhmanī : “Ô ma chère, attendez unpeu jusqu’à votre accouchement. Si vous accouchez d’un enfant mâle,je vous apporterai un jeune singe comme jouet pour votre fils. Parcontre si vous accouchez d’une fille, alors je vous apporterai unjeune singe femelle comme jouet pour votre fille.” Pour latroisième fois, Vénéré, la jeune brāhmanī dit à ce brāhmane :“Allez, ô brāhmane, au marché. Achetez un enfant singe pour moicomme jouet pour mon fils qui va naître”. Alors, cette fois, àcause de son attachement amoureux à l’égard de cette jeunebrāhmanī, le brāhmane alla au marché et acheta un jeune singe et ledonna à la jeune brāhmanī, en disant : “Voici ma chère, j’aiapporté ce jeune singe du marché pour vous comme jouet pour votreenfant.” La jeune brāhmanī dit à ce brāhmane : “Allez, ô brāhmaneavec ce jeune singe à la boutique du jeune teinturier Rattapāṇi,et demandez-lui : ‘Ô bon Rattapāṇi, je voudrais que vous teigniezce jeune singe en couleur jaune-onguent et que vous le repassiezencore et encore et que vous fassiez en sorte que ce singe soitbien lisse de chaque côté.’ À cause de son attachement amoureux àl’égard de la jeune brāhmanī, le brāhmane alla, portant le jeunesinge, à la boutique du jeune teinturier Rattapāṇi. Puis il luidit : “Ô bon Rattapāṇi, je voudrais que vous teigniez ce jeunesinge en couleur jaune-onguent et que vous le repassiez encore etencore et que vous fassiez en sorte que ce singe soit bien lisse dechaque côté.” Cela étant dit, le jeune teinturier Rattapāṇirépondit au brāhmane : “Oui monsieur, il est possible de teindre cejeune singe, mais celui-ci ne supportera pas de repassage ou delissage.” De même, Vénéré, l’argumentation de ces immaturesnigaṇṭhas donne la couleur aux immatures, mais non pas autant pourles érudits, ni à ceux qui veulent examiner les choses ni à ceuxqui veulent obtenir « lisse mental ». Une autre fois, Vénéré, lemême brāhmane s’approcha de la boutique du jeune teinturierRattapāṇi avec une paire de vêtements et dit : “Ô bon Rattapāṇi,je voudrais que vous teigniez cette paire de vêtements en couleurjaune-onguent et que vous la repassiez encore et encore et que vousfassiez en sorte que cette paire de vêtements soit bien lisse dechaque côté.” Le jeune teinturier Rattapāṇi dit à ce brāhmane :“Oui monsieur, il est possible de teindre cette paire de vêtements,et également celle-ci supportera repassage et lissage. De même,Vénéré, l’argumentation du Bienheureux qui est l’Arahant, l’Éveilléparfait, donne la couleur aux érudits et à ceux qui veulentexaminer les choses et à ceux qui veulent obtenir “lisse mental”,mais non pas à ceux qui sont immatures. »
Le Nigaṇṭha Nāthaputta dit : « Ô chef de famille, tout le monde,y compris le roi, vous connaît en tant que disciple de NigaṇṭhaNāthaputta. Pourtant, maintenant, vous êtes disciple de qui ? Jedois vous considérer comme disciple de quel maître ? »
Cela étant dit, le chef de famille Upāli se leva de son siègeet, ayant arrangé son vêtement de dessus sur une seule épaule,rendit hommage dans la direction où se trouvait le Bienheureux, etdit au Nigaṇṭha Nāthaputta : « Alors, Vénéré, pour savoir de quelmaître je suis disciple, écoutez :
« Il est le Sage, qui a dépassé l’illusion,
Qui a écarté l’égarement du cœur.
Il est le vainqueur de la bataille, dépourvu d’angoisse
Ayant le mental bien calmé, il est pourvu de la moralitémature.
L’excellent dans la sagesse, qui a traversé toutes lestentations,
Sans aucune souillure mentale,
Il est le Bienheureux, moi, je suis son disciple.Il est libre de toute perplexité et il vit dans la joie
Écarté de tous les profits mondains, il est le vaisseau dubonheur
Un être humain qui a rempli le devoir d’un samana,
Un homme qui porte sa dernière existence corporelle.
Sans aucun rival, dépourvu de taches,
Il est le Bienheureux, moi, je suis son disciple.Il est libre de doute et il possède des compétences
L’entraîneur, le guide incomparable,
Pourvu de qualités que personne ne peut surpasser,
Sans aucune hésitation, il est celui qui illumine,
Héros qui a dompté tout orgueil,
Il est le Bienheureux, moi, je suis son disciple.Il est le chef de troupeau, il est incommensurable
Ses profondeurs sont impénétrables.
Ayant atteint l’état de silence
Il est le donateur de la quiétude, qui possède la sagesse
Étant fondé sur la Doctrine, il est restreint intérieurement.
Ayant dépassé tous les liens, il est libre.
Il est le Bienheureux, moi, je suis son disciple.
Il est l’éléphant vivant en lieux isolés
Ayant éliminé tous les liens, complètement libre,
Doué dans les entretiens, imprégné dans la sagesse vécue,
Il a baissé ses pavillons, n’ayant plus de désirs,
S’étant dompté lui-même, il n’a plus de proliférations.
Il est le Bienheureux, moi, je suis son disciple.Le meilleur parmi les sages, sans desseins trompeurs,
Ayant atteint les Trois sciences, arrivé à l’état sublime
Étant baigné [dans le Dhamma], il est pur,le maître des phrases,
Demeurant dans la tranquillité, il est celui qui a trouvé lasagesse,
Le donateur par excellence [de Dhamma] etpuissant
Il est le Bienheureux, moi, je suis son disciple.Il est l’Être Noble qui a développé le mental
Ayant atteint son but, il énonce la vérité,
Étant pourvu de l’attention mentale, et de la sagessepénétrante,
Il ne penche ni vers l’avant ni vers l’arrière.
Libre de tout dérangement, il atteint la maîtrise
Il est le Bienheureux, moi, je suis son disciple.Il est avancé correctement [dans la bonnevoie]
Demeurant dans la contemplation, dépourvu de souillures,
En pureté parfaite, sans peur, sans aucune dépendance,
Il demeure dans la solitude,
Ayant atteint le sommet [de laperfection].
Après avoir traversé lui-même, il fait traverser les autres.
Il est le Bienheureux, moi, je suis son disciple.Dans la sérénité suprême, pourvu de la sagesse vaste
L’homme de grande sagesse, dépourvu de toute avidité
Il est le Tathāgata, celui qui est le sublime,
Sans aucun rival, sans personne à lui égal,
Inébranlable, doué dans tous les domaines
Il est le Bienheureux, moi, je suis son disciple.Il a éliminé la ‘soif’ et devint l’Éveillé parfait
Complètement pur, tout comme l’espace sans nuages.
Il est le plus digne d’offrandes,
le puissant même devant les non-humains,
Le personnage le plus parfait, il est au-delà de touteestimation,
Le plus grand dans la grandeur,
Qui a atteint le sommet de la gloire.
Il est le Bienheureux, moi, je suis son disciple. »
Le Nigaṇṭha Nāthaputta demanda alors : « À quel moment, ô chefde famille, avez-vous composé cet éloge de Samana Gōtama ?
Le chef de famille Upāli dit : « Supposons, ô Vénéré, qu’il yait un monceau de fleurs de diverses qualités. Un artisan deguirlandes ou son apprenti fabrique des guirlandes multicoloresavec ces fleurs. De même, Vénéré, le Bienheureux possède beaucoupde qualités diverses, plusieurs centaines de qualités diverses.Qui, Vénéré, ne fait pas l’éloge d’un être digne d’éloge ?
Cet honneur manifesté à l’égard du Bienheureux, étaitinsupportable pour le Nigaṇṭha Nāthaputta. Par conséquent, sur celieu même le sang chaud arriva à sa bouche.
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