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Traductions [27]

Une autre discussion avec Sakuludāyi

Ainsi ai-je entendu : une fois leBienheureux séjournait à l’endroit appelé Kalandaka-nivāpa, dans lebois de bambous, près de la ville de Rājagaha et en ce temps-là, leparibbājaka Sakuludāyi vivait avec un large groupe de siens dans« le parc des paribbājakas », situé près de Mōra-nivāpa.

En ce temps-là, un jour, le Bienheureux s’étant habillé de bonmatin, prit son bol à aumône et son cīvara et entra dans la ville de Rājagaha, pour trouver dela nourriture. L’idée suivante vint alors au Bienheureux : “Il esttrop tôt pour aller trouver la nourriture. Si je m’approchais duparc des paribbājakas, à Mōra-nivāpa où se trouve le paribbājakaSakuludāyi”.

Le Bienheureux s’approcha du parc des paribbājakas, àMōra-nivāpa. À ce moment, le paribbājaka Sakuludāyi était assisavec un groupe important de paribbājakas qui faisaient grandtapage, tout le monde parlant en même temps à voix haute sur dessujets vulgaires, à savoir des conversations à propos des rois, desvoleurs, des ministres, de l’armée, des périls, des batailles, dela nourriture, de la boisson, des vêtements, des lits, desguirlandes, des parfums, des parents, des véhicules, des bourgades,des marchés, des villes, des campagnes, des femmes, des hommes, deshéros, des routes, des points d’eau, des morts et aussi desconversations à propos de sujets divers, relatifs aux choses de lanature, à l’océan et à propos de ce qui est et ce qui n’est pas,etc.

Le paribbājaka Sakuludāyi vit de loin le Bienheureux venir verslui. L’ayant vu, il dit à son groupe : « Chers amis, taisez-vous !Chers amis, ne faites pas de bruit ! Voici l’honorable SamanaGōtama qui vient vers nous. Ce monsieur n’aime pas entendrebeaucoup de bruit et il loue le fait de faire peu de bruit. S’ilvoit notre groupe qui fait peu de bruit, il pensera utile des’approcher. » Ainsi, ces paribbājakas se turent. Le Bienheureuxalors s’approcha du paribbājaka Sakuludāyi. Celui-ci dit auBienheureux : « Venez, honorable Gōtama. Bienvenu, honorableBienheureux. Il y a longtemps que vous n’êtes venu en visite ici.Asseyez-vous, honorable Bienheureux. Voici un siège déjà préparé àvotre intention. »

Le Bienheureux s’assit sur le siège déjà préparé à sonintention. Le paribbājaka Sakuludāyi s’assit à l’écart sur un côté,sur un siège plus bas [que celui duBienheureux]. Lorsque le paribbājaka Sakuludāyi fut assis àl’écart sur un côté, le Bienheureux s’adressa à lui et dit : « OUdāyi, sur quels sujets étiez-vous en train de parler ? Quellesétaient les conversations interrompues [à causede mon arrivée] ? »

Le paribbājaka Sakuludāyi répondit : « Laissons de côté, Vénéré,ces conversations auxquelles nous étions occupés, nous étant réunisici. Il ne sera pas difficile au Bienheureux d’en connaître plustard la teneur. Lorsque je ne suis pas près d’eux, ils [les paribbājakas] s’assoient ensemble et s’occupentde sujets vulgaires. Si je suis présent, alors, ils restent assisen regardant mon visage et disent : “Nous écouterons une doctrineprêchée pour nous par l’honorable Udāyi”. Cependant, maintenant,puisque le Bienheureux est près de moi et de ce groupe, alors, noustous étant assis en regardant votre visage, nous vous disons ceci :“Nous écoutons une doctrine prêchée pour nous par leBienheureux.” »

Le Bienheureux dit : « Eh bien, ô Udāyi, s’il y a quelque choseque vous considérez utile à dire ici par moi proposez-la. »

« Il y a quelque temps, Vénéré, un personnage affirmant qu’ilétait omniscient, tout voyant et en possession de la connaissanceet de la vision, parla ainsi : “Que je marche ou que je restedebout immobile, que je dorme ou sois éveillé, la connaissance etla vision existent chez moi constamment d’une façon permanente”.Pourtant, alors que je le questionnais sur un sujet concernant lepassé, il éluda la question en m’en posant une autre [sur une autre chose]. Puis il parla d’un autre sujetet en plus, il manifesta sa mauvaise humeur, son aversion, sonmécontentement. C’est pourquoi, ô Bienheureux, je suis enchanté devous [voir] et pense : « C’est vraiment leBienheureux ; c’est vraiment le Sugata, qui est capable de répondreà de telles questions.”

– Cependant, ô Udāyi, qui était ce personnage affirmant qu’ilétait omniscient, tout voyant et en possession de la connaissanceet de la vision […] et qui manifesta samauvaise humeur, son aversion et son mécontentement ?

– Vénéré, c’était le Nigaṇṭha Nāthaputta.

– Ô Udāyi, imaginons que quelqu’un puisse se rappeler ses viesantérieures, c’est-à-dire, une naissance, deux naissances, trois,cinq, dix, vingt, trente, quarante, cinquante, cent, mille, centmille, etc., et beaucoup d’autres naissances ; s’il peut ainsi serappeler dans leurs modalités et leurs détails divers, denombreuses vies antérieures, alors celui-là peut me questionner surle passé, ou bien je peux lui poser des questions sur le passé ; ilpeut employer sa pensée pour répondre à la question concernant lepassé ou bien je peux employer ma pensée pour répondre à laquestion concernant le passé. Ô Udāyi, imaginons que quelqu’unpossède l’œil surhumain bien clair qui permet de voir ce qui n’estpas visible avec des yeux humains (ordinaires). Il voit comment lesêtres vivants meurent et renaissent et pourquoi ils naissent dansdes situations inférieures ou supérieures, avec une peau claire ouavec une peau laide, dans une destination heureuse ou malheureuse,selon les kammas [bons ou mauvais] qu’ils ont commis. Celui-là qui voitainsi peut me questionner en ce qui concerne le futur, ou bien jepeux le questionner en ce qui concerne le futur et il peut employersa pensée pour répondre à ma question concernant le futur, ou bienje peux employer ma pensée pour répondre à sa question concernantle futur. Néanmoins, ô Udāyi, laissons de côté ces deux extrêmes :le passé et le futur. Je vous enseignerai la doctrine que voici :quand ceci est, cela est. Ceci apparaissant, cela apparaît. Quandceci n’est pas, cela n’est pas. Ceci cessant, cela cesse. »

– Cependant, Vénéré, même en ce qui concerne ma vie présente queje vis [que j’éprouve], je ne suis pascapable de me la rappeler dans sa modalité et dans ses détailsdivers. Alors, comment serais-je capable de me rappeler mesdiverses vies antérieures, comme une naissance, deux naissances[…] mille, cent mille, etc., et beaucoupd’autres naissances, dans leurs modalités et dans leurs détails, denombreuses vies antérieures. Contrairement au Bienheureux, je nesuis même pas capable de voir un pansupisācaka, alors commentpourrais-je voir la façon dont les êtres vivants meurent etrenaissent et pourquoi ils renaissent […]selon les kammas qu’ils ontcommis ? Contrairement au Bienheureux, je ne suis pas capable deles voir. Vénéré, c’est le Bienheureux qui dit : “Ô Udāyi, laissonsde côté ces deux extrêmes : le passé et le futur. Je vousenseignerai la doctrine que voici : quand ceci est, cela est. Ceciapparaissant, cela apparaît. Quand ceci n’est pas, cela n’est pas.Ceci cessant cela cesse”. Ce que vous m’avez dit de cette façon[brève] n’est pas clair pour moi. Quandmême, Bienheureux, je peux vous contenter en répondant à unequestion sur un enseignement qui se trouve chez nos propresmaîtres.

– Quel est, ô Udāyi, cet enseignement qui se trouve chez vospropres maîtres ?

– Vénéré, chez nos propres maîtres se trouve cet enseignement :“Il est la Splendeur suprême, il est la Splendeur suprême”.

– Cependant, ô Udāyi, quant à cet enseignement qui se trouvechez vos propres maîtres : “Il est la Splendeur suprême, il est laSplendeur suprême”, dites-moi, quelle est cette Splendeursuprême ?

– Vénéré, puisqu’il n’y a pas d’autre Splendeur supérieure àcelle-là, ni une Splendeur plus excellente que celle-là, alorscelle-ci est appelée la Splendeur suprême.

– Cependant, ô Udāyi, dites-moi quelle est cette Splendeur quiest la Splendeur suprême. Dites-moi quelle est cette Splendeur plusexcellente que toutes les autres Splendeurs.

– Vénéré, puisqu’il n’y a pas d’autre Splendeur supérieure àcelle-là, ni une Splendeur plus excellente que celle-là, alorscelle-ci est appelée la Splendeur suprême.

– Ô Udāyi, vous pouvez continuer comme cela longtemps, endisant : “Vénéré, puisqu’il n’y a pas d’autre Splendeur supérieureà celle-là, ni une Splendeur plus excellente que celle-là, alorscelle-ci est appelée la Splendeur suprême”. Pour autant vous nem’indiquez pas quelle est cette Splendeur. Supposons, ô Udāyi,qu’un homme dise : “J’aime la plus belle fille de ce pays. Je veuxl’avoir”. Les gens alors lui demanderaient : “Bien, cher ami, àpropos de la plus belle jeune fille de ce pays que vous aimez etque vous désirez, savez-vous si cette personne a pour origine unefamille de Khattiyas, une famille de Brāhmanes, une famille deVessas ou bien une famille de Suddas ?”

Questionné ainsi, il répondrait : “Je ne sais pas”. Les gens luidemanderaient alors : “Eh bien, cher ami, la plus belle jeune fillede ce pays que vous aimez et que vous désirez, connaissez-vous sonnom ou le nom de sa famille ? Cette jeune fille est-elle grande oupetite ou de taille moyenne ? Est-elle noire, ou brune, ou couleurd’or ? Savez-vous dans quel village ou quelle ville habite ?”Questionné ainsi, il répondrait : “Je ne sais pas”. Les gens alorslui demanderaient : “Eh bien, cher ami, n’est-il pas vrai que vousaimez et désirez la plus belle jeune fille que vous ne connaissezpas, que vous n’avez jamais vue ?” Questionné ainsi, il répondraitpar l’affirmative. Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Udāyi ? Selonles faits, la parole stupide de cet homme lui apporte-t-elle lesuccès ?

– Certainement non, Vénéré. Selon les faits, la parole stupidede cet homme ne lui apporte pas le succès.

– De même, ô Udāyi, vous dites ceci : “Puisqu’il n’existe pasd’autre Splendeur supérieure ni plus excellente que cetteSplendeur, alors celle-ci est appelée la Splendeur plus excellenteque tout autre Splendeur”. Pourtant, vous ne m’indiquez pas quelleest cette Splendeur la plus haute.

– Vénéré, une pierre précieuse bénéfique et propice diteémeraude qui a été bien taillée en ses huit côtés, placée sur untissu de couleur pâle, brille et resplendit. De même est laSplendeur suprême. Le Soi dans sa forme réelle devient ainsi enbonne santé après la mort.

– À ce propos, qu’en pensez-vous, ô Udāyi ? Entre les deuxSplendeurs, les plus brillantes, les plus excellentes comme lapierre précieuse bénéfique appelée émeraude qui a été bien tailléeen ses huit côtés […], et le ver luisantou la luciole qui est dans l’obscurité profonde de la nuit, quelleest la Splendeur la plus brillante, la plus excellente ?

– Vénéré, de ces deux Splendeurs les plus excellentes etconcurrentes, la plus excellente est celle du ver luisant ou cellede la luciole qui est dans l’obscurité profonde de la nuit.

– Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Udāyi ? De ces deuxSplendeurs les plus brillantes, les plus excellentes, d’une part lever luisant ou la luciole, et, d’autre part, une lampe à huileallumée dans l’obscurité profonde de la nuit, quelle est laSplendeur la plus brillante, la plus excellente ?

– Vénéré, de ces deux Splendeurs les plus excellentes etconcurrentes, la plus excellente est la lampe à huile allumée dansl’obscurité profonde de la nuit.

– Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Udāyi ? De ces deuxSplendeurs les plus brillantes, les plus excellentes, d’une part lalampe à huile allumée dans l’obscurité profonde de la nuit, et,d’autre part, une flambée de feu dans l’obscurité profonde de lanuit, quelle est la Splendeur la plus brillante, la plusexcellente ?

– Vénéré, de ces deux Splendeurs les plus excellentes etconcurrentes, la plus excellente est la Splendeur d’une flambée defeu dans l’obscurité profonde de la nuit.

– Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Udāyi ? De ces deuxSplendeurs les plus brillantes, les plus excellentes, d’une partune flambée de feu dans l’obscurité profonde de la nuit, et,d’autre part l’étoile dite Ōsadhīdans le ciel clair sans nuage, quelle est la Splendeur la plusbrillante, la plus excellente ?

– Vénéré, de ces deux Splendeurs les plus excellentes etconcurrentes, l’étoile dite Ōsadhīdans le ciel sans nuage est la Splendeur la plus brillante, la plusexcellente.

– Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Udāyi ? De ces deuxSplendeurs : les plus brillantes, les plus excellentes, d’une partl’étoile dite Ōsadhī dans le cielclair sans nuage, et, d’autre part, la lune qui est au milieu duciel clair sans nuage dans la nuit d’Upōsatha, le quinzième de laquinzaine, quelle est la Splendeur la plus brillante, la plusexcellente ?

– Vénéré, de ces deux splendeurs les plus brillantes et les plusexcellentes, la lune qui est au milieu du ciel clair sans nuagedans la nuit d’Upōsatha, le quinzième de la quinzaine, est laSplendeur la plus brillante, la plus excellente.

– Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Udāyi ? De ces deuxSplendeurs les plus brillantes, les plus excellentes, d’une part lalune […], et, d’autre part, le soleil quiest au milieu d’un ciel clair sans nuage à midi, pendant le derniermois de la saison des pluies de l’automne, quelle est la Splendeurla plus brillante, la plus excellente ?

– Vénéré, de ces deux Splendeurs les plus brillantes et les plusexcellentes, le soleil qui est au milieu d’un ciel sans nuage àmidi, pendant le dernier mois de la saison des pluies de l’automne,est la Splendeur la plus brillante, la plus excellente.

– Ô Udāyi, les dieux sont nombreux dont la Splendeur dépasse lalune et celle du soleil. Je sais ce fait moi-même, mais je ne dispas pour autant qu’il n’y a pas d’autres Splendeurs plusexcellentes que celles-là. Cependant, ô Udāyi, à propos d’uneSplendeur aussi inférieure et médiocre que celle du ver luisant oucelle de la luciole, vous dites qu’elle est la Splendeur suprême !Tout de même, vous ne m’indiquez toujours pas quelle est cetteSplendeur suprême [dont vous parlez].

– Le Bienheureux a mis au point la conversation ! Le Bienvenu amis au point la conversation !

– Pourquoi, ô Udāyi, dites-vous “le Bienheureux a mis au pointla conversation, le Bienvenu a mis au point la conversation”.

– Vénéré, [comme j’ai dit], chez nospropres maîtres se trouve cet enseignement “Il est la Splendeursuprême ; il est la Splendeur suprême”, mais questionnés etinterrogés encore et encore, poussés par le Bienheureux à donnerdes raisons, nos propres maîtres deviennent nuls, vains et échouentà convaincre.

– Selon votre avis, ô Udāyi, y a-t-il un monde uniquementheureux ? Y a-t-il une méthode bien fondée pour atteindre un telmonde uniquement heureux ?

– À ce propos, Vénéré, chez nos propres maîtres se trouve cetenseignement : “Il existe un monde uniquement heureux. Il existe[aussi] une méthode bien fondée pouratteindre ce monde uniquement heureux”.

– Quelle est, ô Udāyi, la méthode bien fondée pour atteindre cemonde uniquement heureux ?

– En ce qui concerne cela, Vénéré, un individu, ayant abandonnéle meurtre des êtres vivants, s’abstient du meurtre des êtresvivants. Ayant abandonné le vol, il s’abstient de prendre ce qu’onne lui donne pas. Ayant abandonné les relations sexuellesillicites, il s’abstient d’entretenir des relations sexuellesillicites. Ayant abandonné la parole mensongère, il s’abstient demensonge. Également, il adopte telle ou telle pratique ascétique.Telle est, Bienheureux, la méthode bien fondée pour atteindre lemonde uniquement heureux.

– Qu’en pensez-vous, ô Udāyi ? Au moment où il abandonne lemeurtre et s’abstient de tuer des êtres vivants, la vie de cetindividu, est-elle uniquement heureuse, ou bien est-elle à la foisheureuse et pénible ?

– Elle est à la fois heureuse et pénible, Vénéré.

– Qu’en pensez-vous, ô Udāyi ? Au moment où il abandonne le volet s’abstient de prendre ce qu’on ne lui donne pas, la vie de cetindividu est-elle uniquement heureuse, ou bien est-elle à la foisheureuse et pénible ?

– Elle est à la fois heureuse et pénible, Vénéré.

– Alors qu’en pensez-vous, ô Udāyi ? Cette méthode pouratteindre un monde uniquement heureux, n’est-elle pas elle-même uneméthode à la fois heureuse et pénible ?

[Le Bienheureuxpose la même question à propos des autres vertus : s’abstenird’entretenir des relations sexuelles illicites, s’abstenir dementir. La même réponse est donnée par le paribbājakaSakuludāyi.]

– Qu’en pensez-vous, ô Udāyi ? Au moment où il s’engage dans lespratiques ascétiques, sa vie est-elle uniquement heureuse ou bienest-elle à la fois heureuse et pénible ?

– Elle est à la fois heureuse et pénible, Vénéré.

– Alors qu’en pensez-vous, ô Udāyi ? Cette méthode pouratteindre un monde uniquement heureux, n’est-elle pas elle-même uneméthode à la fois heureuse et pénible ?

– Le Bienheureux a mis au point la conversation ! Le Bienheureuxa mis au point la conversation !

– Pourquoi, ô Udāyi, dites-vous, “le Bienheureux a mis au pointla conversation, le bienheureux a mis au point laconversation” ?

– Vénéré, [comme j’ai déjà dit], cheznos propres maîtres se trouve cet enseignement : “Il existe unmonde uniquement heureux ; il existe [aussi] une méthode bien fondée pour atteindre cemonde uniquement heureux”, mais, questionnés et interrogés encoreet encore, poussés par le Bienheureux à donner une réponseraisonnable, nos propres maîtres deviennent nuls, vains et ilséchouent à convaincre. Je vous demande, Bienheureux, y a-t-ilvraiment un monde uniquement heureux ? Y a-t-il une méthode bienfondée pour atteindre un tel monde uniquement heureux ?

– Certainement, ô Udāyi, il existe un monde uniquement heureux.Il existe [aussi] une méthode bien fondéepour atteindre un tel monde uniquement heureux.

– Quelle est, Vénéré, la méthode bien fondée pour atteindre unmonde uniquement heureux ?

– En ce qui concerne cela, ô Udāyi, un renonçant s’étant séparédes désirs sensuels, s’étant séparé des pensées inefficaces, entredans le premier jhāna pourvu deraisonnement et de réflexion, qui est joie et bonheur, né de laséparation [des choses inefficaces] et ily demeure. Après cela, ayant mis fin au raisonnement et à laréflexion, il entre et demeure dans le deuxième jhāna, qui est apaisement intérieur, unificationde la pensée, qui est dépourvu de raisonnement et de réflexion, néde la concentration et qui consiste en bonheur. Ensuite, sedétournant du bonheur, ce renonçant vit dans l’indifférence,conscient et vigilant, il ressent dans son corps le bonheur, ensorte que les êtres nobles l’appellent : « Celui qui, indifférentet attentif, demeure heureux », il entre ainsi et demeure dans letroisième jhāna. Vraiment, ôUdāyi, c’est une méthode bien fondée pour atteindre un mondeuniquement heureux.

– Vénéré, cela ne peut être une méthode bien fondée pouratteindre un monde uniquement heureux. Celui qui atteint cet état,atteint-il pour autant un monde uniquement heureux ?

– Non, ô Udāyi, pour autant il n’atteint pas un monde uniquementheureux. Pourtant, c’est une méthode bien fondée pour atteindre unmonde uniquement heureux.

Cela étant dit, les autres membres du groupe du paribbājakaSakuludāyi crièrent à voix haute, tous à la fois : « Jusqu’à cepoint, nous avons entendu l’enseignement de la part de nos propresmaîtres ! Jusqu’à ce point, nous avons entendu l’enseignement de lapart de nos propres maîtres ! Nous ne reconnaîtrons rienau-delà ».

Le paribbājaka Sakuludāyi apaisa ces paribbājakas, puis dit auBienheureux : « Cependant, Bienheureux, jusqu’où peut-on atteindreun monde uniquement heureux ? »

Le Bienheureux répondit : « À ce propos, ô Udāyi, un renonçants’étant débarrassé du bonheur et s’étant débarrassé de la peine,ayant supprimé la gaieté et la tristesse antérieure, entre etdemeure dans le quatrième jhāna oùn’existent ni plaisir ni douleur, mais qui est pureté parfaited’attention et d’indifférence. Ainsi, dans un monde uniquementheureux où des dieux sont nés, ce renonçant demeure, parle ets’engage dans des conversations avec ces dieux. Vraiment, ô Udāyi,à ce point, un monde uniquement heureux est déjà atteint par cerenonçant.

– Est-ce dans le but d’atteindre ce monde uniquement heureux queles disciples suivent la conduite sublime sous la direction duBienheureux ?

– Non, ô Udāyi, ce n’est pas pour atteindre ce monde uniquementheureux que les disciples suivent la conduite pure sous madirection. Il y a, ô Udāyi, d’autres choses plus excellentes, plusimportantes, pour lesquelles les disciples suivent la conduite puresous ma direction.

– Quelles sont, Vénéré, ces autres choses plus excellentes, plusimportantes, pour lesquelles les disciples suivent la conduite puresous la direction du Bienheureux ?

– En ce qui concerne cela, écoutez, ô Udāyi : il apparaît[de temps en temps] dans le monde unTathāgata qui est Arahant, l’Éveillé parfait, parfait en Savoir etparfait en Conduite, bien arrivé à son but, connaisseur du monde,incomparable guide des êtres qui doivent être guidés, instructeurdes dieux et des êtres humains, l’Éveillé, le Bienheureux. Ayantcompris le monde constitué des dieux, des Mārās, des Brahmās et deshumains, des samanas et des brāhmanes, par sa propre connaissancespécifique, il le communique aux autres. Il enseigne une doctrine,bonne en son début, bonne en son milieu, bonne en sa fin, bonnedans sa lettre et dans son esprit, il exalte la conduite sublimeparfaitement pleine et parfaitement pure. Imaginons qu’un chef defamille, ou le fils d’un chef de famille, ou un individu né dansune famille quelconque, entende cette doctrine. L’ayant entendue,il atteint la confiance sereine en le Tathāgata. Parce qu’il aatteint cette confiance sereine et qu’il en est pourvu, ilréfléchit ainsi : “Cette vie au foyer est pleine d’obstacles ; elleest un chemin poussiéreux ; la vie sans foyer est comparable à unplein air. Il n’est pas aisé de pratiquer la conduite pureentièrement pleine, entièrement pure, parfaite comme une conquegravée, en demeurant dans un foyer. Il faut donc que, m’étant raséla barbe et les cheveux, ayant couvert mon corps des vêtementskāsāya, je quitte ma maison pourmener une vie sans foyer”. Plus tard, ayant abandonné l’ensemble deses biens, quelle qu’en soit la valeur, ayant abandonné ses parentset son entourage quel qu’en soit le nombre, s’étant rasé la barbeet les cheveux, ayant couvert son corps des vêtements ocres, ilquitte sa maison pour mener une vie sans foyer.

Étant ainsi devenu renonçant, il mène une vie vertueuse qui estdigne pour les religieux, en voyant un danger même dans les pluspetits manquements. Ayant abandonné le meurtre des êtres vivants,il s’abstient de tuer des êtres vivants. Ayant déposé le bâton,déposé les armes, décent, compatissant, il demeure plein debienveillance et de pitié envers tous les êtres vivants. Ayantabandonné le vol, il s’abstient de prendre ce qu’on ne lui donnepas. Il ne prend que ce qu’on lui donne. Il vit étant lui-mêmepurifié. Ayant abandonné l’incontinence, il est chaste etcontinent : il est détaché de cette habitude de masse dite« copulation ».

Ayant abandonné la parole mensongère, il s’abstient de mensonge.Il est partisan de la vérité. Attaché à la vérité, il est sûr,digne de confiance, sans tromper le monde par sa parole. Ayantabandonné la parole calomnieuse, il s’abstient de parolecalomnieuse : ce qu’il a entendu ici, il ne le raconte pas là bas,pour séparer ceux-là de ceux-ci ; ce qu’il a entendu là-bas, il nele raconte pas ici, pour séparer ceux-ci de ceux-là. Il ne parlequ’en vue de réconcilier ceux qui sont désunis ou d’accroître laconcorde. Il se plaît dans l’harmonie, il trouve son plaisir dansl’harmonie, il trouve sa joie dans l’harmonie. Il ne parle que pourcréer l’harmonie. Ayant abandonné la parole grossière, ils’abstient de parole grossière. Il ne prononce que des parolesirréprochables, agréables à l’oreille, affectueuses, allant aucœur, courtoises, aimables pour beaucoup de gens, plaisantes àbeaucoup. Ayant abandonné les paroles frivoles, il s’abstient depropos frivoles ; il ne prononce que des paroles opportunes,véridiques, sensées, conformes à la doctrine et à la discipline,dignes d’être conservées, raisonnables, correspondant au but final,profitables.

Il s’abstient de détruire les graines et les plantes. Il neprend qu’un seul repas par jour, s’abstient de manger pendant lanuit et hors du temps correct. Il s’abstient de spectacles dedanse, de chant, de musique ou d’agitation quelconque. Ils’abstient du port des guirlandes, de l’usage des parfums et desonguents, des ornements et décorations. Il s’abstient de litsgrands et luxueux.

Il s’abstient d’accepter de l’or et de l’argent, des grainescrues et de la viande crue. Il s’abstient d’accepter des femmes etdes jeunes filles, des esclaves d’un sexe ou de l’autre. Ils’abstient d’accepter des chèvres, des moutons, des coqs, desporcs, des éléphants, des bovins et des chevaux. Il s’abstientd’accepter des champs ou d’autres biens. Il s’abstient d’envoyerdes messages ou d’en porter. Il s’abstient d’acheter ou de vendre.Il s’abstient d’utiliser de faux poids, de la fausse monnaie et defausses mesures. Il s’abstient de fourberie, de tromperie, defraude, de pratiques tortueuses. Il s’abstient de blesser encoupant ou en perçant, de lier, de pratiquer le vol à main armée oupar effraction, d’exercer une forme quelconque de violence.

Il est pleinement satisfait d’un vêtement qui lui préserve lecorps et d’une nourriture reçue [dans son bol àaumône] dont il sustente son ventre ; partout où il va, ilva avec son vêtement et avec son bol à aumône. Tout comme un oiseauemporte ses ailes partout où il vole, de même ce renonçant qui estpleinement satisfait emporte seulement, partout où il va, levêtement dont il protège son corps et le bol à aumône dont ilsustente son ventre. Ainsi, pourvu de ce noble ensemble de vertus,il éprouve un bonheur intérieur irréprochable.

Lorsqu’il voit une forme matérielle au moyen de son œil, il n’ensaisit ni les apparences générales ni les détails, car, enconséquence de ce que l’organe de l’œil demeure non maîtrisé, deschoses mauvaises et inefficaces, une convoitise et une frustrationpeuvent se produire ; il demeure alors avec l’organe de l’œilmaîtrisé. Il contrôle l’organe de l’œil et il parvient à maîtriserson organe de l’œil.

[Mêmedémonstration est faite en ce qui concerne les autres organessensoriels : les oreilles, le nez, la langue et le corps. Le sermoncontinue.]

Lorsqu’il conçoit un objet mental par la pensée, il n’en saisitni les apparences générales ni les détails, car, en conséquence dece que l’organe mental demeure non maîtrisé, des choses mauvaiseset inefficaces, une convoitise et une frustration peuvent seproduire ; il demeure alors avec l’organe mental maîtrisé. Ilcontrôle l’organe mental et il parvient à le maîtriser. Ainsi,pourvu de cette noble maîtrise des organes sensoriels, il éprouveintérieurement le bonheur qui n’a aucune souillure.

En allant et en venant, il agit avec conscience etcompréhension. En regardant devant ou autour de lui, il agit avecconscience et compréhension. En étendant ou pliant ses membres, ilagit avec conscience et compréhension. Portant le bol à aumône[de la nourriture] et les vêtements, ilagit avec conscience et compréhension. En mangeant ou en buvant, enmastiquant, en goûtant, il agit avec conscience et compréhension.En déféquant et en urinant, il agit avec conscience etcompréhension. En étant debout, en s’asseyant, s’endormant,s’éveillant, parlant ou se taisant, il agit avec conscience etcompréhension.

Ainsi, pourvu de ce noble ensemble de vertus, pourvu de cettenoble maîtrise des organes sensoriels, pourvu de cette nobleattention et clarté de la pensée, ce renonçant cherche et choisitune résidence à l’écart, dans un bois, au pied d’un arbre, dans unemontagne, une grotte, une caverne, un cimetière, un plateau boisé,un endroit découvert, une meule de paille. Étant revenu de satournée d’aumône [de la nourriture], aprèsson repas, il s’assied en repliant et croisant ses jambes, posantson corps bien droit, fixant son attention. Ainsi, ayant abandonnéla convoitise dans ce monde, il demeure avec une pensée débarrasséede convoitise sensuelle ; il purifie sa pensée de la convoitisesensuelle. Ayant abandonné la haine et la méchanceté, il demeureavec la pensée débarrassée de la méchanceté ; étant bienveillant etcompatissant envers tous les êtres vivants, il purifie sa pensée dela haine et de la méchanceté. Ayant abandonné la paresse et latorpeur, il demeure avec la pensée débarrassée de la paresse et dela torpeur ; attentif, pleinement conscient de ce qu’il voit, ilpurifie sa pensée de la paresse et de la torpeur. Ayant abandonnél’agitation et le regret, il demeure avec une pensée débarrassée del’agitation et du regret ; avec la pensée apaisée intérieurement,il purifie sa pensée de l’agitation et du regret. Ayant abandonnéle doute, il demeure ayant franchi le doute ; n’étant nullementperplexe à propos des choses à effectuer et de celles qu’il n’a paseffectuées, il purifie sa pensée du doute.

De cette façon, ayant éliminé ces cinq entraves qui sont dessouillures mentales, qui sont nuisibles à la haute sagesse, s’étantséparé des désirs, s’étant séparé des pensées inefficaces, cerenonçant entre dans le premier jhāna pourvu de raisonnement et de réflexion, qui est joieet bonheur, né de la séparation [des chosesmauvaises], il y demeure. Cela, ô Udāyi, est une chosevraiment excellente, suprême, pour laquelle les disciples suiventla conduite sublime sous ma direction.

Ensuite, ayant mis fin au raisonnement et à la réflexion, ilentre et demeure dans le deuxième jhāna, qui est apaisement intérieur, unification de lapensée, qui est dépourvu de raisonnement et de réflexion, né de laconcentration, et qui consiste en bonheur. Cela aussi, ô Udāyi, estune chose excellente, suprême, pour laquelle les disciples suiventla conduite sublime sous ma direction.

Puis, se détournant du bonheur, il vit dans l’indifférence,conscient et vigilant, il ressent dans son corps le bonheur, ensorte que les êtres nobles l’appellent : « celui qui, indifférentet attentif, demeure heureux », il entre ainsi et demeure dans letroisième jhāna. Cela aussi, ôUdāyi, est une chose excellente, suprême pour laquelle lesdisciples suivent la conduite sublime sous ma direction.

Ensuite, s’étant débarrassé du bonheur et s’étant débarrassé dela peine, ayant supprimé la gaieté et la tristesse antérieures, ilentre et demeure dans le quatrième jhāna où ne sont ni plaisir ni douleur, mais qui estpureté parfaite d’attention et d’indifférence. Cela aussi, ô Udāyi,est une chose excellente, suprême, pour laquelle les disciplessuivent la conduite sublime sous ma direction.

Puis, ayant une pensée réglée, ainsi purifiée, sans défauts,sans souillures, bien souple, maniable, stable, arrivée àl’impassibilité, ce renonçant dirige sa pensée vers la connaissancequi lui permet de se rappeler ses propres anciennes demeures. Il serappelle ainsi une série d’anciennes demeures : une naissance, deuxnaissances, trois, cinq, dix, vingt, trente, quarante, cinquante,cent, mille, cent mille, etc. et beaucoup de naissances pendant unkappa d’intégration, et beaucoupde naissances pendant un kappa dedésintégration, et beaucoup de naissances pendant un kappa d’intégration et de désintégration, envoyant : “Je fus connu par tel ou tel nom, étant né dans tellerace, ayant telle ou telle couleur. J’ai été nourri de telle outelle façon. J’ai ressenti telle ou telle sensation et de tel étaten tel état, ma vie là-bas est arrivée à sa fin. Après la fin de mavie là-bas, j’ai eu une autre naissance et une autre vie pendantlaquelle j’ai été appelé par tel ou tel nom, dans telle ou tellerace, ayant telle ou telle couleur […],etc. Et ainsi de suite. Après la fin de la dernière vie, je suis néà nouveau ici-bas […]”. De cette façon, cerenonçant se rappelle ses diverses anciennes demeures en tous leursmodes et détails. Cela aussi, ô Udāyi, est une chose excellente,suprême pour laquelle les disciples suivent la conduite sublimesous ma direction.

Ensuite, ayant une pensée ainsi réglée, ainsi purifiée, sansdéfauts, sans souillures, bien souple, maniable, stable, arrivée àl’impassibilité, ce renonçant dirige sa pensée vers la connaissancequi lui permet de voir la manière dont les êtres meurent etnaissent encore et encore. Ayant un œil surhumain très pur quisurpasse la vision ordinaire des êtres humains, il voit comment lesêtres partent d’ici et comment ils renaissent. Il comprend que, siles êtres deviennent ainsi excellents ou ordinaires, laids ouélégants, heureux ou malheureux, c’est la conséquence de leurspropres actions (kammas) et ilconstate : “En vérité, tels ou tels êtres respectables, mais quiont eu une mauvaise conduite avec leur corps, une mauvaise conduiteen parole, une mauvaise conduite en pensée, qui ont adopté desopinions fausses, se sont engagés dans de mauvaises actionssuscitées par des opinions fausses, ces êtres, après la dissolutionde leur corps, après la mort, sont nés dans des destinationsmauvaises, dans un état malheureux, dans l’état infernal ditniraya. Cependant, tels ou telsêtres respectables, qui ont eu une bonne conduite avec leur corps,une bonne conduite en parole, une bonne conduite en leur pensée,qui ne se sont pas moqués des gens méritants, qui ont adopté desopinions correctes et ont fait de bonnes actions encouragées pardes opinions correctes, ces gens-là, après la dissolution de leurcorps, après leur mort, sont nés dans des destinations bonnes, dansdes états célestes”. Cela aussi, ô Udāyi, est une chose excellente,suprême pour laquelle les disciples suivent la conduite sublimesous ma direction.

Ensuite, ayant une pensée ainsi réglée, ainsi purifiée, sansdéfauts, sans souillures, bien souple, maniable, stable, arrivée àl’impassibilité, ce disciple dirige sa pensée vers la connaissancequi lui permet de détruire ses souillures mentales. Ainsi, ilcomprend les choses telles qu’elles sont : “Voilà, ceci estdukkha, ceci est l’apparition dedukkha, ceci est la cessation dedukkha, ceci est la voieconduisant à la cessation de dukkha”. Il comprend les choses telles qu’elles sont :“Voilà, celles-ci sont les écoulements mentaux toxiques, ceci estl’apparition des écoulements mentaux toxiques, ceci est lacessation des écoulements mentaux toxiques, ceci est la voieconduisant à la cessation des écoulements mentaux toxiques”. Ayantcompris ainsi, ayant vu ainsi, sa pensée se libère des écoulementsmentaux toxiques concernant les désirs sensuels. Également, sapensée se libère des écoulements mentaux toxiques concernant laré-existence et le re-devenir. Également, sa pensée se libère desécoulements mentaux toxiques concernant l’ignorance. Quand il estlibéré, vient la connaissance : “Voici la libération” et il sait“Toute naissance nouvelle est anéantie, la conduite sublime estvécue, ce qui devait être accompli est déjà accompli, plus rien nedemeure à accomplir”. Cela, ô Udāyi, est la chose suprême, la chosela plus excellente pour laquelle les disciples suivent la conduitesublime sous ma direction.

Telles sont, ô Udāyi, les choses suprêmes, les plus excellentespour lesquelles les disciples suivent la conduite sublime. »

Cela étant dit, le paribbājaka Sakuludāyi dit au Bienheureux :« C’est merveilleux, honorable Gōtama, c’est merveilleux, honorableGōtama. Comme si l’on redressait ce qui a été renversé, comme sil’on découvrait ce qui a été caché, comme si l’on montrait lechemin à l’égaré ou comme si l’on apportait une lampe dansl’obscurité en pensant “que ceux qui ont des yeux voient lesformes”, de même l’honorable Gōtama a rendu claire la doctrine denombreuses façons. Alors moi, je prends refuge en l’honorableGōtama, en la Doctrine et en le groupe de bhikkhus. Puissé-jeobtenir le départ de la vie du foyer et la position remplie auprèsde l’honorable Gōtama. »

Lorsque le paribbājaka Sakuludāyi s’exprima ainsi, les autresmembres du groupe de Sakuludāyi crièrent : « Ô Révérend Udāyi, vousn’allez pas suivre l’enseignement du Samana Gōtama. Étant déjà unmaître vous-même, vous n’allez pas vivre comme un élève[de quelqu’un d’autre]. Votre actedeviendra semblable à un trou dans un pot à eau qui a été bienrempli. N’allez pas, ô Révérend Udāyi suivre l’enseignement duSamana Gōtama. Étant déjà un maître vous-même, n’allez pas vivrecomme un élève [de quelqu’und’autre]. »

C’est ainsi que le groupe du paribbājaka Sakuludāyi lui créa unobstacle pour suivre la conduite sublime sous la direction duBienheureux.

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