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Traductions [17]

Mahānāma

Ainsi ai-je entendu. En une occasion,le Béni séjournait parmi les Sakyans près de Kapilavatthu dans leParc des banians. Alors Mahānāma le Sakyan alla auprès du Béni et,étant arrivé, s’étant prosterné devant lui, il s’assit sur un côté.Alors qu’il était assis là, il dit au Béni : « Seigneur, ceKapilavatthu est riche et prospère, populeux et bondé, ses alléessont congestionnées. Parfois, quand j’entre dans Kapilavatthu lesoir, après avoir rendu visite au Béni ou aux moines qui inspirentl’esprit, je me retrouve face à un éléphant en train de divaguer,un cheval en train de divaguer, un chariot en train de divaguer,une charrette en train de divaguer, ou une personne en train dedivaguer. Dans de tels moments, mon sati en ce qui concerne le Bénidevient confus, mon sati en ce qui concerne le Dhamma devientconfus, mon sati en ce qui concerne le Saṅgha devient confus. Lapensée suivante me vient à l’esprit : ‘Si je mourais maintenant,quelle serait ma destination ? Quelle serait ma futurecondition ?’ »

« Sois sans crainte, Mahānāma. Sois sans crainte. Ta mort nesera pas une mauvaise mort, ta disparition ne sera pas mauvaise. Sil’esprit a été nourri pendant longtemps avec la conviction, nourriavec la vertu, nourri avec le savoir, nourri avec la générosité,nourri avec le discernement, alors, quand le corps – possédant laforme, composé des quatre éléments fondamentaux, né d’une mère etd’un père, nourri avec du riz et de la bouillie d’orge, sujet àl’inconstance, au frottement, à la pression, à la dissolution, et àla dispersion – est mangé par les corbeaux, les vautours, lesfaucons, les chiens, les hyènes, ou toutes sortes de créatures,néanmoins l’esprit – nourri pendant longtemps avec la conviction,nourri avec la vertu, le savoir, la générosité, et lediscernement – s’élève et se sépare.

« Suppose qu’un homme jette une jarre [remplie] de ghee ou une jarre [remplie] d’huile dans un lac profond, où elle secasserait. Là, les tessons et les fragments de jarre descendraientau fond, tandis que le ghee ou l’huile remonterait à la surface etse séparerait. De la même manière, si l’esprit a été nourri pendantlongtemps avec la conviction, nourri avec la vertu, le savoir, lagénérosité, nourri avec le discernement, alors, quand le corps –possédant la forme, composé des quatre éléments fondamentaux, néd’une mère et d’un père, nourri avec du riz et de la bouillied’orge, sujet à l’inconstance, au frottement, à la pression, à ladissolution, et à la dispersion – est mangé par les corbeaux, lesvautours, les faucons, les chiens, les hyènes, ou toutes sortes decréatures, néanmoins l’esprit – nourri pendant longtemps avec laconviction, nourri avec la vertu, le savoir, la générosité, et lediscernement – s’élève et se sépare.

« Sois sans crainte, Mahānāma. Sois sans crainte. Ta mort nesera pas une mauvaise mort, ta disparition ne sera pasmauvaise. »

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